Dark Shadows

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    CHAQUE FAMILLE A SES DÉMONS - Tim Burton réalise un conte gothique déjanté et raconte l'histoire de Barnabas Collins, un vampire libéré après deux siècles, qui retourne dans son manoir occupé. S'ensuit alors un combat acharné contre la sorcière responsable de sa malédiction, au coeur des années 70. Il s'agit de l'adaptation de la série éponyme et le film marque la huitième collaboration entre Tim Burton et Johnny Depp.
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    Dark Shadows

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    (3.1 pour 1095 notes)
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    1h 53min
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    Synopsis du film Dark Shadows

    En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

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    vos dernières critiques de film

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    Ameni
    Le 11/05/2012
    123 critiques
    Après le décevant Alice au pays des merveilles, j’attendais Tim Burton au tournant, avec un certain optimisme puisque Dark Shadows a su éviter la 3D. Là aussi, le film est une adaptation, mais d’un soap des années 60-70, apparemment culte aux Etats-Unis.

    Pour faire court : Ca fait bien plaisir de revoir un film aussi burtonien. Que ce soit sur l’histoire, l’ambiance ou la présence de certains acteurs, pas de doute c’est un film de Tim.

    Pour commencer, le scénario est solide. Barnabas Collins, vivant au 18e dans l’opulence et l’amour, voit sa vie bouleversée lorsqu’il éconduit la servante (Eva Green. Oui, oui le bonhomme a éconduit Eva Green. Oserai-je parler d’incohérence ?). Bref, mauvaise idée puisqu’elle se révèle être une sorcière qui, entre autres choses, fait de lui un vampire. A ce point-là de l’histoire, 15 minutes du film sont passées. Tim Burton a eu l’excellente idée de vite arriver au moment où, deux siècles plus tard, le sieur Collins sort de sa boîte. Il retrouve une famille en déclin dans un château en ruines, et une sorcière qui n’a pas pris une ride mais qui a eu l’affreuse idée de se teindre en blonde.
    A partir de là, il n’a de cesse de restaurer la grandeur de jadis. Tout en découvrant la joie des années 70.

    La famille Collins et son entourage sont assez intéressants. Si la cheffe de famille (Michelle Pfeiffer) est relativement normale, sa fille est une ado typique et son neveu dit toujours voir sa mère (décédée bien sûr). Pour le reste, une psy alcoolique (Helena Bonham Carter) squatte le manoir familial ainsi qu’une nouvelle gouvernante qui semble avoir quelques secrets. Pour compléter le tableau, le frère de la boss familiale, bien que celui-ci soit un brin transparent. Personnellement, j’aurais apprécié une famille plus déjantée que ça, mais on ne peut pas tout avoir…

    Le décalage 18e/Années 70 est évidemment une des ficelles comiques du film, mais dont n’abuse pas Tim Burton (un petit air des Visiteurs lorsque Barnabas découvre la télévision peut-être). Une des autres ficelles étant la personnalité et le langage délicieusement daté de Barnabas.

    Car si le scénario est assez riche pour tenir le film, celui-ci repose tout de même sur Barnabas et son génial interprète (Mr Depp of course). Aidé par son habituel tartinage de maquillage, l’acteur fait des merveilles. (La VO est bien sûr fortement recommandée). Eva Green est aussi excellente en sorcière névrosée.

    Dans cette comédie horrifique moderno-gothique, Tim Burton est dans son élément. Il réussit à créer une ambiance particulière où la patte du maître est visible au premier coup d’oeil. L’impression aussi que Tim Burton s’est beaucoup plus lâché que dans Alice au pays des merveilles.

    Bref, du bon Burton.

    Site web:  http://blogameni.wordpress.com/2012/05/11/dark-shadows-tim-burton/
    Thibaut
    Le 14/05/2012
    141 critiques
    On ne saurait quoi attendre de Tim Burton tant ses dernières réalisations n’apparaissent pas à la hauteur des chefs d’œuvre qu’il a su livrer jadis. Il est vrai que lorsque l’on pense à Edward aux mains d’argent, Beetlejuice, Ed Wood ou encore Batman Le Défi, son Alice aux pays des merveilles ou son Charlie et la chocolaterie font figure d’œuvres mineures, pour ne pas dire loupées. En revenant a priori sur les thématiques plus classiques et gothiques qui ont fait son succès, Dark Shadows voulait reconquérir un public certes fidèle mais terriblement déçu par le court de sa carrière.

    Comme à son habitude, le réalisateur fait de son film un conte avec l’utilisation d’une voix-off, certes un peu trop explicative mais qui a le mérite de poser les personnages. Avec cette histoire basée sur la relation entre une sorcière et un vampire, Tim Burton veut plonger dans une mythologie fantastique qu’il vénère et qu’il maîtrise. Ainsi, le mythe vampirique conduit bien à un être romantique à souhait et la sorcière propose un séduisant pouvoir d’attraction / rbien comme il faut. Le casting tient une part importante dans cette convocation de figures essentielles. Johnny Depp est suffisamment élégant, à la fois dans sa diction so british et dans sa démarche. Surtout, Eva Green dégage une palette sexuelle qui sied parfaitement à son personnage. Elle est la grande révélation du film. Globalement, Tim Burton aime ses protagonistes et les filme avec respect, notamment les femmes quand Eva Green ne balance pas de la pose iconique du plus bel effet. De plus, toute une série de codes sont présents, au hasard d’un cadre, d’une situation ou d’un accessoire qui montrent une sincérité à toute épreuve.

    Hélas, par la suite, ce référencement au fantastique tourne au grand guignol et au surfait. En effet, l’arrivée d’une autre figure qu’il faut taire apparaît comme un cheveu sur la soupe via une espèce de twist de personnage qui trahit une écriture sous pression et balancée à la va-vite. Et quand ce ne sont pas les êtres, c’est le décor qui trahit un certain manque d’ambition. L’environnement global est trop propre pour faire réellement gothique et la mise en scène n’explore pas assez les coins et les recoins d’un espace pourtant passionnant. Elle reste trop en surface et au centre du cadre pour réellement interroger les émotions et les réflexions du spectateur. Malgré quelques touches bien senties par des mouvements de caméra élégants, la poésie macabre n’arrive finalement pas à s’installer sur la durée, surtout quand les thèmes musicaux de Danny Elfman, généralement parfaits enrobages de l’émotion, ne trouvent pas leur place.

    A ce niveau, et malgré les erreurs, Dark Shadows est un vrai film de son réalisateur et il a le mérite d’entrer dans une cinématographie auteuriste. Tim Burton a lâché pour de bon les commandes mercantiles et il apparaît assez libre. Pourtant, il y a comme un malaise car le métrage peut, quelque part, faire figure de musée burtonien où les enjeux formels sont pris dans un entre deux interprétatif basé sur cette liberté donc mais aussi sur une prise de recul pas forcément bienvenue. Ainsi, le film ne se veut pas être au premier degré à cause de l’utilisation de l’humour et il se pose donc comme un outil référentiel. Pourtant, cet hommage, Tim Burton l’a déjà fait sérieusement avec Sleepy Hollow en prouvant qu’un hommage peut être viscéral. Ici, la distanciation comique provoque un détachement. Elle annihile toute tentative cinéphilique car l’entreprise ne fait tout simplement pas sérieuse tant elle donne l’impression de se foutre de sa propre figure. Dark Shadows fait alors davantage figure d’hommage envers le cinéaste lui-même. Le film tourne à ce niveau un peu dans le vide et prend un statut de maison de retraite filmique. La chose est bizarre car, derrière cet humour, une volonté de renouvellement vient s’incruster. On n’avait ainsi pas vu Burton s’essayait aussi frontalement à l’exercice depuis Beetlejuice et il y arrive parfois avec un certain sens qualitatif même si les blagues ne sont pas du même niveau et que cela reste trop parsemé. C’est bien dommage.

    De plus, la tentative d’ancrer le film dans une modernité des années 1979 ne marche pas toujours même si la bande originale est agréable à écouter et emboîte bien le film dans son époque. C’était pourtant la réussite majeure de Big Fish que d’engager le métrage burtonien dans un rapport frontal à la réalité. Cette démarche se posait alors comme une évolution marquante dans la filmographie du réalisateur. Ici, et c’est l’exemple le plus flagrant, on ne voit pas assez longtemps Johnny Depp aux prises avec les éléments nouveaux pour que cela puisse créer un véritable contraste. Cela aurait pu donner de beaux moments de comédie qui n’arrivent pas. Quant au reste, tout est filmé sur les mêmes plans de représentation et d’interprétation alors qu’une réflexion sur la porosité entre les mondes réel et fantastique aurait pu être possible comme il l’avait fait, là aussi, dans Big Fish. Cela aurait donné à Dark Shadows une bien belle profondeur qu’il n’a pas. Dark Shadows est, en fait, une véritable coquille creuse.

    Un autre questionnement majeur réside dans la caractérisation de certains des personnages. Il ne prend plus en compte la figure du paria qu’il avait su jadis si bien maîtrisé. Ce problème est évoqué, ici, par la présence des deux enfants jouant l’adolescente et le rêveur. Hélas, ils ne sont pas suffisamment développés pour réellement exister. Leurs écritures sont sommaires tant ils n’ont pas d’importance dans le récit et ils ne prennent pas suffisamment la caméra, restant dans le contre champ de Johnny Depp que le cinéaste ne convoque pas. Pourtant, des relations construites entre ce vampire et ces laissés-pour-compte auraient du voir le jour et le discours habituel sur leur place dans une société qui refuse l’hétérogénéité et les marges se serait parfaitement intégré dans les thématiques humaines classiques du cinéaste. Dark Shadows aurait pu être un film socialement engagé, certes sans grande nouveauté mais avec une conscience toujours vivace et salvatrice. Il ne l’est pas. Finalement, Tim Burton donne l’impression de s’en foutre alors qu’il chérissait auparavant des personnages dont il en faisait des figures d’alter ego. Le spectateur peut alors se demander les motivations du réalisateur quant au développement en profondeur de ce projet.

    Dark Shadows ne se pose pas comme une œuvre majeure du cinéaste américain. Il redonne néanmoins quelques lettres de noblesse à la filmographie burtonienne mais sans grand enthousiasme car certaines faiblesses sont irrévocables et presque indignes de la part de Tim Burton. Il faut définitivement avouer que le meilleur du réalisateur est bel et bien passé pour la plus grande déception de ses nombreux fans élevés à l’aube de métrages issus des années 1980 et 1990 et essentiels dans le cinéma américain contemporain.




    Site web:  http://critiqueconnection.wordpress.com/2012/05/14/dark-shadows/
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