Critiques du film: Drive
    Drive
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    Drive
    drfrankNfurter
    Le 18/11/2011
    82 critiques
    En préambule et au risque de se répéter, le docteur préposé aurait très bien pu sous-titrer cette chronique par un "pour en finir définitivement avec les eighties?"... ou pointer du doigt l'humour méconnu de Robert De Niro dont le jury cannois décerna au film qui nous intéresse le prix de la mise en scène... Éblouissant ce film si on en croit certaines critiques? Fascinant un cascadeur préférant jouer les chauffeurs pour la mafia au lieu de jouer les chasseurs de prime? Mais n'allons pas trop vite...

    Si le film noir n'est pas le genre le plus iconoclaste qui soit, celui-ci suivant au contraire des codes pré-établis, Drive par certains partis pris (douteux?) se situerait dans une catégorie bâtarde voire hybride pour les plus indulgents: celle du ravalement de façade factice et faussement originale ou broder autour du thème classique du film de criminel quelques aspects hétéroclites bancals.

    À Los Angeles, un jeune homme taiseux (Ryan Gosling) dont on ne connaîtra jamais le nom (1) travaille comme mécanicien dans un modeste garage. Et le reste de son temps? Celui-ci sait faire profiter à la communauté ses dons de pilote automobile, comme cascadeur occasionnel pour l'industrie cinématographique et comme chauffeur dans divers casses pour la pègre locale. Or notre héros peu loquace en emménageant fait la connaissance de sa voisine dénommée Irene (Carey Mulligan), aussi blonde qu'effacée... Mais son mari Standard (2) sort de précipitamment de prison, et l'idylle naissante entre le silencieux, la fadasse (et le petit Benicio) doit prendre fin. Tabassé par ceux qui assuraient sa protection en prison, Standard doit braquer un prêteur sur gage pour rembourser sa dette, et éviter que l'on s'en prenne à sa famille. Découvrant la situation, le chauffeur se propose de l'aider... mais le hold-up ne se passe pas comme prévu...

    De deux choses d'une, le danois Nicolas Winding Refn, réalisateur de la trilogie Pusher, est soit un cinéaste talentueux appréciant les niveaux de lecture les plus tordus, soit son dernier film est une fumisterie bouffant à tous les râteliers misant en premier lieu sur l'inculture ou au mieux l'indulgence de ses spectateurs. L'histoire quitterait les voies connues du film noir pour un volet plus social avec en supplément l'absence de femme fatale, la rousse incendiaire cédant sa place à une MILF au pouvoir de séduction proche du zéro (3), un patron au pathétisme certifié AOC et deux parrains de seconde zone (Albert Brooks et Ron Perlman à côté de ses pompes). Les cartes du drame criminel étaient en place, encore fallait il savoir les placer. L'histoire souhaitait prendre un contre pied salvateur, on y croit pas une seule minute.

    Le scénario se prend les pieds dans le tapis... gageons dès lors que la réalisation relève le niveau. Que nenni. Celle-ci au contraire suit un chemin quasi identique en voulant cette fois-ci faire du neuf avec du vieux. Refn a voulu rendre de multiples hommages au cinéma US dans son premier film américain, or ceux-ci n'apportent rien, au contraire, ils n'évoquent qu'un manque cruel d'inspiration, une flagrante vacuité... une coquille-vide, rien de moins. Au préposé de commencer un inventaire à la Prévert: des plans aériens, une photo et une esthétique 80's à la Michael Mann, un personnage quasi muet (à la Leone pouvons nous lire...) dont le caractère violent et imprévisible rappelle surtout ceux de Kitano (4), une scène de salle de bain qui ne devrait pas laisser indifférente Tony Montana et ses amis colombiens, etc. Et la poursuite à la Bullitt? La belle affaire... A la différence d'un De Palma qui se réapproprie les références utilisées, Refn rend un simili copier-coller creux, sinon ridicule quand le pire des clips 80's est utilisé comme mise en abyme.

    Reste que la nouvelle coqueluche d'Hollywood, Ryan Gosling joue à merveille les autistes au bord de la crise de nerf... tant est si bien qu'on attend avec une certaine impatience le moment où quelqu'un réussira par tous les moyens, même les plus inavouables et saignants, à lui arracher un sujet, un verbe et un complément en provenance de sa bouche.

    Vouloir se recentrer sur ses personnages au risque de décevoir quelques crétins congénitaux espérant voir un nouveau Fast and Furious aurait pu, aurait dû annoncer le meilleur...
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    (1) On vous avait prévenu, c'est un taiseux.

    (2) Qui n'est pas une brute épaisse... c'était la grosse originalité.

    (3) Sauf pour notre chauffeur silencieux, ça va sans dire.

    (4) Sonatine en tête et la fameuse scène de l'ascenseur plus un "clin d'oeil" à l'extincteur d'Irréversible...


    Site web:  http://therockyhorrorcriticshow.blogspot.fr/2011/11/drive-nicolas-winding-refn-2011.html
    chewbawik
    Le 16/10/2013
    158 critiques
    La force de ce film tient en 2 chose : sa BO et sa mise en scène.
    Si on s'arrête à l'histoire, on se rend compte que ça ne pousse pas bien loin ... c'est même pas franchement passionnant. Mais la mise en scène est d'excellente qualité avec un jeu d'acteur très bien pensé. Malgré le quasi mutisme du héros, on arrive à vivre les séquences avec émotions. Les scènes d'actions sont bien menées, le film ne prend pas de pincette sur la violence pas trop présente mais néanmoins très visuelle. Et puis la BO est vraiment excellente avec d'agréables morceaux de Kavinksy qui se fait plaisir avec un style limite année 80.
    Un très bon film bien rythmé qui vous tiendra en haleine.

    Bulle-Bizarre
    Le 13/11/2011
    5 critiques
    Un mec taciturne qui conduit des voitures... Pas aimé le sujet, encore moins le jeu du bel acteur à la mode. Par contre il y a quelques scènes d'une violence inouïe.
    Avis aux amateurs.

    Daydreamer
    Le 19/10/2012
    760 critiques
    Une fois assimilés le style particulier du film et le quasi mutisme du héros, Drive est agréable à suivre et ne laisse pas place à l'ennui. La réalisation est léchée et maitrisée, pas de soucis. Carey Mulligan est sublime comme toujours (je vais la demander en mariage sur twitter, avec un peu de chance...). J'ai bien aimé l'ambiance assez eighties, que ce soit dans la photo ou dans le soundtrack. Le seul hic, car il y en a à mon sens, c'est tout de même l'histoire qui reste assez basique et ne va pas bien loin, c'est ce qui m'empêche de mieux noter ce film. Ah, et on se serait aussi passé des quelques scènes très brutales et assez inutiles finalement (comme dans l'ascenseur)...

    fabe
    Le 02/10/2011
    52 critiques
    Nicolas Winding Refn, le cinéaste danois dont la cote ne cesse de monter depuis les impressionnants Bronson et Valhalla Rising, s’est vu confier l'adaptation d’un récit policier de James Sallis.

    Héros taiseux, hold-up foireux, mafieux énervés, règlement de compte sanglant, Drive présente tous les ingrédients du bon film policier, tendance vintage avec une excellente b.o pop années 80. Fern confirme avec le personnage du Driver son attachement pour les héros jusqu’au-boutiste et son attrait pour les éclairs d’ultra-violence.

    Ryan Gosling amène à ce Driver solitaire et peu causant, à mi-chemin entre Franck Bullitt et le Joseph Costello du Samouraï, une profondeur inespérée grâce à son jeu intense où derrière une attitude détachée se dissimule une sensibilité et une générosité envers sa jeune voisine (Carey Mulligan) et sa famille qui pourrait lui coûter cher. De même Refn transcende une histoire classique de vengeance avec une maestria visuelle qui rend chaque séquence d’action mémorable (voir celle étonnante de l’ascenseur).

    Avec ses allures de série B sophistiquée, Drive a assurément détonné dans le reste de la compétition du 64ème festival de Cannes. Il y a d'ailleurs remporté un très mérité Prix de la mise en scène.

    Site web:  http://boulevardducinema.blogspot.com/
    Yuko
    Le 28/10/2011
    269 critiques
    Esthétiquement irréprochable, Drive allie avec justesse conte urbain et polar classique. Loin d'être une éternelle surenchère d'hémoglobine et de scènes d'actions, le film s'oriente vers une plastique lissée et des scènes esthétiquement travaillées.
    Alternant poursuites électriques et poésie urbaine, le film développe une mise en scène contemplative, aux ralentis poussés et à l'atmosphère inquiétante.
    Le personnage du pilote, incarné par le talentueux Ryan Gosling, se dévoile progressivement dans ses penchants poético-violents. Une violence souvent latente, contenue dans un regard bleuté qui, malgré un scénario très classique, se révèle efficace et esthétiquement irréprochable.

    Site web:  http://art-enciel.over-blog.com/article-drive-de-nicolas-wining-refn-87431615.html
    filou49
    Le 13/12/2011
    148 critiques
    je suis obligé de reconnaitre qu'au niveau de la mise en scène, Drive a totalement mérité son prix de la Mise en Scène au dernier festival de Cannes. Le cinéaste, un danois, reconnu notamment pour sa trilogie Pusher et qui tournait là son premier film américain, affiche ici une maitrise absolue et totalement subjugante de sa caméra. Tous les plans sont au cordeau, sans une once de gras ou de superflu, et on pense évidemment au cinéma de Michael Mann pour sa stylisation parfaite de la nuit urbaine.

    Le film, en fait, aurait pu être tourné dans les années 80 car, de la musique ( bande son aux synthés électro et à la voix aérienne qui participe au coté hyptonisant de la mise en scène) au personnage principal, figure représentative du cinéma de Don Siegel ou William Friedkin, on est bien là dans le hommage revendiqué au cinéma d'il y a 30 ans.

    Mais pour moi (et c'est pour cela que je n'ai pas applaudi à tout rompre avec mes voisins spectateurs), c'est aussi là la limite du film qui ne dépasse jamais totalement l'exercice de style, et qui surtout manque quand même de profondeur au niveau du scénario. Le driver en question reste totalement un archétype, un personnage comme on en voit que dans les films, et jamais un être de chair et de sang pour lequel on peut éprouver une vraie empathie. Ryan Golsing, encensé pour sa prestation est certes impressionnant de douleur muette et de virilité affichée, mais personnellement je le preferais dans Blue Valentine, dans un rôle bien plus humain et touchant.

    Et le personnage joué par Carey Mulligan a bien peu de chair à défendre : on ne sait pas exactement ce qu'elledrive-photo-carey-mulligan ressent, ni ce qu'elle désire réellement, elle reste en l'état de (joli) pantin. Et que dire encore de ces mafiosos un peu croquignolesques qu'on croirait sortis d'un film des frères Coen?

    Bref, l'absence - pourtant- assumée- de psychologie m'a un peu géné, et ce qui est d'autant plus dommage que les scènes d'émoi amoureux au début avec ralentis et troubles sur les visages en gros plans, sans le moindre mot échangé sont vraiment d'une beauté visuelle renversante.

    Encore une fois, je trouve que Drive est l'exemple même du film où la forme prime sur le fond. Chez James Gray, Alejandro Gonzales Inarritu ou Fatih Akin , pour ne citer que ces 3 là, la virtuosité de la réalisation s'accompagne également d'un scénario éblouissant de fluidité et de complexité.

    Ici, et même si le noeud de l'histoire est assez original et romanesque (le "driver" va se trouver enfermé dans une sale histoire car il a voulu aider le mari de l'élue de son coeur), toute l'intrigue parrallèle m'a semblé trop faible, et surtout les personnages trop peu incarnés.

    Dommage car encore une fois, au risque de radoter, je le redis : l'emballage était vraiment splendide et j'aurais aimé que le cadeau à l'intérieur soit du même niveau.

    Site web:  http://www.baz-art.org/archives/2011/12/02/22837441.html
    pedro49
    Le 17/02/2012
    31 critiques
    Après la puissante trilogie Pusher, le trop méconnu Bleeder, le détesté Fear X, l'étonnant Bronson et le très controversé Valhalla Rising, Nicolas Winding Refn accouche de son premier chef d'oeuvre pour lequel la presse et les spectateurs sont unanimes. Drive vient clore une période sombre chez Refn tant sur le point de vue de la critique que personnel et financier. Avec Drive, Refn culmine ici au sommet de son art et c'est donc en toute logique que le consacrement suprême arrive concrétisé par la meilleur mise en scène à Cannes.
    Drive nous touche par sa grâce et par l'énergie inouïe qu'il dégage, et ce, malgré un rythme qui ne s'y prête pas forcément (surtout en permière partie de film). C'est la magie de la mise en scène de Refn qui nous fait rentrer à 200%  dans l'histoire du Driver : un homme timide et réservé qui travaille dans un garage le jour, est cascadeur voiture pour des films à ces heures perdues et s'associe à la pègre de Los Angeles la nuit en leur servant de chauffeur (et rien que de chauffeur). C'est lors d'une de ces excursions (suivie d'une course poursuite à perdre haleine), couplée à la rencontre de sa voisine de palier (interprétée par Carey Mulligan) que l'intrigue principale survient. Refn ne nous offre pourtant pas un simple film de voitures bolidées à la Fast & Furious. L'enfant rebelle du cinéma danois ne fait rien comme tout le monde et tient à sa marginalité qui fait son succès et qui lui va si bien. Le réalisateur prend seulement la matière brute  du livre éponyme dont le scénario est librement adapté pour en retirer l'essentiel et pas un poil de plus. Nicolas Winding Refn, enfant dyslexique qui n'a appris à lire qu'à l'âge de 13 ans, s'est concentré alors pleinement sur la personnalité du Driver et c'est en partie pour cela que le spectateur y trouve une forme de génie. Mais Refn n'est pas ici à son coup d'essai, la personnalité des personnages de ses films est l'un de ses thèmes favoris (cf sa filmographie complète...).
    Un autre élément qui a permis la réalisation de ce chef d'oeuvre est la relation étroite qu'entretenait Refn avec ses acteurs ainsi que l'attention toute particulière que le producteur portait au film et au réalisateur. La relation très complice entre Refn et ses acteurs et notamment avec Ryan Gosling a permis un développement en profondeur du comportement et du caractère des personnages à l'écran et ainsi de tisser une toile dense de complexité et de réalisme dans les relations entre ces personnages.
    Pour quelqu'un qui, toute sa vie, a toujours voulu être très célèbre, Refn a gagné son pari. Mais aujourd'hui, tout le monde se demande, et le réalisateur danois en premier, s'il pourra faire mieux.

    Drive est disponible en DVD et BluRay depuis le 8 février 2012 chez Wild Side.

    Titre original : Drive
    Date de sortie en salle : 5 octobre 2011
    Date de sortie DVD - BluRay : 8 février 2012
    Réalisé par : Nicolas Winding Refn
    Avec : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston...
    Genre : Action, Thriller
    Nationalité : Américain

    Synopsis :
    Un cascadeur se métamorphose dès que la nuit tombe : il devient pilote pour le compte de la mafia. La combine est bien rodée jusqu'au jour où l'un des casses tourne mal et l'entraîne dans une course-poursuite infernale. Pour sauver celle qu'il aime, il devra se venger de ceux qui l'ont trahi...

    Site web:  http://comebackfrommovietoreality.blogspot.com/2012/02/critique-drive-nicolas-winding-refn.html
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