L'Écume des jours

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    D'APRES LE ROMAN DE BORIS VIAN - Le plus bricoleur des réalisateurs adapte au cinéma le roman culte de Boris Vian et raconte l'histoire d'amour douce et poétique entre Chloé et Colin. Michel Gondry réalise un drame émouvant en nous entrainant dans un univers onirique et fantastique, véritable incitation au rêve, sans oublier la dure réalité de la maladie.
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    L'Écume des jours

    UTILISATEURS
    (2.95 pour 275 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    PAYS:
    France,Belgique
    DUREE:
    2h 5min
    ACTEURS:
    + Fiche complète

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    Synopsis du film L'Écume des jours

    L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite.

    Version remontée sous la supervision de Michel Gondry (durée 89 min) - en exclusivité au cinéma Publicis.

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    inesepresso
    Le 01/05/2013
    2 critiques
    Il ne faut pas écouter les critiques pessimistes revendiquant leur appartenance tenace au roman de Vian, car si Gondry réalise encore une fois un film dans un style qui lui est propre, il reste très fidèle aux idées transmises par Boris Vian qu'il aurait surement adoré voir ainsi : la folie, le bonheur éphémère, et de la philosophie sartrienne. Et, contrairement aux critiques, on s'attache très bien aux personnages, et ainsi Gondry, notamment dans sa mise en scène dense et poétique, rend un très grand hommage à tous les cinémas et procédés littéraires surréalistes possibles. Bravo.

    InMoviesWeTrust
    Le 09/05/2013
    31 critiques
    Peu de choses à dire finalement sur cette adaptation de l’Écume des Jours de Boris Vian, mais une énorme déception de voir tout un travail, aussi méticuleux et imaginatif soit-il, prendre le dessus sur ce qui constituait une partie prépondérante dans l’œuvre de Vian : l’émotion. Un premier quart d’heure passé dans lequel Michel Gondry pose l’univers et ses bases absolument délirantes. L’univers modelé par le Français se révèle être à la hauteur du chantier de départ et voir autant de folie à l’écran est une véritable bouffée d’air frais.
    Problème, car il y en a véritablement un, est que tout cela finit par devenir anxiogène et le film – ou plutôt l’OFNI (Objet Filmique Non Identifié) – proprement irregardable pour quiconque connaît déjà le cinéma de Gondry et la légèreté pourtant omniprésente dans la majorité de ses films.

    Bien que le Français ait toujours su contreplaquer son récit avec une très grosse dose de mélancolie à l’écran (comme il l’avait montré avec ce qui reste à ce jour son chef d’œuvre, Eternal Sunshine of the Spotless Mind), l’Écume des Jours est un film bancal, totalement inégal dans son récit comme dans la consistance de ses personnages et l’évolution que chacun d’eux subit. Se distinguant à travers deux actes parfaitement distinctifs, entre le moment de la rencontre de Colin et Chloé et l’arrivée du «Mal» au cœur du couple, le film sait être plaisant dans sa première heure, empilant maintes réjouissances visuelles avec une joie communicative et retrouvant le franc parler de l’auteur mythique qu’est Vian et l’insolence de celui-ci à travers des séquences telles que celles de l’église ou la folie de la patinoire, pourtant déjà imprégnée du sentiment mortifère qui plombe la suite du récit.

    Entendre du Duke Ellington, la joie de vivre de tous les personnages et ce «je-ne-sais-quoi» qui font de l’Écume des Jours un roman mythique sont logiquement présents dans le film. Et pourtant, alors que Michel Gondry, seul réalisateur peut-être capable de retranscrire le délire esthétique qui était imposée par le défi avec Spike Jonze, étale sans vergogne son empreinte sur le film, il finit par sombrer dans la condescendance et vogue, sans le savoir, son spectateur vers la longue vague de l’ennui qui fait alors de l’Écume des Jours un film bâtard, dans lequel son réalisateur, opère un virage tellement radical dans la déliquescence de ses personnages que le spectateur perd instantanément l’euphorie originelle. Certes, le bouquin opérait une telle différence, faisant du malheur un évènement frappant et inattendu mais l’esthétique venant ainsi à être si bouleversé que le film ne sait plus où aller. Jamais dans la comédie, gentiment vendue par son distributeur, mais totalement empreint par la noirceur et l’aspect purement tragique de cette histoire d’amour, Gondry se permet au milieu du film un caméo pour, semble-t-il, cacher les trous béants d’une adaptation qui ne méritait pas une durée d’une telle longueur (deux heures cinq qui auraient mérité une coupure de vingt minutes et un montage moins lisse). C’est sympathique sur le coup puis on sent que la direction d’acteurs ne suit pas non plus et que l’émotion, la grâce de tout cela s’est envolé au fil de cette «grande exposition artisanale». Car à part plein d’idées et une grande ambition à égaler l’oeuvre de l’auteur, l’Ecume des Jours ne transpire de rien.

    Romain Duris et Audrey Tautou, l’une plus que l’autre, jouent dans l’outrance, à vouloir montrer leur aura «cool». Gad Elmaleh et toute la bande de seconds rôles inexistants ne s’en sortent malheureusement pas mieux (mais que fallait-il finalement attendre d’eux, hein ?) et Omar Sy, à la grande surprise, se révèle être celui qui s’en sort de la plus belle des façons, dans l’évolution physique et spirituelle de son personnage. Il se l’accapare avec une aisance et une classe assez inattendus pour être signaler, sans pour autant surpasser le personnage que Gondry laisse dans l’ombre dans les dernières vingt minutes, la séparation entre lui et Tautou dans le train étant pourtant l’une des plus belles séquences du film, la seule petite once d’émotion.

    Le reste du métrage, finissant par atteindre un point culminant du glauque, est un modèle de non-imagination pour Gondry. On ne le sait pas vraiment à l’aise sur les fins qui se finissent mal et sa réalisation s’en ressent. Le noir et blanc forcé prouve bel et bien, qu’au final, toute cette machine n’aura servi à rien, sinon aura tourné à vide. Seule grande idée, pourtant loin d’être inintéressante, est de supplanter le Paris grisonnant d’aujourd’hui en y intégrant l’ambiance des années 50 sur le film, telle une ombre instantanée et instable sur la ville, tout en conservant les thèmes intemporels du livre de Boris Vian (l’obsession maladive pour Jean-Sol Partre la maladie, la religion, la perte de repères et d’espace) .
    Car ce qui devait être l’œuvre la plus bouleversante, la plus virtuose pour le cinéma français cette année restera finalement une toute petite souris dans la carrière foisonnante d’un Michel Gondry pourtant très à l’aise à l’étranger comme il nous l’avait prouvé avec The Green Hornet (preuve d’un style passe-partout, sans le sens péjoratif), l’Écume des Jours montre avant tout que certaines oeuvres, aussi légendaires, populaires soient-elles dans le cœur de plusieurs générations, elles ne sont pas tout le temps nécessaires d’être bidouillés par un artiste expérimenté ou un petit malin dans le vent. Imaginative bien que redondant, laborieuse et surtout dénuée de toute grâce et de toute émotion, cette adaptation est un raté, un rêve illusoire dans lequel le spectateur devait trouver ce qui était présenté comme le film-somme de Michel Gondry. Et ce n’est pourtant pas à cause de son auteur mais bien à cause de la taille de la montagne à affronter. L’envie et les ambitions étaient bel et bien là…

    Bientôt Gatsby le Magnifique par Baz Luhrmann (réalisateur des exécrables Moulin Rouge! et Australia). En 3D et avec beaucoup de fonds verts.
    On est déjà terrifié par le résultat…

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