La prochaine fois je viserai le coeur

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    D'APRES UNE HISTOIRE VRAIE - Cédric Anger s'inspire d'un fait divers pour réaliser ce drame policier qui retrace l'histoire de Alain Lamare, gendarme et tueur de jeunes femmes. Le cinéaste construit le film, sombre et angoissant, autour du point de vue du tueur, joué par le glacial Guillaume Canet. Le titre du film est tiré d'une phrase réelle prononcée par le tueur à ses victimes.
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    La prochaine fois je viserai le coeur

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    (3.45 pour 71 notes)
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    DUREE:
    1h 51min
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    Synopsis du film La prochaine fois je viserai le coeur

    Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

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    vos dernières critiques de film

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    Neocritics
    Le 18/11/2014
    13 critiques
    Si l’aspect didactique du long-métrage est de qualité et que le spectateur en ressort plus instruit que lorsqu’il est rentré dans la salle, cela ne suffit malgré tout pas. Il est question d’un tueur fou qui s’attaque aux jeunes femmes autostoppeuses rappelons-le. Les scènes de meurtres sont plutôt ternes, manquent de densité dramatique. [...] Qui plus est, jamais le film n’ose poser des questions sur la fiabilité ou non des forces de l’ordre.

    Site web:  http://neocritics.fr/la-prochaine-fois-je-viserai-le-coeur-de-cedric-anger/
    Nio_Lynes
    Le 11/12/2014
    286 critiques
    Je ne suis pas un fervent admirateur de Canet, aussi c'est sur les conseils d'un ami et le fait que le sujet m'intéressait que j'y suis finalement allé. Pour me retrouver doublement agréablement surpris. D'abord Guillaume Canet est prodigieux dans le rôle de cet homme tourmenté qu'on comprend devenir de plus en plus fou au fond de lui. Ensuite l'horrible fait divers policier qui a servi de base est intégralement respecté, il s'agit bien de l'affaire du "tueur de l'Oise", le gendarme fou Alain Lamare qui défraya les années 70 (à noter que wikipedia spoile un peu le truc mais pas trop, toutefois si vous désirez vraiment voir le film, n'allez chez eux qu'après coup).

    Cette affaire de tueur en série particulièrement retors faisait suite à une même affaire dans la même région. A se demander donc si le second tueur n'aurait pas en partie été inspiré par l'affaire Marcel Barbeault (là vous pouvez cliquouiller autant que vous voulez chez wikipedia).


    On comprend que l'Oise ça fait peur. Et sans doute pour ne pas raviver certaines blessures du passé et pouvoir filmer sans trop de difficulté, le tournage s'est déroulé dans le Nord pas de Calais pendant à peine une petite trentaine de jours fin novembre 2013 (Potz, j'espère que tu as fait un petit coucou à Canet à cette époque là !). Un tournage express qui laisse parfaitement sentir le froid mordant avec lequel les comédiens durent composer. Canet lui-même donne de sa personne pour une scène de poursuite qui n'est pas sans évoquer de loin celle du Cercle rouge, quand Gian Maria Volonté est poursuivi par policiers et chiens en pleine forêt. L'acteur-réalisateur a même dû un peu patauger dans une eau glacée pendant quelques minutes pour une prise qu'il choisit courageusement de refaire. On est toutefois loin de la réalité quand on sait que le tueur initial comme un surhomme s'est caché dans la rivière pendant plusieurs heures pour échapper aux poursuites.



    Sur ce point il est intéressant que le film choisisse la description à la reconstitution. Le portrait est tout autant intime (Dès le début on sait qui est l'assassin du film, le but du film est tout autre qu'une simple enquête policière, on est avec le personnage du gendarme dans son appartement, on le voit "vivre" et réguler sa vie comme une horloge bien rangée qui fait lentement froid dans le dos) qu'externe puisque l'on voit les meurtres mais aussi les rondes policières, la traque, les rares moments de calme avec son petit frère, sans doute la seule personne qui a de la valeur à ses yeux (les parents un peu vieux jeu le charriant régulièrement, on peut comprendre que le personnage soit vexé). Un frangin à qui il apprend à tirer à la carabine, avec qui il court dans les bois et se livre à quelques considérations vaguement métaphysiques.

    J'ai écrit "intime" et non "interne". Qui au juste est ce gendarme ? Sans doute ne le saurons nous jamais, ni pourquoi il ne peut résister à tuer des femmes même si de minimes explications se dévoilent par fragments (fascination de la mort et des armes --celles accumulées chez lui, les coupures de presses et photos du précédent tueur qui a secoué la région--, dégoût prononcé des femmes suite à une incapacité à assumer une vie de couple --une scène presque onirique montre le corps de la femme avec qui il vient de faire l'amour et l'on voit une mouche se poser tranquillement. Le personnage a à ce moment là un geste de dégoût visible comme si le fait de consommer l'acte charnel amenait invariablement à la mort, pas la petite mort, l'autre-- même quand l'occasion se présente à lui mais aussi ce qui peut-être perçu comme une trahison de la part de la gente féminine --il manque de s'énerver contre le personnage d'Ana Girardot, une révélation pour moi au passage, quand il s'aperçoit qu'il y a des choses de sa vie qu'elle ne lui a pas dit et qu'elle l'a embarqué avec elle jusqu'au cou).



    Le film ne prend jamais parti, ni du côté des victimes, ni du côté du tueur, toujours à bonne distance. C'est à la fois sa force et sa faiblesse. La prochaine fois je viserais le coeur est un bon film, même un très bon film dans le paysage policier français. Il a le mérite d'éviter la psychologie plombante et l'aspect sociétal pénible et rouillé de la société française qu'on nous assène souvent avec plus ou moins de force (je n'ai jamais pu digérer ce truc horrible qu'était "Sans laisser de traces" avec François Xavier Demaison, pardon) dans de nombreuses productions. Les paysages du Nord, brumeux, sont retranscrits avec une belle vigueur (je sais de quoi je parle, c'est le pays d'une de mes mamies hein) et la musique, en mode répétitif joue des violons froids comme une lame afin de témoigner de la déchéance du personnage.


    Sauf qu'au bout d'un moment la musique agace et lasse le spectateur. Pour tenter une analogie simple, j'avais évoqué le Cercle rouge et une scène bien spéciale mais je crois me souvenir qu'à ce moment la musique de Demarsan se dote de percussion, de quelque chose de subtil et dans le même temps bruitiste qui retranscrit bien la sensation de poursuite à défaut de celle d'être pris. Ici les même notes reviennent plaquées et même dans l'illustration d'une scène comme ça de poursuite, on réentend la même composition. Peur de se trahir ? De pencher du côté de l'assassin ? En négligeant l'ambiguïté nécessaire à plusieurs scènes tant musicalement que du point de vue de la mise en scène ou du personnage, le film évite tout faux bond mais s'enlise de fait. Il pourrait aller très loin... S'il avait l'étincelle nécessaire. Celle qui fait décoller, qui met K.O, qui nous fait dire "mais attends là... OH PUTAIN" (même si le final est bien fait).





    En l'état personnellement je trouve ça bien. Sans être un grand film, La prochaine fois je viserais le coeur impressionne et fascine dans sa volonté de s'inspirer d'une affaire célèbre et de la réinterprêter à sa manière en respectant pour beaucoup les faits (notamment ceux écrits, un carton l'indique en début ou en fin de film je sais plus).

    Une très bonne surprise pour votre serviteur donc.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2014/12/10/31108913.html
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