Critiques du film: Coincoin et les Z'inhumains (Série)
    Coincoin et les Z'inhumains (Série)
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    Coincoin et les Z'inhumains (Série)
    Nio_Lynes
    Le 08/11/2018
    289 critiques
    Ayant beaucoup apprécié Ptit Quinquin, j'étais plus que chaud pour cette suite toute aussi ovniesque et n'ayant pas la télé (oui, oui), le DVD d'Arte Editions en collaboration avec Blaq Out tombait à point nommé. Et en guise d'introduction un brin cliché, je ne surprendrais personne en écrivant comme ça que pour moi, Ptit Quinquin était pile poil dans les meilleures séries françaises. Une série Ovniesque, certes, mais une série quand même et c'était justement son parfum d'absurde complètement nawak qui lui permettait de débouler avec une bonne longueur d'avance devant une bonne partie de la production de chez nous, fusse t-elle d'ailleurs d'un assez bon niveau régulièrement (coucou les séries Canal).


    CoinCoin se déroule quelques années après la "première saison" (je ne sais pas si on peut dire ça comme ça car comme on va le voir après c'est deux choses très différentes en l'état) et colle bien plus à son actualité que ne pouvait le faire Quinquin. Ici pour le coup, Dumont ose parler des migrants, de l'homosexualité, de la transsexualité, de la montée du FN, des curés pédophiles (j'ai hurlé de rire à ce moment tellement c'est énorme). On rit beaucoup à nouveau, souvent jaune d'ailleurs comme dans la "première saison" même si ici pour le coup, un sentiment d'inachevé se fait plus persistant et frustrant.

    Il faut dire que plusieurs facteurs entravent un peu plus cette nouvelle livraison sérialesque de Dumont qu'auparavant. D'abord l'effet de surprise est parti et l'on ne contemple plus trop les superbes paysages du Nord. Surtout, Dumont s'attarde parfois trop dans la fixité des plans au profit d'un malaise parfois bienvenu mais qui, pour des questions de rythme, gênent un peu le visionnage et provoquent d'un épisode à un autre une sensation de longueurs. On se surprend à espérer des épisodes un peu plus courts de 10mn qui tiendraient tout aussi bien au final. Le réalisateur surjoue aussi cette fois un peu trop sur le procédé comique de répétition, à l'image de cette invasion de doubles qui stupéfie, fait exploser le rire dans le non-sens (quand les doubles se croisent dans une maison sans jamais se remarquer un instant), quitte à proposer une certaine beauté irréelle (le climat désenchanté qui ferme le second épisode), mais qui au final, n'ira pas très loin. Le chaos ? L'armaguedon ? L'apocalypse ? Oui, mais jamais exploité à fond. Quand on est un fan de science-fiction comme moi, c'est parfois assez rageant.

    On ne niera pas cependant un certain plaisir pris à observer les déambulations totalement à l'ouest de notre duo policier, aussi dignes qu'un Holmes et Watson de l'autre côté de l'Atlantique ou plus clairement d'un Bougret et Charolles (issus de l'univers de Gotlib) dans nos belles provinces françaises. Et si ici "les vécés ne sont pas fermés de l'intérieur" c'est pour mieux nous épater à chacune de leurs apparitions. Van Der Veyden semble encore toujours plus dans un état second (avec bruitages et borborygmes dignes d'un Rick de Rick & Morty) et Carpentier toujours aussi existentialiste dans son coin. Ce sont clairement eux les pivots principaux de cette suite complètement barrée même si elle en fait parfois trop.

    Au final une série honorable qui, si elle se situe un peu en dessous de son aînée, s'avère suffisamment dépaysante pour être vue et appréciée. Ce n'est certes pas dans ce que le cinéma nous a offert en 2018 (je crois que Quinquin avait bénéficié d'une sortie salles pour le coup), Coincoin ici étant plus passé par la case VOD, un passage rapide à l'Etrange Festival sur Paris et une diffusion sur Arte en septembre, on ne boudera pas pour autant son plaisir de nouveau à être embarqué dans ces hauts de France jamais loin de nous-mêmes, Dumont comme à son habitude ne jugeant pas les personnages, les livrant comme ça sans recul à la caméra. Cela pourra en froisser certains, d'autres rentreront d'emblée dedans mais on ne pourra pas nier la singularité de sa démarche.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2018/11/08/36850796.html
    LaKinopitheque
    Le 26/10/2018
    77 critiques
    Les silhouettes colorées et les grosses têtes de Carnaval les observent depuis le bas côté comme des extraterrestres. Devant ce qu’elles voient, ces figures archaïques pourtant habituées aux transgressions festives et aux réjouissances outre-mesure restent les bras ballants, complètement médusées. Faut dire que le spectacle a de quoi déconcerter. D’ailleurs, le commandant Roger Van der Weyden est bien obligé d’en faire le constat auprès de son acolyte : « C’est l’Apocalypse Carpentier ». Autrement dit, le grand n’importe quoi, le chamboule-tout qui déborde son stand, l’ultime démarque… L’annonce définitive de la fin du monde.

    Sur la Côte d’Opale, plus précisément entre Ambleteuse et le Cap Gris-Nez, à l’embouchure de la Slack, après les meurtres en série du temps où le mioche Quinquin était encore Quinquin, c’est à nouveau le trop plein qui met tout en péril, gendarmerie comprise. Le déséquilibre est majeur dans ce coin du Nord. Rien ni personne ne va plus droit. Le brave Carpentier (Philippe Jore) ne peut s’empêcher de faire basculer sa voiture sur deux roues quitte à la mettre sur le toit, tandis que le commandant (Bernard Pruvost), qui accouche au passage d’un clone aussi clownesque que lui, part en roue libre. On a l’impression que ça n’avance pas et pourtant.

    Suite à lire sur La Kinopithèque

    Site web:  http://www.kinopitheque.net/coincoin-et-les-zinhumains/
    nathvaaucinema
    Le 27/10/2018
    0 critique
    Attention ovni ! Certains ont peut-être vu la mini-série Le p'tit Quinquin en 2014 sur Arte, Bruno Dumont revient cette année avec une deuxième saison dans laquelle Quinquin a grandi et se fait maintenant appeler Coincoin. Durant un bel été, une mystérieuse substance tombe du ciel et inquiète la gendarmerie sur son origine. Serait-ce une invasion extraterrestre ? Les officiers Van der Weyden et Carpentier mènent l'enquête.

    Je n'ai pas vu la première saison et je découvre ici les personnages créés par Bruno Dumont avec beaucoup de curiosité et d'amusement. L'histoire de Coincoin semble se situer dans un univers parallèle. Le parti pris est l'absurde, à la limite du surréalisme. Le premier degré est malvenu, il faut accepter l'incompréhension et la bêtise des personnages pour entrer dans l'histoire. Pour cela je n'ai eu aucun problème et j'ai même pris plaisir à ce visionnage bien perché. J'ai rarement autant ri devant une production télévisée.

    L'humour vient par l'absurde, les dialogues surréalistes et le comique de situation et de répétition. Les personnages sont assez loufoques pour faire rire, en les confrontant à une situation incontrôlable, cette histoire devient rapidement burlesque où tout est permis. Van der Weyden (Bernard Pruvost) et Carpentier (Philippe Jore) incarnent la série à eux seul. Leur duo rappelle celui de Laurel et Hardy. Van der Weyden parle beaucoup pour finir par dire des phrases sans queue ni tête, Carpentier essaie parfois de le reprendre, quand il n'est pas abasourdi par ce qu'il vient d'entendre, mais s'enfonce dans la calamité de ses explications. Le premier est aussi plein de tics qui peuvent un peu fatiguer sur la longueur, pourtant si caractéristiques du personnages. Le second voue une passion pour les cascades en voiture semble t-il. Il sillonne les petites routes de la Côte d'Opale sur deux roues, à leur risque et péril.

    Alors Coincoin (Alane Delhaye) dans tout ça ? Il est devenu ado, matte les filles, milite au Bloc, parti politique qui n'aime pas trop les étrangers, avec son copain L'Gros (Julien Bodard). Ils traînent entre la campagne et le camping municipal, tout aussi surpris et dégoûtés par ces flaques noires qui tombent du ciel. En plus, certains habitants commencent à devenir étranges, et même se dédoublent. Là où tout être sensé aurait donné l'alerte qui entraîneraient une réaction en chaîne avec l'armée bouclant le territoire telle une zone dangereuse face à l'inconnu, chez Coincoin la vie continue. Les migrants sont dans leur camp de fortune, le politicien fait ses meetings, le prêtre s'occupe de son église, le procureur fait son jogging, les vacanciers prennent le soleil à la plage, les gendarmes mettent en garde les jeunes filles qui marchent le long des routes. La police scientifique enquête, et la seule chose qui semble sûre, c'est que cette substance noire n'est pas humaine, elle est Z'hinumaine même.

    Quand on décrit le tableau, ce n'est tout de même pas très glorieux tellement tous les personnages sont des bras cassés. Sans se moquer d'eux, on rit de l'absurdité dans laquelle ils évoluent. Une fois habitué à leur accent ch'ti qui sonne plus authentique que les grosses comédies à la Bienvenue chez les Ch'tis et autres Tuches, on admire ces acteurs amateurs qui semblent prendre un malin plaisir à évoluer dans cette histoire. Quelque chose de Les Deschiens se dégagent de leur jeu un peu maladroit. En bonus du DVD, Bruno Dumont explique lors d'un entretien assez complet qu'il a utilisé des oreillettes pour diriger ses acteurs et maîtriser leurs moindres gestes. Les équipements oculaires sont visibles à l'écran sans déranger, et on a en effet l'impression que les acteurs sont des marionnettes vivantes.

    Derrière cette farce à la sauce SF, des sujets sérieux restent sous jacents. Quand les gens se méfient de ces groupes de migrants venant tout droit d'Afrique errant dans le coin, ce sont des flaques noires encore plus étrangères qui font autant peur. Alors on joue sur les mots, la peur du noir, la peur de ce qui est étranger. Et puis ces gens dont les extraterrestres ont créé un double, pour encore plus de trouble, face à cette silhouette familière qui devient tout à coup étrangère et qui provoque le doute et la méfiance. Bien des questions philosophiques se soulèvent en regardant Coincoin et les Z'hinumains, certainement bien ficelées par Bruno Dumont lui-même à l'écriture de son scénario, puisant dans ses connaissances d'ancien professeur de philosophie.

    Bruno Dumont au cinéma, c'est aussi Ma Loute, sorti en 2016, qui a enchanté son public. Le réalisateur prend en tout cas plaisir à installer son cadre dans ce Nord qu'il affectionne. L'image est vraiment belle, les compositions bien équilibrées, l'action parfois un peu lente et répétitive sur ces quatre épisodes, mais si on est réceptif à cet humour particulier les 4 x 52 minutes se dévoreront facilement. J'aurais beaucoup ri et je n'ai même pas envie de bouder cette fin théâtrale qui tombe tout aussi mystérieusement que la substance noire. On comprendra ce qu'on voudra, car il semble qu'on nous amène plutôt à réfléchir à tout ça plutôt qu'à nous l'expliquer.

    Site web:  http://nathvaaucinema.canalblog.com/archives/2018/10/27/36818719.html
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