London River
Note :









(4)









(4)
Année : 2009
Pays : France, ...
Avec : Sotigui Kouyaté, Brenda Blethyn, ...
Genre : Drame
Titre original : London River
Vidéos: extraits de films, bande-annonce
Catherine Sommers vit seule dans sa campagne anglaise, prenant soin de sa terre et de ses ânes. Chaque semaine, elle se rend à l'église protestante, et puis au cimetière, où elle s'installe pour parler avec son défunt mari pendant un moment. Les attentats de Londres en juillet 2005 la plongent dans l'angoisse, alors que sa fille, depuis ce jour, ne retourne plus ses coups de téléphone. Elle se rend alors dans la capitale, et à l'appartement de sa fille, pour découvrir que cette dernière ne vit plus là, depuis le jour des attentats. Commence alors le parcours du combattant de chaque parent cherchant un proche parmi les victimes, les tournées des hôpitaux, les demandes d'aide à la police, les petites annonces et l'entraide entre voisins. Catherine, au cours de ses recherches, rencontre Ousmane, africain vivant en France, venu lui aussi rechercher son fils disparu au même moment que la fille de Catherine.
Le film se place dans un contexte très proche du présent, celui des attentats-suicide perpétués dans les transports en communs le 7 juillet 2005 à Londres. Le réalisateur choisit d'accentuer l'aspect presque informatif de son film avec un son et une image réalistes. La musique est peu présente, ou seulement arrangée de cordes simples. Lorsqu'elle est absente, c'est-à-dire la plupart du temps, les frottements des vêtements, le moindre soupir ou les bruits de la nature ou de la ville dominent. La lumière cependant, sans être fantaisiste, est assez travaillée pour faire ressortir le charme humide de la campagne anglaise, et les couleurs grises et jaunes de la capitale de la Grande-Bretagne. Et même lorsque les informations télévisées s'invitent en plein écran, le côté documentaire du film s'efface au profit d'une histoire, d'une rencontre entre deux parents réunis par les mêmes peurs.
Dès le départ, Catherine Sommers est parfaitement qualifiée. Protestante, et pratiquante, on la découvre à l'église et au cimetière. Malgré sa solitude, elle apparaît indépendante et déterminée. Il ne faut que quelques plans pour la découvrir, et en peu de mots sa décision est claire. Elle ira à Londres pour prendre des nouvelles de sa fille. On oublie alors le contexte historique, et on s'attache à cette femme, cette mère qui a peur pour son enfant, et qui imagine le pire, qui la voit morte, parmi les victimes des attentats. L'image de Londres qui est tissée est celle, non seulement d'un après-drame, mais d'un quotidien de tous les jours, où les populations se mêlent, entre religions, langues et couleurs de peau. Catherine rencontre à chaque pas de parfaits inconnus qui se montrant compatissants, et près à l'aider, à l'image de cet homme, portant la barbe, qui se penche vers elle et lui prend son téléphone des mains pour simplement lui montrer comment y poser la batterie et l'allumer.
De son côté, Ousmane est lui aussi accueilli et épaulé. Son personnage, grand, maigre, dégingandé, portant ses cheveux longs et emmêlés, se déplaçant en s'aidant d'une longue canne, mettant ses petites lunettes pour lire correctement, ne quittant jamais une mallette, minuscule dans ses longs doigts, est soutenu par la communauté musulmane, solidaire de son angoisse. Ousmane ne cesse de croiser le chemin de Catherine. Doucement, avant même qu'ils ne se rencontrent, leur relation est esquissée.
Le film explore alors, au-delà des retombées des attentats de 2005, une amitié qui naît difficilement entre une femme qui a du mal à accepter les différences, et un homme qui accepte la discrimination avec douceur. Ce couple mal assorti, opposé dans ses origines, ses croyances et des physiques aux antipodes l'un de l'autre, se réunit cependant dans une quête.
London River est un film touchant et juste, modeste et sans prétention. Se cache sous son humilité apparente une immense sincérité et un ton moderne qui ne s'approche jamais de la moralisation facile.
Site web: http://fannynours.blogspot.com/2010/02/london-river-de-rachid-bouchareb.html
Le film se place dans un contexte très proche du présent, celui des attentats-suicide perpétués dans les transports en communs le 7 juillet 2005 à Londres. Le réalisateur choisit d'accentuer l'aspect presque informatif de son film avec un son et une image réalistes. La musique est peu présente, ou seulement arrangée de cordes simples. Lorsqu'elle est absente, c'est-à-dire la plupart du temps, les frottements des vêtements, le moindre soupir ou les bruits de la nature ou de la ville dominent. La lumière cependant, sans être fantaisiste, est assez travaillée pour faire ressortir le charme humide de la campagne anglaise, et les couleurs grises et jaunes de la capitale de la Grande-Bretagne. Et même lorsque les informations télévisées s'invitent en plein écran, le côté documentaire du film s'efface au profit d'une histoire, d'une rencontre entre deux parents réunis par les mêmes peurs.
Dès le départ, Catherine Sommers est parfaitement qualifiée. Protestante, et pratiquante, on la découvre à l'église et au cimetière. Malgré sa solitude, elle apparaît indépendante et déterminée. Il ne faut que quelques plans pour la découvrir, et en peu de mots sa décision est claire. Elle ira à Londres pour prendre des nouvelles de sa fille. On oublie alors le contexte historique, et on s'attache à cette femme, cette mère qui a peur pour son enfant, et qui imagine le pire, qui la voit morte, parmi les victimes des attentats. L'image de Londres qui est tissée est celle, non seulement d'un après-drame, mais d'un quotidien de tous les jours, où les populations se mêlent, entre religions, langues et couleurs de peau. Catherine rencontre à chaque pas de parfaits inconnus qui se montrant compatissants, et près à l'aider, à l'image de cet homme, portant la barbe, qui se penche vers elle et lui prend son téléphone des mains pour simplement lui montrer comment y poser la batterie et l'allumer.
De son côté, Ousmane est lui aussi accueilli et épaulé. Son personnage, grand, maigre, dégingandé, portant ses cheveux longs et emmêlés, se déplaçant en s'aidant d'une longue canne, mettant ses petites lunettes pour lire correctement, ne quittant jamais une mallette, minuscule dans ses longs doigts, est soutenu par la communauté musulmane, solidaire de son angoisse. Ousmane ne cesse de croiser le chemin de Catherine. Doucement, avant même qu'ils ne se rencontrent, leur relation est esquissée.
Le film explore alors, au-delà des retombées des attentats de 2005, une amitié qui naît difficilement entre une femme qui a du mal à accepter les différences, et un homme qui accepte la discrimination avec douceur. Ce couple mal assorti, opposé dans ses origines, ses croyances et des physiques aux antipodes l'un de l'autre, se réunit cependant dans une quête.
London River est un film touchant et juste, modeste et sans prétention. Se cache sous son humilité apparente une immense sincérité et un ton moderne qui ne s'approche jamais de la moralisation facile.
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C'est un beau film sur la tolérance comme Indigènes, mais cette fois son réalisateur Rachid Boucharev choisit le mode intimiste pour notre plus grand plaisir. Parce que la tolérance se joue aussi et déjà dans le rapport personnel à l'autre, surtout lorsque celui-ci dérange et blesse. Ce sont deux beaux personnages qui sont ici décryptés avec beaucoup de simplicité jusqu'au' au plus profond de leur âme. C'est le personnage de la mère, Elisabeth, interprété par l'actrice britannique Brenda Blethyn, fermière de Guernesey (comme les paysages de cette ile sont beaux!) avec laquelle on se sent d'emblée en empathie et qui nous émeut dans sa dignité et son étonnement face aux révélations qu'elle fait découvrant qu'elle est une mère qui ignore finalement tout de sa fille alors qu'elle l'avait vue six mois auparavant pour Noël. Cet abime qui s'est crée entre elles est une perte qui pense-t-elle est la souffrance absolue; la suite lui prouvera le contraire.
Le personnage du père peut paraître plus improbable, mais sans doute est-ce dû justement à cette différence de culture à laquelle s'attaque le réalisateur nous montrant que le partage d'une souffrance ou d'un amour peut permettre le rapprochement.
Site web: http://cine-by-marie-francoise.blospot.com
Le personnage du père peut paraître plus improbable, mais sans doute est-ce dû justement à cette différence de culture à laquelle s'attaque le réalisateur nous montrant que le partage d'une souffrance ou d'un amour peut permettre le rapprochement.
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