Mia Madre

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    L'HISTOIRE D'UNE FEMME ÉCARTELÉE ENTRE SON MÉTIER ET SA FAMILLE. - Depuis que sa mère est malade et que l'acteur principal de son film lui en fait voir de toutes les couleurs, Margherita ne sait plus où donner de la tête. Et pour couronner le tout, son frère est, comme toujours, irréprochable. Petit à petit, Margherita tente de satisfaire tout le monde tout en se sauvant elle-même. Mia Madre, comédie dramatique poignante, rythmée par les délires hilarants de John Turturro, est réalisé par Nanni Moretti, qui, une fois de plus se met en scène avec pudeur et partage l'affiche avec son alter-ego féminin, une réalisatrice en proie à des angoisses personnelles et professionnelles.
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    Mia Madre

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    (3.8 pour 14 notes)
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    1h 42min
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    Synopsis du film Mia Madre

    Margherita est une réalisatrice en plein tournage d'un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre - et insupportable - acteur américain d’origine italienne. À ses questionnements d'artiste engagée, se mêlent des angoisses d'ordre privé : sa mère est à l'hôpital, sa fille en pleine crise d'adolescence. 
Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

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    Vive la famille! Non, non les réunions de famille ne sont pas que réglements de compte. Il y a de la tendresse, de l'humour et des belles bastons aussi...

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    tinalakiller
    Le 13/01/2016
    381 critiques
    Mia Madre faisait partie de ces chouchous au festival de Cannes (que ce soit par la presse française ou la presse internationale) et finalement, le jury présidé par les frères Coen a décidé de ne pas figurer le film au palmarès (tout ça pour mettre le film moyen d’Audiard en Palme d’or… oui, tacle totalement gratuit de ma part). Déjà, il y a quelques mois, face au verdict, j’avoue m’être posée des questions. Après, c’est sûr qu’on ne peut jamais juger un palmarès sans avoir vu le film mais j’aime tellement les films de Moretti que j’étais étonnée par ce résultat. Et effectivement, après avoir découvert ce nouveau cru de Moretti, j’étais en pétard contre le jury. Je sais qu’il y a toujours une part de subjectivité et c’est aussi pour cela que c’est intéressant de suivre différents festivals mais là, selon moi, il s’agit d’une grossière erreur de l’avoir totalement écarté de ce palmarès. Je vais même vous l’avouer avant la publication de mon bilan de l’année : Mia Madre est mon film préféré de 2015. Je trouve cela formidable de voir de la part d’un réalisateur qui a tout de même la carrière qu’on connait puisse signer un film aussi riche et profond. Moretti a beau avoir déjà traité le sujet difficile et délicat de la mort d’un membre de la famille (La Chambre du fils), de la maladie (Journal Intime) ou encore de la difficulté d’un tournage (Le Caïman) mais encore une fois reprendre des thèmes de prédilection n’a rien de scandaleux quand on a encore des choses à dire sur ces sujets en question et qu’on arrive à renouveler son cinéma. Je n’ai en tout cas pas eu l’impression qu’il se répétait, juste que ce film faisait partie de la continuité de son travail même si je sens que Moretti est encore plus exigeant qu’avant. Evidemment, et c’est peut-être cela qui a facilité mon coup de coeur, j’ai trouvé le film très émouvant, voire même bouleversant. Je pense que nous avons tous plus ou moins vécu ce genre de situation, c’est-à-dire la perte d’un proche suite à une maladie, et il faut avouer que le décès d’une mère a quelque chose de tristement universel. Sur le papier, ça peut être très repoussant. Certes, le film m’a fait pleurer, je ne vais pas vous mentir. Même si je trouve qu’il s’agit d’un film magnifique, pas forcément tout le monde a envie de voir ce genre d’histoire au cinéma. Mais il a plusieurs mérites et je crois que c’est pour cela que je l’ai autant aimé voire même adoré.
    En effet, malgré son sujet très difficile, le film n’est pas du tout tire-larmes. C’est une émotion « vraie », il y a quelque chose d’authentique, qui a fait écho à des situations que j’ai vécues ou que j’ai observées. Il y a quelque chose de terriblement réaliste (mot qui veut un peu tout dire, j’en ai conscience – dans le sens où j’utilise beaucoup ce mot pour désigner des films à tendance documentaire ou dans cette veine), le film est, comme les autres longs-métrages de Moretti, autobiographique, ce qui peut expliquer ce côté si véridique (par ailleurs, les personnages du frère et de la soeur portent les prénoms des acteurs – Giovanni étant le véritable prénom de Moretti). En même temps, les scènes hilarantes du tournage de Margherita permettent de couper avec ce côté très intimiste (même s’il y a certainement du vécu vu que Margherita est un double de Moretti). Pour aller même plus loin dans cette question de « fiction » (je mets entre guillemets puisque justement les frontières entre la fiction, l’intime et l’autobiographie restent tout de même « floues »), il y a un emboîtement de scènes se déroulant dans le passé ainsi que des scènes relatant la conscience même de Margherita. Il y a des fois où on ne sait pas tout de suite de quoi il s’agit, ce qui parvient à montrer le bouleversement intérieur que vit Margherita. Comment continuer à vivre, à être dans son travail (qui peut littéralement se transformer en moments de comédie, ce qui ne parait pas anodin – je ne crois pas que ces scènes-là sont uniquement là pour nous détendre face à d’autres scènes plus dures), à se préoccuper de ce qui se passe dans la société (le sujet du film – autour du travail des ouvriers qui luttent – n’est pas également choisi au hasard) quand une chose aussi personnelle et finalement inévitable se produit ? Peut-on continuer à voir la réalité et même dans un sens à la vivre (Margherita étant dans un certain déni face à l’état de sa mère – ce qui n’est pas le cas de son frère) quand on n’accepte pas ce qui doit arriver ? Face à tous ces entrechocs, mis en puzzle de façon très habile, on arrive vraiment à décrire le chaos émotionnel de cette femme désemparée. Il est aussi intéressant de voir comment des éléments a priori uniquement autobiographiques peuvent avoir un véritable intérêt pour rendre ce film plus parlant. En effet, la mère de Moretti était vraiment professeur de latin. Ici, au-delà de l’hommage à sa mère, le latin semble prendre une réelle dimension et des interprétations diverses. Pour moi, le latin représente le lien entre les différents membres d’une famille (notamment d’une génération à l’autre) mais aussi une trace de vie malgré son statut de langue morte : une fois la madre disparue meurt, elle sera toujours présente dans le coeur et l’esprit des gens qui l’aimaient.
    A l’image des émotions de Margherita qui se mélangent, ce film a quelque chose de merveilleusement paradoxal : ce film a beau parler de la mort, il est évidemment triste, mais c’est aussi une formidable ode à la vie, à ce qu’on a été dans notre existence, à ce qu’on laissera une fois qu’on ne sera plus là. L’écriture du film est alors extrêmement riche alors que le film a l’air a priori très simple. Mais c’est juste cette apparente simplicité qui fait la force de ce film. La mise en scène de Moretti est également vraiment bonne, en fait à l’image du scénario : elle a l’air simple, elle est également sobre mais en réalité elle est très soignée et précise. Il y a également un excellent travail de cadrage ainsi qu’un très bon montage. Enfin, les acteurs sont absolument tous exquis. En tête, Margherita Buy, actrice chouchou de Moretti depuis quelques années maintenant, qui interprète ici une sorte d’alter ego du réalisateur, est tout simplement excellente. Giulia Lazzarini, qui n’est pas célèbre en France mais est connue en Italie surtout pour avoir fait du théâtre, est également géniale et si attachante ! Comme le disent ses élèves, on l’aime comme si c’était notre mère ! Nanni Moretti s’est donné un rôle plus discret et secondaire, c’est-à-dire celui du grand frère bienveillant et lucide sur la situation. Il fait définitivement partie de ces réalisateurs qui parviennent aussi à être de très bons acteurs. Enfin, il faut évidemment parler de l’interprétation de John Turturro. Je sais que certains n’ont pas forcément aimé son interprétation ou son personnage très excessif, certains diront même qu’il cabotine. Pour ma part, justement, je l’ai trouvé bon dans ce rôle exubérant, je le trouve vraiment crédible en star hollywoodienne qui en fait des caisses pour se faire remarquer. En même temps, grâce à certaines scènes, il ne s’agit pas que pour moi d’un acteur qui oublie ses répliques en italien et qui fait perdre du temps à tout le monde. On comprend tout de même qu’il s’agit à la base d’un très bon acteur, capable de réellement bien jouer. Ca serait vraiment réducteur de dire qu’il en fait que des caisses et que son personnage n’est qu’un guignol : heureusement son personnage est plus épais qu’il en a l’air et l’interprétation de Turturro permet également de donner beaucoup de consistance à ce personnage.

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