Critiques du film: Sous les jupes des filles
    Sous les jupes des filles
    Ajouter une critique au film
    Sous les jupes des filles
    tinalakiller
    Le 05/08/2015
    0 critique
    Pour son premier long-métrage, Audrey Dana, actrice que j’apprécie même si je ne l’ai pas vu dans beaucoup de films, décide de suivre cette nouvelle vague un poil agaçante mi-girly mi-trash qui semble s’installer en France depuis quelques mois, s’inspirant elle-même de la mode américaine. Dana a voulu savoir ce qu’était la femme du XXIe siècle : pour répondre à cette question, la réalisatrice débutante est allée interroger pendant deux mois des femmes afin de nourrir son scénario. Les intentions de Dana sont tout à fait honorables. Je pensais qu’on aurait droit à du mauvais féminisme (je n’ai rien contre le féminisme – je crois que je suis même un peu féministe – mais je n’approuve pas le comportement de certaines femmes au nom d’un droit) mais Audrey Dana n’a pas la prétention de signer un film féministe. Elle a simplement eu envie de mettre la femme à l’honneur. Hélas, comme je le sentais un peu en regardant la bande-annonce, Dana n’évite pas certains clichés, ceci est d’autant plus énervant venant d’une femme derrière la caméra. En tant que femme (enfin, plutôt jeune fille, pas trop envie de me vieillir), je peux vous assurer que le femme est un être bien plus complexe que les personnages présentés dans le film (nous ne sommes pas toutes des nymphomanes hystériques, okaaaaaay). Je pense que ce problème est sûrement dû à cause du grand nombre de personnages présentés – 11 femmes pour être précise.
    Puis, pour pouvoir attirer un public friand du trash – j’imagine les fans d’Apatow – Dana n’évite pas certaines vulgarités (et je me demande comment une femme peut se foutre un tampon dans son lit sans se dégueulasser mais passons sur ce détail très intime et un poil dégueu) même si le film n’est pas autant vulgaire que je l’imaginais et heureusement d’ailleurs. Certaines histoires sont injustement sacrifiées comme celles de Sylvie Testud face à la maladie ou d’Alice Taglioni en Don Juan au féminin – cette dernière n’existe que par le personnage interprété par Nakache. Je n’ai pas également plus aimé que ça la partie avec Julie Ferrier. Certes, l’actrice est drôle dans ce rôle de timbrée et le gag avec l’acteur américain qui serait gay fonctionne bien mais je me demande bien ce qu’a voulu nous dire Dana (la femme aime baiser avec n’importe qui et n’importe où ? ok, on le savait). Je suis persuadée qu’on aurait pu enlever quelques personnages pour pouvoir donner plus de consistance à d’autres personnages. Cependant Sous les jupes des filles reste un film plaisant, divertissant et énergique, permettant ainsi de gommer pas mal de défauts. Même si certaines histoires sont survolées, elles restent intéressantes. Ma partie préférée est celle avec Nakache (assez épatante) en mère de famille fatiguée et délaissée par son mari, qui va avoir des relations homosexuelles pour pouvoir mieux se retrouver.
    J’ai également bien aimé la partie avec Vanessa Paradis (parfaite en working seule connasse qui se retrouve sans mari ni amis) qui va devenir amie avec Alice Belaidi (elle apporte un peu de douceur face à toutes ces femmes un peu trop agitées), une jeune femme timide se trouvant dans une situation familiale critique. Laetitia Casta est également très drôle en avocate timide qui se retrouve avec des problèmes gastriques particulièrement gênants dès qu’elle angoisse. Audrey Fleurot est également très juste en femme heureuse en ménage mais ne parvient pas à jouir au pieu : c’est un personnage qui est confronté à une certaine pression sociale. Adjani est également très convaincante en mère hystériques qui n’accepte pas que sa fille puisse avoir une sexualité. Enfin, il y a la partie avec Marina Hands en épouse trompée (au début cruche puis va totalement se lâcher) et Audrey Dana en maîtresse obsédée sexuelle. Certes, les deux actrices sont parfois un peu trop excessives mais je dois pourtant avouer que certaines scènes avec elles m’ont fait rire (rien que les scènes avec Dana sur le canapé en petite tenue ou Hands qui lui explique à quel point une séance d’épilation peut devenir humiliante sont très drôles). Peut-être aussi que cette partie fonctionne grâce à Alex Lutz hilarant en époux infidèle qui se comporte comme un petit garçon dès qu’une femme le jette. Audrey Dana a le mérite d’avoir réuni un casting (qui me faisait peur sur le papier) assez cohérent, équilibré et convaincant. Même si la manière de croiser les personnages est également parfois maladroite, Dana réussit également sa scène finale (le flash mob au Trocadéro) certes un peu too much mais elle reste efficace.

    Site web:  https://tinalakiller.wordpress.com/2014/12/20/sous-les-jupes-des-filles/
    En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour améliorer le fonctionnement du site, vous proposer des publicités ciblées adaptées à vos centres d'intérêt et réaliser des statistiques de visites