Film : Le Narcisse noir (bande annonce, extraits de films, photos...)
Affiche du film Le Narcisse noir

Le Narcisse noir

1  fans
Note : 
 (6)
Année : 1947    Pays : Grande-Bretagne
Genre : Comédie dramatique
Titre original : Black Narcissus
Sur ce film
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Vidéos: extraits de films, bande-annonce

Bande annonce et extraits du film Le Narcisse noir. Vous pouvez ajouter un extrait de film de Le Narcisse noir.
Bande-Annonce V.O.
Vues : 149 Points : 0

Critiques du film Le Narcisse noir

The_Pony_Remark
Le 23/03/2012
0
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
Témoin visuel d'une époque cinématographique à la beauté subjugante, LE NARCISSE NOIR est de ces films post-guerre produits dans un contexte de liberté artistique inégalé où la raison et la précision prédominent sur une efficacité à tous prix, comme si l' équilibre culturel d'alors ne tenait que sur un fil. Ode funebre à la liberté d'être et de devenir, le film de POWELL/PRESSBURGER se paye le luxe d'être aussi un formidable laboratoire esthétique pour les 50 années qui suivèrent sa sortie.
On savait la zèle incroyable qu'avaient ces deux anglais à soutenir chaque cadre, dans ses moindres recoins, d'une précision et d'un sens de la composition époustouflants. Ce que l'on savait moins c'est qu'avec cette oeuvre unique en tous sens ( thématique, narratif, visuel), les deux auteurs se sont imposés une ligne de conduite inédite: la maîtrise totale de la production de leur film, imposant forces maquettes, matte-paintings et travail sur place pour contrôler la moindre variation de couleur de cils de la fantastique DEBORAH KERR. Un désir profond de transposer à l'écran une vision stricte de leur mise en scène qui renvoi au travail de théâtre. Transfiguré par un technicolor à tomber raide de contrastes et de nuances (magnifié par un Blu-Ray hors normes) que personne d'autre ( hormis Minelli) n'aura réussit à "peindre" de la sorte, il en résulte un amalgame visuel sensationnel ( en sens strict du terme=> vecteur de sensations) prompt à agripper tout oeil ayant eu l'intelligente idée de traverser ce qui reste comme l'un des fleurons d'un cinéma Européen alors leader esthétique mondial.

Et derrière ce voile de dentelles irréprochables, se cache une toute autre beauté, de celle qui donne sa tonalité au titre. Car idéologiquement, LE NARCISSE NOIR se targuait également de vouloir ramener son audience sur des sentiers fragiles et pourtant universels, en le maltraitant par un art de la narration et de gradation des thèmes vénéneux. En jouant clairement avec le spectateur quand à la nature du film qui allait voir grâce à une première bobine quasi contemplative (à l'inspiration documentaliste), nos deux compères forcent le trait presque abusivement sur ses personnages et leur raison d'être pour mieux nous enfoncer dans les tréfonds d'une humanité en déchéance. Ainsi le spectre qui lie les deux nonnes principales du récit est fait d'un nivelé aussi accidenté que graduel, le tout enrobé dans un écrin sombre où la folie et la passion ne font qu'un. Balayant d'une gentille pichenette les acquis sur la foi et l'amour, sous toutes ses formes, LE NARCISSE NOIR se sert du prisme d'une âme perdue et de son horreur émanente pour faire scintiller l'once de lumière qui nous maintient.

Site web:  http://theponyremark.com/2012/03/23/le-narcisse-noir/
6 critique(s)  par  The_Pony_Remark Signaler un abus
Nio_Lynes
Le 22/03/2012
0
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
Fouyaaaa, quel film, je ne sais comment en parler mais essayons. L'ensemble est d'une telle richesse que plusieurs lectures et analyses peuvent voir le jour. J'en propose une que j'espère la plus simple et accessible.


C'est un film qui pour l'époque (et encore aujourd'hui subjectivement) est un défi lancé tant dans le fond que la forme. L'histoire en elle-même est déjà assez atypique, une congrégation de nonnes à plus de 3000 mètres de hauteur et le refoulement de leurs désirs qui va s'effectuer violemment ici, loin de tout sous diverses pressions. Sauf que dès le départ, à la grande surprise de l'équipe, Powell qui a pourtant déjà pas mal roulé sa bosse, impose de tourner le tout en studio, imposant un contrôle total des conditions de tournages. Ce qui laisse interdit dans un premier temps les différents collaborateurs tels que Jack Cardiff (le directeur photo qui délivre ici un travail remarquable --cf captures), Alfred Junge (le chef décorateur responsable d'une majeure partie des décors mais pas des matte paintings toutefois) ou Brian Easdale (à la musique) va ensuite considérablement les booster pour livrer une oeuvre exigeante témoignant d'un dépassement de soi incroyable.


Car tout est construit en studio (excepté les rares plans étant tournés en Angleterre et lié au passé de Soeur Clodagh --merveilleuse Deborah Kerr) !
Le monastère ? Une maquette.
Le fond ? De la peinture hyperréaliste.
La musique d'Easdale ? Crée sur place mais le compositeur ayant une parfaite connaissance du pays, il arrive, au même titre que l'aspect visuel, à nous immerger complètement dans un travail sonore qui a intégré les rythmes de l'Inde.
Le travail photographique de Cardiff n'est pas en reste et évolue en même temps que l'histoire même du film, donnant de la force au drame sensuel qui ne fait que s'amplifier de plus en plus. Comme le fait habilement remarquer Darius Khondji dans l'entrevue/analyse titrée Spectrum (qu'on retrouve dans le dvd/blu-ray Carlotta), si la couleur semble fade et banalement appliquée, écrasée, plaquée, au début du film, elle s'enrichit lentement de chaleur pour développer des tons parfois brumeux, presqu'oniriques à mesure qu'on s'approche de la fin.


L'anecdote est d'ailleurs connue : le technicolor était si puissant qu'il fallait appliquer un rouge à lèvre couleur peau sur les lèvres des actrices pour atténuer la puissance du rouge. Rouge qui, dès lors, ressurgira avec une violence inouïe dans la seconde partie du film, quand soeur Ruth abandonne ses voeux et décide, déjà gagnée par la folie, de retourner à une vie plus banale, hors de toute spiritualité, de tout refoulement du désir, de toute solitude sur ce foutu piton rocheux. La scène en question se pose comme une fracture, un duel silencieux. A soeur Ruth qui applique son rouge à lèvres et nargue lentement soeur Clodague, cette dernière choisit de prendre lentement la bible et de tenir tête jusqu'au bout de la nuit. Dans cette opposition de deux personnages qui luttent l'un contre l'autre aussi bien que contre eux-mêmes (si Ruth s'est totalement abandonnée, Clodagh résiste encore un peu. De toutes les soeurs, c'est la seule dont on a accès aux pensées et donc au passé tourmenté qu'elle a subi).


Mais plus que cette scène essentielle du film (la mise en scène, d'une rigueur et d'une perfection absolue devrait être étudiée dans toutes les écoles), c'est toute l'histoire qui n'est pas en reste. A l'époque les critiques en furent même assez décontenancés. Car la première partie du film, même si elle est d'une linéarité somme toute banale, ne propose aucun méchant, aucune ligne directrice. Il s'agit juste de saupoudrer un climat dans la recette, de mélanger et lentement faire monter la pression pour obtenir quelque chose proche du documentaire et du drame intimiste avant de basculer dans la seconde partie au film d'épouvante pure (fantastique ?) avec quasiment rien, si ce n'est la figuration de la folie et de la fatigue d'une personne. Le tout par les couleurs, le jeu d'actrices, la musique, voire les décors. Impressionnant. Peu de films peuvent se targuer d'aller aussi loin.


C'est là qu'on voit comment ce film (et Les chaussons rouges) ont pu marquer par leur puissance visuelle une multitude de réalisateurs. Comment ne pas penser à Argento ou Bava quand on voit le travail des couleurs ? Mais même, je pense que l'influence s'est étendue lentement bien au délà du simple média du cinéma (plus de détails dans la chro' du blog)... Dans une oeuvre dite "culte", il n'est pas étonnant que l'intertextualité en arrive a toucher tous les niveaux, tous les médias.


Mais peut-être que j'extrapole, que je vais trop loin ? Il faut dire que l'écrin subjugue lentement, durablement. Je me suis retenu de voir le film une nouvelle fois dans la semaine, mais je doute de tenir plus longtemps et dans les semaines qui viennent, je me remettrais dans le canapé, la télécommande en main pour retrouver ce qui est déjà devenu un vieil ami. Chef d'oeuvre ? Sans doute. Très grand film en tout cas.



Chro avec des détails en plus et des captures sur le blog !

Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2012/03/22/23831576.html
25 critique(s)  par  Nio_Lynes Signaler un abus

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