Critiques du film: Cold War
    Cold War
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    Cold War
    cinevu
    Le 27/03/2019
    21 critiques
    La romance trempée dans le Noir et Blanc très beau ne suffit pas.

    Las, une image somptueuse, léchée -parfois trop!- ne suffit pas à nous emporter, nous transporter
    à travers l’émotion que parait un peu toujours chercher -voire forcer- le réalisateur.

    Bien curieuse histoire d’amour que cette romance passionnée entre Zula,chanteuse (belle Joanna Kulig, des faux airs de Jessica Chastaing) et
    Viktor, musicien (Tomasz Kot) où l’on a le sentiment qu’ils passent un peu leur temps à se rater, surtout quand ils se retrouvent; comme un leitmotiv du film.

    Une belle image donc, une bonne -voire très bonne bande son- de beaux voyages… mais je n’ai guère décollé, il m’a manqué de l’émotion.

    Pavel Pawlikowski nous avait séduit et envoûté avec son magnifique « Ida », je gage qu’il recommencera.

    Site web:  https://cinevu.me/cold-war/
    Yuko
    Le 31/03/2019
    268 critiques
    C’est dans un somptueux écrin en noir et blanc que Pawel Pawlikowski présente son histoire d’amour impossible. Un récit d’une élégance rare où la pudeur des sentiments côtoie la beauté des plans minimalistes. Des plans intensément mélancoliques où se mêlent tragique, désir et sensualité.
    Une oeuvre intense malgré une histoire qui pourrait sembler convenue et quelques standards narratifs. La construction par ellipse, déroutante, n’en est pas moins intéressante et enrichit grandement le récit. Si certains plans peuvent paraitre austères et froids, d’autres se révèlent délicats et lumineux, notamment quand apparait à l’écran la magnétique Joanna Kulig.
    Une oeuvre puissante bien que parfois austère qui ne parvient jamais totalement à masquer un étrange sentiment d’abandon et de finitude, jusqu’au dernier plan d’une pureté éblouissante.
    Prix de la mise en scène au festival de Cannes 2018, Cold war surprend par sa réalisation élégante et esthétique autant que par la puissance de son évocation.

    Un grand merci à Diaphana Edition Vidéo et à Cinétrafic pour l’envoi de ce film.

    Vous pouvez retrouver sur le site de Cinétrafic des liens concernant ce film et plus particulièrement pour savoir : son prix à Cannes en fait-il un film à voir ? Une oeuvre art et essai comme celle-ci est-elle digne de ce qui caractérise le grand cinéma ?

    Site web:  https://leblogdeyuko.wordpress.com/2019/03/31/cold-war-de-pawel-pawlikowski/
    nathvaaucinema
    Le 19/03/2019
    0 critique
    Primé lors du dernier Festival de Cannes pour sa mise en scène, Cold War du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski est sorti ce mois-ci en DVD, Blu-ray et VOD. L'occasion pour moi d'enfin découvrir cette petite perle minimaliste, d'un noir et blanc sublime et jouant avec finesse de cette histoire d'amour passionnée au temps de la Guerre Froide.

    Nous sommes en Pologne dans les années 50, le pays est encore meurtri par la Seconde Guerre. Viktor et Irena parcourent les villages pour se construire un répertoire de chansons populaires rurales afin de monter une troupe qui les chantera et les dansera. Forcément, un si joli projet ne peut être que récupéré par le gouvernement qui en voit un moyen efficace pour diffuser en masse la doctrine communiste. Ceci est la toile de fond qui rendra l'amour entre Viktor et la jeune artiste Zula impossible.

    La musique est au cœur du film. Elle est d'abord le prétexte à toute cette histoire puisqu'on parle de monter un spectacle musical. Elle habite les personnages, Viktor est compositeur et musicien, Zula vaudra à son impertinence sa carrière de chanteuse. Le film s'ouvre sur un son de cornemuse traditionnelle et une série de chants authentiques pour petit à petit évoluer et toujours définir l'époque et le lieu où l'action se déroule. Ainsi, à Paris le jazz s'invite à l'écran, la vie y est libre, alors qu'en parallèle un chant partisan mettant en valeur Staline montre l'ambiance beaucoup plus glaciale du côté Est. Le rythme de la musique suit la vie de ce couple, dans sa douleur comme dans sa passion. Une chanson, dont la plus belle interprétation habille la bande-annonce, vient ponctuer différents moment du film, à chaque fois dans un différent pour encore une fois marquer l'évolution des personnages et leurs sentiments.

    Cold War n'est pas une romance, c'est plutôt un drame passionnel. On en retient de la mélancolie avant tout. Viktor et Zula ne sont presque jamais heureux, leur relation est affectée par la distance qui s'est immiscée entre eux alors que leurs sentiments semblent magnétiques. Quand Viktor se retrouve à Paris, une nouvelle vie s'offre à lui et pourtant il semble toujours prisonnier de cet amour impossible. Zula devient une vedette de son côté, mais reviendra toujours à lui, se détruisant peu à peu. C'est un peu "je t'aime, moi non plus", tout en retenu et finesse.

    Lorsque Joanna Kulig (Zula) et Tomasz Cot (Viktor) sont réunis à l'écran, on se retrouve dans leur bulle, plus rien ni plus personne n'existent à côté d'eux. La scène de la répétition de gamme est d'une intensité rare. On ressent tous les sentiments qu'ils n'osent encore dévoiler. Puis tout leur jeu est dans la subtilité, la retenue, leur regard laissant entrevoir leurs sentiments. A l'écran, le noir et blanc sublime encore plus ces sentiments, comme s'il les rendait immortels. Le format presque carré semble étriquer encore plus leur monde, comme pour mieux les enfermer et leur enlever encore un peu plus de liberté de mouvement.

    Cold War fait parti des plus beaux films sortis en 2018, on lui reprochera seulement de ne pas assez surprendre pour le rendre exceptionnel. La mise en scène est en effet très maîtrisée, faisant démarrer l'histoire sur les mêmes plans qui viendront mettre en place sa conclusion. Quatre vingt huit minutes pour une dizaine d'années de vie tourmentée, pour une tragédie si poétique qu'on en ressent une certaine nostalgie.

    Site web:  http://nathvaaucinema.canalblog.com/archives/2019/03/19/37191207.html
    Vance
    Le 31/03/2019
    85 critiques
    Dès les premières secondes, Cold War va désarçonner le spectateur lambda, celui qui n’est pas rompu aux œuvres sortant subrepticement dans les dernières salles d’Art & Essai : un format carré, un Noir & Blanc peu contrasté, des personnages mutiques, des paysages déserts et une bande originale uniquement composée de chants traditionnels polonais. On est à la fois très loin d’un Avengers et d’une comédie populaire, dans cet espace occupé par des productions ambitieuses par leur portée ou leur forme, s’adressant à un public de connaisseurs, au jugement sévère et à l’analyse prompte. Sous l’épure, même le profane sent le remarquable travail de composition, devine plus qu’il ne comprend le sens caché dans la symétrie des formes, l’austère beauté des plans. De ces premières séquences se dégage insensiblement une impression d’étrangeté et d’ailleurs : une campagne vide, des ruines taisant le lourd passé, des personnages ployant sous le faix d’une société scrutatrice et d’une Histoire orgueilleuse. Lorsqu’ils se parlent, un silence entendu occupe l’essentiel des dialogues, les regards semblent perdus, entre désespoir et fatalisme. Trois adultes (deux hommes, une femme) ont un job à faire et s’installent pour un temps dans un ancien bâtiment ayant connu son heure de gloire longtemps auparavant : ils recrutent, et les jeunes gens, peuplant enfin ce territoire morne, se pressent pour trouver enfin un quelconque avenir à leur existence tout aussi morne.
    On est à la fin des années 50 : alors qu’en Pologne, le culte de la personnalité stalinienne bat son plein, Paris vit au rythme des pulsations de jazz et les artistes de tous horizons s’y pressent pour y créer sans contrainte. Wiktor, sans le dire, pianiste et compositeur, rêve de cette liberté mais il se contente de suivre sa collègue Irena dans cette campagne un peu absurde visant à former un groupe de chanteuses et danseuses folkloriques, afin de redonner un peu d’or à des traditions qui se perdent et d’accorder un peu d’espoir à des jeunesses endormies. L’une d’elles vient soudain éveiller quelque chose en lui : Zusanna, dite Zula, a quelque chose que les autres n’ont pas. Peut-être dans ces cheveux plus blonds que les blés, dans ces yeux d’un bleu cristallin, dans cette moue qui semble susurrer des promesses autant que des menaces : cette fille n’est décidément pas comme les autres. Ses performances artistiques ne la distinguent guère des autres prétendantes : qu’à cela ne tienne, il défendra sa place. Et commencera aussitôt une discrète et tacite cour auprès de cette jeune femme farouche, qui n’a pas froid aux yeux et pas sa langue dans sa poche – et dont le passé trouble révèle des forfaits inavouables. Kaczmarek, le troisième membre, qui n’y connaît rien à la musique mais puise sa légitimité dans sa fidélité au parti, est également sensible à son charme au-delà du slave. Il la charge de surveiller un Wiktor dont il devine les intentions libertaires, et de lui faire un rapport régulièrement. Les représentations s’enchaînent, le succès vient, un peu inespéré : ces jeunes gens découvrent les plaisirs ineffables des réceptions mondaines et la gloire éphémère des scènes de théâtre devant un public aux anges. La troupe se fait un nom. Le Parti la suit de près : il faut désormais qu’elle ajoute à son répertoire des chants à la gloire de Staline. Irena refuse, Wiktor accepte à contrecœur car se profile alors une opportunité : la troupe va se produire à Berlin, et Berlin, c’est la porte de l’Europe de l’Ouest, de la bohème et des espoirs enfouis. Il ne reste qu’à convaincre Zula de le suivre dans cette folle épopée…
    Cold War est moins un film politique qu’une romance désabusée, construite sur un bonheur impossible entre deux amants terribles, que tout oppose. Lui est un artiste un peu frustré, vieillissant, qui espère se réaliser dans cet incroyable vivier de possibilités qu’était Paris après la guerre et puise dans la vitalité de Zula cette énergie qu’il croyait enfuie. Elle est bouillonnante d’énergie, opportuniste mais son passé la tétanise et son caractère l’empêche de pérenniser la moindre relation. Si on n’a guère de doutes sur la réalité des sentiments de Wiktor envers elle, on hésite au début face à l’authenticité discutable de son amour pour lui, d’autant qu’elle le taquine, le frustre et l’humilie, sachant taper là où ça fait mal. Ces deux-là ne peuvent visiblement pas vivre ensemble, pourtant ils ne parviennent pas à vivre séparés et cet amour transfrontalier devient une passion brûlante, rongeante, attaquant jusqu’aux fondements de chaque personnalité.
    Pawlowski filme près des corps, s’attarde sur les regards, laisse les séquences se prolonger parfois jusqu’au malaise, dilatant les nombreux silences ponctuant les rares répliques. Chaque personnage semble comme déraciné, éthéré et Wiktor s’exprime si peu qu’on finit par ressentir la douleur qu’il ne parvient pas à dire. La performance de Tomasz Kot finit par emporter l’adhésion, on finit par se faire à cet artiste dépenaillé au regard sombre et aux rêves brisés. Joanna Kulig apporte un peu de fraîcheur et de beauté fragile à son personnage qui aurait pu être détestable par sa versatilité. Le plus intriguant viendra de l’incroyable contraste entre ces comédiens et une Jeanne Balibar dans le rôle d’une poétesse diaphane s’exprimant telle une pythie ancestrale.
    Refusant de s’appuyer sur des violons lancinants ou des scènes lyriques, le réalisateur construit patiemment une quête impossible d’un amour irrationnel qui transcende les régimes et les Etats, poussant chaque être jusqu’au sacrifice ultime. Chaque plan dégage une authentique beauté évanescente recelant des parcelles d’une poésie amère et terrible : pas de fusillade, d’explosion, d’enquête haletante, de poursuite ou de gerbes de sang, mais l’amour, la joie, la peine, la haine, la passion, la tristesse et la mort.


    LaKinopitheque
    Le 20/03/2019
    73 critiques
    Auréolé du prix de la mise en scène au festival de Cannes 2018, Cold War est donc le dernier film de Pawel Pawlikowski, réalisateur polonais à la carrière déjà bien remplie mais particulièrement mis en lumière par son précédent long métrage, Ida, récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger en 2015. Une belle carte de visite, même si on aurait tendance à dire qu’en temps normal convaincre le public d’aller voir un long métrage polonais filmé en noir et blanc au format 4/3 relève de la gageure. Mais ce serait sans compter sur le talent du bonhomme, qui en plus d’être un réalisateur sacrément talentueux semble flairer avec un certain succès les tendances actuelles. Pour tous ceux qui ont vu la bande annonce du film ou quelques photographies dans la presse culturelle, les choix artistiques de Pawel Pawlikowski s’imposent comme une évidence, à l’heure même où le cinéma, contrairement à la photographie, semble avoir oublié que le noir et blanc n’est pas une version dégradée du 7ème art, mais magnifie au contraire la lumière de bien des manières. Nous y reviendrons ultérieurement.

    Site web:  http://www.kinopitheque.net/cold-war/
    ffred
    Le 20/03/2019
    31 critiques
    Malgré sa beauté formelle, je n'avais pas du tout aimé Ida le précédent film du réalisateur couvert de prix (dont Oscar du film étranger). De nouveau une pluie de récompenses pour ce nouvel opus, de nouveau du noir et blanc et de nouveau la Pologne d'après guerre. Le miracle a eu lieu cette fois-ci. J'ai trouvé cela formidable. La mise en scène est somptueuse (prix à Cannes l'an passé), la photo encore plus sublime, l'époque tr!ès bien rendue. Sur le fond, j'ai cette fois été touché. Impossible de rester de marbre devant cette histoire d'amour déchirante ballotée sur près de vingt ans entre Varsovie et Paris, entre rideau de fer et liberté. Le couple au destin tragique est parfaitement interprété par Joanna Kulig (actrice européenne de l'année aux EFA) et Tomasz Kot. Ils nous rendent leurs personnages attachants, le duo fonctionne à merveille. Cédric Khan et Jeanne Balibar font de petites apparitions dans le volet parisien de l’histoire. Voilà donc sans doute l'un des plus beaux films de l'année dernière, une œuvre minimaliste parfaitement maitrisée sur tous les plans, une histoire aussi belle que mélancolique et poignante, sur fond de guerre froide. Puissant, émouvant, bouleversant. Je regrette maintenant de ne pas l'avoir vu en salle...

    Site web:  http://lecinedefred2.over-blog.fr/2019/03/cold-war.html
    le_Bison
    Le 24/03/2019
    162 critiques
    Un radio-crochet, comme on disait au bon vieux temps de Guy Lux, dans les campagnes polonaises. Une voix authentique, un regard mystérieux, une blondeur intrigante - voir soviétique. Zula. La vie paysanne chantée, voilà ce qu'ils veulent dans ces années cinquantes. Wiktor, pianiste talentueux mais qui se laisse guidé par les évènements, la remarque d'emblée. Un coup de foudre, comme deux êtres qui se croisent sur un quai de gare. Une audition pour un spectacle de danse, de chant et de musique, folklore reculé des campagnes. Puis la politique qui s'en mêle. Le folklore des paysannes devient le chant du peuple, à la gloire de Staline. Et la tournée des grandes capitales de l'Est, peut-être même Moscou, mais en attendant c'est Berlin.

    Wiktor, l'amoureux fou, a un plan pour passer de l'autre côté. Elle n'a qu'à le suivre après le spectacle. Lui l'attendra à deux pas des barbelés et du garde frontière. Elle ne viendra pas, elle n'y croyait pas. A cette vie, à cet amour. Wiktor, pianiste de jazz dans un cabaret parisien, quelques années plus tard. Et quelques années ensuite, et ensuite. Des chassés-croisés comme autant de reconduite aux frontières. Deux mondes différents que la politique sépare.

    Les premiers instants en Pologne, caméra fixe, images vieillottes, la Pologne c'est triste, pas envie d'y vivre, ni même d'y séjourner malgré la blondeur de Zula. Et puis, il y a Berlin, Paris où les nuits deviennent lumineuses, l'image en noir et blanc se fait somptueuse, des volutes de cigarettes qui s'envolent sous les réverbères, mettre des pièces dans une cabine téléphonique, un monde nouveau s'ouvre, lumineux, éclairé, magique... Mais des instants trop courts. C'est aussi ce qui m'a gêné pour être pris dans ce tourbillon de l'amour, trop d’instantanés, trop de coupures temporelles, voir spatio-temporelles comme deux êtres téléportés dans un monde qui ne comprend pas leur amour, je mériterai de le voir une seconde fois, juste parce que ce Cold War fait peut-être parti des films à avoir vu - voir même revu, des films 2019 avec une magnifique pellicule en noir et blanc, en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 5 mars chez Diaphana Edition Video. Fin de la séquence promo, retour à l'histoire, à l'amour, au sublime, plongée sur la route du cinéma pour un film désespérément triste mais sensuel. Avis mitigé mais que personnel.

    Site web:  https://memoiresdebison.blogspot.com/2019/03/folklore-polonais-en-noir-et-blanc.html
    Fearless
    Le 25/03/2019
    35 critiques
    Pologne, 1949. Wiktor Warski, pianiste et chef d’orchestre, accompagné d’Irena Bieleczka, chorégraphe, parcourent la Pologne à la recherche de voix authentiques et de chansons populaires dans le but de monter un groupe de musique folklorique. Lors d’un casting, Wiktor rencontre la lumineuse Zula avec qui il entame une relation. Ce n’est pas de l’amour entre eux, c’est de la passion. Ils s’aiment, mais se séparent. L’époque n’est pas idéale pour les relations passionnées. Le communiste monte en puissance, ceux qui ne sont pas favorables à l’idéologie politique sont des traitres. Wiktor est épris de Zula, mais plus encore de liberté : il profite d’un passage à Berlin pour passer à l’ouest. Zula est éprise de Wiktor, mais plus encore de célébrité : elle reste en Pologne. Ils finissent pas se retrouver et se séparer à nouveau. Et se retrouver une fois encore. Entre eux, c’est à la vie, à la mort.

    Cold War a remporté le Prix de la mise en scène à Cannes, et je comprends tout à fait pourquoi. Pawel Pawlikowski raconte son histoire et son époque avec subtilité. Le noir et blanc se prête aussi bien à l’ambiance sinistre de la Pologne communiste qu’au Paris libre et animé. Une phrase, un regard, un plan, en disent autant, voire plus que des lignes de dialogues. Les dernières minutes en sont l’exemple parfait.

    L’autre point fort du film, c’est la musique. Elle fait partie intégrante de l’histoire. Elle n’est pas qu’un prétexte, c’est un vrai fil conducteur : au début elle est folklorique, enivrante et enivrée, comme leur relation. Après leur première séparation, elle prend une dimension plus politique et sentimentale. Pendant la partie à Paris, on entend du jazz, du rock, deux styles plus libres, joyeux, supposés être à l’image de leurs sentiments, mais qui s’avèrent au final être en décalage avec leur réel état d’esprit. La dernière montée sur scène de Zula est la plus révélatrice : ivre, désespérée, obligée d’interpréter des titres qu’elle a en aversion, juste pour divertir un public.

    Le film est beau, c’est certain, mais j’ai l’impression que la majestuosité de la mise en scène s’est faite au détriment de l’histoire. Le film ne dure que 85min, alors pour raconter 10 ans de vie en si peu de temps, le réalisateur use et abuse des ellipses. C’est un choix, en accord avec cette volonté de subtilité, mais j’aurais aimé en voir plus. J’aurais aimé suivre Zula après le départ de Wiktor, voir les conditions de vie de Wiktor au camp et d’autres moments encore. C’est d’autant plus dommage que Joanna Kulig (Zula) et Tomasz Kot (Wiktor) sont vraiment excellents. Mais voilà, à force de sauts temporels, je n’ai pas réussi à m’attacher à l’histoire entre Zula et Wiktor, ni à ressentir une quelconque empathie envers eux.



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