Critiques du film: I Feel Good
    I Feel Good
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    I Feel Good
    le_Bison
    Le 12/02/2019
    161 critiques
    Une ode à Emmaüs et à ses compagnons. Dans un petit village Emmaüs, cela jardine, cela déménage, cela menuise… Des êtres qui se sont retrouvés à l’écart de la société et qui vivent, avec bonheur semble-t-il, avec simplicité sincèrement. Au milieu de ces fidèle, l’apôtre blonde platine, Yolande Moreau, qui prêche la bonne parole et les préceptes du vieux, l’abbé Pierre. Elle n’est pas la chef, même si elle semble en officier le titre, elle aide, elle partage, elle écoute. Elle est humaine, le guide suprême de ce camp.

    Un frère, Jean Dujardin, débarque après des années de silence. Sa venue la perturbe intérieurement, elle qui vit encore dans le souvenir de ses parents et dont les cendres voyagent dans la Simca 1100 familiale. Il a comme modèle Bill Gates et Bernard Tapis, il a l’obsession de l’argent sans travailler, du business qui pourra le rendre riche, immensément riche, et par la même occasion heureux. Le bonheur ne s’achète pas, mais s’acquiert juste avec de la richesse. D’ailleurs si à 50 ans tu n’as pas un peignoir et des mules, c’est que tu as raté ta vie.

    Doux rêveur, dangereux opportuniste ou simplement simple d’esprit. Un peu les trois en même temps, si je peux donner mon avis. Pourtant, je suis pris aussi de tendresse pour ce pauvre type qui ne rêve que d’une piscine avec une jeune femme en bikini à l’intérieure. C’est à e genre de détail que l’on considère avoir réussi sa vie, son pote d’enfance en est témoin. Et là, l’idée de génie. Monter sa boite « I Feel Good » et organiser un voyage d’excursion dans les pays d’Europe de l’Est pour faire des liftings low-cost, même le voyage sera low-cost, - maquereau ou vin blanc ?

    Les comédies françaises à venir, ou déjà passées, ne sont pas souvent ma tasse de thé, ou mon verre de vin blanc si je veux parler plus prolo. Je préfère donc retenir ce film - En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 5 février, éditeur Ad Vitam, comme un moment émouvant dans la lignée des précédentes réalisations du tandem Delépine-Kerven, à mes bons souvenirs du vieux Grosland. Un film donc tendre, à voir en attendant les meilleurs films de 2019, qui prête à sourire de son cynisme, de son ironie, de sa satire sociale. C’est dans l’ère du temps, et quel mal y-a-t-il à rendre beaux les laids… Où se situe la gauche de nos jours, dans cette entraide au sein de quelques laissés-aux-rebus de la société, dans ces pays aux souvenirs de communisme, dans le palais de Ceausescu ? ou simplement dans le cœur des petites gens, de Yolande et de ses compagnons de travail, de vie, fragiles. C’est aussi un hommage et un souvenir à l’abbé Pierre et à sa fondation.

    Site web:  https://memoiresdebison.blogspot.com/2019/02/un-peignoir-et-des-mules.html
    ffred
    Le 06/02/2019
    29 critiques
    Jusqu'ici j’ai plutôt aimé tous les films du duo Delépine/Kervern. Celui-ci commence mal. Jean Dujardin est assez insupportable dans les premières minutes. Yolande Moreau étant quant à elle parfaite, drôle et émouvante d'entrée, comme à son habitude. Mais petit à petit le charme commence à opérer et on s’attache au personnage et à tout ce qui petit monde. Peut être plus sérieux que d'ordinaire, le scénario des deux compères, tout autant drôle que loufoque et poétique, nous prend rapidement au cœur et nous fait toucher du doigt une réalité sociale connue (un peu à l'instar du récent Les invisibles) mais toujours pas très reluisante. Il nous permet aussi de découvrir l'incroyable village Emmaüs de Lescar Pau où le film a été entièrement tourné. Le documentaire dans les bonus du DVD est d'ailleurs un parfait complément et nous fait découvrir en détails tous les rouages de l'association et tout ce que ce village produit et apporte aussi bien aux gens qui y vivent et y travaillent qu'à la commune ou à la région. Voilà donc une comédie sociale, politique et militante, comme d'ailleurs tous les films de ses auteurs, qui nous fait rire et nous émeut tout en nous donnant un bon petit coup de pied au derrière.

    Site web:  http://lecinedefred2.over-blog.fr/2019/02/i-feel-good.html
    keira3
    Le 10/02/2019
    71 critiques
    Autant le dire tout de suite, je me suis régalée ! Quel bonheur que ce nouveau film de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Sans rage ni amertume, ils racontent une fable, une comédie sociale pleine de poésie et d’humour se déroulant dans un Emmaüs à Pau. A l’heure où notre société est de plus en plus individualiste et capitaliste, Delépine et Kervern nous offrent un récit humaniste qui prône la solidarité, l’entraide, le respect de l’autre et de soi. Et ça fait du bien. Quelle beauté dans ces portraits d’hommes et de femmes cabossés, marginaux, recyclant et réparant tout ce qu’ils trouvent de vieux, de cassés. Il y a de la poésie dans cette histoire, portée par le duo principal : Jean Dujardin, looser magnifique, qui trouve son meilleur rôle depuis longtemps et la grande Yolande Moreau. C’est extrêmement drôle, grinçant et très tendre. La dernière partie du film donne quelques longueurs à l’ensemble, mais c’est avec poésie et humour qu’elle clôture cette petite pépite, qui trouve sa place parmi les films les plus drôles de 2018 !

    Site web:  http://mygardenstate.fr/index.php/2019/02/i-feel-good/
    francoisrall
    Le 09/02/2019
    0 critique
    Le dernier film du duo Gustave Kervern et Benoît Delépine est gentil. Ce n’est pas méchant de le dire mais c’est étonnant de le constater. Avec ses bungalows et ses petites maisons, le centre Emmaüs dans lequel il se situe fait penser à un village d’enfants. Les couleurs y sont douces, le rythme est tranquille et aucune colère n’y couve. Le lieu est à l’image de Monique, sa gérante, dont Yolande Moreau livre une interprétation dépressive. Beaucoup de plans fixes illustrent une forme de statisme de l’endroit et des gens qui vivent du recyclage des produits de consommation. Sans doute faut-il y voir un reflet de la résignation qui englue les personnes qui y travaillent.

    Bêtise hors sol
    L’arrivée inattendue du frère de Monique, Jacques (Jean Dujardin), crée un léger big bang. Vêtu d’un peignoir, s’exprimant comme un cadre d’En marche, Jacques détonne par son enthousiasme pour le capitalisme et les vertus du développement personnel. L’intrus décide de se lancer dans une affaire de chirurgie esthétique low-cost en Bulgarie à destination des pauvres. En libéral convaincu, il croit qu’un pauvre devenu beau gagnera en confiance et donc en réussite. Sur le papier, l’idée est amusante mais fait-on de bons films avec de bonnes idées ? Dujardin prend le pouvoir et de scène en scène récite son catéchisme libéral ultra-con. Une allusion à « en marche » nous fait comprendre ce qui est visé : le pouvoir et ses discours managériaux. Au lieu d’adopter un style agressif et retors, les deux réalisateurs ont préféré une forme d’indifférence négligée, de moquerie en sourdine. La bêtise de Jacques est tellement hors sol, comme tous les discours libéraux sur les pauvres, qu’il n’est sans doute pas la peine de hurler. Il suffit de laisser Jacques et donc Dujardin en roue libre créer sa propre absurdité. Habillé de manière ridicule, l’acteur nous fait parfois rire, notamment quand il interpelle certains compagnons : « T’as un gros potentiel de séduction, hein ? Ça te dirait de sortir de ta chrysalide ? ». Son personnage est tellement déconnecté qu’on ne peut le détester, plutôt hausser les épaules. Mais le film est à l’image de son anti-héros, hésitant et toujours en attente de la prochaine bonne idée. Le rythme en pâtit et on se demande ce qu’il en restera.

    Manque de mordant
    Il a su se tailler une place parmi tous les films de 2018, sans doute par son ton original, plein de bonnes intentions. On ne peut que souscrire à l’admiration qu’il exprime envers l’Abbé Pierre. On ne peut que saluer la bienveillance envers les gens modestes. Mais tout ceci manque de mordant. Les possibilités collectives d’une lutte des classes n’étant pas réunies, on pouvait au moins imaginer un conflit entre le frère et la sœur. Les deux ne semblent pas évoluer dans le même monde et la complicité entre Yolande Moreau et Jean Dujardin n’apparaît pas. L’actrice joue un personnage hagard que le scénario développe peu. Les membres d’Emmaüs sont eux-mêmes très peu caractérisés. I feel good donne l’impression d’une bonne idée qui s’épuise un peu vite. Ce film est trop superficiel dans l’écriture de ses personnages.

    L’héritage télévisuel des deux réalisateurs produit quelques situations absurdes et répliques cinglantes. Mais l’ambiance est plutôt à l’anesthésie collective. A desseins, le ton semble contaminé par l’époque : on se moque mais on accepte les choses. A l’image de ce monument construit à la gloire du communisme, l’utopie est en ruine. On ne peut s’empêcher d’être déçu. On ne doute pas que les convictions du duo les portent plutôt à gauche mais I feel good fait pâle figure à côté du Merci patron ! de François Ruffin. Ce dernier est sans doute moins poétique que leur film mais nettement plus allègre et révolté. Kervern et Delépine peuvent enterrer le communisme s’ils le souhaitent, c’est ce que la séquence bulgare laisse entendre, mais un peu moins de résignation et plus d’esprit de rébellion auraient fait du bien. On retient néanmoins un ton burlesque façon dessin animé un peu triste.


    Site web:  http://cineclubambulant.hautetfort.com/archive/2019/02/08/i-feel-good-kervern-delepine-6127329.html
    LaKinopitheque
    Le 14/02/2019
    70 critiques
    Frère Jacques, frère Jacques, rêvez-vous... Jacques (Jean Dujardin) qui est arrivé un beau matin en peignoir et sandales a installé sa start-up, comme un stand à la fête de l’Huma, dans la cour d’une communauté Emmaüs. Sa sœur Monique (Yolande Moreau), qui dirige la communauté, l’a accueilli pour lui rendre service, parce qu’avec toute sa gentillesse et toute sa simplicité elle est aussi un peu bonne poire avec son frère. Jacques a soit-disant besoin d’un autre environnement et d’un peu de temps pour trouver une idée simple, un truc nouveau et tout con, qui le transforme instantanément en milliardaire. Et justement, après s’être non-violemment essayé à tel ou tel atelier, entre le bilan de sa vie exposée et une pause café, il finit par se convaincre d’une idée : proposer un programme pour retrouver confiance en soi, à base de coaching, de tourisme culturel et de chirurgie esthétique low cost en Bulgarie (via la Roumanie, d’où le tourisme culturel). Le business plan lui paraît sans faille, d’autant qu’Emmaüs lui procure des clients exploitables à merci : sa propre frangine ainsi que ses compagnons à qui il promet monts et merveilles.

    Une telle opposition entre le carnassier capitaliste et les fragiles d’en-dessous nous fait penser d’abord au film de C. Klapisch, Ma part du gâteau (2011). Cependant, les maladresses d’écriture ne sont pas les mêmes, ni les convictions très comparables...

    Site web:  http://www.kinopitheque.net/i-feel-good/
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