Lebanon

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    Lebanon

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    (3.45 pour 17 notes)
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    1h 32min
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    Affiche du film Infiltration
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    Synopsis du film Lebanon

    Je venais d'avoir 19 ans en mai 1982. La vie était belle. J'étais amoureux. Ensuite on m'a demandé de partir sur une base militaire et d'être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Cela devait être une mission d'une journée toute simple mais ce fut une journée en enfer. Je n'avais jamais tué quelqu'un avant cette terrible journée. Je suis devenu une vraie machine à tuer. Quelque chose là-bas est mort en moi. Sortir ce tank de ma tête m'a pris plus de 20 ans. C'est mon histoire.

    Lion d'or Venise 2009

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    cristal
    Le 17/12/2009
    211 critiques
    Premier film israélien à reçevoir un Lion d'Or au festival de Venise, "Lebanon" prouve ainsi deux choses fondamentales ; l'émergence de la cinématographie israélienne actuelle est l'un des courants artistiques les plus passionnants qui soit, et l'élargissement du festival de Venise vers d'autres contrées et pour une qualité de films exceptionnelle commence par dépasser l'interêt et les positions sclérosées de Cannes, détenteur du titre de plus grand festival du cinéma au monde. Le jury de la Mostra ne s'y est pas trompé, "Lebanon" est un film méritant, de par son courage et son humanité, à la plus belle des récompenses. Loin du militantisme forcené et de la naïveté de toute oeuvre de guerre anti-guerre, Samuel Maoz adopte avec ce premier film une posture intellectuelle et humaniste d'une force impitoyable. Le parti pris est de montrer la guerre en 1h30 à travers un tank, c'est-à-dire dans une pensée en huis-clos étouffante, seulement libérée par la vision destructrice du viseur intégré au canon. Pour plusieurs raisons, cette démarche est admirable : en premier lieu, elle évoque directement, sans lourdeur symbolique, l'état ravagé des quatre protagonistes qui prennent vie à l'intérieur de cette ferraille en marche. La crasse et l'inconfort du tank, ses bruits perçants (retraduits avec véracité dans le film), nous plongent du début à la fin dans cet enfer de rouille constamment en mouvement. Comme une coque monstrueuse qui respire et qui sue, le tank, sans jamais être montré autrement que de l'intérieur, devient un personnage, tout du moins un véritable élément à part. Tels les soldats qui le commandent, celui-ci n'apparaît jamais sous le vernis extérieur ; tout est filmé de front, pénétré dans l'obscurité peu rassurante de ce char funèbre. Ensuite, l'idée de mise en scène vient rythmer le film dans son alternance entre l'aspect théâtralisé et abstrait de l'intérieur (lumières extrêmement travaillées sur les visages, mise en espace réduite mais pleinement utilisée, électrochoc du cadre provoqué par les secousses), et le réalisme primaire des séquences au viseur, seuls moments où le monde extérieur nous est dévoilé avec une cible pointant toujours vers l'homme, forcément victime de cette guerre sans nom, et ce dans n'importe quel camp. Ce viseur semble être une caméra mobile, l'oeil subjectif du mitrailleur (devenu le réalisateur de ce film, donc parallèlement oeil du cinéaste). A travers ces yeux effrayés et de ce qu'ils voient se déroule l'action 'réelle', les images vues et incrustées à vie dans la mémoire du cinéaste, qui tente de retraduire cette expérience inoubliable (au mauvais sens du terme), non pas dans le but d'un pardon mais pour au moins essayer de comprendre l'absurde, l'impensable. Bien plus que de s'en prendre directement aux dirigeants, le film montre à travers le prisme du viseur et de la mise en huis-clos toute la folie de la guerre. C'est les cerveaux des soldats dans un immense cerveau de fer que nous montre Samuel Maoz ; et c'est ici que le peu d'humanité et de conscience qu'il reste aux protagonistes prennent vie. Au centre même du sujet, bien loin des habituels stéréotypes (aucun gentil, aucun méchant, ni ami ni ennemi, pas de frères d'armes, ni de commandant déjanté ou de sous-fifre suicidaire), Maoz traite en face de la culpabilité, de l'attente, du manque, de l'absence, de la survie ou de la lutte. En témoigne cette scène lumineuse qui, par l'art du dialogue parvient à créer un flash-back imaginaire et à ouvrir une parenthèse quasi-humoristique mais finalement déchirante de vitalité, lorsqu'un soldat se met à conter le récit adolescent de son érection contre la maîtresse d'école qui le serrait dans ses bras. Car c'est aussi cela que dit Samuel Maoz ; que nous reste-t-il quand on a tout perdu? Ou plutôt quand on sait qu'on ne retrouvera jamais rien comme avant? Où se place le désir au milieu de ces champs de morts? Film de la perte (unique objectif des séquences collées au viseur du tank, de la larme qui coule de l'oeil d'un âne éventré sur la route jusqu'à la nudité pure d'une musulmane qui vient de perdre sa fille), douloureux et d'une force sidérante, "Lebanon" a la prodigieuse qualité de ne pas ennuyer une seconde alors que l'opacité de sa concentration esthétique l'y aurait forcé. Mais c'est justement parce qu'au contraire, le propos est ample voire lyrique (ce qui ne veut pas dire grand public), parce qu'il y a une dimension visuelle étonnante et un univers métaphysique que le film évite les obstacles. C'est parce qu'il créé une force au sein de son identité artistique qu'il arrive à en devenir simplement humain et d'une émotion terriblement violente, sans jamais tomber dans une posture intellectuelle trop distante. Finissons par saluer l'immensité de tous les comédiens qui ont donné vie, au prix d'une préparation douloureuse, à ces personnages réels. Leur quiétude mêlée à la folie en font des interprètes d'une intensité merveilleuse. C'est l'un des innombrables atouts de cette oeuvre politique novatrice et inoubliable, manifeste pacifiste d'une sensibilité époustouflante (parce que vécue) et film de guerre d'une intelligence qui ne connaît jusque-là aucun concurrent.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
    keira3
    Le 28/10/2010
    74 critiques
    "L'homme est d'acier. Le tank n'est que ferraille" lit Shmulik, lorsqu'il entre dans le tank au début du film. C'est la guerre, les cadavres s'entassent, les soldats tuent. Shmulik a 19 ans et il n'est pas d'acier. En fait, chez Samuel Maoz, les hommes sont ferrailles, les tanks d'acier. Ancien soldat lui-même, le réalisateur a voulu retranscrire ce qu'il a vécu et éprouvé pendant la guerre, enfermé dans ce tank. D'où le parti pris de la mise en scène, exercice de style inédit : un huit clos dans un tank. La caméra ne quitte l'habitacle de la machine de guerre seulement dans deux (belles) scènes : celle d'ouverture et la finale. Expérience originale qui permet au réalisateur de créer une atmosphère plutôt étouffante, de se consacrer à ces quatre personnages coincés dans le tank à l'aide de nombreux gros plans sur les visages (malheureusement le réalisateur n'arrive pas à les rendre sympathiques). Samuel Maoz tente de saisir l'humain dans l'inhumanité de la guerre à travers ces soldats, dont Shmulik qui n'arrive pas à tirer lorsqu'on lui demande. La guerre, la vraie, là où il faut tirer sur des gens "réels", ça il n'était pas préparé. Lorsqu'on échappe à l'intérieur du tank, c'est pour se tourner vers l'horreur de l'extérieur, qu'il pointe à travers l'objectif du viseur. Un cheval mourant, une larme sur sa joue. Une femme voyant sa famille se faire massacrer sous ses yeux. Et des corps immobiles, détruits, déchiquetés, du sang, partout. Lebanon tente de saisir l'horreur et l'inhumanité de la guerre par un réalisme glacé, saisissant, dérangeant (il y a un côté voyeuriste peu agréable par moment). Et empêche de nous bouleverser réellement. Il y a néanmoins dans Lebanon de belles scènes. Et un casting solide (Yoav Donat en tête). Un film sur la guerre à voir pour son approche forte et dure, mais qui n'a rien à rajouter à ce qui a déjà été fait et dit : la guerre, c'est moche, triste, violent, douloureux.


    Site web:  http://mycinekeira3.blogs.allocine.fr/
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