Hadewijch

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    Hadewijch

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    (3.25 pour 6 notes)
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    1h 45min
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    Synopsis du film Hadewijch

    Choquée par la foi extatique et aveugle de Soeur Hadewijch, la mère supérieure met celle-ci à la porte de couvent. Soeur Hadewijch redevient Céline, 20 ans, fille de diplomate. Sa passion amoureuse pour Dieu, sa rage et sa rencontre avec Khaled et Nassir l'emportent sur des chemins de traverse.

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    cristal
    Le 01/12/2009
    211 critiques
    Voilà donc Bruno Dumont : un provocateur hors normes, artiste empli d'une noblesse et d'une recherche de la perfection artistique, humaniste engagé et partisan parfois extrême. "L'Humanité" et "Flandres" fûrent deux magnifiques preuves de ces diverses facettes, représentant ainsi l'un des plus grands cinéastes français de son temps dans des oeuvres formellement abouties et d'une consistance humaniste renversante. Avec "Hadewijch", Dumont va continuer à se faire des ennemis. Ses partis pris rigoureux peuvent en rebuter plus d'un : jeu naturaliste de comédiens non-professionnels, mise en espace frontale, réalisation crue, propos ambigu pour sujet épineux, dont le traitement hypnotique loin des règles anti-psychologiques du cinéma français habituel a de quoi perturber une bonne majorité du public. A vrai dire, la force du film réside justement dans ce mystère pesant qui l'entoure, dans l'irrésolution des caractères et des personnages, des histoires commencées et des ouvrages profanés. "Hadewijch", dans un premier temps, fascine par le mysticisme ancré de sa mise en scène sur ses personnages ; le couvent, le silence et l'austérité du temps sont saisis avec une grâce et une subtilité magique, comme dans l'apesanteur d'une église d'où résonnent les motifs divins. C'est ainsi que les cadres évoquent au début des vitraux (qui vont puiser leur luminosité dans les jardins qui entourent le couvent), avant de couper subitement le cordon intime qui lie Hadewijch à son milieu fusionnel. Là, finit par rayonner la caricature de Paris dans sa monotonie et son délire, avant que Dumont vienne chercher la substance érotique de son film dans les barres d'immeubles des banlieues parisiennes. Le domaine privé d'Hadewijch finit éventré par ce nouveau monde qui lui ouvre les bras pour l'embrigader dans l'engagement religieux inverse. C'est dans cette confrontation, ou plutôt ce croisement faudrait-il dire, que le film prend tout son interêt philosophique. C'est dans les connexions inverses et le tabou des religions que prend vie le film jusqu'à sa conclusion en forme d'oasis inatteignable. Dumont est un cinéaste qui n'a visiblement peur de rien, pas tant dans la profondeur délicate du sujet énoncé que dans le traitement épuré et rigoureux qu'il en fait, prenant des partis moraux parfois séduisants ou repoussants. Mais c'est de là que naît la puissance du film, dans la façon dont il entraîne le spectateur à se perdre, dans le récit comme dans la vision, écartant toute forme de préjugés pour que l'on perde pied et que plus rien n'ait vraiment de sens pré-établi. "Hadewijch" va très loin dans sa manière d'épouser l'histoire et de la rendre symbolique : celle-ci devient impalpable dans sa volonté de rester inachevée et instable. Mais dans cette confusion totale de la normalité cinématographique s'offre à nous une bousculade sensorielle qui remue les tripes et le cerveau. Bruno Dumont filme comme un maître ces morceaux de souffrance et de possession, comme si chacun des deux personnages au centre du récit n'était pas tant un être humain qu'une idole guidée par le geste chrétien ou islamique. Le cinéaste embrasse deux personnages dans une situation enflammée et où l'incompatibilité règne entièrement. Il filme la religion comme une échappatoire à la religion elle-même, pointant du doigt une perversion de chaque côté à partir du moment où l'individu est régi par une croyance non concrête. Mais il créé une tension surnaturelle, parvient à matérialiser une présence divine dans le monde le plus véridique que l'on puisse montrer, abordant ainsi de front une large palette de polémiques au point de perdre en route nos consciences. On ne sait plus quoi penser de cet objet indéfinissable mais profondément fort et courageux, véritable onde sismique dans l'attente ennuyeuse des faits habituels du cinéma français. "Hadewijch" fait précisément du mal parce qu'on ne sait pas vraiment où est le point de douleur. L'épilogue, véritable brume du mystère, est une parenthèse ouverte aux réflexions primales sur les thèmes énoncés lors du film ; A chacun sa voie dans l'invisible issue.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
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