Les Diables

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    Les Diables

    UTILISATEURS
    (4.15 pour 5 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    1971
    PAYS:
    DUREE:
    1h 51min
    ACTEURS:
    + Fiche complète

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    Les Diables: ADN

    Synopsis du film Les Diables

    En 1634, dans la ville de Loudun, l’Abbé Urbain Grandier exerce une très grande influence sur les gens de la ville. Collectionnant les conquêtes féminines, Grandier refuse d’abattre les remparts de la ville, qui a échappé aux guerres de religions. Mais au couvent des Ursulines, l’inquiétante Mère Jeanne des Anges se déclare possédée par Grandier. Pour l’envoyé de Richelieu, c’est l’occasion parfaite d’éliminer Grandier, la folie va pouvoir commencer...

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    drfrankNfurter
    Le 25/01/2011
    0 critique
    The Devils de Ken Russell comme le rappelait l'affiche promotionnelle (et la bande-annonce) de l'époque n'est pas un film pour tout le monde. Et si quarante ans après, la controverse et l’opprobre se sont taris, les qualités artistiques du long métrage étant considérablement reconsidérées, celui-ci garde néanmoins encore aujourd'hui un pouvoir de "nuisance" certain.

    Au XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIII, le cardinal Richelieu craignant une révolte des protestants depuis leurs fortifications demande à son roi la destruction des fortifications alloués aux huguenots, tel Loudun en Anjou. Cette ville fortifiée est depuis peu sous l'autorité du prêtre Urbain Grandier (Oliver Reed) depuis le décès du gouverneur Sainte-Marthe, mort de la peste comme bon nombre de loudunais. Un homme d'église aux moeurs assez particulières, ce dernier ayant une vision très personnelle du voeu de chasteté et de célibat (il se mariera en secret avec la dénommée Madeleine De Brou (Gemma Jones)). Et si sa foi et son attachement à Loudun lui vaut le respect de la population, les protestants et les catholiques vivant en harmonie, il en n'est tout autre des notables, le père Mignon ou le magistrat de la ville, le premier pour des raisons morales, quant au second, sa fille fut rejetée par Grandier en apprenant la grossesse de celle-ci. Un ecclésiastique sexué qui ne laisse pas non plus indifférent la mère supérieure du couvent d’ursulines, soeur Jeanne des Anges (Vanessa Redgrave), atteinte d'hallucinations érotico-bibliques, au même titre que le reste de ses soeurs, toutes atteintes d'hystérie collective et profondément attirées par ce prêtre qu'elles n'ont pourtant jamais rencontré. Vexé du refus de Grandier de ne pas devenir leur nouveau confesseur, Jeanne l'accuse de l'avoir séduite et abusée par l'intermédiaire de quelques diableries. Une possession démoniaque, soit une occasion en or pour le baron de Laubardemont (Dudley Sutton), aux ordres de Richelieu, pour réduire à néant le bien trop gênant Grandier et les fortifications de Loudun si un procès en sorcellerie venait à être ordonné.


    Adapté du livre Les Diables de Loudun, étude d'histoire et de psychologie de l'écrivain britannique Aldous Huxley et de la pièce The Devils de John Whiting elle-même inspirée par le précédent ouvrage, le film contrairement à la légende de l'affiche précitée prend quelques libertés historiques, certaines par soucis de simplification et de dramaturgie (1), d'autres plus polémiques...

    Si les raisons évoquées dans The Devils sont proches de la réalité, il faut noter toutefois que Richelieu est loin d'être le personnage fourbe, cynique et machiavélique qu'on lui prête souvent d'être. Louis XIII et son ministre, ces "tueurs" de protestants comme le dépeint le long-métrage, n'ont nullement remis en cause l'Edit de Nantes, et ont avant tout cherché à consolider et à unifier un royaume. Richelieu ordonna la destruction des fortifications qu’Henri IV, père de Louis, avait accordé aux protestants car il reprochait d'avantage à ces villes d'être un Etat dans l’Etat qu'un bastion d'huguenots revanchards. Et si le portrait que fait Russell de Richelieu n'est guère flatteur, celui-ci passant qui plus est pour un infirme, Louis III en plus de sa réputation de souverain falot devient sous la caméra du cinéaste une folle cruelle, sanguinaire (2) et débauché, ou le portrait au vitriol d'un homme pieux, connu pour avoir dissocié la politique de la religion (3) qui n'aimait pas le paraître et encore moins la vie de cours... maudit anglais. Néanmoins un film étant par définition une création artistique, et de ce fait un espace libre pour son auteur, de la part de Ken Russell, il fallait sans aucun doute s'attendre à une vision violente, extrême, provocatrice et sexuée de cette page de l'Histoire de France, toile de fond et prétexte aux thèmes du réalisateur comme la critique du fanatisme religieux.

    Comme annoncé en préambule, Les Diables de Ken Russell, près de quatre décennies après sa sortie tumultueuse, reste un film aux qualités artistiques rares, mené par deux interprètes principaux habités par leur rôle, Oliver Reed en ecclésiastique profondément humain, un homme d'église avant tout homme, avec ses défauts et ses qualités, et une Vanessa Redgrave déchaînée en nonne hystérique. Tourné dans les studios Pinewood près de Londres et à Bamburgh (dans le nord de l'Angleterre), la reconstitution de Loudun au même titre que l'ambiance du film et les scènes hallucinatoires de Jeanne des Anges apparaissent comme un élément charnière du style souhaité par le cinéaste (4), à la fois frénétique, grotesque, perturbant, cauchemardesque, à l'image du père Barre, prêtre inquisiteur symbole d'un psychédélisme noir plus proche des ouailles d'un Charles Manson que d'un Bernardo Gui.

    Mise à l'index par la censure, les scènes les plus explicites ayant droit à quelques coupes drastiques à l'époque de son exploitation (la masturbation de Jeanne avec le reste de tibia calciné du père Grandier ou les gros plans du supplice de ce dernier par le prêtre Barre lui brisant les jambes à multiple reprise), quelques scènes furent néanmoins retrouvées dans les années 2000, tel le viol du christ sur sa croix par les soeurs par exemple dans l'église, scène excessive retranscrivant parfaitement la folie des Diables.

    The Devils ne laisse toujours pas indifférent de par sa virulence et son néo-surréalisme, et ce depuis quatre décennies (5).
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    (1) Grandier fut acquitté un premier temps des accusations de sorcellerie proférées par les hystériques ursulines, mais ce dernier continuant d'accuser Richelieu et sa politique, le cardinal réussit à rouvrir le procès et obtint finalement l'exécution du prêtre.

    (2) Lors de la scène où Richelieu explique à son roi ses raisons, Louis XIII s'amuse à tuer au pistolet des protestants déguisés en merle.

    (3) Louis XIII mena ce qu'on nommera plus tard la Guerre de Trente ans, en s’alliant avec les Princes allemands protestants contre l'Autriche et l'Espagne catholiques.

    (4) Quoique grief habituel chez Russell (et encore plus pour ses oeuvres 80's), le style plastique est daté.

    (5) On appréciera (ou pas) au passage les divers dialogues samplés issus du film ("You have been found guilty of commerce with the devil" par exemple) sur le brillant Golden Dawn appartenant au non moins brillant album fondateur The Land of Rape and Honey (1988) de la paire Jourgensen/Barker (alias Ministry).

    Site web:  http://therockyhorrorcriticshow.blogspot.fr/2011/01/devils-ken-russell-1971.html
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