Critiques du film: Biutiful
    Biutiful
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    Biutiful
    wesleybodin
    Le 04/11/2010
    121 critiques
    (...) proche (peut-être un peu trop) de ses précédentes réalisations, Biutiful ne décevra pas mais n’étonnera pas non plus. Parti pris du réalisateur ou simple envie de faire vite avec une méthode qui a déjà porté ses fruits, nul ne le sait. Une chose est néanmoins sûre, les amoureux de la patte artistique du réalisateur et la présence ineffaçable d’un Javier Bardem qui dévore l’écran en auront pour leur argent voir beaucoup plus.

    Site web:  http://www.leblogducinema.com/2010/11/04/critique-biutiful/
    fabe
    Le 24/05/2010
    52 critiques
    Faisant suite à une collaboration fructueuse avec Guillermo Arriaga (Amours chiennes, 21 grammes, Babel), Biutiful a été tourné dans la langue de son metteur en scène en Espagne autour d’un personnage en souffrance.

    Avec son scénariste Armando Bo, Innaritu a opté pour une histoire linéaire centrée sur une famille bancale alors que les précédentes étaient déstructurées et chorales. C’est comme toujours un film débordant d’humanité, plein d’empathie pour des personnages cabossés par la vie, tentant de survivre à une condition précaire ou à la maladie.

    S’il charge copieusement (trop ?) la barque dramatique du personnage incarné par Bardem, Inarritu parvient à éviter l’écueuil du pathos et de la sensiblerie par une mise en scène naturaliste focalisée sur le jeu tout en retenue de Bardem qui trouve là son meilleur rôle.

    Moins spectaculaire que Babel déployé sur plusieurs continents, moins intense que 21 grammes, Biutiful reste, malgré quelques afféteries visuelles décevantes concernant la représentation des disparus, un drame intimiste digne et fort.

    Yuko
    Le 22/11/2010
    267 critiques
    Grand réalisateur contemporain, Alejandro Gonzalez Inarritu revient depuis Amours chiennes, 21 grammes et Babel à une réalisation plus linéaire et plus simple principalement axée autour d'une seule figure masculine...

    Véritable tour de force, il donne à son unique personnage, interprété par l'incroyable Javier Bardem, la force et la dignité propre aux hommes forts et aux héros mythiques.

    Sans jamais tomber dans le conte fantastique, il a su distiller au gré de ses images, une atmosphère étrange et lourde, faisant basculer le spectateur dans un univers dramatique duquel il ne peut ressortir indemne.

    Film noirci aux contours bruts, il nous dévoile une autre facette de l'Espagne, noire et clandestine, loin des clichés véhiculés par les films de Woody Allen. Ici la poésie se trahit dans le quotidien brut d'un homme qui lutte pour survivre et pour transmettre à ses enfants la meilleure partie de soi...

    Le lien intergénérationnel est soigné et le rapport à la mort troublant. Celle-ci devient en effet un personnage à part entière dans l'oeuvre d'Inarritu. Le personnage, qui ne peut échapper à son influence, n'a pas d'autres choix que la recherche de la rédemption et la dignité...

    Une oeuvre aussi troublante que magnifique portée par un comédien au sommet de son art - entre puissance, tension et retenue. Superbe !

    Site web:  http://art-enciel.over-blog.com/article-biutiful-d-alejandro-gonzalez-inarritu-61482051.html
    Marine06
    Le 14/06/2010
    30 critiques
    4ème film de Alejandro Gonzales Inarritu après les très remarqués ( et appréciés ) Amours chiennes, 21 grammes et Babel.
    Biutiful raconte l'histoire d'Uxball un père de famille qui vit de trafics et de l'exploitation de sans papiers à Barcelone jusqu'à ce qu'il découvre qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre...
    Pour la première fois, l'Espagne est filmée comme un pays " du tiers monde " . Fini les décors luxueux d'Almodovar et ses couleurs pop, chez Inaritu tout est gris, sombre. Le film accumule les situation insupportbales: une mère absente à la limite de la folie qui abandonne son jeune fils après l'avoir battu, la maladie d'Uxball, les sans- papiers ou esclaves modernes sans identités et sans noms...
    Nous passons deux heures à espérer que les choses vont s'arranger, que tout ne peut pas aller si mal et pourtant il n'en est rien. Aucune issue possible ni pour Uxball, ni pour les sans-papiers, ni pour les enfants.
    Le cinéaste réussit à échapper au mélodrame. Certains diront que tant de tragédies font trop pour un seul film. Seulement, il faut se rendre compte que les malheurs ont tendance à s'accumuler quand rien ne va.
    Javier Baderm est incroyable dans ce rôle de père mi-ange mi-démon, mi-martyr mi-tyran.
    Biutiful tout simplement...

    fannynours
    Le 11/01/2011
    76 critiques
    Uxbal, père de deux enfants dans une ville sale, tente tant bien que mal de garder les mains propres et de faire en sorte que ses enfants grandissent correctement. Son travail est de trouver un emploi à des immigrés sans papiers; Africains ou Chinois, ils subsistent juste, exploités par des compatriotes, et participent à un vaste trafic de contrefaçon, traqués par la police. Uxbal tient cette dernière par des pots-de-vin. Son frère, Titio, tire plus que lui son épingle de ce jeu illégal; il a de l'argent, et profite d'une vie sans attache; il abuse aussi de l'esprit trop faible de la femme d'Uxbal, Mirambra, partagée entre son envie d'être mère et exaspérée par ses enfants. Uxbal tente de maintenir un équilibre pour eux; mais il apprend qu'il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, atteint par un cancer. Les morts coincés sur Terre qu'il a le don d'aider à passer de l'autre côté le hantent alors, comme pour qu'il n'oublie jamais la menace qui plane sur lui.


    D'Alejandro Gonzalez Inarritu, j'avais découvert à la télévision, il y a bien longtemps et sans connaître le nom du réalisateur son premier long-métrage, Amours chiennes. Le talent d'Inarritu a explosé aux yeux des médias avec son deuxième long-métrage, 21 grammes, exploit renouvelé avec Babel. Cette trilogie repose sur la même forme de narration, ou le destin croisés de personnages réunis autour d'un même évènement fort et dérangeant - un accident de voiture, une mort tragique, un crime accidentel. Un peu lassée par cette redondance, même servie par une réalisation poignante, j'étais curieuse de découvrir Inarritu avec un sujet plus linéaire et centré sur un seul et unique personnage.


    De ce point de vue là, Biutiful est réussi. Javier Bardem est de tous les plans, et son visage meurtri, ses traits abrupts donnent vie au personnage d'Uxbal, brillamment interprété. Le festival de Cannes ne s'y est pas trompé, et a reconnu que Javier Bardem méritait largement une récompense pour son rôle et lui a remis le Prix d'interprétation masculine. Les autres personnages, aussi cassés que lui, souvent fouettés et ballotés par les vents, sont aussi superbes, mais pas n'ont certainement pas autant de présence qu'Uxbal. Du côté des personnages, la performance des enfants est aussi exceptionnelle, tout autant grâce au jeu d'acteur que par leur description. Le petit Mateo fait office de moulin à paroles, naïf et doux, déjà blessé par les évènements. Ses découvertes - 'dis papa, tu savais que...?' - et ses bêtises sont presque prémonitoires des évènements touchant Uxbal. Ana, avec sa perception d'adolescente grandie un peu vite, mature et trop jeune pour comprendre avec des mots, est aussi sensible et délicatement mise en scène.


    Au-delà de cette jolie galerie de personnage - 'jolie' étant un adjectif un peu faiblard, au vu des évènements traversés par ces personnages -, le talent d'Inarritu est également dans sa réalisation brutale, parfois rapide et mouvementée, parfois plus calme et posée dans des cadres forts qu'il est bon d'apprécier plus longuement. On y ressent une grande force, un désir d'aller de l'avant et d'avancer coûte que coûte, malgré les douleurs et le futur aussi sombre que le présent. Constat social sombre, échec personnel, désenchantement, il n'y pas une lumière d'espoir dans Biutiful. Mieux vaut ne pas être trop déprimé quand on s'installe pour plus de deux heures de film. Le problème réside dans cette noirceur, à la fois belle, et dure, mais trop égale. On compatit avec Uxbal, les enfants, les Africains et les Chinois, qui sont tout de même sacrément au fond du trou; mais on ne vibre cependant pas avec eux, car finalement, l'un contribue au trafic humain et se fait de l'argent sur le dos d'immigrés, qui lui font confiance aveuglément; les enfants semblent innocents de tout cela, mais ne peuvent s'empêcher de donner de l'amour à ceux qui les battent. Le film manque d'un peu de clarté, qui rendrait plus noire la tragédie, et permettrait au spectateur de se sentir le souffle coupé, puis respirer à nouveau pour fondre en larmes ensuite; on reste dans un océan verdâtre sur tous les plans, lancinant de médiocrité. Lorsqu'Uxbal touche réellement le fond du fond, on y est depuis si longtemps qu'on ne peut qu'observer froidement le processus, sans ressentir plus d'émotion.


    Quelques idées, ici et là, donnent un air mystique au film. Pourquoi, comment, Uxbal parle-t-il au morts? Ces papillons accrochés au plafond, de plus en plus nombreux, qui viennent chaque soir le menacer d'une fin de plus en plus proche témoignent d'un spiritualisme de l'étrange, trop peu exploités finalement. Un traitement plus fantastique aurait peut-être aidé à faire la balance entre réalité noire et onirisme blanc, celui que l'on retrouve à la fin du film, dans la neige immaculée. Je ne donne évidemment pas de conseils à un réalisateur/producteur/scénariste/autre casquette chevronné, loin de moi cette idée, mais mon inclination à la science-fiction et au bizarre m'a fait regretté le peu d'exploitation de cette si belle image. Trop de rationalité finalement, coupe un peu de l'émotion.


    Alejandro Gonzalez Inarritu s'éloigne enfin de son schéma habituel, et ça fait du bien. Mais, ne pouvant plus se cacher derrière la multiplicité des personnages de ses premiers films - et séparé de son scénariste habituel, Guillermo Arriaga -, il découvre la complexité d'une narration linéaire et s'en sort uniquement grâce à sa caméra irréprochable et à un Javier Bardem exceptionnel.

    Site web:  http://fannybens.blogspot.com/2010/11/biutiful-dalejandro-gonzalez-inarritu.html
    cristal
    Le 25/10/2010
    211 critiques
    Inarritu, érigé en maître par une nouvelle génération de cinéphiles avides d'émotions fortes et de scénarios métaphoriques, reste toujours après ce "Biutiful" un cinéaste inclassable malgré les évocations très limpides de son cinéma, entre brouillage humanitaire, démarche sociale et démonstration des codes bibliques. Il laisse l'impression d'un artiste assurément talentueux, peut-être presque trop au point que son art en devient d'une virtuosité propre à géner la dimension si simple qu'il veut atteindre. On pourra alors être, selon les préférences de chacun, ravi ou déçu que son nouveau film se départisse des affects architecturaux des précédents récits. Car "Biutiful", au contraire de ses trois films antérieurs (tous convaincants à leur manière), opère moins par touches successives formant une dramaturgie solide que par une voie linéaire qui contraint Inarritu à charger la mule pour assurer le rôle d'une émotion séductrice. Il sera plutôt aisé de constater que ce qu'Inarritu perd ici en inventivité, il le gagne clairement en force émotive. Les facilités de son scénario n'en demeurent pas moins assumées avec conviction, obligeant le spectateur à regarder une accumulation de péripéties qu'il n'a pas forcément envie de voir. Pour autant Inarritu ne tombe jamais dans le mauvais goût, simplement parce que la sensiblerie qui guette non loin ne s'immisce à aucun moment dans le film. La volonté de fer du cinéaste de ne montrer que l'humanité flamboyante de ses personnages, fêlés mais magnifiquement incarnés, apporte forcément à "Biutiful" une sincérité dont il se pare à chaque instant comme un bouclier. L'interprétation magistrale de Bardem (dont on n'aura pas dit beaucoup de bien pour rien) est l'une des évidentes attractions sur laquelle le film joue pour éviter de trahir le spectateur sur les ambitions humanistes qu'affiche son réalisateur. Car dans sa naïveté autant que dans sa dureté, "Biutiful" est souvent proche du surréalisme tant il dit candidement le mal subi par une mosaïque désoeuvrée, dans les bas-fonds de Barcelone. A force de surenchérir dans le mélodrame, Inarritu touche un point d'outrance qui fait sérieusement douter de la probabilité d'une telle histoire. Pourtant la misère du monde ici dépeinte est un ravage qui nous atteint émotionnellement sans que l'on puisse se rendre compte de sa violence, et c'est justement par le surdosage qu'Inarritu s'assure de remplir ses fonctions de cinéaste engagé à nous concerner. Il est alors dommage de constater que l'utilisation du langage fantastique reste en retrait, offrant une hypnose entêtante le temps de deux courtes scènes. On aurait aimé que le rôle d'Uxbal (qui accompagne l'âme des morts) donne lieu à plus de séquences confondant sa propre réalité pour échapper à la morbidité de certains passages. Mais dans son crescendo ravageur, déterminé, "Biutiful" impose sa mélancolie et sa violence frontale, un peu trop enrobée, avec la force d'un metteur en scène qui sait comment atteindre son but. L'épilogue le prouve dans un sublime hors-champ d'une simplicité totale, essentiel pour clôre les torrents de feu qui se sont abattus sur les personnages. On aimerait parfois que la mise en scène joue plus souvent l'aspect de cet invisible, au lieu de se contraindre à ne filmer que la force brute des choses (toutefois proche de l'esthétisme et donc de la facticité). Tout comme le contrepoint de deux personnages auxquels on peine à s'identifier tant ils incarnent une image symbolique (l'une salvatrice de la mère noire, l'autre carrément inutile de l'employeur illégal chinois et gay). Ces portraits, même s'ils ne sont qu'esquissés, bloquent la dramaturgie poigneusement restreinte du récit linéaire appartenant à Uxbal et au film tel qu'il aurait du l'être, c'est-à-dire centré jusqu'au bout sur la spiritualité de son héros déguisé en salopard, sur la fin de sa vie et ses derniers soubresauts d'humanité, d'espoir, là où se révèle enfin la vraie lumière de l'Homme.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
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