La Grande Bellezza

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    ROME DANS LA SPLENDEUR DE L?ÉTÉ - Lauréat de sept prix internationaux, dont l'Oscar du Meilleur film étranger en 2014, La Grande Bellezza met en scène un Toni Servillo en journaliste séduisant et désabusé, qui déambule dans les rues de Rome. Ambitieux et satirique, ce sixième film de Paolo Sorrentino rend hommage au cinéma italien, notamment à l??uvre de Fellini.
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    La Grande Bellezza

    UTILISATEURS
    (3.8 pour 47 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    PAYS:
    France,Italie
    DUREE:
    2h 22min
    ACTEURS:
    + Fiche complète

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    La Grande Bellezza: ADN

    Emotions : Stimulant / envie de réfléchir | Doux-amer | Réflexion / engagé
    Top Films:
    Courant, Mouvement et Ecole cinématographique Nouvelle comédie à l'italienne
    Sous-genre Satire sociale Satire
    Thématiques Écrivains

    Synopsis du film La Grande Bellezza

    C’est l’été à Rome et la cité éternelle brille d’une beauté insaisissable et définitive. Jep Gamberdella a soixante-cinq ans, il continue de dégager un charme sur lequel le temps ne semble pas avoir d’emprise. Auteur dans sa jeunesse d’un seul roman, « L’appareil humain », il n’a plus rien écrit depuis. Il est devenu un très grand journaliste qui fréquente la haute société romaine et les mondanités. Sa vie est une succession de rendez-vous et de fêtes excentriques dont il est le protagoniste. Jep, cynique, désabusé et souffrant, assiste à la crise d’une société qui semble avoir transformé les hommes en monstres. Seul le souvenir de l’amour innocent de sa jeunesse sortira Jep de la résignation qu’il semble avoir choisie comme existence. Peut-être est-il temps pour lui de se remettre à écrire.

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    tinalakiller
    Le 08/07/2015
    381 critiques
    Le réalisateur napolitain Paolo Sorrentino (actuellement en compétition à Cannes pour Youth – La Giovinezza) présente son sixième long-métrage, La Grande Bellezza, au festival de Cannes en 2013. Comme l’a dit très justement une critique de Première, soit on adore ce film, soit on le déteste. Ceci dit, ce film possède pour moi tellement de qualités que j’avoue ne pas comprendre son absence au palmarès (tout ça pour remettre la Palme d’or à l’interminable La vie d’Adèle… oui, toi lecteur qui commence à me connaître, je suis désolée, je te saoûle parce que je te parle trop de Kechiche). Je pense tout particulièrement à l’énième absence de Toni Servillo au palmarès alors que cela fait des années qu’il mérite de le remporter et là il s’agissait de l’occasion idéale pour lui en remettre un. Je précise que je comprends pourtant qu’on puisse détester ce film (ce qui peut sembler paradoxal). Depuis, j’ai une dent contre le président du jury de l’époque, Steven Spielberg, ainsi qu’à son jury (raaaahhhh). Heureusement, d’autres académies ont remarqué les qualités louables de ce film que je considère déjà comme un chef-d’oeuvre et dont je ne me lasse pas de revoir. Ainsi, il a reçu l’Oscar et le Golden Globe du meilleur film étranger, ainsi que plusieurs Donatello (les équivalents des César en Italie) dont meilleurs réalisateur et acteur (le Donatello du meilleur film a été remis au très bon Les Opportunistes) ou encore plusieurs European Film Awards. Pourtant, cela pourrait paraître étrange que j’aime autant ce film. Sur le papier, il n’y aurait pas d’histoire : le spectateur suit une partie de l’existence de Jep Gambardella face à la vieillesse et à la mort. Pourtant, au fond, dire qu’il n’existe aucune histoire serait faux : il s’agit de l’histoire de Jep. Nuance.
    Malgré ce « rien » en apparence, qui met en avant le vide existentiel du personnage principal, il y a derrière un véritable travail d’écriture, nous trouvons notamment une progression dans ce « rien » narratif, ou encore les différentes interventions des personnages permettent à l’histoire d’avancer. En général, j’ai horreur des films qui mettent en scène l’ennui des personnages car justement souvent je m’emmerde avec eux. Or, ce long-métrage ne m’ennuie pas, au contraire, je suis emportée par cette odyssée au coeur de la ville éternelle. Cela m’a émue de me retrouver pratiquement à l’intérieur de la conscience de Jep, qui vagabonde dans Rome entre le présent et le passé. Sorrentino a su filmer tous les paradoxes même d’une existence, voire même d’une société (en l’occurrence la société romaine), oscillant ainsi entre la mort et la vie, le profane et le sacré, l’ancien et le moderne, la beauté et la superficialité / le grotesque. Le mélange des différentes émotions que le spectateur peut ressentir est alors cohérent par rapport à la complexité et dans un sens la misère intérieure de l’homme seul face à la métropole. Qu’est-ce que la grande beauté évoquée dans le titre ? La beauté de Rome, qui parvient à garder ses traces historiques dans une époque moderne et superficielle, au point de tuer un touriste japonais ? S’agit-il d’un titre ironique, soulignant ainsi une beauté disparue à cause du renoncement des personnages ? S’agit-il plutôt de la beauté intérieure, plus importante que la superficialité ? Ou encore, la grande beauté ne désignerait-elle pas la quête du bonheur ? Cette beauté en question apparaît évidemment aussi à travers l’art et les nombreuses références cinématographiques et littéraires qui construisent ce film. On pensera évidemment à La Dolce Vita de Fellini mais aussi à Huysmans (la référence ultime sur la décadence), Proust (dans le voyage du souvenir), Céline (dont un extrait de Voyage au bout de la nuit est cité au début du film) ou encore Flaubert (sur le néant).
    Cependant, il ne s’agit pas de références pour faire des références. Ces références servent à montrer l’importance même de cette recherche de l’art absolu qui parvient à rester éternel, comme Rome, contrairement à l’homme, confronté à la mort, que ce soit la sienne ou celle des autres. Le mélange de tous ces arts ensemble (cinéma, littérature, photographie, peinture, architecture, musique) est explosif mais sans jamais s’éparpiller, comme si chaque art apportait un nouveau regard sur l’histoire, mais apportait aussi des réponses même au cinéma ou se complétant sans cesse. Surtout, Paolo Sorrentino ne se laisse pas écraser par ses connaissances qui trouvent ici une véritable utilité, il a clairement son propre univers, chaque scène est précise, chaque plan a son utilité, son détail, sa richesse, on sait où le réalisateur mène son film. La mise en scène de Sorrentino pourra évidemment agacer et être accusée de superficialité. Pour ma part, je l’ai trouvée virtuose, parvenant à retranscrire le tourbillon existentiel du personnage principal. De plus, son style parfois « tapageur » sert réellement le propos du film. Non seulement, il réussit à montrer la décadence de la société romaine à son paroxysme mais surtout il surcharge volontairement la réalité pour pouvoir en retirer l’essentiel. De plus, Sorrentino a beau filmer des riches avec parfois une certaine tendresse (je fais ici une référence à une réplique explosive de Jep), grâce notamment au cynisme désabusé du personnage principal, le réalisateur n’est pas, selon moi, hautain avec ses spectateurs. La musique va également de pair avec cette mise en scène, confirmant cette avalanche de sentiments parfois contradictoires au sein d’un même individu. Enfin, qu’on aime ou qu’on déteste ce film (et encore une fois, je comprends qu’on puisse en avoir horreur), impossible de passer à côté l’époustouflante interprétation de Toni Servillo, pour moi l’un (voire même le) des meilleurs acteurs de sa génération.

    Site web:  https://tinalakiller.wordpress.com/2015/05/19/la-grande-bellezza/
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