Silvio et les autres

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    - Le réalisateur Paolo Sorrentino (Oscar du meilleur film étranger pour La Grande Bellezza, et signataire de la série The Young Pope), retrouve son acteur fétiche Toni Servillo pour le portrait excessif du plus égocentrique des hommes politiques italiens : Silvio Berlusconi. Film dramatique à la mise en scène annoncée comme fascinante, Silvio et les autres a pour but d'évoquer l'Italie contemporaine et le monde d'aujourd'hui à travers une figure d'homme extrêmement puissant, peint dans son humanité mais sans concession. Un film d'auteur apte à diviser les critiques.
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    Silvio et les autres

    UTILISATEURS
    (3 pour 2 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    PAYS:
    France,Italie
    DUREE:
    2h 38min
    ACTEURS:
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    Silvio et les autres: ADN

    Synopsis du film Silvio et les autres

    Il a habité nos imaginaires par la puissance de son empire médiatique, son ascension fulgurante et sa capacité à survivre aux revers politiques et aux déboires judiciaires. Il a incarné pendant vingt ans le laboratoire de l’Europe et le triomphe absolu du modèle libéral après la chute du communisme. Entre déclin et intimité impossible, Silvio Berlusconi incarne une époque qui se cherche, désespérée d’être vide.

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    francoisrall
    Le 29/03/2019
    0 critique
    Parmi l'un des films à voir de l'an passé, il y a pourquoi pas le dernier opus du réalisateur d’Il divo et de La grande bellezza. Notons qu’il est sorti en France dans des conditions différentes de l’Italie. Là-bas, il a été programmé en deux films d’1H40 environ alors qu’il a été réduit ici à un unique long métrage de 2H37. On perçoit les effets de ce remontage dans son rythme particulier. La première heure est un étalage tapageur de moments festifs qui fait penser à certains passages du Loup de Wall Street de Scorsese. Puis le film adopte un rythme plus languissant et introspectif. Sorrentino a réalisé une œuvre tout en ruptures de tons, à l’image de sa bande-son éclectique, qui passe du rock 70s de Down in the street des Stooges, au morceau techno Goudron (Yacht) ou au planant It’s happening again d’Agnès Obel. Pour peu que le sujet « Berlusconi » intéresse, on ne s’ennuie pas dans ce film qui saute sans cesse d’un registre à l‘autre : l’allégorique, le satirique, le psychologique.

    Règne de la velina
    Sorrentino nous fait entrer en berlusconisme par le versant le plus vulgaire et le plus authentique qui soit concernant ce personnage. L’ancien président du conseil italien, que tous appellent dévotement « Lui », apparaît tard dans le film. Le scénario nous raccroche d’abord à Sergio Morra (Riccardo Scamarcio), un organisateur de fêtes à bimbos. Personnage peu intéressant dont l’ambition, exprimée entre deux rails de coke, est d’approcher l’idole et bien sûr de faire fortune (le type souhaite devenir eurodéputé !). Sergio pense qu’une fête orgiaque, sous les yeux du vieux séducteur, attirera son attention. Le propos satirique est assez clair : Berlusconi est un roi du sexe et un érotomane, ayant entraîné derrière lui une frange d’italiens avides d’argent, de fêtes et de filles sexy. L’étalage pornographique de corps superbes et peu farouches renvoie à sa passion intime des belles femmes et aux programmes qui ont fait sa gloire. Berlusconi a inauguré le règne fascinant de la velina, cette jeune femme pulpeuse et court vêtue, qui se trémousse dans les émissions abrutissantes de la TV italienne. Si elle se marie in fine avec un footballeur ou un présentateur TV, la velina aura réussi sa vie. Elle est le symbole évident du vide engendré par le berlusconisme. Mais Sorrentino s’attarde un peu trop sur cette vulgarité tapageuse : est-il besoin d’y passer 50 minutes ?

    Alors que le titre français Silvio et les autres nous met platement au parfum, le titre italien est plus riche de significations : Loro (« eux » ou bien « votre » ou « leur »). La première partie du film parle de « loro », d’ « eux », ces italiens vulgaires qui l’ont porté aux nues. Ensuite, c’est de lui dont il s’agit, « leur » ou « votre » Berlusconi, celui sur lequel tout le monde a une opinion. Chacun peut s’approprier et fantasmer « son » Berlusconi, ce que fait Sorrentino. C’est un cinéaste illustratif, rarement subtile mais qui a au moins le mérite de se faire comprendre facilement. Il emploie des métaphores visuelles accessibles à tous. Berlusconi apparaît dans un déguisement oriental de danseuse, c’est un personnage des Mille et une nuits, qui sait envouter les gens. Sergio Morra finit par le rencontrer mais le politicien phagocyte le film, grâce à l’incarnation pleine d’humour de Toni Servilio.

    Un vendeur qui veut être aimé
    Vous voulez savoir ce que Sorrentino pense du Cavaliere ? Il dit tout, comme s’il était trois heures à table avec vous. L’homme politique est un séducteur et un vendeur hors pair. La scène la plus marquante de Silvio et les autres est cette conversation téléphonique avec une ménagère à qui il tente par jeu de vendre quelque chose. Il veut se prouver sans cesse qu’il peut séduire et se faire aimer des gens. Le film ne cache pas sa corruption, son goût de la manipulation des faits et sa férocité vis-à-vis des courtisans. Mais le regard, bizarrement, est très empathique. Ce type au sourire figé qui vous aimante, chante des chansons et se souvient de la beauté de son épouse, Veronica (Elena Sofia Ricci) quand il l’a rencontrée. Hélas Veronica, qu’il dit chercher dans les jeunes femmes qu’il séduit, est lasse de ses aventures et ne songe qu’à le quitter. Silvio regrette sa jeunesse perdue.
    On finit par comprendre et apprécier un peu cet homme. Le tremblement de terre de l’Aquila arrive alors et nous emmène loin de la villa de Sardaigne, de ce domaine des dieux déconnecté du bas monde. C’est une rupture de ton très artificielle, comme s’il fallait soudain mettre la focale sur le peuple, grand oublié du film. Avec l’Aquila, ville médiévale, c’est l’Italie historique et patrimoniale qui se casse la gueule. Mais le propos politique est mince et Sorrentino s’est sans doute laissé un peu trop charmer, lui aussi, par la putasserie et l’esthétique soap opera des années Berlusconi. Il n’a rien à dire d’original sur l’état du pays et le pourrissement de sa vie politique.

    Est-il l'un des bons films de Sorrentino ? Sans doute car le cinéaste nous prend assez facilement dans son jeu. Silvio et les autres est une illustration kitsch du berlusconisme, plaisante à regarder et très (trop ?) premier degré. Elle ne manque pas de vignettes accrocheuses et de trouvailles allégoriques. Mais balançant entre enthousiasme (The young pope) et déceptions (Il divo, Youth) passées, on attend encore d’être convaincu par ce cinéaste.


    Site web:  http://cineclubambulant.hautetfort.com/archive/2019/03/29/silvio-et-les-autres-paolo-sorrentino-6139959.html
    Shangols
    Le 02/04/2019
    28 critiques
    Grandeur du règne berlusconien vu par un furieux ennemi du président italien obsédé sexuel : on imagine la nuance du propos. On est a priori bien d'accord avec Sorrentino : ce triste sire a fait traverser à l'Italie ses pires années depuis longtemps, lui a imposé une sorte de paternalisme odieux fait de télé-réalité, de cul, et de culture au rabais, et a érigé le pot-de-vin, le délit d'initiés, le détournement de fonds en arts, préfigurant en quelque sorte Trump tout en symbolisant à lui tout seul l'artificialité, le luxe clinquant, le tout-pour-le-fric, la capitalisme sans scrupule des années 80-90. Le personnage est un des pires guignols de l'histoire, et qui plus est un escroc intelligent et manipulateur, ce sont les plus dangereux. Non, vraiment, Sorrentino a raison de fabriquer ce film à charge, jeu de massacre tout feu tout flamme et pamphlet politique cruel, et on le suit dans cette détestation totale du personnage. Cependant, les bonnes intentions ne parvenant pas forcément à faire un bon film, voyons ce qui pêche dans Loro...

    Sorrentino imagine quelques jours de la vie de Berlusconi, jours de repos dans sa villa kitsch et luxuriante, pile dans l'entre-deux règnes (période où le gars est sensé se poser des question existentielles). Dans un premier temps, dans une sorte de construction à la Molière, on suit les tentatives d'un jeune arriviste pour se faire accepter dans le clan Berlusconi et décrocher un poste politique (que le gars distribue il est vrai sans trop se prendre la tête ("Tu suces ? tu seras ministre des transports")). Il achète une villa à côté de celle de son modèle, loue quelques girondes pétasses, et envoie la sono, le champagne et le MDMA tous azimuts. Pendant toute cette partie, pas de Berlusconi, qui est pourtant omniprésent dans les conversations : il est comme un Dieu difficile d'accès. Peu à peu, le stratagème fonctionne, et nous voilà dans un acte 2 qui nous montre enfin le géant pleine face : un renard fier de lui, fin stratège, mais surtout complètement, irrémédiablement, passionnément, obsédé par le derche. Dès lors, le film, qui était déjà plein de bimbos se trémoussant au ralenti, devient ouvertement un clip aux formes girondes de ses interprètes consacré. On comprend le truc, hein, mais on se dit aussi qu'il se pourrait bien que Sorrentino soit tout aussi fasciné par les culs que son modèle, tant im et de complaisance, et tant il dépense sans compter de la pellicule, à filmer sous tous les angles, ces jeunes mannequins à demi-nues dansant sur de la techno de supermarché. Nous aussi, on aime bien regarder les filles, mais on a au bout d'un moment envie d'un peu plus que ces tableaux fatigants de nanas au regard de braise et aux seins de marbre faisant leur numéro devant les yeux de Berlusconi / la caméra de Sorrentino. Il y a toutefois un aspect troublant dans cette gémellité des deux ennemis, dans cette fascination involontaire pour le cul, assumé chez le politique, honteusement dissimulé derrière un semblant de discours chez le cinéaste. Un peu comme si Kechiche faisait une bio sur DSK, voyez ?

    Heureusement, le film est un peu, de temps en temps, par petites touches, autre chose que ça. Quand il délaisse ses bimbos, quand il cesse d'être un agitateur sans intelligence, le film sait montrer deux ou trois scènes plus subtiles : un dialogue avec la femme délaissée, une déconstruction du discours berlusconien à travers la vente d'une maison, le portrait sans fard de la cour des flatteurs qui entourent le bougre, une scène qui montre la sincérité de ses goûts kitschissimes, tout ça est bel et bon. Et fait entrer le monde extérieur, le vrai monde, dans cet univers de carton-pâte et de mannequins très éloigné de lui. C'est aussi le défaut du film : ne pas avoir su montrer en quoi cet univers fantasmé, tout de sexe et de joie, de plaisir et de jeunesse éternelle (jolie scène aussi que celle où une jeune fille renvoie à Berlusconi son propre miroir de vieux-beau) a pu décider du sort d'un pays tout entier ; là, l'Italie, et le monde, ne font pratiquement pas irruption dans le film, et on ne comprend pas comment un tel univers a pu régner si longtemps. A peu près 17 fois trop long (2h30, alors qu'on peut facilement couper une heure, quitte à perdre un ou deux culs), le film se contente de ricaner aux obsessions de Berlusconi (qui, encore une fois, sont les mêmes que pour le cinéaste), et à tirer à boulets rouges sur le personnage. Comme quoi, après l'échec de Moretti, réussir un portrait de Berlusconi semble chose bien ardue : le personnage est peut-être plus complexe que ce qu'il n'y paraît ?

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