Contes de l'âge d'or

Les 15 dernières années du régime de Ceausescu ont été les pires de l'histoire de la Roumanie. Et pourtant, la propagande officielle de cette époque l'avait nommée "l'âge d'or"... Les Contes de l'âge d'or est l'adaptation à l'écran des "légendes urbaines" les plus connues. Elles sont à la fois comiques, étranges, émouvantes et puisent leur inspiration dans un quotidien souvent surréaliste, quand l'humour était le seul moyen de survie de tout un peuple. Les Contes de l'âge d'or restitue l'atmosphère de l'époque et dresse à petites touches le portrait d'un pays soumis à la logique perverse d'une dictature. Quand un chauffeur livreur décida, pour la première fois de sa carrière, d'ouvrir son camion scellé, il découvrit ainsi le lien entre les oeufs, Pâques et l'amour conjugal... Un policier reçut un porc vivant comme cadeau de Noël et pensa que le gazer serait la meilleure façon de tuer l'animal en silence, pour ne pas réveiller ses voisins affamés... Dans la Roumanie des années 80, Bughi et Crina jouaient les Bonnie and Clyde, en collectant des bouteilles d'air...

Listes de films avec Contes de l'âge d'or
Sorties ciné du 30 décembre 2009
On savait que la vérité était dangereuse, qu’elle pouvait même blesser et qu’elle sortait toujours de la bouche des enfants. Pourtant, s’il y a bien une et une seule caractéristique absolument irréfutable à son sujet, c’est qu’elle est super dure à découvrir. C’est même tellement dur de percer les apparences pour l’atteindre que ça en devient un job en soi : pour découvrir une mare de sang disparue au milieu d’une moquette propre on appelle les Experts, pour démasquer un extraterrestre qui a pris les traits de votre voisin on appelle les MIB et pour réaliser que la terre est ronde on appelle les frères Bogdanov. Heureusement, plus besoin d’être un pro pour saisir la nature profonde des choses car grâce aux sorties de la semaine, c’est fini ! Plus jamais vous ne serez le pigeon des façades de votre existence. Règle n°1, il semble judicieux de ne pas laisser à vos yeux la lourde responsabilité de la quête de sens et de vérité car bien souvent ils sont à côté de la plaque. Regardez la petite Esther : douce, gentille, innocente, bien habillée, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Grave erreur qui pourrait même s’avérer fatale si l’on en croit la classification attribuée au film. Et derrière un natural born loser du fin fond de la Belgique peut parfois se cacher un individu capable d’échapper à la Merditude des Choses sous laquelle sa vie semblait devoir s’écrire. Dans le même style, un individu dont tout indique que la mort relève de l’Accident peut en réalité tout à fait être la victime d’un effroyable meurtre. Rien ne vaut d’ailleurs quelqu’un dont le métier consiste justement à s’adonner à ce genre de petits maquillages pour débusquer ces macabres entourloupes. De quoi se replonger dans le palmarès des Darwin Awards pour rétablir la justice ! Mais les perfides apparences ne sont pas qu’une histoire de perception et sont parfois le fruit du sens commun. On a souvent tendance à accepter une vérité pour le simple fait qu’elle soit objet de consensus. Voilà qui est bien regrettable. Lorsqu’Igor Stravinsky présenta ainsi pour la première fois en public son Sacre du Printemps, Coco Chanel était bien la seule à apprécier l’œuvre à sa juste valeur au milieu des huées. Coup de bol pour Igor, car avec une seule et unique groupie, il aurait pu tomber plus mal… Une vérité fabriquée pour être la plus belle est également plus séduisante et donc susceptible d’être acceptée. Sans doute le principe de base de toute bonne propagande qui se respecte et celle de Ceausescu n’échappe évidemment pas à la règle. Et à regarder les Contes de l’âge d’or sorties cette semaine, on peut se demander si l’on doit rire de la loufoquerie de ces pures fabrications de propagande ou s’effrayer de leur succès. L’anonymat est aussi une autre bonne technique. Le mystère c’est toujours vendeur, alors qu’en plus on en profite pour se dissimuler pour raconter tout et n’importe quoi sans en répondre, on se dit qu’on n’est pas loin du bon filon. Et le pire c’est que c’est avec ce genre de techniques qu’on a écrit pratiquement toute l’Histoire. The Answer Man fait-il donc partie de cette catégorie ?
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