Divines

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    - Un polar où le caïd est une femme jeune, un film social où l'argent se prend avec violence, et tout ça en France. La Caméra d'or du Festival de Cannes 2016, récompensant le meilleur premier film, est allée à Divines, histoire, tournée par une femme, de deux très jeunes filles issues d'une cité, désireuses de s'affirmer, de s'élever vite, quitte à dealer, quitte à mettre les deux pieds dans l'illégalité. Sur ce chemin pour devenir dures et fortes, la réalisatrice Houda Benyamina, et ses jeunes interprètes, Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena, font surgir toute leur rage.
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    Divines

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    (3.85 pour 35 notes)
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    1h 45min
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    Synopsis du film Divines

    Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

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    girliecinephilie
    Le 10/01/2017
    22 critiques
    J'avais très envie de voir ce film, que j'avais raté lors de sa sortie en salles. La bande annonce était très alléchante, et la réaction vive et éclatante de Houda Benyamina lors de la réception de son prix à Cannes m'avait personnellement vraiment émue. J'avais donc grande hâte de mettre ce DVD dans mon lecteur et de voir enfin ce long-métrage que je regrettais d'avoir manqué.

    Et je dois le dire, j'ai été comblée et ce, bien au-delà de mes attentes. Divines est un film formidable, ambitieux et à la hauteur de ses ambitions, comme on aimerait en voir plus souvent dans le paysage audiovisuel français, parce qu'il rend hommage à la tradition du film français en lui prenant ce qu'il a de mieux (le discours social fort, le travail poussé sur le jeu d'acteur, le réalisme), tout en osant faire du vrai cinéma, avec un scénario béton qui raconte une histoire avec des scènes fortes, et surtout, surtout, un parti pris esthétique qui fait pas sa timide ou sa modeste, une mise en scène qui va bien au-delà de l'effet docu-caméra à l'épaule qu'on a l'habitude de nous faire bouffer dans les films sur la banlieue, un vrai travail de réalisation qui m'a foutu la mâchoire au sol et m'a complètement enthousiasmée. Des surprises comme celles-là, j'en veux tous les jours.

    Donc voilà, Divines, c'est l'histoire de 2 gamines de la cité, Dounia et Maimouna. Leur horizon est salement bouché, surtout celui de Dounia, qui vit dans un camp et a la rage au ventre. La porte de sortie, la seule visible, c'est la thune, la maille, la moneeyyy. Et il semble que le seul moyen d'en obtenir soit de s'inspirer de Rebecca, la dealeuse du quartier dont les vacances à Phuket et les amants à abdos apparents font rêver. Mais il est difficile de devenir une caïd quand on a des points d'attaches: une meilleure amie, une famille, un beau danseur...

    Je ne sais même pas par où commencer tant j'ai l'impression d'avoir des choses à vous dire sur ce film, sur l'effet qu'il m'a fait, sur ce qu'il en ressort, j'ai du mal à mettre de l'ordre dans tous ça, alors il faudra m'excuser si je pars un peu dans tous les sens.

    Alors d'abord, il y a le scénario, béton (amer), coécrit avec Romain Copingt et Malik Rumeau. Alors déjà, c'est pas pour revenir sur une de mes marottes, (si vous me lisez souvent, vous devez commencer à en avoir un peu ras-le-bol), mais putain que ça fait du bien de voir une réalisatrice qui ne s'entête pas à tout faire toute seule et qui choisit de se faire aider par des pros quand elle constate ses limites d'écriture (c'est pas moi qui le dis, mais Houda Benyamina elle-même dans les bonus du DVD dont on va parler plus tard). J'aime cette intelligence, à la fois modeste et diablement efficace qui consiste à dire: voilà ce que je veux raconter, ce que je veux dire, aide-moi à en faire une belle histoire. Pour moi, juste là-dessus, je me dis qu'elle a tout compris à ce qu'était le cinéma, Houda Benyamina, pas une œuvre solitaire d'artiste torturé et ermite, mais bien un art pluriel, un travail d'équipe, de partage où chacun apporte sa pierre à l'édifice et où chacune des pierres posées consolide celles qui l'entoure (il suffit d'ailleurs de voir comment elle parle de sa scripte - c'est tellement rare qu'on donne la paroles aux scriptes-, Julie Darfeuil, dans les bonus, expliquant combien son rôle est important avant, pendant et après le tournage, pour comprendre que la vision du cinéma de la réalisatrice est bien de cet acabit).


    Bref, j'en reviens au scénario, béton, donc. Houda Benyamina décrit son film comme une tragédie. C'est tout à fait ce que j'ai ressenti en voyant Divines, une vraie tragédie dans le sens aristotélicien (comment j'me la pète!) du terme. Et c'est à la fois la force du film, et le petit bémol que j'y attacherai. Je sais que ce film est souvent comparé à Bandes de filles, de Céline Sciamma, que j'avais aussi véritablement adoré. Alors oui, on retrouve des thèmes communs: la place des jeunes filles en banlieue, la volonté de sortir de ce carcan, quitte à en passer par des méthodes violentes, l'attrait pour le blé, parce que le blé, c'est la liberté. Mais là où Céline Sciamma décide de faire un film initiatique, où le parcours de l'héroïne va l'emmener à faire des choix parfois salutaires en apprenant de ces erreurs, Houda Benyamina choisit le côté pile, la tragédie. Et sa protagoniste, Dounia, est une parfaite héroïne de tragédie, parce qu'on l'aime tout de suite: elle est pleine de fougue et d'énergie, elle n'a pas la vie facile, elle a la rage au ventre et une grande histoire d'amitié avec Maimouna. Dès le départ, on s'identifie à elle (moi en tous cas), et on crève d'envie qu'elle s'en sorte enfin. Mais Dounia a des défauts fatals: un manque de patience et de tempérance, et un certain orgueil, qui la poussent souvent à faire de mauvais choix. Mais les mauvais choix, même s'ils semblent être sans grande gravité de prime abord, peuvent être lourds de conséquences. Et comme Dounia, on l'aime, on souffre avec elle. Donc là, pas d'erreur, la tragédie, on est en plein dedans. Le seul souci, si on revient à Aristote, c'est que lui-même définit la tragédie comme un instrument pédagogique, qui par la souffrance que vit le spectateur à travers le personnage, lui enseigne à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le film, étant une tragédie a donc bien une valeur morale, ce qui, dans mon cas, est le seul défaut que je trouve au film.

    Mais s'il est moral, Houda Benyamina n'est pas non plus dans la condamnation de son personnage. Ce qui l'intéresse, c'est surtout d'expliquer les raisons de ce parcours, l'audace qu'on peut avoir quand on ne pense plus avoir rien à perdre, l'horizon bouché, l'envie de s'enfuir. Et ici, contrairement à Bande de filles, si le propos est plus moraliste, il y a clairement un discours social fort. Le discours sur l'argent, par exemple, je l'aime bien. Ici, parler d'argent, c'est pas sale, c'est pas minable, c'est pas caca: quand t'en as pas, que tu vis dans des conditions affreuses, et que tu passes le plus clair de ton temps à essayer de trouver les moyens t'en procurer assez pour t'en tirer sans crever de faim, l'argent, ça fait le bonheur. Il y a un discours sur les inégalités sociales et sexuelles tranchant, qui fait d'autant plus mal qu'il est tout fait réaliste, même dans les répliques les plus drôles (parce que, bien que ce soit une tragédie, le film n'est pas complètement dénué d'humour): "Si les pauvres le restent, c'est parce qu'ils n'osent pas." dit Rebecca, la dealeuse en chef. Sur certains points, on pourrait croire qu'elle a tout compris. Combien l'apparence compte, comment tu peux dealer plus facilement et vendre plus cher si t'es une jolie fille en talons hauts, que l'audace, celle de se confronter à un monde dominé par l'argent, par les hommes, est peut-être la seule façon de s'en sortir (elle a juste oublié que l'argent liquide avait ses limites et que si on voulait vraiment s'élever, il fallait aller un peu plus loin dans l'analyse, mais n'est pas Stringer Bell qui veut). Et Dounia, cette audace elle l'a. Son seul problème, c'est qu'elle la dirige au mauvais endroit. A plusieurs reprises, elle a devant elle d'autres voies d'élévation, aussi bien sociales, que sentimentales et spirituelles qu'elle finit par lâcher pour l'attrait du gain immédiat. Le film nous présente d'ailleurs une belle scène, très forte, en montage alternée, nous montrant ces deux chemins: celui qu'elle a choisi et celui auquel elle aurait pu accéder.

    L'élévation, c'est d'ailleurs une obsession chez Houda Benyamina, qu'elle soit sociale ou spirituelle. Et c'est terriblement visible dans sa mise en scène, truffée de plongées et contre plongées qui se répondent les unes aux autres. C'est notamment frappant pour le début et la fin du film, où de 2 manières bien différentes, Dounia observe son amie Maimouna depuis un soupirail qui mène à une cave et tente de l'entraîner à l'extérieur (Quand je vous disais que le scénar était bien écrit). Ce sont aussi les scènes de pleine lune qui se répondent de manière tragique. C'est aussi le poste d'observation en hauteur d'où Mounia reluque le beau Djigui, ou la pluie de billets qui tombe du plafond. Souvent, Dounia est à une extrémité, et son objectif, à l'autre. Mais rien n'est immédiatement atteignable et surtout pas la dimension amoureuse et spirituelle. Ainsi, au début du film, la grille du soupirail s'interpose entre elle et Maimouna, qui participe à une prière commune. De même, un ensemble d'équipements techniques fait barrage entre Dounia et Djigui qui danse. Ainsi, on sent chez elle un attrait vers la spiritualité, la beauté, l'amour, mais quelque chose semble toujours faire obstacle. Bref, la mise en scène a beaucoup de choses à nous dire, peut-être encore plus que les personnages lorsqu'ils s'expriment. Et ça, moi ça me fait rudement plaisir, surtout lorsqu'on nous donne une scène centrale éblouissante dont je ne veux même pas parler pour vous laisser la découvrir (en revanche, l'éditeur du DVD a eu la très mauvaise idée de la divulgacher en la mettant derrière les menus, alors si vous vous procurez le DVD, ayez la main agile sur la télécommande....). Pour moi, si tout n'est pas parfait (et en même temps, c'est pas obligé), il y a là une vraie volonté de raconter une histoire par le cinéma, avec des images, et pas qu'avec du dialogue (ce que j'ai souvent tendance à reprocher au cinéma français) et ça me fait toujours bondir d'enthousiasme!

    D'autant plus que les dialogues fonctionnent vraiment bien, ils sont crédibles, même lorsqu'ils sont clairement écrits, parce qu'ils tiennent une certaine justesse vis-à-vis des personnages et que les acteurs (en particulier le trio d'actrices principales) sont absolument époustouflants (peut-être à l'exception de Kevin Mischel dont la prestation corporelle compense heureusement le jeu d'acteur parfois hésitant). Oulayah Amamra apporte toute son énergie à Dounia et m'a complètement embarquée. Mais j'ai été surtout bouleversée par Deborah Lukumuena, qui est véritablement solaire et la relation entre Dounia et Maimouna est sans nul doute la plus belle partie du film (c'est d'ailleurs là-dessus que commence le pré-générique).



    Site web:  http://girliecinephilie.blogspot.fr/2017/01/divines-female-troubles.html
    bobmorane75
    Le 27/12/2016
    212 critiques
    Au cœur d’une banlieue ghetto, Dounia est une jeune fille entre rebelle et caillera, en total échec qui veut gagner beaucoup d’argent et très vite. Elle entraine sa meilleure amie Maimouna auprès de Rebecca, une dealeuse réputée. Rapidement, Dounia monte en responsabilité et gains faciles, mais aussi avec les dangers et la violence. Quand elle rencontre Djigui, un jeune danseur qui la trouble, elle perd toute notion, entre ses projets toujours plus risqués et sa relation amoureuse.

    Un film centré sur le petit cercle très fermé des banlieues au langage souvent inaccessible, dont j’ai eu du mal à entrer dans le récit, tant les protagonistes, sont parfois limite simpliste. Un petit côté mélo un peu mielleux vient troubler la narration, filmée à la manière d’un Tony Gatlif dans Geronimo et d’une Céline Sciamma dans Bande de filles, qui cependant donne une idée plus précise d’un milieu clos de la délinquance qui nous est proposée avec des explications faciles. A travers ce récit, une réalité opaque en non-dit, aux accusations sur la faute sur les autres et de la société, résume les échecs de certains jeunes. Joliment racontée, la descente aux enfers de cette jeune inconsciente de sa propre perte et celle des autres, pour un avenir qui ne présage rien de bon, est également filmé avec efficacité, laissant planer par instant des moments de grâce et de charme.

    Avec Oulaya Amamra, sœur de la réalisatrice, fabuleuse de talent, de même que Déborah Lukumuena et Kevin Mischel, Jisca Kalvanda et Yasin Houicha et Majdouline Idrissi.

    Site web:  http://glandeurnature.over-blog.com/
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