Another Year

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    - Au fil des saisons, Another Year, drame poignant et poétique, regarde le temps passer et nous plonge au coeur des relations entre famille et amitié, entre espoir et découragement, amour et peine.
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    Another Year

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    (3 pour 90 notes)
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    2h 9min
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    Another Year: ADN

    Emotions :
    Courant, Mouvement et Ecole cinématographique Réalisme social britannique

    Synopsis du film Another Year

    Printemps, été, automne et hiver. La famille et l'amitié. Amour et réconfort. Joie et peine. Espoir et découragement. La fraternité. La solitude. Une naissance. Une mort. Le temps passe...

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    cristal
    Le 26/11/2010
    211 critiques
    Quand est sorti "Be Happy", voici deux ans, tous les fervents admirateurs de Mike Leigh furent surpris de voir le ton du cinéaste aussi changé. D'habitude ancré dans le cadre du mélodrame social (genre souvent représenté en Grande-Bretagne, notamment par Ken Loach et Mike Figgis), sa dernière oeuvre offrait un horizon nouveau au dialogue social ; la réalité sordide laissait place à une comédie morale pétillante rythmée aux sons des débats endiablés entre Poppy et son moniteur d'auto-école. En de rares moments, Leigh laissait voir, comme une réminiscence de sa filmographie, la gravité des divers rangs sociaux, par exemple au détour d'une scène nocturne et shakespearienne où un clochard récitait un monologue insensé. Tout l'interêt reposait sur cette alternance entre la simplicité prononcée d'une comédie plaisante et les contours dramatiques qui menaçaient de surgir à tout moment, comme une tache noire dans ce bain d'optimisme volontairement surjoué. Le propos y arborait des accents trop moralisateurs pour convaincre, mais l'humanité dégagé par le personnage de Poppy n'aurait eu aucun mal à toucher le plus blasé des spectateurs - et je ne doute pas que cela ait eu lieu. Au contraire, "Another Year" a tout d'un retour aux normes, donc une bonne raison pour la presse d'applaudir les nouveaux exploits du cinéaste et son désespoir retrouvé. Sa perspicace (et habituelle) radiographie de l'Angleterre moderne par le prisme d'une mosaïque de personnages intimement liés plaira sans aucun doute à un certain nombre de personnes tant Mike Leigh cherche à donner à chacune de ses figures un lien commun avec une partie du public, comme des stéréotypes qui, en quelque sorte, nous refléteraient. Mais à la vue d'"Another Year", on peut se demander si l'existentialisme que Mike Leigh a toujours voulu mettre en scène n'est pas condamné à épouser une certaine forme de futilité ; on comprend vite que malgré les thématiques universelles qu'il instaure (crise de la quarantaine, solitude, deuil, avenir), Leigh a la pertinence de ne rien forcer pour laisser ressortir la multitude de détails qu'il veut nous montrer. Tout ce petit théâtre du monde contemporain, sur les aléas de la vie et les drames de chacun, parle de tout et de rien à la fois ; c'est un film aussi universel que pauvre, potentiellement plaisant auprès d'un public concerné ou non, mais aussi apauvri par le fait que le récit n'est qu'un amas de petits détails qui n'en forment plus qu'un gros. "Another Year", au fil des saisons, dissèque de l'intérieur les attitudes de plusieurs personnages-types auxquels on doit s'identifier, jusqu'à l'éclatement de la cellule familiale/amicale. On y voit une quarantenaire hystérique et esseulée, fascinée - forcément - par le jeune âge des hommes. On y voit un brave veuf bourru qui se détruit à l'alcool, ignoré par cette même quarantenaire qu'il essaye désespérément d'attirer vers lui. Il y a Tom, l'archétype du bon mari vieillissant mais, rassurez-vous, toujours amoureux de sa femme, Gerri, elle aussi bienveillante et trop parfaite. Le couple formé est posé sur un piédestal, comme les véritables héros de Mike Leigh, ces gens qui subissent le malheur des autres sans jamais le vivre, les bons amis toujours à l'écoute puisqu'ils ne leur arrive jamais rien d'autre que le doux ravissement de l'amour. Les mettre au centre du récit de cette manière, sans jamais en montrer les parts d'ombre, font d'eux une représentation directe de ce qu'est la morale du film : il est important d'être qui nous sommes, de surpasser le malheur (nous supposons qu'ils l'ont connu dans le passé), d'aider sans rien demander au retour. Cette vision idyllique achève d'emblée le discours parfois attendrissant du film tant cela est naïf ; Leigh semble s'être trompé de contrée, il sonde ici un cliché de la bourgeoisie américaine! Le regard condescendant qu'il pose sur les <<pauvres gens>> gravitant autour de cet idéal (modèle d'intégrité, de conciliation, de partage, de savoir-vivre, d'écologie) a cet arrière-goût dérangeant de l'artiste concerné qui regarde les gens souffrir sans jamais les rendre beaux autrement que par le biais d'un abus de pathétique. Leigh nous oblige à aimer tous ces personnages comme s'ils étaient égaux mais on se demande pourquoi les gens seuls et incertains ont tant de défauts face à Tom et Gerri (qui, de plus, devraient se courir après comme leurs noms l'indique). L'utilisation du rythme à travers les saisons est aussi un important point faible au coeur du film. Les clichés abondent suivant la météorologie ; plus le ciel s'assombrit, plus les désillusions se font sentir. Ainsi l'hiver (en guise de dernier chapitre), est le moment où se dévoile la mort. Le film lègue ses couleurs, ses potagers ensoleillés et ses déjeuners au crépuscule contre une utilisation marquante du gris, comme pour rappeler que les gens meurent quand il fait un sale temps. La décoration devient terne, la pluie tombe. Un enterrement, des cernes, un maquillage qui surligne la tristesse et le vide des existences. Le mobilier fonctionnel semble avoir été troqué contre le strict minimum, des meubles en bois et des murs gris comme la peau des visages. Le film n'a plus de lumière ni d'odeur, il sent la mort. Pourquoi diable vouloir absolument coller à ces images mentales qui nous animent? Pourquoi ne pas avoir terminé le film lors d'un été meurtrier (puisqu'apparemment il semble inévitable dans la dramaturgie anglaise qu'il y ait des morts), les corps croulant sous les lourds rayons du soleil? Pourquoi ne pas faire tomber les masques sous la puissante canicule, pourquoi ne pas dire que, même quand la Nature est encore bien fleurissante, peut arriver les pires drames de manière inattendue? Car c'est bien d'inattendu qu'il manque dans ce film. Dès la scène d'ouverture, synthèse maladroite de ce qui suivra (un gros plan magnifique d'une femme en consultation psychologique, meurtrie par l'austérité de la vie et de ses problèmes personnels, qui semble ne plus vouloir se battre pour le bonheur), la dignité des personnages et, de fait, l'approche du cinéaste, sont en jeu. Heureusement Leigh a encore le bon goût d'éviter de clôre son film sur cette même séquence qui lui servait d'ouverture, autant qu'il évite le pire cliché auquel le récit aurait pu céder : le coming-out du fils après les tentatives de séduction désespérées par l'amie de sa mère. "Another Year", dans sa description simple, parfois touchante sans jamais atteindre des sommets, parle du bonheur et du malheur, des phases que l'on traverse dans l'existence, entre richesse humaine et vacuité sentimentale. Voilà en quoi le film est aussi plein que futile ; avec cette approche il ne pouvait pas être véritablement plus riche (ou alors esthétiquement), mais la simplicité philosophique à laquelle tend Mike Leigh est celle qui consiste à faire partager aux personnages nos propres vies, c'est-à-dire un détail au cinéma. "Another Year", même s'il n'a aucune vocation purement commerciale, laisse toutefois la désagréable sensation d'être formaté pour plaire au plus grand nombre. C'est un film qui fait tout sauf secouer. Leigh perd l'humour nouveau et salvateur de son "Be Happy" pour revenir aux habitudes mornes du cinéma britannique. Le rythme a langui de cette perte d'éclats et de rires. Il ne subsiste jusqu'au bout qu'une tristesse prévisible, touchante mais sans séduction. Vers la fin de l'hiver, les sourires s'en vont, les regards disent désormais autre chose derrière la façade de la joie. Le passage de la lumière à l'obscurité laisse deviner l'ombre des gens, les corps vieillis et les souvenirs brisés. La peau est marquée, les joues basses, les traits dépités. Seule la fin est sublime ; abondance du son parlé, mouvement de fausse euphorie autour d'une table où l'on partage un repas au goût d'avant, regard existentiel, lumière furtives, esquive. Déchirement, jusqu'aux lueurs nouvelles.

    Noir.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
    fabe
    Le 10/01/2011
    52 critiques
    Palme d’Or pour Secrets et Mensonges en 1996, le britannique Mike Leigh en portraitiste sensible des moeurs de ses contemporains revient sur la Croisette avec cette chronique douce-amère sur 4 saisons d’une famille unie et aimante, entourée de proches et amis plus ou moins cabossés par la vie.



    Autour de ce couple de bourgeois heureux, altruistes, composé de Gerri, conseillère psychologique et Tom, géologue, gravitent plusieurs personnages en souffrance comme Mary la collègue de Gerri, débordante d’énergie, très collante et à la recherche d’écoute et d’amour. Mais revient régulièrement aussi Joe, le fils avocat célibataire sur lequel lorgne Mary, tentatives de séduction amusantes et désespérées à la fois. Une poignée d’êtres, seuls, tristes, au bord de la dépression après fait le bilan d’une triste vie viennent chercher refuge dans cette maison accueillante où la parole, les confidences, les regrets, les bons souvenirs aussi, circule en flux continu.



    Another Year est composé de longues scènes dialoguées pour capturer la vérité des personnages. Si le sujet et son traitement n’ont rien d’original, ce nouveau film de Mike Leigh sonne toujours aussi juste en sondant l’humanité de ses personnages profondément attachants dans leurs moments de joie comme dans leurs coups de blues. Lesley Manville en blonde volcanique, un peu alcoolique, très bavarde, désespérément seule, en est la grande révélation par son jeu nuancé en équilibre instable entre agacement léger et empathie profonde.

    Site web:  http://boulevardducinema.blogspot.com/
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