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    le_Bison
    Le 10/05/2015
    162 critiques
    Comment une campagne publicitaire a renversé une dictature.

    Tout le monde sait comment le général Augusto Pinochet a pris le pouvoir au Chili – un dictateur parvenant rarement à se faire élire par voie démocratique. Cependant comment le pays a-t-il réussi à s’en débarrasser ?

    Pablo Larraín, réalisateur chilien à qui l’on doit deux autres films sur la dictature chilienne – Tony Manero (2007) et Santiago 73, Post-Mortem (2010) – revient sur cet épisode de l’histoire où une campagne publicitaire vint à bout du dictateur.

    En 2008, le « président » Pinochet veut légitimer son pouvoir par les urnes. Procédure démocratique d’un référendum où le peuple chilien pourra, en toute « liberté », choisir si El General restera au pouvoir de son état : YES ou NO !

    A cette occasion, l’état magnanime accorde 15 minutes par jour – au milieu de la nuit – à la télévision chilienne pour l’opposition, sachant que l’état se garde le reste de la journée pour leur propre propagande. 15 minutes, c’est court, mais cela peut paraître également long tant il y aurait des choses à dire.

    Ainsi, l’opposition fit appel aux services d’un jeune publicitaire, novateur dans son domaine, pour diriger cette campagne. Deux choix éditoriaux s’opposent : 1. Montrer les exactions du pouvoir en place, massacres, exils, disparitions, corruptions… 2. Montrer que le Chili est un formidable pays et que la joie y demeure. L’une est réaliste, l’autre est idéaliste. Ce sera la deuxième solution qui sera adoptée. Le but est surtout de faire prendre conscience aux chiliens abstentionnistes qu’ils vivent dans un bien beau pays et qu’ils leur reviennent le droit aussi de gambader dans la campagne, de boire du coca, d’être jeune et de danser et surtout de dire NO ! On n’oublie pas les morts ou les disparus, mais il ne faut pas donner la sensation que les chiliens vivent dans un pays de peur et de terreur, car nul doute que si c’était le cas, ils ne se déplaceraient pas jusqu’aux urnes de peur des conséquences. Alors, oui, il faut donner une image plus glamour du pays.

    Tout comme la lecture, le cinéma possède plusieurs facettes. Du pur divertissement à la découverte et la connaissance. Ce film s’inscrit dans cette dernière catégorie. Les images tournées comme dans les années 80 mélangent fiction et archives. Le format 4/3 de l’époque, les couleurs légèrement dépassées et jaunies, le soleil en plein dans le viseur ; le film lui n’affiche pas le côté glamour du discours mais gagne en réalisme. Je me crois de nouveau en 1988, regardant le journal télévisé présenté par Jean-Claude Bourret. Mais d’un autre côté, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir perdu mon temps, car j’ai partagé un petit moment d’Histoire, celle d’un pays, le Chili, et d’un peuple qui a dit non à un dictateur.

    Et en plus, il y a Gael Garcia Bernal !

    Site web:  http://leranchsansnom.free.fr/?p=4811
    Yuko
    Le 05/04/2013
    268 critiques
    Tour à tour ironique, créatif et original, No évoque le pouvoir des images et l'impact du collectif sur le politique. Un thème original porté par un comédien de talent qui habite d'une belle ambiguïté son personnage. Un scénario habile et intelligemment construit qui mène une réflexion sur la démocratie terriblement actuelle. Néanmoins, à l'heure des révolutions numériques, le film perd un peu la pertinence de son propos et s'avère peut-être dépassé dans son traitement...

    Site web:  http://art-enciel.over-blog.com/article-no-de-pablo-larrain-116826816.html
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