Funny People
Note :









(5)









(5)
de Judd Apatow
Année : 2009
Pays : Etats-Unis
Avec : Adam Sandler, Seth Rogen, Leslie Mann, ...
Genre : Comédie dramatique
Titre original : Funny People
Vidéos: extraits de films, bande-annonce
Je me suis décidée à écrire ceci surtout en réaction à certaines critiques que j'ai lues sur ce film et sur les précédents de Judd Apatow, qui m'exaspèrent grandement. Et qui exaspèrent aussi, semble-t-il, Apatow lui-même, qui s'échine dans ses interviews à affirmer que non, il ne vote pas républicain, et non, il n'est pas conservateur simplement parce qu'il montre des familles qui restent ensemble malgré le désamour ou des couples qui se marient parce que ça fait mieux. La question me semble donc celle de savoir si on doit imputer les actes et les choix des personnages à une supposée idéologie du cinéaste qui le met en scène. Et à mon sens, ce n'est pas parce que certains de ses personnages, dans ses trois films en tant que réalisateurs (40 ans toujours puceau, En cloque mode d'emploi et Funny people, donc), choisissent au final la voie du conformisme qu'il faut en déduire qu'Apatow s'en réjouit absolument. Au contraire, cette ultime décision, celle de sortir de l'enfance en quelque sorte, se charge toujours d'une amertume et d'une mélancolie qui empêchent d'y voir un happy end complet.
Revenons au film dont il est question aujourd'hui : Funny people est l'histoire d'un comique célèbre (Adam Sandler) qui se découvre soudain gravement malade, d'une forme de leucémie, et qui sait qu'il lui reste peu de temps à vivre. Son tempérament devient de plus en plus sinistre et, en panne d'inspiration, il fait appel à un aspirant comique (Seth Rogen) aperçu dans un comedy club pour lui écrire des textes. Apatow s'interroge sur la nature-même du rire en nous plongeant dans l'univers des comedy clubs remplis de types qui passe leur temps à écrire compulsivement des gags sur des bouts de papier ou à les lâcher, hésitants, devant un public pas toujours conquis. Funny people, c'est également un film sur un comique qui ne parvient plus à l'être (on peut douter qu'il l'est jamais vraiment été vu la teneur de ses films dont on voit quelques extraits consternants !) et sur des comiques qui essaient de l'être mais n'y arrivent pas toujours. D'où une accumulation de vannes foireuses ou déplacées, qui tentent de faire rire parce que justement, elles ne sont pas drôles. Le pari est osé, et réussi.
Le point commun avec les précédents films réalisés ou produits par Apatow, c'est cette impression de regarder un film de bande, un films de potes (dans le film, et dans la vraie vie) : les acteurs sont des amis du cinéaste, un peu toujours les mêmes (Rogen, Schwartzman, Hill... sans oublier Leslie Mann qui est l'épouse du cinéaste) et cela fait plaisir de les retrouver (mêmes les absent ont le droit à leurs clins-d'œil : une allusion à Paul Rudd, Owen Wilson entraperçu sur une affiche). Évidemment, Apatow ne déroge pas à sa règle et réalise un film de mecs, entre mecs. D'où par exemple la légère inconsistance du personnage féminin central de Leslie Mann : même si on parvient à comprendre sa drame intérieur, le personnage n'est semble-t-il pas aussi investi que les autres par l'auteur, il est un peu mal-aimé. En revanche, il y a un sublime personnage de fille interprété par la géniale Aubrey Plaza, prouvant qu'Apatow sait tout de même écrire des rôles de nanas drôles, émouvantes et qui ont du répondant.
Le personnage central, celui d'Adam Sandler est assez antipathique – belle audace là aussi. Mais il reste digne et attachant, à aucun moment la cruauté du cinéaste à son égard ne devient humiliation. Sandler joue un type immature, arrogant et soudain mélancolique, hanté par les fantômes de sa jeunesse. Je n'ai jamais beaucoup aimé ce mec sans âge et un peu lourdingue mais ici il est bizarrement superbe, parvenant à suinter la mélancolie, le doute et le regret éternel des occasions manqués. Le personnage de l'adorable Seth Rogen remporte davantage l'adhésion du spectateur, dans un rôle de gentil loser entouré de sa bande de potes crétins mais attachants, qui ne cessent de parler de leur bite mais ne couchent jamais avec une nana (à part Jason Schwartzman, qui lui est acteur dans une sitcom pas drôle). Mais cette comédie volontiers satyrique aux dialogues brillamment écrits n'en est pas qu'une (de comédie), c'est aussi un drame un peu âpre, difficile, où le rire se double souvent d'une certaine cruauté.
Si l'on s'attend à un Apatow « geek buddies » dans la lignée des comédies (quasiment toutes très drôles) qu'il produit à la pelle depuis quelques années, il y a risque d'être quelque peu décontenancé, surtout dans la deuxième moitié, la partie mélodrame, du film. Funny peopleFunny people, Apatow va au fond de ses problématiques, de ses inquiétudes existentielles, et c'est ce qui fait de sa comédie par ailleurs très drôle, un film précieux et poignant, souvent même troublant. Le film est très profond notamment sur l'amitié : celle très étrange, qui se noue entre le comique en panne d'inspiration et le petit nouveau qui cherche en lui un mentor, et qui ne deviendra effective qu'à la fin, où l'un apprendra enfin à donner, et l'autre à recevoir. possède ce côté déceptif, qui est aussi ce qui fait de lui une œuvre absolument passionnante. Dans On peut éventuellement reprocher à ce Funny people quelques longueurs, surtout vers la fin. C'est comme si le personnage de Sandler voulait encore faire durer, trop longtemps, le bonheur qu'il a plus ou moins retrouvé. Et que le spectateur veuille mettre fin, comme le personnage de Rogen, à cette mascarade qui ne peut que mal se terminer. Ce faux rythme est relativement intéressant, et les changements de ton réguliers qu'il induit, également.
Il faut aussi mentionner une bande son excellentissime ; et l'apparition du grand James Taylor, qui chante Carolina in my mind mais se voit aussi gratifié d'un petit échange hilarant avec Seth Rogen : « Vous n'en avez pas marre de toujours jouer les mêmes chansons ? - Et vous, vous n'en avez pas marre de toujours parler de vos bites ? ». Il y aurait tant à dire sur cette comédie à nulle autre pareille qui pose des questions essentielles et bouleversantes... Terminons simplement en louant à la fois sa drôlerie et sa profondeur, sa capacité à dire que « Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard », tout en affirmant que de cela, on peut toujours se remettre au moins un peu. Par le rire ?
Site web: http://lecinedeanna.blogs.allocine.fr/lecinedeanna-243749-funny_people.htm
Revenons au film dont il est question aujourd'hui : Funny people est l'histoire d'un comique célèbre (Adam Sandler) qui se découvre soudain gravement malade, d'une forme de leucémie, et qui sait qu'il lui reste peu de temps à vivre. Son tempérament devient de plus en plus sinistre et, en panne d'inspiration, il fait appel à un aspirant comique (Seth Rogen) aperçu dans un comedy club pour lui écrire des textes. Apatow s'interroge sur la nature-même du rire en nous plongeant dans l'univers des comedy clubs remplis de types qui passe leur temps à écrire compulsivement des gags sur des bouts de papier ou à les lâcher, hésitants, devant un public pas toujours conquis. Funny people, c'est également un film sur un comique qui ne parvient plus à l'être (on peut douter qu'il l'est jamais vraiment été vu la teneur de ses films dont on voit quelques extraits consternants !) et sur des comiques qui essaient de l'être mais n'y arrivent pas toujours. D'où une accumulation de vannes foireuses ou déplacées, qui tentent de faire rire parce que justement, elles ne sont pas drôles. Le pari est osé, et réussi.
Le point commun avec les précédents films réalisés ou produits par Apatow, c'est cette impression de regarder un film de bande, un films de potes (dans le film, et dans la vraie vie) : les acteurs sont des amis du cinéaste, un peu toujours les mêmes (Rogen, Schwartzman, Hill... sans oublier Leslie Mann qui est l'épouse du cinéaste) et cela fait plaisir de les retrouver (mêmes les absent ont le droit à leurs clins-d'œil : une allusion à Paul Rudd, Owen Wilson entraperçu sur une affiche). Évidemment, Apatow ne déroge pas à sa règle et réalise un film de mecs, entre mecs. D'où par exemple la légère inconsistance du personnage féminin central de Leslie Mann : même si on parvient à comprendre sa drame intérieur, le personnage n'est semble-t-il pas aussi investi que les autres par l'auteur, il est un peu mal-aimé. En revanche, il y a un sublime personnage de fille interprété par la géniale Aubrey Plaza, prouvant qu'Apatow sait tout de même écrire des rôles de nanas drôles, émouvantes et qui ont du répondant.
Le personnage central, celui d'Adam Sandler est assez antipathique – belle audace là aussi. Mais il reste digne et attachant, à aucun moment la cruauté du cinéaste à son égard ne devient humiliation. Sandler joue un type immature, arrogant et soudain mélancolique, hanté par les fantômes de sa jeunesse. Je n'ai jamais beaucoup aimé ce mec sans âge et un peu lourdingue mais ici il est bizarrement superbe, parvenant à suinter la mélancolie, le doute et le regret éternel des occasions manqués. Le personnage de l'adorable Seth Rogen remporte davantage l'adhésion du spectateur, dans un rôle de gentil loser entouré de sa bande de potes crétins mais attachants, qui ne cessent de parler de leur bite mais ne couchent jamais avec une nana (à part Jason Schwartzman, qui lui est acteur dans une sitcom pas drôle). Mais cette comédie volontiers satyrique aux dialogues brillamment écrits n'en est pas qu'une (de comédie), c'est aussi un drame un peu âpre, difficile, où le rire se double souvent d'une certaine cruauté.
Si l'on s'attend à un Apatow « geek buddies » dans la lignée des comédies (quasiment toutes très drôles) qu'il produit à la pelle depuis quelques années, il y a risque d'être quelque peu décontenancé, surtout dans la deuxième moitié, la partie mélodrame, du film. Funny peopleFunny people, Apatow va au fond de ses problématiques, de ses inquiétudes existentielles, et c'est ce qui fait de sa comédie par ailleurs très drôle, un film précieux et poignant, souvent même troublant. Le film est très profond notamment sur l'amitié : celle très étrange, qui se noue entre le comique en panne d'inspiration et le petit nouveau qui cherche en lui un mentor, et qui ne deviendra effective qu'à la fin, où l'un apprendra enfin à donner, et l'autre à recevoir. possède ce côté déceptif, qui est aussi ce qui fait de lui une œuvre absolument passionnante. Dans On peut éventuellement reprocher à ce Funny people quelques longueurs, surtout vers la fin. C'est comme si le personnage de Sandler voulait encore faire durer, trop longtemps, le bonheur qu'il a plus ou moins retrouvé. Et que le spectateur veuille mettre fin, comme le personnage de Rogen, à cette mascarade qui ne peut que mal se terminer. Ce faux rythme est relativement intéressant, et les changements de ton réguliers qu'il induit, également.
Il faut aussi mentionner une bande son excellentissime ; et l'apparition du grand James Taylor, qui chante Carolina in my mind mais se voit aussi gratifié d'un petit échange hilarant avec Seth Rogen : « Vous n'en avez pas marre de toujours jouer les mêmes chansons ? - Et vous, vous n'en avez pas marre de toujours parler de vos bites ? ». Il y aurait tant à dire sur cette comédie à nulle autre pareille qui pose des questions essentielles et bouleversantes... Terminons simplement en louant à la fois sa drôlerie et sa profondeur, sa capacité à dire que « Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard », tout en affirmant que de cela, on peut toujours se remettre au moins un peu. Par le rire ?
Site web: http://lecinedeanna.blogs.allocine.fr/lecinedeanna-243749-funny_people.htm
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