Margin Call

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    POUR SURVIVRE À WALL STREET, SOIS LE PREMIER, LE MEILLEUR, OU TRICHE. - Thriller financier dramatique porté par Kevin Spacey, Margin Call (dans la lignée de Wall Street) nous plonge dans l'univers impitoyable de Wall Street, dans lequel une équipe de traders, la nuit avant le crash, découvre que pour sauver sa peau, il faut avoir celle des autres...
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    Margin Call

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    (3.55 pour 60 notes)
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    1h 47min
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    Synopsis du film Margin Call

    24 heures de la vie des membres d'une banque d'investissements juste avant le crash boursier et la crise financière. Pour sauver leur peau, un seul moyen€: ruiner les autres…

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    Se retrouver bloqué, et isolé, par la neige, ou par l'espace infini, ou s'enfermer pour fuir les démons, les tueurs fous ou la fin du monde : cauchemar...

    Second centre de production américain derrière Holywood, la ville de New York fascine et a été le décor de divers genres cinématographiques.
    "L'argent ne fait pas le bonheur"... Ah, que vous êtes naifs! Bienvenue dans l'univers de la finance ou, du moins, dans l'imaginaire qui l'entoure. Un univers qui cristallise...

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    Thibaut
    Le 07/05/2012
    141 critiques
    Il fallait s’y attendre de la part du cinéma américain. Après l’agréable surprise que fut The Company Men de John Wells et l’échec artistique de Wall Street 2 d’Oliver Stone, voici Margin Call, un autre film qui prend comme matériau de base la crise financière. Celle-ci est trop ancrée dans les réalités de millions de gens pour qu’elle ne soit pas être étudiée en profondeur. Ce premier film de J.C. Chandor vient donc s’inscrire dans une certaine logique cinématographique.

    Tout est dit dès les premières images. Grâce au générique de début basé sur des images du quartier des affaires de Manhattan, le spectateur sait qu’il va plonger dans le milieu de la finance new-yorkaise. Néanmoins, une démarche trop généraliste ne s’avérait pas assez originale pour que Margin Call soit réellement puissant. En effet, un certain nombre de clichés auraient pu être à l’ordre du jour. Le réalisateur va donc s’attacher, petit à petit, à restreindre son échelle de représentation. Il va ainsi entrer dans des préoccupations plus intimes en suivant une équipe de traders. Nous voici donc au cœur des préoccupations de cette catégorie professionnelle. Cette dernière n’apparaît ici dans son plus beau costume. Le milieu est carnassier. Ainsi, quand le licenciement pointe le bout de son nez, il n’y a plus de place pour l’humanité. Les relations entre les employés que l’on pourrait croire serrées deviennent distendues, cachées derrière l’esprit du paraître. Chacun est finalement content de garder sa place dans un cynisme assez malveillant. Ce n’est que début. Puis, il y a cet ultime moment de conscience de la part de quelques-uns. Certains se rendent compte des erreurs fatales que de leurs actions ont engendrées. C’est le véritable point de départ du récit et le film va basculer dans ce qu’il va être, à savoir un huis clos économique.

    A première vue, le film est davantage un constat plus qu’une dénonciation. Ainsi, les personnages ne sont pas tous des salopards finis et arrivent même à traduire une réelle complexité humaine. Certes, à cause de leurs manipulations financières qu’ils n’arrivent pas à toujours maîtriser, ils ont mis le monde quotidien dans une situation plus que délicate. Néanmoins, ils arrivent à procurer une empathie qui fait que nous comprenons leurs positionnements sur leur métier, sur autrui, sur le monde. Margin Call est, en ce sens, assez vicieux et nous n’arrivons pas à détester les personnages. Pire, on a l’impression qu’ils font ce qu’ils peuvent pour sauver ce qui peut encore l’être. Le métrage se défend d’être trop manichéen et cette caractérisation lui donne richesse et originalité bienvenues. De plus, comme pour bien saisir cette personnification du film, le spectateur rentre dans leur univers professionnel pour ne jamais en sortir. Nous ne verrons pas les conséquences de leurs actes dans la vie des millions d’Américains et d’autres et nous n’irons plus loin que les bureaux de cette agence. Ce n’est qu’à toute fin que nous comprendrons l’enjeu moral du film. Pas d’échappatoire, pas d’excuse, pas de rédemption, le film est avant tout une chronique funèbre. Le dernier plan prend alors sa dimension et donne sens et corps au métrage : le capitalisme n’a pas de beaux jours devant lui.

    Par cette thématique et grâce à une action plus mentale que corporelle, plus informatique que réelle et finalement abstraite, le film est assez étouffant car on ne sait jamais comment se placer idéologiquement et physiquement. Hélas, la mise en scène n’est pas toujours à la hauteur de l’ambition du film. Si le réalisateur essaie, au début, d’ombrager certaines parties pour mieux montrer la dualité de l’humain et de l’environnement, la représentation dans sa globalité n’est pas toujours bien gérée. Il n’arrive pas à transcender ses partis pris. Ainsi, la caméra reste assez plan / plan malgré quelques travellings trop rares et les flux d’information ne sont pas suffisamment représentés même si quelques métaphores sont intéressantes. On n’ose imaginer ce qu’aurait fait David Fincher avec un tel matériau. C’est le premier film de J.C. Chandor et cela se voit. Néanmoins, et c’est la plus grande force formelle du métrage, cela ne s’entend pas. Margin Call est en effet, d’une qualité d’écriture rare, bien mise en valeur par une troupe d’acteurs parfaitement dirigés et qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. Si le spectateur n’est pas un averti de la sphère économique, il risque d’être perdu. Cela tombe bien, c’est exactement le but du réalisateur / scénariste qui veut faire errer son spectateur, le questionner, le faire tituber devant les tenants et aboutissants du récit. Chacun se rend alors compte de la complexité des nœuds économiques. Surtout, ce sentiment de tâtonnement devant ces dialogues vient contaminer des personnages en cruel manque de maîtrise. L’écriture devient omnisciente pour encore mieux installer la mise en bière de Margin Call.

    Ce métrage, pas totalement abouti mais très intéressant, rentre bien dans la catégorisation des films de crise. Ceux-ci nous font pleinement comprendre les enjeux du monde dans lequel nous vivons. Il arrive également à rendre hommage à la capacité qu’a la cinématographie US de faire acte de la réalité historique immédiate, à la manière d’un documentaire du présent, comme elle a su le faire lors d’un autre grand moment de crise dans les années 1970. Dans le futur, pour comprendre ces années 2010, il faudra prendre connaissance de Margin Call. Le cinéma se place, ainsi, définitivement comme un outil analytique majeur de l’Histoire.


    Site web:  http://critiqueconnection.wordpress.com/2012/05/07/margin-call/
    filou49
    Le 20/05/2012
    148 critiques
    L'objectif de la fiction de J.C Chandor, est de retracer 24 heures décisives dans la vie d'une banque d'investissement avant le krach boursier de l'automne 2008, de la naissance du soupçon jusqu'à la prise de conscience de l'étendue du cataclysme.

    Et c'est peu de dire que le pari du réalisateur est réussi, tant, pendant toute la projection du film, je n'ai pas pensé une seule seconde à autre chose qu'au destin de ces personnages qui s'agitaient (et dieu sait qu'ils s'agitaient) à l'écran.

    Margin-Call-05Si Margin call arrive à être un film réellement passionnant sur un sujet qui ne l'est pas au départ, plusieurs raisons peuvent l'expliquer.

    Avant tout, le film est extrémement documenté et jamais caricatural (comme pouvait l'être Wall Street 2), le père du réalisateur a travaillé pendant 40ans dans une banque d'investissement, et a donné énormément d'informations à son fils qui en a tiré profit pour batir des personnages autenthiques et des situations parfaitement crédibles. Certes, les grands pontes de cet établissement développent un cynisme et se prêtent à des stratégies diaboliques simplement dans le but de maintenir la tête de leur établissement hors de l'eau, et qu'importe les conséquences sur les milliers de personnes qui sont au bout de la chaine. Mais les autres employés, des chefs de service aux agents situés tout en bas du système, ont des vrais états d'âme et un sens des responsabilités dont on ne se doutait pas forcément.

    Par ailleurs, le scénario bénéficie d'une construction de récit très ingénieuse basée sur une unité de lieu (cet immeuble qu'on nePaul+Bettany+Margin+Call quitte quasiment pas du film, sauf en de rares pauses faussement plus respirables) et de temps : le film dure exactement 24 heures, et du coup, la fiction possède une force qu'il n'aurait pas eu si l'histoire s'était déroulée en plusieurs jours.

    Par ailleurs, la mise en scène est au diapason de ce récit: tendue à l'extrême, concentrée exclusivement sur son sujet (aucune histoire parrallèle comme souvent dans ce genre de films), elle donne au film une intense dimension dramatique qui contribue énormément à la réussite éclatante du film.

    Mais tout ceci ne serait rien sans un casting aux petits oignons, ce qui est assurément le cas: quel plaisir de revoir Kevin Spacey Demi Moore, et Jeremy Irons défendre des personnages aussi complexes et consistants. Quel bonne surprise de découvrir enfin ce Simon Baker dont tout le monde me parle (dois je vous rappeller que je ne regarde jamais les séries de TF1, par pur snobisme? :o) Et pour Paul Bettany, qui ne jouait que dans des nanars (Priest,) en voilà une belle résurrection! Et je n'oublie pas les petits jeunes, tout à fait à la hauteur des anciens.

    Site web:  http://www.baz-art.org/archives/2012/05/03/24112528.html
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