Nio_Lynes
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    Ayant beaucoup apprécié Ptit Quinquin, j'étais plus que chaud pour cette suite toute aussi ovniesque et n'ayant pas la télé (oui, oui), le DVD d'Arte Editions en collaboration avec Blaq Out tombait à point nommé. Et en guise d'introduction un brin cliché, je ne surprendrais personne en écrivant comme ça que pour moi, Ptit Quinquin était pile poil dans les meilleures séries françaises. Une série Ovniesque, certes, mais une série quand même et c'était justement son parfum d'absurde complètement nawak qui lui permettait de débouler avec une bonne longueur d'avance devant une bonne partie de la production de chez nous, fusse t-elle d'ailleurs d'un assez bon niveau régulièrement (coucou les séries Canal).


    CoinCoin se déroule quelques années après la "première saison" (je ne sais pas si on peut dire ça comme ça car comme on va le voir après c'est deux choses très différentes en l'état) et colle bien plus à son actualité que ne pouvait le faire Quinquin. Ici pour le coup, Dumont ose parler des migrants, de l'homosexualité, de la transsexualité, de la montée du FN, des curés pédophiles (j'ai hurlé de rire à ce moment tellement c'est énorme). On rit beaucoup à nouveau, souvent jaune d'ailleurs comme dans la "première saison" même si ici pour le coup, un sentiment d'inachevé se fait plus persistant et frustrant.

    Il faut dire que plusieurs facteurs entravent un peu plus cette nouvelle livraison sérialesque de Dumont qu'auparavant. D'abord l'effet de surprise est parti et l'on ne contemple plus trop les superbes paysages du Nord. Surtout, Dumont s'attarde parfois trop dans la fixité des plans au profit d'un malaise parfois bienvenu mais qui, pour des questions de rythme, gênent un peu le visionnage et provoquent d'un épisode à un autre une sensation de longueurs. On se surprend à espérer des épisodes un peu plus courts de 10mn qui tiendraient tout aussi bien au final. Le réalisateur surjoue aussi cette fois un peu trop sur le procédé comique de répétition, à l'image de cette invasion de doubles qui stupéfie, fait exploser le rire dans le non-sens (quand les doubles se croisent dans une maison sans jamais se remarquer un instant), quitte à proposer une certaine beauté irréelle (le climat désenchanté qui ferme le second épisode), mais qui au final, n'ira pas très loin. Le chaos ? L'armaguedon ? L'apocalypse ? Oui, mais jamais exploité à fond. Quand on est un fan de science-fiction comme moi, c'est parfois assez rageant.

    On ne niera pas cependant un certain plaisir pris à observer les déambulations totalement à l'ouest de notre duo policier, aussi dignes qu'un Holmes et Watson de l'autre côté de l'Atlantique ou plus clairement d'un Bougret et Charolles (issus de l'univers de Gotlib) dans nos belles provinces françaises. Et si ici "les vécés ne sont pas fermés de l'intérieur" c'est pour mieux nous épater à chacune de leurs apparitions. Van Der Veyden semble encore toujours plus dans un état second (avec bruitages et borborygmes dignes d'un Rick de Rick & Morty) et Carpentier toujours aussi existentialiste dans son coin. Ce sont clairement eux les pivots principaux de cette suite complètement barrée même si elle en fait parfois trop.

    Au final une série honorable qui, si elle se situe un peu en dessous de son aînée, s'avère suffisamment dépaysante pour être vue et appréciée. Ce n'est certes pas dans ce que le cinéma nous a offert en 2018 (je crois que Quinquin avait bénéficié d'une sortie salles pour le coup), Coincoin ici étant plus passé par la case VOD, un passage rapide à l'Etrange Festival sur Paris et une diffusion sur Arte en septembre, on ne boudera pas pour autant son plaisir de nouveau à être embarqué dans ces hauts de France jamais loin de nous-mêmes, Dumont comme à son habitude ne jugeant pas les personnages, les livrant comme ça sans recul à la caméra. Cela pourra en froisser certains, d'autres rentreront d'emblée dedans mais on ne pourra pas nier la singularité de sa démarche.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2018/11/08/36850796.html
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    Hérédité
    Par Nio_Lynes Le 02/11/2018
    Dans le pavé des excellentes surprises de cette année 2018, Hérédité fut l'un de mes gros coups de coeur en salles. Avec le recul, depuis sa sortie cinéma, le film a acquis une belle réputation (justifiée à mon sens) de figurer d'ores et déjà parmi les films les plus cultes. La sortie récente en DVD, Blu-ray et VOD depuis le 15 octobre chez Metropolitan Filmexport permet avec un peu plus de recul de disséquer une oeuvre des plus riches qui a su intelligemment tirer son épingle du jeu des nombreuses sorties horrifiques que l'on a depuis un moment.

    Surtout un nouveau visionnage permet de déceler que dès le départ, le réalisateur Ari Aster annonce le programme sans ambages via un des cours que suit l'aîné de la famille sur la tragédie d'Hercule chez Sophocle. On y apprend que le héros grec n'est en fait qu'un pion dans un engrenage fatal dont il pense vainement maîtriser un tant soit peu sa destinée. Fatal écho à cette famille qui ne maîtrisera jamais un instant les rouages diaboliques dont elle fait partie, et ce quand bien même Annie (Toni Collette) essayera à plusieurs reprises de changer la situation... en vain.

    La suite sur le blog ! Cf lien en dessous. ;)

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2018/11/01/36833556.html
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