38 témoins

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    38 témoins

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    1h 44min
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    Synopsis du film 38 témoins

    Alors qu'elle rentre d'un voyage professionnel en Chine, Louise découvre que sa rue a été le théâtre d'un crime. Aucun témoin, tout le monde dormait. Paraît-il. Pierre, son mari, travaillait. Il était en mer. Paraît-il… La police enquête, la presse aussi. Jusqu'à cette nuit où Louise rêve. Elle rêve que Pierre lui parle dans son sommeil. Qu'il lui parle longuement. Lui qui, d'habitude, parle si peu...

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    Thibaut
    Le 22/03/2012
    0 critique
    Lucas Belvaux est un réalisateur francophone qui compte. Ses films font preuve de discours qui changent dans le paysage cinématographique. En convoquant avec puissance le genre, comédie, drame ou policier, ils osent une plongée sans concession dans la condition humaine. On se souvient de sa célèbre trilogie (Après la vie, Un Couple épatant, Cavale) ou de Rapt, déjà avec Yvan Attal. 38 témoins qui renoue la collaboration entre l’acteur et le cinéaste fait partie intégrante de cette identité.

    Comme à son habitude, le cinéaste pose son film dans une apparente tranquillité qui va être dérangée. Ici, et les premières images ne font rien pour l’obturer, c’est un meurtre commis dans un quartier paisible du Havre qui va chambouler la vie quotidienne de ses habitants. Le cinéaste évacue la tuerie en elle-même. D’ailleurs, l’enquête de police se déroule sans aboutir. On se ne connaîtra ni le meurtrier ni les motivations. Ce qui intéresse Lucas Belvaux, ce sont les conséquences humaines environnantes. Les havrais n’ont rien vu, rien entendu, rien ressentis. Pourtant, il y a comme un malaise. Le cinéaste n’arrive pas à donner une once d’éclaircie à cette situation. La caméra, en effet, scrute des endroits sombres, aux dominantes grises sous un ciel plombant. Elle va capter un étrange ballet industriel entre conteneurs, cargos, voitures, rues vides et appartements sans vie qui donne au film une atmosphère de poésie macabre. Par la seule mise en scène, le spectateur sait que peu d’échappatoire vont être disponibles. Il y a, également, les hommes et les femmes pris dans une masse globale qui réagissent trop rapidement pour être totalement honnête. Ce n’est pas qu’ils esquivent le sujet du meurtre. Le terme « expédier » serait plus approprié. S’ils en parlent entre eux, il vaut mieux ne pas creuser le sujet. Cela paraîtrait normal, il s’agit quand même d’une tragédie locale. Néanmoins, Pierre, le personnage principal, ne met pas à l’aise. On sent dès le début qu’il porte en lui un poids, peut-être celui de l’ensemble du quartier, d’autant plus que le jeu d’Yvan Attal révèle un mutisme très impressionnant. Et lorsque ce secret sera révélé, va commencer alors un combat moral éprouvant.

    Pierre va être un catalyseur. En effet, derrière ce personnage, de multiples enjeux vont se jouer. Il a d’abord le dilemme journalistique. Même s’il apparaît mineur, il faut reconnaître qu’il englobe le film dans une belle richesse thématique. A ce petit jeu, c’est l’une des problématiques essentielles de la profession qui ressort : faut-il tout publier ? Et à quel prix ? La question est posée. Les réponses ne sont malgré tout pas évidentes. Il faut voir de quelle manière la journaliste conduit son enquête parallèle à celle de la police. Agressive, parfois hautaine, peu respectueuse, elle oublie de prendre en compte la douleur des habitants. C’est le papier qui compte et rien d’autre. Lucas Belvaux épingle, au début, la course au fait-divers dans les médias qui se croient tout permis.

    Puis, petit à petit, le film bascule. Si les havrais se conduisent violemment envers la journaliste, ce n’est forcément parce qu’elle est désagréable. Le poids sur la conscience va en fait se révéler trop fort. Le malaise peut exploser. Ils arrivent, au début, à se cacher derrière leur condition sociale ou professionnelle. Aux questions des enquêteurs, les personnages répondent qu’ils étaient fatigués, qu’ils dormaient parce qu’il faut se lever tôt le lendemain matin ou qu’ils avaient pris des somnifères. Tout cela est trop évident et la condition humaine va rattraper les personnages. Pierre, d’ailleurs, va la divulguer au grand jour. Cette démarche est nécessaire afin de retrouver une humanité qui s’échappait. Pierre était un fantôme et cette identité le rongeait. Il va donc préférer engager une lutte avec lui-même, et ses voisins, plutôt que céder à la facilité. D’ailleurs, il le souhaite et il assume. Cette démarche est une preuve de courage et de respect envers lui-même et la société. Il va la payer cher en se retrouvant perdu et esseulé. Individuellement, les autres personnages ne veulent pas s’inscrire dans cette logique, préférant rester dans leur petit cocon et vivre avec des œillères. Collectivement, c’est toute une communauté qui se retrouve divisée. Affronter ses démons révèle la petitesse de la société toute entière enfermée dans un égoïsme de pacotille. Vivre dans le mensonge est, certes, rassurant mais cela fait-il de chacun d’entre nous un être humain ? La réponse de Lucas Belvaux est sans ambiguïté : non.

    Le spectateur comprend alors très bien les sentiments de sa fiancée, Louise. La relation entre cette dernière et Pierre est le dernier enjeu du film. Certes, elle n’était pas présente au moment du drame mais ce qu’elle veut à ses côtés, c’est une personne qui a des valeurs. Pierre, même s’il possède ces qualités, lui a menti. Ce comportement est trop dur pour elle. Le cinéaste pose, ici, un regard sur le statut du couple. Celui-ci est en danger lorsque la sincérité n’est plus à l’ordre du jour. Pire encore, il existe un individualisme dans la démarche de Pierre qui refuse d’engager sa fiancée dans son combat. Etrange paradoxe donc de ce personnage qui dénigre ses voisins socialement alors qu’il réagit de la même manière dans son intimité. Le courage et le respect ont donc leurs limites. La fin du métrage est, à ce titre, aussi simple que pudique et minimaliste. Surtout, elle est dure, cruelle et pessimiste. Avec cette superposition thématique, Lucas Belvaux tire ainsi à boulets rouges sur l’intégralité des composantes d’une société.

    38 témoins n’est pas un film qui fait plaisir. En effet, il met le spectateur devant ses petites faiblesses. Le reflet du miroir n’est pas glorieux. Par contre, l’amateur de cinéma reconnaîtra un discours qui se doit d’être mis en lumière. Le Septième Art ne peut-il pas être un support de compréhension, d’analyse voire de critique de nos sociétés ?


    Site web:  http://critiqueconnection.wordpress.com/2012/03/22/38-temoins/
    filou49
    Le 29/03/2012
    0 critique
    Ce qui interesse Dider Decoin, auteur du livre dont est inspiré le film, et Lucas Belvaux, le réalisateur qui s'est chargé de l'adaptation, c'est bien d'essayer de comprendre comment des gens ordinaires, peuvent, par lacheté, faire preuve de non assistance à personne en danger, d'un seul élan, et ce, sans même se concerter. Mais il suffit qu'un seul de ces 38 témoins, pris par un accès de remord ou de culpabilité trop évidente, tienne un discours différent pour que l'édifice s'écroule et la honte d'affleurer.

    Le sujet du film est donc réellement magnifique, et m'a totalement passionné. Dommage que tout n'est pas forcément du même niveau, et que le problème principal du film réside dans la faiblesse de certains dialogues, trop littéraires, trop écrits, notamment dans les têtes à tête entre Yvan Attal (qu'on a déja connu meilleur) et Sophie Quinton (au demeurant trés mignonne). Cet problèm,e que tout le monde ou presque décèle dès le premier dialogue du couple, déséquilibre pas mal le film puisque rendent artificielles ces scènes, mais ne le plombe jamais vraiment.

    Car voilà l'exemple même du film dont le sujet transcende ses maladresses. Thème terriblement dérangeant puisqu'il nous interroge38-temoins-08-10643205xygyk_1798 sur notre propre comportement ( et moi, aurais je appellé la police ou me serais je rendormi aprés les cris? pas sur que je sois plus courageux que ces gens), et que les questions qu'ils posent sont pertinentes, et que Belvaux ne juge jamais de façon accusatrice. En cela le personnage de la journaliste, interprétée par une sublime Nicole Garcia que j'aime comme cinéaste mais que je préfère encore comme actrice, voit ses convictions ébranlées par l'affaire : d'abord inquisatrice et voulant à tout prix dévoiler à la face du monde ce silence collectif honteux, elle va progressivement s'interroger sur les raisons de ces êtres qui souffrent de ne pas avoir osé intervenir cette fameuse nuit.

    Et cette ambiguité permanente entre culpabilité et remords est accentué par l'athmosphère un peu évaporeux des décors, et notamment de cette ville du Havre qui inspire les cinéastes ( après le film du même nom de Kaurismaki), et qui ici, nous parait à la fois un eden (avec ce port et sa promesse d'ailleurs) et un enfer.

    Film loin d'être complétement parfait, 38 témoins a l'immense qualité, comme dans les meilleurs Chabrol ou Hanecke, d'avoir l'intelligence de nous remettre en question. Un film qui ne prend pas son spectacteur pour un idiot et qui le pousse à le faire réfléchir à la sortie de la salle, c'est forcément un bon film, non?

    Site web:  http://www.baz-art.org/archives/2012/03/29/23843741.html
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