Film : Mineurs 27 (bande annonce, extraits de films, photos...)
Affiche du film Mineurs 27

Mineurs 27

1  fans
Note : 
 (4)
Année : 2011    Pays : France
Genre : Policier
Titre original : Mineurs 27
Sur ce film
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Bande annonce et extraits du film Mineurs 27. Vous pouvez ajouter un extrait de film de Mineurs 27.
Mineurs 27 B.A.
Vues : 467 Points : 0

Critiques du film Mineurs 27

Boustoune
Le 19/02/2012
0
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
Qui a dit que les films noirs devaient obligatoirement se dérouler dans des ambiances nocturnes et pluvieuses? Ou qu’un thriller devait impérativement être mené tambour battant? Ou encore qu’il était nécessaire de montrer explicitement les scènes de violence ou de sévices sexuels pour rendre compte de leur côté horrible?
Mineurs 27 se déroule essentiellement de jour, dans une lumière assez crue… Son metteur en scène, Tristan Aurouet (Narco) prend le temps de s’attacher à ses personnages, développe son intrigue sur un tempo assez lent, lancinant même. Comme si chaque seconde suspendue était une seconde de vie gagnée. Comme si le cinéaste accordait à ses protagonistes un ultime moment de répit avant la tempête…
Et quand la violence finit par éclater, elle reste cantonné hors-champ ou dans la pénombre, comme n’est qu’effleuré le passé douloureux des deux jeunes héros du film et les événements qu’ils essaient tant bien que mal de refouler…
On est bien loin des conventions du genre, mais qu’on ne s’y trompe pas, Mineurs 27 est bien un vrai film noir, qui entraîne ses personnages dans un voyage sans retour possible, pendant lequel des vies vont se retrouver brisées, si elles ne l’étaient pas déjà depuis de longues années…

Le premier plan donne le ton : Un flic ripou du nom de Vincent Descharnes (Jean-Hugues Anglade) contemple la façade d’un centre aéré où gambadent innocemment quelques enfants. Un adolescent taggueur y a inscrit, en lettres tachées de rouge, “L’enfer est ici”.
Le jeune voyou, qui laisse des inscriptions similaires sur d’autres bâtisses de cette petite ville proche de Royan, est Stan (Finnegan Oldfield), le fils du maire. Il exprime ainsi son profond mépris, sa haine même, à l’encontre des notables de cette ville de province dont le calme apparent dissimule de honteux secrets. Des faits dont il a été la victime, tout comme d’autres enfants du voisinage.
Alors qu’il n’avait que neuf ou dix ans, il est en effet tombé entre les mains d’un ou plusieurs pédophiles opérant dans le secteur. Ses parents ne l’ont jamais su. De toute façon, ils ont toujours été trop occupés par leurs professions respectives pour se soucier de lui. Ils ne se rendent même pas compte du malaise de l’adolescent, profondément introverti et restant à l’écart des autres jeunes de son âge.

Pourtant, il va oser aborder Deborah. On le comprend… La jeune femme, jouée par Marie-Ange Casta, la jeune soeur de Laetitia Casta, est particulièrement charmante… Mais si Stan a surmonté sa timidité, c’est autant pour profiter de la douceur de Deborah que pour se rapprocher du petit ami de celle-ci, Wilson (Nassim Si Ahmed).
Les deux jeunes hommes partagent le même et douloureux passé. Ils ont été violés par le(s) même(s) personnes.

Les retrouvailles sont violentes. Wilson est surtout furax de le voir rôder ainsi autour de sa copine. A vrai dire, il ne se souvient plus de Stan, sans doute parce qu’il a réussi à occulter une partie de ce qui s’est passé il y a dix ans.
Stan est admiratif de voir comment Wilson a surmonté son traumatisme pour mener une vie normale - en apparence, du moins. Lui n’a rien oublié et ce drame est un fardeau dont il souhaite se débarrasser une bonne fois pour toutes.
Il rafraîchit la mémoire de son ancien compagnon d’infortune avec des clichés pris par les pédophiles qu’il a réussi à subtiliser et il lui annonce son intention de révéler l’affaire au grand jour…
Mais plusieurs personnes ont intérêt à ce que ce scandale ne refasse pas surface, à commencer par le père de Stan, dont la réélection pourrait être menacée, et Descharnes, qui avait à l’époque étouffé l’affaire…
Une terrible machination se met en place, destinée à enfouir la vérité… ad aeternam…

”Encore un thriller utilisant la pédophilie en toile de fond!”, vont penser certains. A tort, car finalement, les films traitant du sujet ne sont pas légion. Le sujet est encore tabou, et rares sont ceux qui savent l’aborder frontalement. Ici, Tristan Aurouet use de délicatesse en mettant le problème au coeur du film, en le centrant autour des victimes plutôt que des bourreaux, et en refusant de mettre des images sur les faits, que le spectateur devra imaginer lui-même. Ce qui intéresse le cinéaste, ce n’est pas de réaliser un film voyeuriste sur des actes pervers mais de montrer les conséquences psychologiques de ces actes sur les victimes.
Stan et Wilson essaient de se reconstruire, mais leur vie s’est brisée ce jour-là, de façon irréversible.

Ce qui séduit, dans ce film, comme dans tous les bons films noirs, c’est avant tout le cheminement dramatique qui pousse inéluctablement les personnages vers leur perte. Il y a un côté cruel dans cette intrigue dont tous les protagonistes – bourreaux et victimes – se retrouvent confrontés à une situation qui leur échappe, un engrenage de violence et de mort.
La mise en scène traduit cette sensation d’étau qui se resserre par le passage de cadrages larges à des plans de plus en plus rapprochés.

Autre point fort, l’aspect atypique de ce polar, dont l’ambiance reste globalement très lumineuse, très solaire – c’est du moins l’impression que laisse le visionnage. Ainsi, le cinéaste caractérise la lutte qui se joue entre l’obscurité/le secret et la lumière/la vérité étalée au grand jour. Le rythme, très lent joue aussi un rôle non-négligeable dans le résultat final. Il indique l’imminence du drame, crée une certaine tension autour des personnages.

Cela dit, tout le monde ne supportera pas le tempo du film, quand même très lent, d’autant que les explications sont rares et que la partie thriller à proprement parler met du temps à démarrer.
C’est ainsi : Mineurs 27 ne cherche absolument pas à évoluer dans le registre de l’action pure et préfère se concentrer sur ses personnages. Et de ce point de vue, personne ne trouvera à redire sur les performances des acteurs.

Côté salauds : Jean-Hugues Anglade compose avec talent un personnage de flic pourri jusqu’à l’os sous l’apparence d’un type ordinaire, un brin paumé. Patrick Descamps incarne le père de Stan, notable ayant accepté de dissimuler des choses atroces pour conserver sa fonction. Et les frères Lellouche (Philippe et Gilles) s’amusent à jouer des hommes de main brillant plus par leur force physique que par leur finesse d’esprit.

Côté “héros”, un trio de jeunes comédiens épatants qui se sont totalement investis dans leurs personnages.
Nassim Si Ahmed joue sa partition de façon très physique, à fleur de peau. Il est semblable à une cocotte-minute sous pression, la violence verbale ou physique agissant comme une soupape de sécurité.
Finnegan Oldfield, lui, joue plus sur l’intériorité. Son personnage est à jamais brisé par le drame vécu, il n’a plus vraiment la force de continuer. Les seuls moments où l’on sent la vie reprendre le dessus sont ceux qu’il passe avec Deborah, qui lui apporte sa douceur et son attention.
Marie-Ange Casta incarne parfaitement ce personnage qui possède à la fois la candeur d’une enfant, les charmes d’une jeune fille et la maturité d’une femme. Un alliage qui apaise les deux jeunes personnages masculins unis par ce douloureux passé.

Pour eux, pour le côté singulier de la mise en scène, le film vaut le coup d’oeil.
Il est désormais disponible en DVD chez BAC Vidéo, agrémenté de quelques bonus appréciables, dont une vidéo où Jean-Hugues Anglade se penche sur sa propre filmographie.


Site web:  http://www.anglesdevue.com/2012/02/17/dvd-mineurs-27-de-tristan-aurouet/
21 critique(s)  par  Boustoune Signaler un abus
cinematon
Le 18/02/2012
0
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
Mineurs 27 du réalisateur Tristan Arouet commence comme une jolie amourette d’adolescents au bord de la mer, royaume des surfeurs le temps d’un été, avant de se transformer en thriller, sur fond de pédophilie.

L’histoire ? Wilson, Stan et Déborah sont trois adolescents qui passent leur temps à la plage. Stan et Wilson sont tous les deux amoureux de la jolie Déborah. Mais ils sont aussi porteurs d’un lourd secret, un traumatisme d’enfance. Si Wilson parvient à oublier, ce n’est pas le cas de Stan qui fait ressurgir une affaire de pédophilie enterrée par la police locale 10 ans auparavant. En parallèle, on suit le parcours de Vincent Descharnes,flic de province qui a travaillé sur ce dossier baptisé « Mineurs 27 ».

Le gros problème de ce film est son scénario bancal et mal construit. Il faut attendre près d’une heure avant que l’intrigue ne se mette en place. Et le spectateur a du mal à comprendre qui joue quel rôle dans cette affaire de moeurs. A trop vouloir jouer la carte du thriller et suggérer les choses pour mieux les révéler ensuite, Tristan Arouet réussit à perdre son spectateur en route.

Cependant il faut reconnaître que ce premier long-métrage du réalisateur Tristan Arouet est d’un esthétisme incroyable. La lumière filtre à travers les forêts de pins de Charentes-Maritimes et procure une poésie étonnante à l’oeuvre. La façon dont il filme les dunes de sable et l’océan évoque à la perfection la douceur des étés en bord de mer. Le cinéaste avoue s’être inspiré de photographes comme Mona Kuhn mais aussi de cinéastes asiatiques. “Je voulais créer une forme de lumière autour de mes personnages, je voulais donner un sentiment d’espoir et de vie chez ces jeunes qui ont subi un traumatisme aussi fort”, explique-t-il. Tristan Arouet filme en 4:3, un format très particulier pour être au plus près de ses personnages.

Les acteurs sont formidables. Notamment Jean-Hugues Anglade, glaçant dans son rôle de prédateur sexuel. Son physique rappelle avec évidence celui de Marc Dutroux. Les trois jeunes comédiens : Nassim Si Ahmed (Wilson), Finnegan Oldfield (Stan) et Marie-Ange Casta (Déborah), petite soeur du mannequin Laëtitia Casta sont incroyables de justesse. Cette dernière est pleine de sensualité et magnifiée par la caméra. Des talents en herbe à suivre. Leurs interviews font parties des bonus du DVD.

Site web:  http://www.cinematon.fr/mineurs-27-critique/
26 critique(s)  par  cinematon Signaler un abus

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