Nuits d'ivresse printanière

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    Nuits d'ivresse printanière

    UTILISATEURS
    (2.85 pour 5 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    PAYS:
    France,Chine
    DUREE:
    1h 56min
    ACTEURS:
    + Fiche complète

    Nuits d'ivresse printanière : Films proches

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    Affiche du film Kitchen
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    Affiche du film Love and bruises
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    Affiche du film Mystery
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    Affiche du film Apart together
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    Nuits d'ivresse printanière: ADN

    Synopsis du film Nuits d'ivresse printanière

    Nankin, de nos jours. Luo Haitao a été engagé par la femme de Wang
    Ping pour espionner la relation passionnée que celui-ci entretient avec
    un homme. Mais la situation lui échappe : Luo Haitao et Li Jing, sa
    petite amie, sont aspirés dans cette relation, submergés par le
    tourbillon des nuits d'ivresse printanière. Ils sont tous bientôt
    possédés par une exaltante folie des sens, un mal dangereux qui soumet
    les coeurs et égare les esprits...
    Une superbe description de la
    jalousie et de l'obsession, suffocante, incroyablement érotique. Le
    désir et l'amour sans limite, par le réalisateur internationalement
    reconnu de Suzhou River, Purple Butterfly et Une jeunesse chinoise.

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    cristal
    Le 19/04/2010
    211 critiques
    Apostrophe truffaldienne à la rigidité des mécanismes chinois, "Nuits d'ivresse printanière" a été salué pour son courage humaniste. Peut-être peut-on trouver de la valeur là-dedans, mais difficilement dans le reste ; il ne s'agit pas de reprocher à Lou Ye le systématisme de son principe filmique (lointaine comme une exode, la caméra se cache derrière chaque acte, des volets, une porte, présente en toute illégalité), mais plutôt cette posture indéfinie qui consiste à ne rien raconter. Etonnant de voir que le scénario du film a pu être primé à Cannes ; c'est d'ailleurs l'un des mauvais longs-métrages de la compétition de l'année passée, à partir duquel il semblait difficile d'attribuer quelque prix, si ce n'est à l'évidence une récompense spéciale symbolisant la démarche osée et frontale du cinéaste face à l'activité pervertie de son pays. Car la réalisation ne perpétue en aucun cas cette ivresse du désir et du climat dont on attendait l'apogée dans le choc des corps. Il ne s'agit pas uniquement de filmer nu et cru pour transmettre une force érotique, et c'est bien ce même cinéaste qui l'avait prouvé avec son précédent long-métrage, "Palais d'été" ("Une jeunesse chinoise"), chronique autrement plus vivifiante et exaltante que ce déprimant mélo 'cash' au goût rance. La plupart des choix scéniques confinent à l'erreur, tant stylistique (néons, cigarettes, karaoké et ciel gris sont la signature caricaturée d'un cinéma social chinois) qu'humaniste (difficile de faire partager les sensations amoureuses quand l'objectif ne sait fixer que la tristesse et la laideur d'un pays au lieu d'une mélancolie du contraste). Il ne s'agit pas de remettre en cause les connaissances cinématographiques de Lou Ye, mais plutôt son inconscience dangereuse de l'archétype et la façon dont sa liberté et sa non-rigueur finissent par créer un manque d'élasticité et desservent le film, aussi par cause de sécurité , de temps et de moyens. La langueur qui s'installe finit par ennuyer, le film n'étant capable que d'enchaîner des scènes de sexe sans grand rapport les unes aux autres, puis des parenthèses mélodramatiques dont la pensée détruit la beauté simple et naturelle. Les acteurs suivent mollement du regard les directives d'un cinéaste sans inspiration, prisonnier de son art dans tous les sens du terme, et dont la rage contenue en lui aurait pu éclater dans un magistral fleuve de désirs provocateurs. A la place de quoi se succède un catalogue de poses grotesques et aléatoires.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
    Foxart
    Le 28/05/2010
    82 critiques
    "J'ai manqué l'amour qui m'était destiné, les fleurs savent toujours quand s'ouvrir"

    Nankin, de nos jours, au printemps...
    La femme de Wang Ping le soupçonne d'infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l'espionner et découvre ainsi l'amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng.
    C'est avec lui que Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, se jettent à corps perdus dans une folle équipée amoureuse. C'est pour tous trois le début de nuits d'ivresse suffocante, qui égarent l'esprit et exaltent les sens. Un sulfureux voyage aux confins de la jalousie et de l'obsession amoureuse.

    Selon Lou Yé, le réalisateur et auteur de Nuits D'Ivresse Printanière, "Une fleur est l'image du monde", ainsi, lorsque le film s'ouvre sur ces deux hommes complices qui se bousculent puérilement en pissant et que l'on retrouve immédiatement après en train de baiser, la caméra s'échappe par la fenêtre et s'en va filmer deux fleurs de lotus flottant dans un bassin douchées par une pluie douce de printemps.
    Vision poétique et superbement cinématographique annonçant sans doute autant la plénitude des deux amants que l'assombrissement à venir de leurs horizons.
    La caméra, après les avoir filmé - en espionne -de l'extérieur, s'immisce dans l'intimité la plus crue des corps avant de s'ouvrir à nouveau au monde en cette métaphore poétique de deux fleurs épanouies sous la pluie battante et la grisaille du monde.

    Les deux hommes visiblement amoureux croisent alors un jeune homme, sans y prêter la moindre attention mais le spectateur comprendra bien vite que cet homme n'est autre que le détective amateur chargé par l'épouse d'espionner les amants.

    Tout le film est ainsi construit sur les oppositions entre l'intérieur et l'extérieur, l'intime et le public et l'homme seul face au monde au travers des croisements permanents de ces personnages qui - même quand ils copulent - ne semblent pas réellement parvenir à se toucher, écrasés par le poids des conventions sociales et de leurs propres incapacités à aimer ou à être aimé.

    Le film, tourné clandestinement dans une Chine violemment homophobe épouse sans doute trop souvent ce système de caméra espionne qui est à la fois une force du film et apparait parfois comme un effet un peu vain et systématique de mise en scène.
    En effet, lorsque les amants sont filmés en pleine rue ou quand ils sont épiés, suivis, cette caméra paparazza, furtive et presque subjective apparait comme une belle idée de mise en scène même si elle fut évidemment conditionnée par les contraintes du tournage lui même.
    Hélas, lors des scènes privées, et notamment des scènes de baisers ou de sexe indoor, celle ci devient pleinement subjective et induit le spectateur dans une position de voyeur/espion qui empêche un peu le film d'atteindre à l'érotisme et de renifler la véritable chaleur des corps, malgré le caractère très cru et explicite de ces belles scènes de sexe et la ferveur de leurs baisers.
    Ce systématisme de la mise en scène place alors une distance entre le film et son spectateur et la première heure en devient parfois laborieuse et n'est sauvée de l'ennui que par l'immense talent de ses comédiens et par le courage de son sujet même.

    Et puis, peu à peu, l'histoire se complique, de nouveaux personnages entrent de plein pied dans le cadre et prennent une importance insoupçonnée quand d'autres en sortent avec violence et dans son deuxième acte "Le temps de l'efflorescence", le film prendra même une tournure magnifique autant que tragique en épousant les codes les plus sublimes du mélodrame.

    C'est dans cette deuxième partie que l'on saisit pleinement que le jury cannois présidé par Isabelle Huppert, n'a pas seulement récompensé le film d'un Prix du scénario pour saluer le courage du réalisateur à traiter d'un sujet si tabou dans son pays, mais bel et bien parce que son scénario est une véritable splendeur et qu'il évoque les plus beaux mélo de Douglas Sirk ou d'Almodovar tout en gardant sa spécificité chinoise, dans la symbolique des images, autant que dans l'utilisation de la littérature et particulièrement de l'évocation récurrente de l'œuvre de Yu Datu, ecrivain des années 20 qui ouvre et clôt les deux parties du film. (Nuits d'ivresse printanière & Le Temps de l'efflorescence)
    Et comme on ne peut parler de mélo sans parler de musique, on peut également souligner la magnifique et entêtante illustration musicale du film.

    Le résultat est un film parfois austère, souvent complexe, quelques fois confus, mais surtout un magnifique mélodrame amoureux, une chronique bouleversante de l'ultra moderne solitude, bien moins chinoise et bien moins gay qu'on aurait pu le croire initialement et finalement plein plus universelle qu'on aurait pu le penser.

    Un beau film à la mélancolie tenace.


    Site web:  http://foxart4.blogspot.com/
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