Critiques du film: Gatsby le magnifique
    Gatsby le magnifique
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    Gatsby le magnifique
    summerday
    Le 10/06/2013
    164 critiques
    Peut-être avez-vous aimé le film De Baz Luhrmman? Pour ma part j'ai l'impression qu'on nous a envahi de publicité autour de ce film, que les gens se sont rués dans les salles à sa sortie et que le soufflé est immédiatemment retombé.
    Gatsby, dans la vision de Baz Lurhmann est une énorme meringue, une pâtisserie dégoulinante de kitsch, sirupeuse jusqu'au dégoût, et risible. Je n'y ai pas trouvé grand chose de l'esprit de Fitzgerald (pas beaucoup d'esprit tout court). On est dans une longue publicité pour la télévision, avec des maladresses affligeantes. Je n'ai aimé ni la photographie du film, ni le traitement de l'histoire. Pour moi tout est dit dans la courte séquence où le spectateur découvre le fameux Gatsby. Nick, le narrateur, est étonné d'être le seul à avoir reçu une invitation pour l'une des fameuses fêtes de son voisin Gatsby. Ne l'ayant jamais vu il cherche à le rencontrer pendant la folle soirée. Alors qu'il s'adresse à un serveur dont le spectateur ne voit pas le visage, la fête bat son plein et trouve son apogée avec un feu d'artifices. Alors soudain, le serveur apparaît à l'écran, sur fond de feu d'artifice qui éclate dans les cieux, pour annoncer à un Nick incrédule "I'm Gatsby". Ambiance pub l'Oréal ou Chanel, ne manque plus qu'un petit mouvement d'épaule et un laché de cheveux longs pour Leonardo Dicaprio. C'est ridicule, outrancier, vulgaire. Rien n'est réussi en dehors de la bande-son et des costumes. Ce film est une sorte d'extension pour sa publicité pour le parfum Chanel qu'il avait tourné avec Nicole Kidman. Il nous vend Fitzgerald comme un produit commercial quelconque.
    Cela m'a rappelé les shootings photos qu'on trouve dans les magazines tels que Vogue ou Vanity Fair. Luxueux, glamours, riches d'évocations. C'est comme si les pages d'un magazine s'étaient animées, sans qu'un réalisateur prenne part à l'affaire. Tous les moments importants sont râtés, tombent à côté. Que ce soit le fameux "Gatsby who?" de Daisy lorsqu'elle entend le nom de son ancien amant, ou bien la scène de leurs retrouvailles. Cela sonne faux. Le pauvre Leonardo DiCaprio semble un peu vain dans ce rôle et ce film qu'il domine et engloutit. En dehors de sa prestation il n'y a pas grand chose à voir. Des décors pas vraiment beaux, qui affichent leur aspect factice, de la caricature partout, de l'hystérie. Lorsque le cinéaste essaie de montrer le vulgaire de Myrtle et des gens avec qui Tom s'acoquine on est carrèment chez Guignol. Au fur et à mesure je ne cessais de me dire que les monteurs du film avaient du s'arracher les cheveux en voyant les séquences.

    Bizarrement je ne me suis pas ennuyée. Mais je ne suis pas sûre que ce soit grâce à la réalisation car vu comment les autres spectateurs gigotaient derrière moi je crois qu'ils ont ressenti pas mal de longueurs. Connaissant le roman original j'étais surtout impatiente de voir comment certaines séquences importantes allaient être montrées. Cela m'a tenu en haleine jusqu'à la fin.
    Je ne sais pas pourquoi le cinéaste a choisi d'adapter ce classique de Fitzgerald? L'adaptation d'une oeuvre littéraire doit avoir un objectif au-delà d'une simple mise en images d'une histoire. Sur ce projet je n'ai pas l'impression que le cinéaste avait des idées personnelles à injecter, si ce n'est celle de moderniser le récit avec sa bande-son. Et même cette idée me laisse dans le doute. Car le message de Fizgerald est déjà suffisamment fort et intemporel, il n'a pas besoin de s'embarasser de tout cela. Et même si l'idée de Lurhmann était juste d'adapter pour le goût du récit, c'est raté. Il y a des adaptations fidèles à leur roman original, qui ne se démarquent pas, mais ont une puissance car le spectateur sent que le réalisateur a compris le livre et qu'il a su retransmettre son essence à l'écran. Ici rien de tout ça. Seul le comédien principal semble avoir compris qui était Gatsby. Dommage. Ce qui m'énerve le plus c'est que le cinéaste a tenté de combler les trous du roman de Fizgerald, pour finir par ôter au récit tout son mystère, et empêcher le spectateur de souffler et surtout de s'interroger. Le réalisateur ne nous laisse pas une seconde nous demander qui est ce Gatsby, il se dépêche d'y répondre, jusqu'à nous faire suffoquer, après l'indigestion.

    bobmorane75
    Le 02/06/2013
    245 critiques
    Hallucinant ! Qu’est-ce qui a pris à Baz Luhrmann de saloper une telle histoire ? Où sont les subtilités, les sensibilités et le romantisme ? Bien sûr, faire un remake après celui de Jack Clayton était un pari difficile à tenir, et pas utile d’en refaire la même chose. Mille possibilités s’offraient à lui pour nous offrir un autre spectacle et d’autres émotions. Il eut pu situer l’histoire en d’autres lieux, autre époque, d’autres… Là, tout est en excès en toutes choses avec l’essence même disparue. Les paillettes à profusion, partouzes, mélange de musique de toutes époques, même du rap, et ce à des rythmes qui vont à contrario de la trame. L’arrogance et le mépris, le culot mafieux de Gatsby contrastent avec les transes amoureuses qui le portent à tout faire pour reconquérir le cœur d’une futile idiote. Que toutes les personnalités soient changées, interverties, exagérées ne me gène pas, si encore cela avait rendu une histoire passionnante et émouvante. Je me suis copieusement ennuyé, trépignant de voir la fin me libérer de mon strapontin.
    De fait, Leonardo DiCaprio (Django unchained) est beau et brillant, mais les subtilités romantiques remplacées par la caricature du butor rendent malaisées l’attachement à son personnage. Je ne comprends pas bien Tobey Maguire (Brothers) qui se paie le luxe d’être mauvais et ridicule. Carey Mulligan (Drive) est une excellente actrice dans certains rôles. Elle ne l’est pas dans d’autres plus complexes comme dans Marylin. Là, elle est ridicule. Adelaide Clemens est jolie, Isla Fisher (Bachelorette) inexistante, alors qu’Elizabeth Debicki restera pour moi la plus marquante du film, par son charme et son jeu tout en réelle subtilité. Joel Edgerton (Animal kingdom) et Jason Clarke (Des hommes sans loi) sont noyés dans la masse…

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