Critiques de films
    Nio_Lynes
    Affiche du film Gone Girl
    Gone Girl
    Par Nio_Lynes Le 03/11/2014
    Chaque nouveau Fincher est un évènement en soi, ce dernier ne déroge pas à la règle. Curieusement personne ne le cite (sans doute parce qu'on relie plus ou moins consciemment le réalisateur à son pays et par extension au genre du thriller auquel il est resté assez fidèle) alors je le fais, j'y trouve beaucoup de Bergman dans ce film. C'est le Bergman des batailles corrosives entre couples qui surgit au détour d'un Scènes de la vie conjugale mais sur un mode américain. En adaptant (assez fidèlement à ce que j'ai compris) Les apparences de Gillian Flynn, Fincher analyse et dissèque le couple pour en revenir au message pas si nouveau qu'à deux ben oui, ça peut être l'enfer.



    La forme en revanche en est jouissive puisque le film se découpe en 3 parties bien distinctes jouant tour à tour du point de vue (et par là-même de l'empathie que pouvait avoir le spectateur avec l'un et l'autre des personnages qui finalement se valent bien au fond) et du genre filmique habituel au sein d'un même film. Il y a presque 2,3 films à l'intérieur de Gone Girl : drame policier au début (a-t-il tué ? Est-il coupable ?), thriller paranoïaque satyrique et ironique au milieu (qui s'éloigne de ce qu'on pouvait penser au premier abord et retourne les situations des deux côtés), satire absurde tant de la vie de couple et de la bêtise des médias à la fin. Médias souvent épinglés d'une manière où d'une autre chez le bonhomme, d'un point de vue tant narratif en un détail (ces fausses infos trafiquées dans The game) que sur l'ensemble d'un film (Zodiac et les conséquences qui rebondissaient sur les personnages sur plusieurs décennies en fond, à tel point qu'un certain journaliste joué par Robert Downey Jr en était menacé de mort à un moment, The social network qui porte sur tout le réseau facebook et ses à-côtés, créateurs comme utilisateurs, les premiers devenant eux-même utilisateurs par le biais de l'image de Zuckerberg dans l'épilogue), que ce soit pour une simple analyse ou une charge personnelle... Comme l'est au final Gone Girl.


    En soi personnellement, c'est l'un des meilleurs films, complexe, beau, stylé et intéressants que j'ai vu cette année. On pourra toujours en fan de film policier en deviner une bonne partie de l'intrigue, ça ne changera rien au fait que l'histoire prend d'autres voies et creuse d'autres directions, passionnantes et qui amène à réfléchir et interroger le film. Ce que je ferais probablement à nouveau quand je l'aurais en DVD ou Blu'.


    (détails en plus et liens divers sur le blog)

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2014/11/02/30874546.html
    Affiche du film Lucy
    Lucy
    Par Nio_Lynes Le 14/08/2014
    Quelque part j'ai l'impression que tout le film est un aveu de la part de Luc. "J'ai plus envie de faire du cinéma" ou "Tourner c'est lourd et fatiguant". Pourtant je sais pas, il devait bien y avoir une étincelle au départ, une idée, une ambition. Fascinante impression de constater pendant le visionnage que tout fout le camp en direct. La mise en scène (formidable cet accéléré/ralenti sur les bad boys arrivant vers la Johansson au début, les inserts, les cadrages moches), la pensée, Eric Serra qui semble découvrir Pro Tools et abandonner dans le même temps. Je sais pas. Suis-je trop vieux pour ces conneries ? Être ou ne pas être ? Fromage ou dessert ? Le mieux c'est sans doute de laisser Luc parler du film. Luc, c'est à toi...



    ...la suite sur le blog ! ;)

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2014/08/14/30411377.html
    Affiche du film Under the skin
    Under the skin
    Par Nio_Lynes Le 06/08/2014
    En général, il faut toujours se méfier des bandes annonces, il est devenu rare qu'elles n'en disent pas plus ou trop sur le film. Sauf qu'ici, la bande annonce prévenait exactement ce à quoi nous allions être confrontés, difficile de faire mieux au vu finalement d'une BA des plus sincères et à l'exacte couleur de l'OVNI visuel et sonore qu'est Under the skin. Car c'est bien à cette rare catégorie de film qui sort des sentiers battus que nous avons affaire et en toute subjectivité j'ai envie de dire, "merci". Parce que des films qui se permettent de mélanger Kubrick + Stan Brakhage + Oshii - l'aspect métaphysique et politique qui émane du cinéaste japonais = le film de Jonathan Glazer. Enfin, pour caricaturer et schématiser vite fait, hein.


    S'ajoute aussi à ça la nature hautement divergente du film sur tous les plans qui ne peut qu'interagir en miroir avec le vécu et l'expérience personnelle de son interlocuteur, un peu comme ces films de cinéastes de l'Est comme Tarkovski ou Sokourov qui parfois vous obligent à avoir le cerveau qui tourne à 1255 km/s sous peine de n'y rien capter ou ne pas faire l'effort de vous poser de questions, ce genre de films ouvrant grand une porte mais ne délivrant généralement pas de réponse pré-fabriqué derrière.

    ....La suite sur le blog ! ;)

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2014/08/05/30290625.html
    Affiche du film Prisoners
    Prisoners
    Par Nio_Lynes Le 12/11/2013
    Prisoners est la nouvelle oeuvre de Denis Villeneuve, le réalisateur québecois déjà à l'origine du remarqué Polytechnique et du remarquable Incendies (on attend par contre son Enemy qui tarde à venir chez nous). Thriller noir en décor hivernal mené quasiment sans temps mort (2h30 qui passe donc très bien, et sans une once de gras) et fascinant tant dans la psychologie de ces personnages principaux (le flic un brin mystique et un père de famille torturé) que du jeu de piste qui va s'imbriquer tout le long comme des thèmes voilés qui sous-tendent le film. L'histoire est basique en elle-même : un kidnapping, une enquête. C'en serait presque ronflant pour le spectateur habitué des salles obscures. Sauf que.



    Sauf que Prisoners est aussi un film d'ambiance, toujours tendu, toujours fragile et sur le fil du rasoir. Quand on pense avoir trouvé le coupable, on est emmené sur une autre piste (et ça ne manque pas). Villeneuve à l'intelligence de nous mettre aussi bien du côté du détective qui a fort à faire que Keller, père de famille complètement déboussolé, surmené, au bout du rouleau.....

    ...La suite sur le blog (chronique trop longue pour être lue ici). ;)

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2013/11/12/28411822.html
    Affiche du film The Voices
    The Voices
    Par Nio_Lynes Le 20/03/2015
    J'avais déjà vu et apprécié The voices (rien à voir avec l'émission boudiou !) l'an dernier à L'étrange festival où j'avais aussi pu voir l'excellent It follows revu à nouveau lors de sa sortie dite "officielle".

    On va pas se cacher c'est mon premier Marjane Satrapi en film que je voyais et revoyais (J'en ai lu en BD mais pas vu de film d'elle) vu que j'y avais pris grand plaisir. Le film avait reçu le prix du public lors de L'étrange festival et c'était mérité même si on pourrait chipoter sur deux-trois bricoles.

    Mais le plaisir de la comédie horrifique, le talent des acteurs (Reynolds assurant toutes les fameuses voix m'a bluffé au passage) et le générique de fin coloré et dansant (cherchez "sing a happy song" sur youtube en recherche associé à The voices, vous allez comprendre... et je ne spoile pas en plus vu que c'est un peu détaché du reste du film) achèvent d'emporter mon plaisir de spectateur ouvert à tout et n'importe quoi vers le bonheur.

    La séance (avant-première) était suivie d'une masterclass avec Marjane Satrapi très détendue (mais en manque de clopinette) et cool, à l'image de ses BDs et de son film. Et d'une classe folle dans ses réponses, à la fois dans l'aspect technique de la fabrication d'un film comme des petites anecdotes. Cela m'a vraiment donné envie de voir ses autres films dont La bande des Jotas qui n'a pas une réputation si bonne que ça pourtant. Et pis Poulet aux prunes et Persepolis of course.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2015/03/13/31668571.html
    Excellente surprise folle, nerveuse, drôle que j'avais loupé en salles car oui, ce court a pu bénéficier d'une courte sortie en salles. Limitée on s'en doute et c'est regrettable au vu de cet ovni étrange, sensuel, rythmé (avec son titre improbable à base de jeu de mot graveleux) qui débarque à fond de caisse et met très sérieusement la patate.

    Ici, ça tourne autour de la musique qui, chez une jeune femme (Rosalba Torres Guerrero) provoque l'irrésistible envie de bouger, de danser... sans qu'elle ne puisse avoir de contrôle sur son corps. Ce qui fait qu'elle évite soigneusement tous les endroits à "bruits" de la ville.

    Alain (l'acteur et cinéaste Serge Bozon), lui, c'est différent. C'est un passionné de musique collectant les bons vieux vinyles, notamment des 60's. Ces deux-là travaillent dans une même agence de tourisme qui vante les mérites de la ville de Poitiers et si Alain est secrètement attiré par sa collègue Rosalba, il ne sait pas comment le lui avouer. Ce sont leurs différences qui vont les rapprocher...

    Le court ne se prend jamais au sérieux, enchaîne moments parfois surréalistes (le rêve de Rosalba) avec des gags à la pelle (la mise en valeur de la ville de Poitiers auprès de touristes japonais, belges ou allemand, pas une mince affaire !) pour finir dans la joie et la bonne humeur.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2013/06/23/27462905.html
    Affiche du film It Follows
    It Follows
    Par Nio_Lynes Le 03/11/2014
    C'est sans doute l'un des meilleurs films de l'année et personne ne l'aura vu ou alors très peu. Il faut dire que pour l'instant il n'est sorti qu'en divers festivals et qu'on pouvait s'interroger avec un peu d'inquiétude sur une future hypothétique sortie salle, mais pas de panique, il sortira bien... début 2015. J'espère que d'ici là, vous vous rappellerez des conseils de tonton Nio.


    Déjà réalisateur du fascinant Myth of the american sleepover (le mythe des soirées pyjamas -- en vente dans tous les bons magasins spécialisés, DVD zone 2 chez Metropolitan filmexport, plus d'excuses :-)), David Robert Mitchell signe ici un film d'épouvante placé sous l'égide du grand John Carpenter (cinémascope et musique synthétique ou ambiant à l'appui). Le film a en plus le mérite de refuser tout cynisme facile (et ça fait un bien fou) au profit de personnages de jeunes toujours sincères et justes placés face à une menace latente non seulement indescriptible mais inévitable et visiblement impossible à éliminer.


    Vous vous rappelez le côté indestructible du terminator la première fois que vous l'avez vu ? Ou bien le T-1000 dans Terminator 2 au premier visionnage ? Cette sensation que rien ne peut les arrêter avant finalement qu'on trouve une solution dans un final grandiose. Ici c'est pareil mais pas de robot, juste une chose organique et presque visible qui suinte, inhumaine et visible uniquement par sa "proie", qui ne connait pas le répit, qui avance constamment. La seule chose à faire étant alors de gagner du temps, toujours du temps...

    Mais l'humain n'est pas une machine et il s'érode facilement... Pas de final grandiose non plus mais la mélancolie d'un temps où dorénavant pointent en filigranne la difficulté de l'âge adulte et des responsabilités.



    A rapprocher du sublime Morse (let the right one in --l'original) pour son traitement tout en douceur du fantastique et de la terreur tout en osant parfois certaines décharges d'adrénaline osées.

    Très fortement recommandé.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2014/11/02/30874546.html
    Attention risque de mini-spoiler les aminches. :)
    Mais juste un peu hein. Cela devrait ne pas vous embêter logiquement pour voir le film et revenir à nouveau ici.

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    Il serait facile de dire que depuis que John Lasseter anciennement de Pixar (et pas qu'un peu d'ailleurs) est devenu président chez Disney, chaque sortie du géant à grandes oreilles de Mickey est devenue vite très attendue ou porteuse d'espoirs nouveaux. Ce serait effectivement trop simple car cela induirait une comparaison factice avec Pixar (sous entendant par exemple le fait que, venant de la petite boîte à la lampe il aurait redressé Disney et lui aurait apporté des films la mettant à égalité avec celle-ci en quelque sorte) alors que Disney reste Disney et Pixar reste Pixar; même si curieusement le Pixar de cette année aura ressemblé à un Disney et le Disney de cette année à ce que Pixar, déjà auteur de l'excellent Wall-E aurait pu nous livrer. Et même si Disney s'était remis à la SF en réactivant Tron avec Tron l'héritage (Tron legacy - dont on fait un court clin d'oeil ici mais pas que puisque ça sert assez bien le récit), on ne l'attendait pas vraiment sur le terrain des jeux vidéos.


    Pour le pire et le meilleur, Ralph aura dès sa promo jusqu'à son achèvement final et sa sortie en salle, titillé le joueur de jeux vidéos en lui proposant à la fois un design sucré, coloré et ludique avec la promesse de quelques guests de taille de l'univers vidéoludique (vous en voyez sur l'affiche mais il y en a un nombre pas possible, j'ai hâte pour le coup d'avoir le DVD prochainement rien que pour mettre en pause sur la scène de la gare centrale qui en propose à perte de vue presque) et ce, sans doute au détriment de l'histoire (on y vient). Pourtant, si l'on ne tombait pas dans l'éternelle piège des attentes impossibles forcément déçues (inutile de revenir sur le cas Prometheus) et qu'on revenait sur le fait qu'il s'agit d'un film Disney (et non Pixar, ce qui fait toute la différence), on pouvait en retirer le meilleur aisément. Car Ralph la casse propose une histoire universelle manquant certes d'originalité (tout le monde a pointé l'analogie de l'alliance du gros musclé et de la petite avec Monstres et cie un peu partout, pas nouveau donc) mais non de charme et d'idées (même si elles ne sont pas toutes explorées).


    Le titre français induit en erreur dès le début avec son intitulé puisque Ralph ne visite que deux mondes en plus du sien et que même si le monde Sugar Rush, qui fleure bon le rappel de jeux comme Diddy kong racing ou Mario Kart 64 (je précise parce que les autres versions après ne m'ont jamais totalement convaincu) est le plus convaincant (j'ai vraiment eu envie de bouger les doigts comme sur un circuit de course, arg), il fallait ramener au titre original qui dit bien tout. L'histoire d'un type qui casse tout (puisqu'il a été programmé comme ça) et qui cherche un peu de reconnaissance et qui, un brin bênet, pense l'obtenir en ramenant une médaille (puisqu'on l'a pris au mot), quitte à aller dans un autre jeux. Pour la partie exploration et découverte donc, si c'est ce que vous cherchiez avec une dose d'inventivité folle et le grain de folie qui fait toute la différence passez votre chemin puisque une fois encore, Disney oblige (j'ai failli dire respect du cahier des charges de la firme *tousse*), c'est une histoire d'amitié, de bon sentiments, de rapports d'entraide dans un but afin de progresser et s'affirmer. Et c'est en cela tellement bien écrit et enrobé d'une géniale manière (amis joueurs, avouez que vous rêvez tous maintenant de jouer à Sugar Rush sur playstation3, Wii, Wii U et X-box 360 si vous avez vu le film, allez) que pas mal de spectateurs semblent tombés dans le panneau, disant d'emblée à la fin que le fait que tout rentre dans l'ordre rendait la fin banale, trop conventionnel, que c'était presqu'une trahison. Hola, hé, c'est Disney, hein, n'espériez pas chercher des vessies aux lanternes. Disney, pas Pixar. :)


    Et dans le même temps affirmer ça tient à la fois du vrai (Disney reste un garant des valeurs familiales et d'un certain immobilisme qui ne s'ébranle que très lentement depuis quelques temps) et du faux. Il faut donc nuancer un peu et noter que Ralph ne rentre pas vraiment dans le rang. Il s'accepte tel qu'il est, il a grandi, il est revenu changé, en somme il devient adulte. Ce n'est pas tant un retour à l'ordre qui s'effectue ici que la recherche d'une affirmation de soi afin de trouver sa place. On pourra trouver ça décevant après tant de ludisme affiché mais n'est-ce pas là l'amertume qui forge certain beaux films ? Derrière sa carcasse rutilante et tout ce qu'il a accompli, Les mondes de Ralph touche certaines choses bien noires, que le spectateur emmené dans le grand ride bien jouissif n'a pas spécialement le temps de pointer. D'abord la condition de Vanellope (elle est presqu'une SDF ! Ok sa couverture est un emballage de bonbons géants et son lit un donuts, ça n'y change rien. Enrobage, enrobage...) et le fait qu'elle ne puisse quitter le jeu, risquant l'effaçage pur et simple. Ensuite le destin de Calhoun, sorte de Samus Aran des jeux Metroid perdue dans un jeu qui tient autant de Halo, Call of duty, mass effect et autres Resistance. Certes son traumatisme est pensé et mis comme une sorte de gag mais bon, se faire bouffer son mari par un insecte à la Starship Troopers (en plus mignon hein) lors de son mariage, hum. Sans oublier le cas de Turbo, violent, paranoïaque et schizophrène (et sa fin). Il y a quelque chose de stagnant, presque dérangeant et passionnant chez Disney depuis Volt et la princesse et la grenouille.


    Le problème avec Les mondes de Ralph (raaah ce titre trompeur), c'est qu'il veut le beurre et l'argent du beurre comme on dit. Et qu'il y réussirait presque le bougre. Tout ce qui touche aux jeux est fait avec un réel respect, bourré de petites idées vidéoludiques (construire son kart dans un mini-jeu à l'intérieur d'une boulangerie-usine; le niveau inachevé dans la montagne-coca, toutes les pistes de Sugar Rush et tous les détails, on s'y croirait presque, sans parler des petits personnages qui ont tous un style bien particulier dans leur design comme celui de leur véhicule (cf photos sur le blog, suivez le lien plus bas), l'hommage à la mode du retro-gaming) même si parfois elles ne sont pas plus exploitées (les trains à la Animal crossing qui relient donc des jeux entre eux, ces personnages de jeux qui n'ont plus nulle part où aller) soit parce que ce n'est pas le propos initial de Disney, soit pour éviter d'aller trop dans la noirceur car film universel (et donc du coup on exploite pas plus le traumatisme de Calhoun, c'est un parti-pris). On touche donc aux limites du film qui proposera en outre un scénario peut-être basique à certains mais bien fait et des idées pas toutes complètement poursuivies et une étrange dichotomie entre des passages plus enfantins (certains dialogues, hum...) et d'autres plus orientés adultes et adolescents.


    Pour ma part bien conscient du film et de ce qu'il propose, j'ai vraiment adoré.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2012/12/13/25903399.html
    Affiche du film Trust
    Trust
    Par Nio_Lynes Le 13/06/2012
    Aborder un sujet difficile n'est pas la moindre des choses. Surtout quand les films réussis traitant ce même sujet se résument à peau de chagrin ou presque. Si Mysterious Skin, son lointain cousin choisissait d'évoquer la pédophilie sous couvert d'une mise en scène incroyablement poétique et décalée qui en faisait toute sa grandeur et sa beauté, Trust choisit d'aborder le sujet un peu plus frontalement, tout en restant sincère et profondément humain tant dans son propos que sa mise en scène, ce qui en fait dès lors déjà dans sa modestie un grand film.


    Pour cela, Trust va se baser le plus possible avec une rare sensibilité du côté de ses 3 personnages principaux et des liens qu'ils tissent entre eux. Le film aborde résolument une démarche moderne quand il superpose les conversations de "tchat" sur le net de la jeune fille (l'intelligence est de banaliser ça en le faisant pleinement entrer dans le quotidien du personnage. D'une part, on évite de bêtement filmer un écran et jouer des inévitables champs-contrechamps à longueur de temps, d'autre part on gagne en gain de temps et en intensité) tout en restant dans une forme supposément classique (mais non-figée, attention) qui lui évite d'en faire trop. Sur ce point, David Schwimmer (on parle bien de l'acteur de Friends qui est passé à la réalisation) sait remarquablement que le sujet est trop important pour être naïvement pris à la légère et tout en filmant en subtilité et collant au mieux à cette jeune fille (au point qu'on ne peut que trop bien la comprendre), il insuffle à ses acteurs un travail de psychologie des plus fouillés.


    Il y a surtout et avant tout deux choses importantes qui permettent d'insuffler une grande part de réalisme et de justesse au film. D'abord le fait que David Schwimmer est depuis une décennie membre du conseil d'administration de la Rape Foundation, une organisation d'aide aux victimes de viol basée en Californie. Pendant toutes ces années, il a longuement travaillé pour collecter des fonds, créer des spots télévisés pour la fondation tout en participant au travail de sensibilisation, prévention et éducation. Il a aussi pu rencontrer de nombreuses familles et victimes et recueillir de nombreux témoignages dont un d'un père de famille qui lui donnera finalement envie de travailler sur ce grave sujet. Ensuite, le fait qu'avant d'adapter Trust pour le cinéma, l'acteur-réalisateur a judicieusement rôdé son histoire en en faisant d'abord une pièce de théâtre qui fut interprêtée par sa compagnie de la Lookingglass Theater fondée en 1988. Quand il eut finit de tourner le film, il commença à répéter la pièce au début 2010. La première de la pièce fut montée en mars 2010 alors que le film était en postproduction. De l'aveu du réalisateur, le montage et le choix des séquences a ainsi bénéficié des réactions du public, ce qui lui permit de voir quels passages pouvaient être mis en avant, ce qu'il pouvait retirer. En résulte apparemment deux oeuvres, l'une sous sa forme finale et achevée portée par trois grands acteurs, l'autre dans une forme constamment en mouvement dans tout un pays avec plusieurs comédiens à chaque fois. Deux oeuvres fortes et somme toute, magistrales.


    Magistrale car Trust retourne le coeur immanquablement, vous aplatit, voire, vous met un sacré malaise. Schwimmer filme lentement l'engrenage où s'englue Annie et là où elle va progressivement s'enfoncer jusqu'au point de non-retour. Un engrenage qui arrive en partie à cause de ce manque de confiance qu'a la jeune fille et de son désir de s'insérer du mieux possible dans cette société sans chercher forcément à travailler son unicité mais plus en faisant comme les autres filles de son âge, voire les plus âgées, donc se fondre dans la masse pour être acceptée par les autres. En acceptant les mensonges du predateur sous couvert qu'il serait "sincère" avec elle, puis plus tard, acceptant de jouer le jeu et l'accompagner, puis se fourvoyant en le protégeant sous prétexte qu'il est plus âgée qu'elle mais qu'ils se comprennent mieux que quiconque en tant "qu'âmes soeurs", Annie perd lentement toute innocence. La révélation de ce qui lui est arrivé et la prise de conscience tardive face à l'accumulation de preuves de la justice résonne à ce moment là comme une nouvelle baffe achevant un spectateur déjà largement bien sonné.


    Surtout, en plus de son scénario imparable, Trust est un film porté par un trio d'acteurs incroyables. Je n'avais jamais pensé que Clive Owen puisse m'épater à ce point. Certes, le registre du bonhomme est varié et j'apprécie autant de rire avec lui sur un Shoot'em Up cartoonesque à souhait ou m'accrocher à ses basques en pertes de repères dans le génial Les fils de l'Homme. Mais là, il m'a scié, tout autant que Catherine Keener. En parents ne sachant comment réagir et adopter le bon comportement (mais y'en a t-il véritablement un ?), ils sont plus vrais que nature. La palme revient à Liana Liberato qui incarne la jeune Annie. Là, elle vous cloue complètement tellement elle est toujours juste. Et la fin du film ne peut qu'émouvoir tout en laissant place à un épilogue glaçant nous rappellant que derrière chaque monstre, il y a aussi un homme. Très grand film, attention. Voire, osons le mot chef d'oeuvre.



    (Des captures du film et quelques mots sur l'édition DVD sur le blog ! ;) )

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2012/06/08/24446141.html
    Affiche du film Dark country
    Dark country
    Par Nio_Lynes Le 29/03/2011
    J'étais curieux de voir ce que pouvait donner une réalisation de Thomas Jane, talentueux acteur dévoué au cinéma fantastique en grande partie (Dreamcatcher, The mist...), et qui, renoue ici aussi avec une histoire horrifique qu'on jurerait issue d'un sympathique croisement entre l'ambiance de The Twilight Zone ou d'un Au délà du réel. Encore aurait-il fallu que le film tienne et suive la route, ce qui n'est hélas pas le cas, le rendant à demi-bancal, malgré la sincérité évidente de son acteur/réalisateur.

    Sur le plan de la grammaire cinématographique, Thomas Jane prouve amplement qu'il sait tenir une caméra. Les cadrages et travellings, les gros plans comme plans d'ensembles sont d'une justesse étonnante, en cela aidé par un directeur de la photographie extrêmement talentueux (Geoff Boyle). Tellement, que l'on a envie de ne voir que le film pour les images produites, qui font autant appel au talent d'un Robby Müller de Paris Texas que d'une volonté jouissive de peindre l'écran (voir les images du film en captures sur la chronique du blog). Tellement même que, parfois, ça en fait trop et risque de faire décrocher le spectateur. Mais le problème n'est pas là, je n'ai souligné ici que les bonheurs évidents du film (et au passage ses acteurs sont aussi très juste. Ron Perlman vient faire un petit coucou en passant).

    Non, le problème, ou plutôt les problèmes tiennent en l'histoire et la citation référentielle. On pourrait même dire qu'ils se sont légués ensemble en une même chose. Une histoire désespérément banale d'un jeune couple qui va se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment (quitte à y associer une faille temporelle et prendre le spectateur pour un gland. Ceux qui ont vus le film seront d'accord avec moi pour dire qu'a la fin --rassurez-vous je ne vais pas vraiment spoiler-- il pourrait changer justement l'histoire vu qu'il y a participé. Pourtant non, contrairement à "Un jour sans fin" et son jour de la marmotte, il n'y aura pas de variation et jusqu'aux dernières minutes on attend une once de créativité qui ne viendra pas. Et les incohérences liées au film achèvent le spectateur de s'énerver --entres autres, comment peut-on retrouver l'endroit où est enterré un cadavre en pleine nuit noire, sérieusement ?) avec un soupçon de fantastique, mais juste un peu. Et c'est sans doute ce qui dans mon cas m'a énervé. Au vu de la très belle photographie et des moyens mis en oeuvre, je m'attendais à passer un très bon moment de pur série B. Nada, histoire banale, pas de créativité, trop de mou, de dialogues, de scènes qui n'apportent rien, et puis du déjà vu en puissance mille.

    Et là on entre dans le second grand problème du film qui achève de le faire couler à mes yeux, les références, nombreuses et un peu inutiles. Au lieu de se chercher une identité qui lui est propre, le film choisit de jouer la carte de la citation cinéphile. Je ne sais pas si cela vient du scénariste ou du cinéaste mais ce qui pouvait être à première vue une bonne idée se transforme en trop plein d'ennui. On sent plus que l'admiration cinéphile (Godard, Tarantino et surtout Lynch), une volonté de trop bien faire. Un fanatisme aigü envers l'étrangeté Lynchienne. Les exemples ne manquent pas malheureusement. Plan de route à la "Lost Highway" avec Thomas Jane lui-même filmé comme Bill Pullman (cg photo plus que visible sur le blog), rose rouge qu'on jurerait issue du Lumberton de "Blue Velvet", héroïne mangeant une pomme en gros plan juste après avoir fait l'amour (bonjour la symbolique pataude inversée au passage) comme le plan de Pullman et sa cigarette dans le noir dans "Lost Highway", plan sur une main à la bague comme dans le film de "Twin Peaks", héroïne blonde aux cheveux mi-courts, mi-longs entre la Teresa Banks de "Twin Peaks fire walk with me" et la Perdita Durango de "Sailor et Lula". Le tout enrobé d'une voix-off et d'une musique jazzy-film noir qu'on dirait reprise du "Sin City" de Miller et Rodriguez (donc parfois désinchronisée avec l'empathie que pourrait procurer le film. Mais chez Rodriguez et Miller, c'était voulu, il y avait une filiation évidente du comic-book et de l'esprit "comics" et "films noirs" mélangé et plus que voulu. Pas ici). Le film aurait duré 3h que j'aurais largement pété un cable.

    Au final, un film ennuyeux qui se laisse regarder plus ou moins si l'énervement du cinéphile ne vous étouffe pas en premier. Dommage parce qu'avec un chef-op' comme ça, avec une bonne histoire, on aurait pu avoir un petit bijoux. Frustration, frustration...

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2011/03/29/20759490.html
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