Amer

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    Amer

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    (3 pour 20 notes)
    REALISATION:
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    PAYS:
    France,Belgique
    DUREE:
    1h 30min
    ACTEURS:
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    Affiche du film Trauma
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    Affiche du film Giallo
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    Affiche du film Sang des innocents (Le)
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    Affiche du film Fille qui en savait trop (La)
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    Affiche du film Bloody Bird
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    Affiche du film Ténèbres
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    Synopsis du film Amer

    Ana est confrontée au corps et au désir à trois moments clefs de sa
    vie. Sa quête charnelle voyage entre réalité et fantasmes colorés… qui
    deviennent de plus en plus oppressants. Une main gantée de dentelle
    noire l'empêche de crier. Le vent soulève sa robe et caresse ses
    cuisses. Une lame de rasoir effleure son corps : trouvera-t-elle le
    plaisir au bout de son parcours chaotique et carnassier ?

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    cristal
    Le 10/03/2010
    211 critiques
    Présenté cette année en compétition au festival de Gérardmer, "Amer" est venu troubler quelques festivaliers tranquillement assis dans leurs fauteuils, attendant sursauts et portes qui grincent. Reconnaissons au moins aux cinéastes d'avoir voulu bousculer la compétition avec ce film (repris directement de ce type de cinéma qu'on appelle le Giallo). Mais la question qui se pose est la suivante : jusqu'où est-on prêt à aller dans le délire pour se démarquer des autres (ou plutôt, faudrait-il dire, pour masquer son évident manque de talent)? Avec cette expérience psychotrope franco-belge, on peut sérieusement se poser la question de la créativité à tout prix. Tout filmer sur néons bleus, verts et rouges est-il le signe d'un point de vue de réalisation? Est-ce une marque de personnalité, une empreinte stylistique, que de filmer des orgasmes sur une palette chromatique à la Andy Warhol? Se morfondre dans le grotesque telle cette masturbation au peigne dans une baignoire peut-elle être définie comme une démarche créatrice et géniale de par sa simple audace? Beaucoup de questions qui, à la vue de cet exercice de fin d'études, disparaissent dans une impasse réflexive sans fond. En l'état, malgré toute tentative convaincue, ce pseudo-porno téléfilmé flirte si loin avec le ridicule et le surréalisme qu'il en devient involontairement comique. Plans au ras des cuisses sous jupes courtes, gamine qui marche dans son urine ; il y a certes un désir de titiller nos plaisir pour les distordre avec la douleur et le dégoût, mais le but étant uniquement à vocation visuelle, on ne retient rien d'autre du film sinon qu'il est tout de même raté dans sa démarche initiale. "Amer" (joli titre qui ment tant rien ne grince dans le film) se transforme aussitôt en film mort-né, éduqué dans l'esprit de deux jeunes réalisateurs sans véritables moyens mais qui, décidés, ont opté pour l'intellect bizarroïde de supermarché et les relans pédophiles. Ce qui, horreur, a pu plaire à la critique qui lui a attribué un prix spécial au festival de Gérardmer. Plutôt honteux, cet essai d'une prétention absolue semble à ranger dans les placards du (non-)genre, tout au plus de ces vieux films charnels des années 70 projetés dans les bas-fonds. Quoique ceux-ci avaient certainement plus de charme.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
    Foxart
    Le 30/10/2010
    82 critiques
    Lors de sa sortie cet objet cinématographique inclassable a tellement déconcerté et divisé la critique que certains ont volontiers déclaré que ce film "expérimental" avait davantage sa place dans les musées que sur les écrans de nos salles de cinéma. Une façon de l'ostraciser parce que l'on arrive pas à s'en saisir. Gus Van Sant avait, dans une démarche certes bien différente, déjà fait les frais de ce type de traitement avec son pourtant superbe Psycho il y a quelques années.

    D'autres avaient réduit cette œuvre majeure a un simple hommage séduisant et appliqué à un genre lui même ultra codé et bien défini qu'est le Giallo italien des années 60 à 80. Ne voyant pas au delà de leur museau qu'Amer dépassait largement le simple hommage citationnel à un genre.

    Évidemment tout cela n'est pas faux, mais Amer se situe bien au dessus d'un simple exercice de style un peu vain ou de l'œuvre de deux fans nostalgiques. Il est même d'une originalité et d'une modernité qui le placent d'emblée parmi les plus grands films vus cette année !

    Et si, pour commencer, Amer était déjà tout simplement un film d'horreur, un film de genre, au sens le plus noble du terme. Du niveau de ceux qu'Argento ou Bava avaient pu produire au temps de leur splendeur. Suspiria ou La Baie sanglante sont aujourd'hui enfin reconnus à leurs justes valeurs, en tant qu'œuvres cinématographiques majeures, mais personne ne penserait qu'ils ne sont pas - avant tout - de remarquables et terrifiants films d'horreur. L'art, le cinéma d'auteur et l'horreur seraient-ils donc si antinomiques... Je n'arrive pas à croire qu'on en soit resté à des considérations aussi académiques du cinéma...

    Le problème est sans doute que dans Amer comme dans Suspiria, la peur ne vient pas d'un quelconque processus narratif, d'enjeux psychologiques ou d'une identification à tel ou tel personnage, mais bel et bien du cœur même de la mise en scène.
    Si l'on prend en exemple la magistrale scène d'ouverture de Suspiria, on en a là une illustration flagrante.
    Comment faire naitre la terreur d'un plan sur des portes automatiques qui s'ouvrent, du vent qui s'engouffre sous une robe, d'ombres dans les arbres, de la pluie battante, alors qu'on ne sait rien des enjeux narratifs du film, de ses personnages, etc...
    La première partie époustouflante d'Amer est du même tonneau, on ne sait rien de cette fillette et de sa famille et la trame narrative est réduite à son strict nécessaire, toute l'angoisse naissant absolument et strictement de la simple (?) mise en scène, du mouvement, de la composition des plans, de l'utilisation admirable du son, de la couleur, de la musique (Stelvio Cipriani, Ennio Morricone, Bruno Nicolai...) et évidemment du travail de montage qui est véritablement impressionnant tout au long du film.

    L'angoisse est pourtant bien présente, et profonde, un peu comme si l'on pénétrait le cauchemar d'une personne inconnue et en ce sens, le film est tout autant dans une filiation avec Cronenberg ou avec un surréalisme à la Buñuel qu'avec le Giallo. Cet aspect onirique est d'ailleurs une part très importante du film puisqu'au fil du récit la mise en scène se sert de cette confusion entre le rêve et la réalité comme d'une invraisemblable passerelle entre les différents âges de cette fillette/adolescente/femme sans qu'aucune rupture ne se fasse sentir pour le spectateur malgré l'opposition chaque fois radicale des codes visuels utilisés. On passe sans problème, alors de la complexité d'une architecture hantée et labyrinthique (évoquant de grands chefs d'œuvres tels que 6 femmes pour l'assassin, Suspiria, Inferno et surtout Profondo Rosso) à la surexposition solaire écrasante et à un érotisme torride évoquant d'autres pans du genre autant qu'il convoque le polar, le cinéma érotique ou le film de Bikers, puis à une nature crépusculaire faite de ronces agressives, de lumière de lune et de paysages impériaux.

    Le tout semblant uniquement et aléatoirement guidé par la psyché de cette femme, son univers mélé de peurs, de désirs, de fantasmes de viol ou de meurtre qui compose alors une lecture de l'oeuvre à un tout autre niveau:
    Et si le film traitait alors clairement de la Féminité, des obsessions les plus obscures et refoulées, des peurs primales, de l'ambivalence du sang, des désirs secrets, des fantasmes extrèmes, du pouvoir d'attraction sexuelle, du rapport difficile à la mère et à la mort... ?

    En cela Amer dépasse de loin le simple film d'horreur et propose un champ de lecture multiple propice à la réflexion et à l'interprétation comme seuls ont pu le faire par le passé des artistes comme David Lynch, notamment dans des oeuvres telles qu'Eraserhead, Lost Highway ou Inland Empire.

    Quand au final, éblouissant, que je ne dévoilerais pas ici, il m'évoque bien plus The Devil in Miss Jones que le Giallo à proprement parler. À la différence qu'au lieu de s'enfiler des gorges profondes au kilomètre, Ana rêve de fuite interminables dans des espaces clos, de poursuites freinées par des ronces, d'une humidité inondante au point qu'elle s'y noie, du regard de désir des hommes et de meurtres, de sang... La petite mort copulant volontiers avec la grande mort.

    Et, au risque d'en froisser certains, pour moi Amer est un film de cette ampleur là, un véritable chef d'œuvre, déjà sur la voie du film culte et que l'on reconsidérera autrement dans quelques années, quelque soit la suite de la carrière de ces deux cinéastes, Hélène Cattet et Bruno Forzani, le film a déjà sa vie propre, qui échappe à ses auteurs.
    Cet incroyable premier film (!!!) s'affranchit déjà avec arrogance et classe de ces encombrantes références pour marcher de ses propres pas et se présenter fièrement au public comme la naissance en grande pompe d'un univers artistique novateur, brillant et totalement unique.

    La grande classe à l'italienne, mieux branlé que la moyenne et sans Aldo Maccione, quoi...

    L'édition en DVD proposé par Wild Side est - comme à leur habitude - absolument irréprochable, on regrettera simplement que la galette ne soit pas plus copieuse en bonus (une bande-annonce et un court La Fin de notre amour), en effet, d'autres courts existent et surtout, j'aurais adoré pouvoir avoir un aperçu du travail préparatoire concernant le film, d'une interview ou d'un doc sur les différents participants au projet, production, casting, photo, montage, réalisation, son, musique, etc... Le film s'y prêtait vraiment...
    Peut-être dans 10 ou 20 ans, quand le film ressortira archi culte et dans une édition ultime hyper collector... Avec un tee shirt pour garçons, cette fois, bandes de rats !!! lol


    Site web:  http://foxart4.blogspot.com/
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