Critiques du film: Dernier Amour
    Dernier Amour
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    Dernier Amour
    ffred
    Le 07/08/2019
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    Inspiré des mémoires de Casanova, voici le dernier film de Benoît Jacquot que j'avais raté en salle. Mais vu en séance de rattrapage grâce à Cinétrafic, là où l'on retrouve les films les plus appréciés que tout et les séries les plus plébiscitées. Il faut dire que la bande-annonce ne me disait rien du tout, et puis la perruque poudrée ne va pas très bien sur la tête de Vincent Lindon. Passé ce détail, le film, finalement, est une assez bonne surprise. Non pas qu'il sorte vraiment de l'ordinaire, mais l'ensemble est fait avec une certaine élégance. Et puis, on a sans doute jamais vu Casanova sous cet angle dans la pléthore de longs métrages déjà réalisés sur lui dans le passé. La mise en scène est académique mais fluide et assez gracieuse. La direction artistique très réussie, très beau travail sur la photo et sur les costumes. Le casting tient toutes ses promesses. Lindon est comme toujours convaincant, même si sur le papier on a du mal à l'imaginer dans le rôle. Stacy Martin a toute la beauté et la grâce pour incarner la jeune courtisane, tandis que Valeria Golino est toujours aussi fascinante, malheureusement le rôle est très court. Le tout se regarde donc sans déplaisir et nous fait passer un bon moment. Il manque peut être un souffle, une passion, que l'on ne ressent que par moment. Au final, voilà, malgré tout, le beau portrait d'un séducteur qui s’éprit, apparemment pour l'unique fois de sa vie, de la seule femme qui lui aurait jamais résisté. Un beau film sur le désir plus sur l'amour.

    Site web:  http://lecinedefred2.over-blog.fr/2019/08/dernier-amour.html
    Emma666
    Le 20/08/2019
    0 critique
    Lorsqu'on lit les mémoires de Casanova, cet "échec" dans sa vie de libertin ne fait que passer. Le réalisateur Benoît Jacquot a décidé d'en faire le début de sa chute. Le héros est vieillissant, malgré ses 43 ans, et le regard hébété de Vincent Lindon est bien loin de nous offrir le fastueux virtuose de la séduction auquel on s'attend.
    Le film laisse un arrière-goût de décors poussiéreux. L'éclairage est sombre, la musique quelleconque. Et que dire des figurants à l'accent français franchouillard alors qu'ils doivent camper des personnages anglais ?
    Seule la magnifique Valéria Golino (à tout jamais Ramada dans Hot Shots ! pour moi) tire son épingle du jeu. Elle est sublime et elle seule peut tenir tête à Vincent Lindon, dans les quelques rares scènes qui resteront en tête.

    Au final, Dernier Amour n'est clairement pas à la hauteur du mythe de Casanova, et l'on oubliera bien vite cette molle prestation du grand Lindon !

    Site web:  http://lapauselecture.canalblog.com/archives/2019/08/20/37578343.html
    Vance
    Le 21/08/2019
    0 critique
    Choisissant une ambiance résolument crépusculaire (beaucoup de scènes nocturnes, un éclairage diffus respectant les tonalités liées aux chandeliers, aux tapisseries et aux dorures), un montage lancinant et des décors somptueux (bien que se déroulant presque intégralement à Londres, nombre de prises de vues du film ont été réalisées dans des châteaux de la région parisienne, dont Fontainebleau), Jacquot s'appuie manifestement sur la présence quasi hypnotique de Vincent Lindon qui campe un Casanova élégant mais fatigué, toujours en recherche de compagnie féminine mais rongé par des expériences malheureuses (expulsé de Venise avant d'échapper aux mouvements révolutionnaires à Paris). C'est du moins ainsi qu'il présente son histoire à la jeune femme censée prendre des cours auprès de lui dans une résidence bavaroise : comme dans Amadeus, qui se déroule à la même époque, le personnage principal se raconte en profitant d'un témoin venu recueillir sa parole comme on obtiendrait des aveux sur un lit de mort. Mais malgré deux ou trois incursions dans le présent du récit, l'essentiel se passe bien à Londres où Casanova tente de trouver un second souffle auprès de rares amis, dont une courtisane rencontrée au cours de son séjour italien.

    On y découvre cette société définitivement phallocrate déjà discernable dans la série Harlots, elle aussi contemporaine : les notables mâles jouissent de la vie en profitant autant qu'ils le peuvent des femmes, des drogues et de la nourriture qu'on leur procure en abondance. Si Casanova relève au début quelques habitudes choquantes (pour un être raffiné comme lui, qui a fréquenté les grandes cours européennes) des Anglais, on n'ira guère plus loin dans l'exploration des turpitudes bourgeoises en dehors des salons mêlant plaisirs de la chair et du jeu d'argent ou des parties de campagne où les gens de la haute assistent à des concerts avant de s'envoyer en l'air.

    Un milieu dans lequel notre Casanova vieillissant quoique toujours auréolé de sa gloire libertine parvient à se fondre sans même connaître un traître mot d'anglais - d'autant que les aristocrates britanniques s'évertuaient alors à parler français car c'était du dernier chic. Dans cette société à la fois pudibonde et dévergondée, cette ambiance fin de siècle trahissant la décadence d'un système corrompu, Casanova tombe sur une jeune femme qu'il croise çà et là dans les bras de tel ou tel amant. Regard farouche, silhouette magnétique, elle le jauge autant qu'il la dévisage. On sent très vite qu’il lui faut la conquérir. Sauf que cela ne va pas du tout se passer comme il l’entend, comme ce fut le cas par le passé. Française de petite vertu, vendant parfois ses charmes, elle le prend de haut et le bat froid, jouant de sa frustration. Qu’à cela ne tienne : s’il ne peut la coucher dans son lit, il ira jusqu’à lui faire la cour, engageant une sorte de contrat tacite avec cette demoiselle à la sauvage beauté et au regard insolent. Lui le tombeur élégant, le charmeur irrésistible se contraint à conter fleurette et à multiplier autant de rendez-vous galants, autant de promenades aguicheuses sans la moindre promesse de consommer leur relation singulière.

    Site web:  http://journal-de-vance.over-blog.com/2019/08/dernier-amour-en-dvd-a-partir-du-20-aout-2019.html
    Platinoch
    Le 09/09/2019
    0 critique
    Un grand merci à Diaphana ainsi qu’à Cinetrafic pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Dernier amour » de Benoit Jacquot.

    « Toutes ces femmes... On exagère beaucoup. Chacune fut pour moi la première et la dernière. J’ai toujours été l’ami de toutes. Sauf une. »

    Au XVIIIème siècle, Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon, qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi, elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire.

    « Une semaine je suis fou d’un parfum, la semaine d’après il me rend malade »

    S'il fut tour à tour écrivain, diplomate ou espion, Giacomo Casanova restera surtout célèbre pour avoir été l'un des plus grands séducteurs de l'Histoire. Une vie tumultueuse d'aventures sentimentales et sexuelles qu'il racontera dans ses mémoires, sobrement intitulées « Histoire de ma vie ». Un personnage un peu extravagant et hors normes, qui donna lieu à toutes sortes de fantasmes et de mythes et qui inspira de fait largement le cinéma, où il fut tour à tour interprété par Vittorio Gassman (« Le chevalier mystérieux »), Marcello Mastroianni (« Casanova 70 » puis « La nuit de Varennes »), Donald Sutherland (« Le Casanova de Fellini »), Alain Delon (« Le retour de Casanova »), Heath Ledger (« Casanova ») ou encore John Malkovich (« Casanova variations »).

    « Elle a du vous aimer pour vous faire autant souffrir »

    S’il est habitué à filmer des portraits de femmes en proie à des tourments intérieurs (« La fille seule », « Le septième seul »), Benoit Jacquot a également montré au fil de sa carrière un goût certain pour les films en costume (« Les adieux à la Reine », « Adolphe »). Avec un intérêt particulier pour le dix-huitième siècle et l’âge d’or du libertinage. Ainsi, après avoir consacré un film au célèbre Marquis de Sade (« Sade », 2000), il s’intéresse cette fois à l’autre figure phare de cette période, à savoir le mythique séducteur Casanova. Mais loin de l’image du jouisseur compulsif, le cinéaste cherche ici à dresser un portrait plus nuancé du personnage en nous en montrant une facette plus sensible.En l’occurrence celle de l’amoureux éconduit. S’appuyant sur une élégante reconstitution, le film nous montre ainsi un Casanova tourmenté et faillible, mis au supplice par une séductrice professionnelle plus manipulatrice que lui. En creux, le film propose également une réflexion sur le pouvoir du désir. Comme si finalement le sentiment amoureux et l’obsession n’étaient que le fruit de la frustration. Un film intelligent mais au classicisme parfois fastidieux, qui vaut surtout pour la belle prestation du toujours impeccable Vincent Lindon.

    Le DVD : Le film est proposé en version originale française (5.1 et 2.0) ainsi qu’en audiodescription.
    Côté bonus, le film est accompagné de scènes coupées (6 min.).

    Edité par Diaphana, « Dernier amour » est disponible en DVD et VOD depuis le 20 août 2019.

    Le site Internet de Diaphana est ici. Sa page Facebook est ici.

    A découvrir sur Cinetrafic, des films biens et dans un autre genre : les meilleures comédies récentes.


    Site web:  http://www.toile-et-moi.fr/2019/09/dernier-amour.html
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