Critiques du film: Blanc comme neige
    Blanc comme neige
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    Blanc comme neige
    Foxart
    Le 20/03/2010
    82 critiques
    Encore une fois un film qui me tentait moyennement mais pour lequel l'équation du casting a pesé très fort dans la balance: Cluzet, Gourmet, Zaccai, Lanners, Bourgoin au service d'un polar noir... Alléchant...

    Mais la qualité du film n'est malheureusement pas, cette fois à la hauteur de son beau casting...

    Le scénario est tèrs bon et cette descente au enfer d'un homme qui ne cesse chaque de faire les pires choix possibles avait vraiment tout pour être passionnante mais il manque cruellement deux choses au film: du rythme et du suspense...

    On a beau s'émouvoir sincèrement de voir le pauvre Cluzet s'enfoncer dans la merde jusqu'au coup et d'y entrainer sa famille au grand complet, le manque de suspense, de crescendo dans la mise en scène finit par être un vrai handicap pour le film et l'on se prend souvent à rêver de ce que Kieslowski (l'histoire des mauvais choix) ou les frères Dardenne (rois du suspense, l'air de rien) auraient pu faire d'un tel scenario. Le film ne décolle vraiment qu'à sa toute fin dans les paysages enneigés de Finlande... un peu tard.

    Heureusement que les acteurs compensent ce quasi encéphalogramme plat par leurs performances vraiment mémorables: Cluzet est impressionnant dans ce mélange de peur panique et de fronde bille en tête un peu pathétique, les frangins Gourmet/Zaccai sont vraiment très bons et convaincants de bout en bout, Bouli Lanners compose un étrange et passionnant personnage dont le rôle pourtant assez court imprime le film. Seule Louise Bourgoin peine à convaincre et s'avère même un sérieux bémol... Si elle est vraiment parfaite dans la première partie, dès que le film vire à la tragédie chacune de ses larmes et de ses cris sonnent salement faux... J'aime beaucoup cette fille, mais je pense que, soit elle a été négligée par le metteur en scène, soit elle n'est pas encore mure pour ce type de rôle. Le costume de La Fille de Monaco lui allait pourtant à ravir.

    Christophe Blanc peine - pour moi - à retrouver la force de son premier film, Une Femme d'extérieur (dix ans, déjà !), mais s'il reste être un excellent directeur d'acteur et un très bon scénariste, il ne convainc pas ici totalement dans le registre plus codé du polar qui doit s'imposer soit dans sa lenteur et son mystère (façon Melville...), ce qui n'est clairement pas le parti pris ici, soit dans le rythme et le suspense qui restent globalement mous et inégaux tout au long du film.
    Malgré quelques tentatives plutôt réussies notamment dans les scènes de bagarre et de poursuites (Le parking, le chenil, la neige...) mais c'est davantage dans l'entre deux de ces scènes que la tension ramollit et que le film pourrait devenir un poil ennuyeux s'il n'était chaque fois sauvé in extremis que par la qualité et la force d'un casting de grande classe.

    Il reste cependant tout à fait regardable, parfaitement honnête et plutôt pas trop mal, dans l'ensemble...




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    cristal
    Le 23/03/2010
    211 critiques
    Que peut donner un film d'auteur français qui s'essaye au thriller musclé rappelant sous bien des formes les chasses à l'homme de quelques frères Coen? D'agréables surprises, comme cet essai descendu par une majorité de la critique mais qui peut prétendre défendre une certaine tension cinématographique plutôt rare dans notre pays ; il n'est pas question cette fois de dire que la réalisation et la construction tripartite s'inspire de l'école américaine, car ça serait mentir. En réalité, Christophe Blanc parvient à insuffler un rythme interne à sa mise en scène qui guide le film entier jusque dans ses étranges contrastes. La première partie, maladroite exposition des faits et des personnages, demande tellement aux comédiens d'être installés dans ce qu'ils savent habituellement faire qu'ils n'y arrivent même plus! Mis à part François Cluzet, toujours impeccable, Olivier Gourmet et Jonathan Zaccaï se perdent dans deux pathétiques caricatures de la figure fraternelle, tandis que Louise Bourgoin peine à retrouver le charme de "La fille de Monaco". Son rôle trop en retrait est la principale raison de ce manque d'engagement à l'écran. Quant aux finlandais des seconds rôles, leur raideur se réduit elle aussi à la simple caricature des méchants en costumes. Pourtant, sans crier gare, le tourbillon peut surprendre dans son sommet vertigineux à partir duquel tous les éléments mis en places retombent comme des couteaux sur la tête du personnage, devenu la victime irrécupérable de ce drame financier (que le scénario refuse bêtement de nous expliquer). On ne sait donc pas grand-chose des raisons, il n'y a aucun pivot pour lancer le film dans une direction particulière, tout reste dans l'ombre ainsi on ne peut adhérer qu'à moitié à l'action qui en découle. Mais l'assemblage cruel, l'étau qui se resserre créé une empathie passionnante envers la victime. L'arrivée soudaine des étendues glacées de Finlande vient se superposer au mystérieux déroulement du film, n'apportant aucune logique véritable à un scénario manquant terriblement de précision et de finition. Pourtant, la chasse à l'homme devient dans le nouveau décor une poursuite infernale d'une force étourdissante ("Fargo" n'est pas loin, toute proportion gardée) ; toute dimension métaphorique mise à part, en éloignant d'emblée les questions que se pose le personnage au début du film (qui nous montre le point de chute de l'histoire), cette troisième partie vaut pour ce qu'elle est, c'est à dire un montage serré et hâletant qui permet de redonner une nervosité au film, le faisant passer pour virtuose alors qu'il est juste maladroit. Christophe Blanc réussit à travers cet enchaînement improbable à mettre en scène un véritable risque ; celui de couper en trois une action dont l'aboutissement est généralement la conséquence d'un début et d'une fin. Il prend aussi le parti de miser sur une réalisation au cordeau pour pallier d'évidentes carences scénaristiques. Au final, dans son étrangeté formelle assumée et déroutante, "Blanc comme neige" passe pour novateur alors qu'il est profondément classique et cela sans l'assurance nécessaire. On finit donc par se laisser transporter, voire bercer jusqu'au plan final, magnifique apparition d'un fantôme qui revient furtivement.

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