Critiques du film: Bellflower
    Bellflower
    Ajouter une critique au film
    Bellflower
    LaKinopitheque
    Le 30/09/2012
    78 critiques
    La rencontre d'un gars cool, souvent imbibé et plutôt paumé, et d'une fille un peu allumée est à l'origine d'une éruption de violence à propos de laquelle Evan Glodell nous avertit par une série de plans très brefs dès l'ouverture. Pourtant, contrairement à Drive (Refn, 2011) ou True romance (Scott, 1993), dont on peut le rapprocher, leur amour n'est pas mis à mal par un tiers (mafieux ou maîtres chanteurs), ici c'est la fille qui refuse de s'engager et qui, passé un certain temps, préfère aller voir ailleurs. Woodrow (Glodell) avait été prévenu, Milly (Jessie Wiseman) a pour habitude de blesser ses ex. Il lui rendra la pareille et plus encore.

    Woodrow et Aiden, son acolyte bricoleur (Tyler Dawson), ont vu cent fois Mad Max (Georges Miller, 1979). Leur lubie est de se préparer à l'apocalypse en se dotant d'un véhicule monstrueux baptisé « Medusa » et capable d'impressionner le jour où ils auront à traverser le désert. Ils se fabriquent également un lance-flammes, à tant qu'à faire. Au bout du parcours, les flammes ne brûleront que les affaires de Milly sur la pelouse de sa propriété. L'apocalypse ne sera déclenchée que dans un quartier résidentiel, sur Bellflower avenue en Californie.

    Plusieurs incohérences...

    La suite à lire sur La Kinopithèque :
    http://www.kinopitheque.net/bellflower/

    Site web:  http://www.kinopitheque.net/bellflower/
    fabe
    Le 02/10/2012
    52 critiques
    Réalisé par Evan Glodell qui multiplie les casquettes (acteur, scénariste, moteur, producteur) pour son premier long métrage, Bellflower a fait sensation au Festival de Sundance 2011.

    Le sujet de l’apocalypse court pendant tout le film : deux amis fans de Mad Max construisent un lance-flamme et retapent une voiture, une muscle car en l’occurence une Buick Skylark de 1972 pour être prêts à affronter un monde hostile et dangereux, par opposition à leur univers de geeks désoeuvrés et glandeurs où l’alcool et la défonce anesthésient. Cette obsession, se préparer pour un futur apocalyptique, va de pair, le film se déroulant, avec le cataclysme qui éclate dans la tête du personnage principal joué par Evan Glodell : une rupture sentimentale donne lieu à une déchéance physique (corps progressivement meurtri) et une psyché perturbée qui va conduire à un brutal déferlement de violence dans le dernier tiers.

    L’étude comportementale menée par le réalisateur est juste, les deux personnages envisagés au départ comme des glandeurs superficiels deviennent attachants, plus profonds et sensibles que prévus, leur sens de l'amitié étant un atout pour faire face à un avenir incertain. Si le film peine à décoller, à l’image des personnages qui passent leurs journées à ne rien faire d’essentiel et de sérieux, l’engagement touchant de notre anti-héros dans une histoire d’amour et la déchirure liée à sa sortie brutale sonnent juste; cette authenticité dans les relations humaines est à mettre au crédit du film. Une rupture sentimentale fait glisser le récit vers la violence psychologique et physique. Le rythme s’emballe, le film palpite nerveusement (chronologie temporairement perturbée, comportement suicidaire, jusqu’au-boutiste du personnage principal à la tension nerveuse exacerbée) jusqu’à la sensation d’incandescence des derniers plans, un point de non retour est alors atteint.

    Si le postulat de départ est mince et les enjeux narratifs limités, comment faire face à une déception sentimentale et survivre à une passion amoureuse destructrice, d’où quelques baisses de rythme, la réalisation est habile à traduire le glissement d’un quotidien insouciant marqué par l’oisiveté et la frivolité à la folie rampante. Pour un long métrage au budget ridicule (17000$) le travail sur l’image et le son s’avère remarquable et l’expérience sensorielle pour le spectateur assurée. Ce portrait sombre d’une jeunesse oisive, sentimentalement déconnectée (famille absente, relations amoureuses jetables) s’accompagne d’une image sale, de couleurs altérées, à l’image des cœurs, des sentiments, brisés, contaminés.

    Derrière la réalisation maniériste (ralentis, couleurs bidouillées, séquence onirique dantesque) la mélancolie affleure et le point de vue sur une jeunesse immature et désabusée se révèle intéressant, relayé par une bonne interprétation, Glodell en tête. Le jeune réalisateur de Bellflower a assurément du talent à revendre, à suivre donc pour un nouveau projet dont on espère l’histoire plus solide que celle de ce premier film néanmoins assez marquant pour un tel budget.


    Site web:  http://boulevardducinema.blogspot.fr/
    macgarner
    Le 08/10/2012
    32 critiques
    En compétition officielle au Festival de Sundance, Bellflower fait partie de ces petits ovnis du cinéma indépendant américain. L’histoire suit la descente aux enfers de deux amis persuadés que l’apocalypse est proche. Les deux hommes s’arment en connaissance de cause : un lance-flammes d’abord, puis une voiture typée Mad Max qu’ils nommeront « Medusa ». Cette Buick Skylark 1972 deviendra peut-être une référence dans le culte du cinéma américain mais la faible portée médiatique du film l’empêche de le devenir tout de suite. Dommage car Bellflower, aussi romantique qu’anarchique, est une réussite pour un premier film d’un auteur en devenir (Evan Glodell a écrit, réalisé, interprété, produit et monté lui-même son film). Parfois maladroit, jamais ennuyeux, Bellflower est empli de bonnes idées mais ne ravira que les aficionados du genre.

    Site web:  http://golden-idol.com/2012/10/02/test-dvd-bellflower/
    Yuko
    Le 23/10/2012
    268 critiques
    Bellflower fait partie de ces films expérimentaux, réalisés avec un budget réduit, qui séduit par son approche stylisée du son et ses effets de grains ostensiblement accrochés à l'image. Un film où les principaux protagonistes du film deviennent les acteurs de leur propre fin du monde, le témoignage d'une jeunesse en perdition privée de repères constructifs et livrée à elle-même face à l’incompréhension du monde.
    Bellflower témoigne ainsi d'une montée en violence des sentiments et des actes des protagonistes, confrontés à une réalité qui ne leur convient pas, entrant ainsi, à travers leur violence et leur négation du monde, de plain-pied dans le monde adulte. Si l'histoire semble très longue à se mettre en place, l'explosion du désir de toute-puissance des deux protagonistes atteint son apogée dans une ultime demi-heure plus convaincante. Un véritable ovni cinématographique, étonnant par sa construction autant que déstabilisant par son message post-apocalyptique qui ne parvient cependant pas à renouveler le sujet bien trop éculé au cinéma du passage à l'âge adulte, de l'abandon et de la douleur de la trahison. Le film, instable et explosif, déçoit ainsi par une surcharge d'effets qui ne parvient pas à apporter au thème un regard plus mesuré et à charger le sujet d'une empathie salvatrice.

    Site web:  http://art-enciel.over-blog.com/article-bellflower-de-evan-glodell-111578036.html
    Thibaut
    Le 29/03/2012
    141 critiques
    Le cinéma indépendant américain est plein de surprises. Quand elles ne sont pas toujours bonnes (le trop calibré Made In Sundance), elles peuvent s’avérer parfois franchement excitantes. Bellflower fait partie de cette dernière catégorie. Le postulat scénaristique de départ est simple. Deux amis essaient de construire une voiture futuriste et inquiétante, la Medusa. L’un d’eux va pourtant nouer une relation amoureuse qui va déclencher toutes une série de conséquences. Derrière ce récit, le métrage va surtout pousser une logique d’apocalypse jusque dans ses derniers retranchements. Elle innerve, en effet, le film sous des conjugaisons diverses donnant un cachet radical au projet.

    Apocalypse formelle. Dès les premières images, un terrain inconnu s’ouvre au spectateur pour son plus grand bonheur. Il sait que le film sera un spectacle iconoclaste, original et post-moderne. Les remerciements pour une telle démarche sont de circonstance tant l’industrie cinématographique a parfois du mal à éveiller notre curiosité. Le mérite en revient au réalisateur, Evan Glodell, qui a construit un nouveau type d’outil cinématographique (un objectif 16 mm ou 35 mm fixé sur une caméra numérique). Le résultat est donc saisissant. Le grain de l’image est rugueux, les couleurs saturées et l’image parfois sale, au sens premier du terme. Cette imagerie est au service d’une mise en scène cohérente. Le cinéaste joue sur les flous artistiques, n’hésite pas à décadrer son image ou à proposer des angles de vue inédits. Mieux encore, il préfère rester dans le confinement d’un espace clos. Bellfower n’est as un film aéré. Pourtant, derrière ce mélange que l’on pourrait croire illisible, la construction architecturale de l’image n’est jamais laissée de côté. Evan Glodell a réussi le pari de jouer sur les paradoxes de la représentation pour mieux heurter son spectateur. En effet, cette forme plurielle, violente et pessimiste illustre avec adéquation des enjeux de fond nombreux.

    Apocalypse sociale. Autour du trio initial gravitent quelques personnes, des amis proches pour la plupart. Les autres habitants sont quasiment des fantômes et les rencontres sont fortuites. Et lorsqu’elles arrivent, elles ouvrent davantage à la violence, à la vulgarité qu’à l’humanisme. Voici donc une vision d’une société vidée de sa substance première, l’Homme, où le lien social est distendu. Le terme « société », d’ailleurs, est obsolète tant il apparaît ne pas convenir au monde dans lequel vivent les protagonistes.

    Apocalypse économique. Aucun des personnage ne travaille, n’en cherche ou exerce une quelconque activité rémunératrice, même illégale. Par contre, chacun passe son temps à boire, à fumer et à se droguer. Les paradis artificiels sont la grande échappatoire à un monde où les jeunes n’ont plus aucune perspective.

    Apocalypse familiale. La famille est l’un des piliers de la société américaine en cristallisant un système de valeur et la construction d’un futur radieux. Il faut voir avec quelle force elle est défendue. Dans Bellflower, elle est tout bonnement absente, jamais montrée ni mentionnée. Dans cette logique, le renouvellement des générations n’est donc plus possible et l’humanité peut ainsi toucher à sa fin. Cette situation mortifère n’a l’air d’inquiéter personne. Les deux héros, d’ailleurs, n’attendent que cette fin du monde pour pouvoir réellement vivre.

    Apocalypse intime. L’histoire d’amour se construit sur un paradoxe. Woodrow veut désespérément tomber amoureux et par chance, il tombe sur une fille à laquelle il s’accroche. Milly, elle, hésite à s’engager, par peur de faire souffrir. Cette histoire qui part sur des bases différentes, ne va pas durer. La rupture n’en sera que plus dure. Commence alors un voyage mental dans la cruauté où ils s’imaginent chacun faire du mal à l’autre. L’amour et la haine sont les deux parangons de cette relation. Ils vont alors se laisser emporter par leurs émotions, faire exploser leur violence profonde. Ils n’arrivent pas, en fait, à prendre du recul et se retrouvent perdus devant un éventail qu’ils ne savent pas comment gérer.

    Apocalypse géographique. Le film se déroule en Californie. Au cours du film, le couple prend la route pour le Texas. Pourtant, ces espaces ne sont pas signifiés et la sensation de claustrophobie finit par étouffer les personnages. Et lorsque les deux amis parlent de partir, ils n’y arrivent pas, restant dans leur pauvre condition spatiale. Derrière cet immobilisme, c’est tout le mythe de la Frontière qui s’écroule.

    Apocalypse de production. Le film a été produit en dehors des sentiers battus avec un budget de 17 000 dollars, aucune aide d’un studio et un Evan Glodell au four et au moulin puisqu’il est scénariste, réalisateur, acteur, producteur et monteur. Est-ce qu’une telle considération doit rentrer dans une critique ? Dans ce cas présent, la réponse est oui car les conditions de production participent de l’état d’esprit et au message punk rock du récit. Le film se constitue ainsi une identité propre et en accord avec lui-même jusque dans ses moindres recoins. La démarche force le respect.

    Derrière cette unicité remarquable, Bellflower est un uppercut qui dresse une peinture effroyable de l’Amérique et d’une génération perdue. Néanmoins, ce pessimisme cache une lumière insoupçonnée grâce aux émotions qui se dégagent et à l’empathie que provoquent les personnages. En effet, les situations touchent au plus profond d’entre nous car les multiples statuts convoqués peuvent arriver à tous. Le film convoque l’inconscient mélancolique de l’être humain. La beauté noire du monde, en quelque sorte.


    Site web:  http://critiqueconnection.wordpress.com/2012/03/29/bellflower/
    En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour améliorer le fonctionnement du site, vous proposer des publicités ciblées adaptées à vos centres d'intérêt et réaliser des statistiques de visites