Critiques du film: Outrage
    Outrage
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    Outrage
    Silence_Action
    Le 02/04/2011
    7 critiques
    Yakuzas en liquidation.

    Outrage décortique méticuleusement le mode de fonctionnement des clans yakuzas qui, à l’image de la société japonaise, suivent des règles strictes, un code d’honneur particulier ainsi que des valeurs à ne pas bafouer. Pas de mouvement à l’encontre des rivaux sans l’autorisation du chef de clan, lui-même au service du Grand Patron, guidé par la terrible devise « diviser pour mieux régner ». Une bévue se traduit toujours par des excuses et le sacrifice d’une phalange. Les domaines de prédilections ? Les jeux d’argents et les bars à hôtesse ; le juteux trafic de drogue partage les gangsters, notamment les plus âgés. Comme dans n’importe quelle petite entreprise, chaque cellule désire s’accroitre, chacun est rongé par l’envie de grimper les échelons jusqu’au trône. La police, payée pour fermer les yeux, rôde et n’hésite pas à tirer son épingle du jeu au moment opportun.

    Takeshi Kitano, également face aux caméras en chef de clan, confronte le spectateur à des personnages qui ne dépassent jamais leur statut de gangster ; ce sont des chefs, des bras droits ou des hommes de main et aucun n’est présenté en dehors de sa structure clanique, qui régit sa vie jusqu’à son dernier souffle. Le film, avare en musique et dominé par des tons ternes, peut paraître froid aux premiers abords, alors que l’on associe difficilement un nom à chaque bandit en costard, se déplaçant dans de luxueuses berlines. C’est pourtant cette approche qui permet à Outrage de monter en puissance en douceur, au fils des passages à tabac, des exécutions et tortures aussi subtiles que barbares – jamais un passage chez le dentiste n’aura été aussi douloureux ! Le déferlement de violence, en contraste avec la sérénité du montage, est d’autant plus percutant que l’on assiste à chaque décision, chaque mouvement sur l’échiquier qui en est à l’origine et dont les répercussions sont toujours du même ordre.

    Après avoir défini tous les tenants et aboutissants de la structure criminelle, Outrage écarte les codes présentés pour déployer un machiavélisme redoutable, un jeu de manipulation à double tranchant auquel s’adonne ces criminels qui ne peuvent se satisfaire de leur position, un trait psychologique particulier qu’ils partagent tous, quel que soit leur grade. Takeshi Kitano réalise un film sans issue de secours, où les mieux lotis perdent la vie transpercés par des balles de revolver.
    Outrage est un grand film de yakuzas, glacé et violent, qui pourrait marquer le début d’une excellente trilogie ainsi que la renaissance d’un artiste dans la souffrance de son art.

    Site web:  http://www.silence-action.com/2011/04/critique-outrage-takeshi-kitano/
    olivier.demangeon.5
    Le 22/01/2017
    1014 critiques
    « Outrage » n’est pas un mauvais film, proposant une histoire de gangster assez solide. Le plus gros souci, c’est que le métrage ne parvient pas à répondre aux attentes par rapport à la réputation de Takeshi Kitano. Le film développe une atmosphère familière et rien d’innovant est proposé. L’utilisation explosive de la violence et la photographie est plutôt attirante. Le casting offre des prestations correctes et l’ensemble reste sympathique sans être transcendant.

    Site web:  http://wp.me/p5woqV-39V
    fannynours
    Le 11/01/2011
    76 critiques
    Ça commence avec la simple demande de son supérieur à Omoto, yakusa de son état, de rompre ses liens avec le chef d'un clan rival. Omoto lance alors le début des hostilités, pour faire croire à une brouille entre lui et son associé. Provocation pour provocation, offense pour offense, les yakusas des deux clans se renvoient la balle, s'envoient des excuses en forme de phalange coupée, se vengent et s'entretuent.



    Takeshi Kitano est un personnage qui me fascine. Il y a en lui et dans ses films une ironie que nous autres Occidentaux ne pouvons saisir pleinement. Ses nombreuses facettes ne sont vraiment connues qu'au Japon, de même que l'ensemble varié et étendu de ses productions. Nous ne connaissons "que" Takeshi Kitano et Beat Takeshi, réalisateur et acteur. Il y a longtemps, je suis tombée amoureuse de ses réalisations, Aniki, Hana-Bi,... Ses derniers films - Achille et la tortue - m'ont surprise, voire déçue. Un nouveau pan de son univers s'offrait pourtant en même temps. Avec Outrage, Takeshi Kitano ouvre encore une nouvelle porte de son univers, et on ne découvre ni un nouveau Aniki, ni Takeshis'. Il y a un mix de ces deux imaginaires, du yakusa, de la poésie, et énormément d'humour, dans ce dernier film.


    Outrage est difficile à comprendre entièrement tant il est découpé en un montage parallèle parfois extrêmement brutal. Les noms des protagonistes - parfois pas les plus évidents à retenir à nos oreilles occidentales - se mêlent à des systèmes hiérarchiques yakusas pas évidents à assimiler et en constante évolution. Un yakusa en tue un autre, et l'échelle entière s'ébranle, les rôles s'échangent, et les rapports ne sont plus les mêmes. Le réalisateur est probablement très droit dans ses choix et prend aussi certainement un malin plaisir à nous embrouiller. Car, ce qui compte par-dessus tout et au-delà de la compréhension du système, c'est l'absurdité de cet enchaînement massif de meurtres et autres règlements de compte, doigts qui se coupent et sommes d'argent offertes et dérobées. De ce bain de sang, Takeshi Kitano s'amuse énormément.


    On a beau fermer les yeux à demi, plisser les paupières et crisser des dents, on ne peut s'empêcher de se satisfaire également de ces coups de feu, coups de pieds donnés à un homme à terre, de ces femmes violentées et laissées sanguinolentes, de ces cutters rouillés, etc etc... Car l'accumulation et les réponses au coup pour coup sont violemment surprenantes, et leur accumulation devient jouissive. Il manque clairement une ligne claire, une histoire, et une identification aux personnages. Mais ce dernier opus de Takeshi Kitano a le mérite d'être parfaitement réalisé et de faire rire de son atrocité, et le retournement de l'entière situation de départ qui conclue le film est bien amenée.

    Site web:  http://fannybens.blogspot.com/2010/11/outrage-de-takeshi-kitano.html
    Alexander_R
    Le 01/05/2011
    2 critiques
    Je ne suis pas forcement un grand fan de Takeshi Kitano, j’aime certains de ses films comme « Aniki mon frère« , « Zatoichi » ou « Achille et la tortue » et il y en à d’autre, qui me laissent totalement indifférent comme « Glory to the filmmaker! » ou « Hana-Bi« .
    J’ai zappé la sortie au ciné d’Outrage, dernier film en date de Kitano. Sa sortie en dvd était donc pour moi l’occasion de me rattraper.

    Malgré mes deux visions, je n’ai pas réussi à me prendre de passion pour le film, je dois même dire que lors de ma première vision, je me suis royalement emmerdé devant, au point de presque m’endormir devant, faut dire que la réalisation aussi inspirée qu’un téléfilm français prévu pour passer un dimanche après midi sur France 3 ne donne franchement pas envie. Si au moins le film avait un rythme convenable et une histoire un minimum passionnante cela aurait put passer, mais non, cette histoire de guerre des gangs qui n’est guère motivante, ne donne pas envie.
    De ce fait, aimant malgré tout Kitano, j’ai tenté de donner une seconde chance au film une semaine plus tard et comme suggéré par quelqu’un sur twitter, j’ai regardé le film au second degré, comme une sorte de portrait au vitriol de la mafia japonaise.
    Malgré cela et tout mon amour pour Kitano, là encore à mon grand dam, je n’ai toujours pas réussi à aimer le film. Je n’y ai pas trouvé le moindre sarcasme ou ironie.

    Vidéo: Le dvd n’offre pas une image d’une grande beauté, elle est certes d’une très bonne facture, il n’y à pas de problèmes de compressions visibles mais le simple fait que la palette de couleur soit extrêmement fade empêche ce dvd de figurer dans le haut du panier.

    Son: Alors là, je dois vraiment avouer que l’on est pas gâter. La piste française est simplement inutile tant elle caricature le film. Cela n’aurait pas été grave si au moins la piste originale avait été aussi bonne, mais ce n’est point le cas. Cette dernière est mixée avec les pieds. Les voix sont complètement étouffées, les effets inutilement agressifs et l’on se retrouve du coup, contraint de jouer tout le temps avec la télécommande car même le simple fait d’augmenter l’enceinte centrale ne corrige rien.

    Un DVD pas exceptionnel en soit qui ne prétendra surement pas à être le hit de l’année.

    Site web:  http://blog.alexrossignol.com/outrage-dvd
    NicoMyers
    Le 03/12/2010
    41 critiques
    Pour certains, la sortie d'Outrage, le dernier Takeshi Kitano, marque une date importante, celui du retour du cinéaste au film de yakusa pur et dur. Pourtant, on ne peut voir le dernier opus du réalisateur comme une totale réussite, se contentant de n'être justement qu'un simple film de yakusas, sans réelle profondeur.

    Outrage se présente donc comme un film à intrigue, avec les multiples rebondissements classiques du genre : doté d'une narration linéaire, il montre les revirements de clans et les vengeances multiples entre yakusas, le tout débouchant sur un nombre impressionnant de tueries. Kitano excèle à filmer les meurtres de manière froide et presque clinique (le terme est approprié lorsqu'un chef de gang se fait broyer la langue par une fraise de dentiste). On constate évidemment sa volonté de montrer l'absurdité de cette mafia, qui ne mène nulle part sinon à la mort prématurée de tous ses membres.

    Probablement dans la volonté de préserver cet esprit, le cinéaste ne donne d'humanité à absolument aucun de ses personnages, et par conséquent aucune profondeur. Bien sûr, on connaît le goût de Kitano pour les personnages mutiques, renfermés. Mais ici, ces pantins qui jouent à s'entretuer ne parviennent jamais à nous captiver, voire à nous intéresser, tout simplement. Pas d'intériorité, pas de poésie, pas d'amour non-plus, et ça peut surprendre pour le réalisateur d'Hana-Bi, l'un des plus beaux films du monde. Kitano semble effectuer un revirement, offrant un nouvel univers où les humains ne sont rien de plus que des corps. C'est intéressant, mais ça ne va finalement pas très loin.

    On regarde donc ce spectacle de violence, certes très bien fait, que nous propose le cinéaste, sans aucune réaction, sans émotion si ce n'est celle de l'effroi dûe à la cruauté et à l'hyper-réalisme des règlements de comptes. Finalement, Kitano reste entre deux eaux, coincé entre les rebondissement à suspense de son intrigue qui se voudrait captivante, et la froideur du traîtement des personnages, désincarnés, distants du spectacteur. La très belle - mais gratuite - mise en scène ne parvient pas non-plus à sauver ce sentiment de vide, et Outrage laisse indifférent, bien loin de la poésie, de la créativité, de la folie dont est capable Kitano à ses meilleures heures.

    Site web:  http://cimulit.canalblog.com/
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