Critiques du film: Bad Lieutenant - Escale à la Nouvelle-Orléans
    Bad Lieutenant - Escale à la Nouvelle-Orléans
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    Bad Lieutenant - Escale à la Nouvelle-Orléans
    fannynours
    Le 19/03/2010
    76 critiques
    Terence McDonagh est inspecteur à la Nouvelle-Orléans. L'ouragan Katrina, en 2005, envahit la ville sous les eaux. Dans la prison, un homme toujours enfermé va se noyer. Terence et son acolyte prennent les paris sur l'heure de sa mort... Mais, bien avant que l'eau ne monte, Terence sauve le prisonnier. En se jettant à l'eau, son dos en prend un coup. Terence devra pour le reste de sa vie prendre de puissants calmants pour oublier sa douleur. Six mois plus tard, il est promu lieutenant et chargé d'enquêter sur le crime d'une famille d'immigrés africains. C'est un règlement de comptes entre dealers; Terence connaît le coupable, reste à réunir les preuves. L'enquête patine: le témoin, un jeune garçon, refuse de parler, protégé par sa grand-mère qui travaille dans une maison de retraite; le policier naïf qui mentait sur les récépissés des drogues conservées au commissariat n'ose plus fournir Terence en cocaïne; sa petite amie prostituée tombe sur les mauvais clients, qui ont le bras long; il perd tous ses paris sur des matchs et s'endette.



    Bad lieutenant: Escale à la Nouvelle-Orléans est un remake du film d'Abel Ferrara sorti en 1993, et que Werner Herzog affirme n'avoir jamais vu, pas plus qu'aucun des films du réalisateur. Tant mieux, moi non plus. Je me contente donc d'avoir découvert ce film sans le moindre a priori, et sans la moindre attente de performance "à la manière de". Et après un tel éclat, j'ai bien envie de regarder la version originale, pour comparer les forces des deux réalisateurs. Werner Herzog réussit un film à la limite de la perfection, au rythme lent et pourtant riche en action; son personnage principal, campé par un Nicolas Cage époustouflant, tombe dans les enfers avec un rire sadique génial.


    Le réalisateur privilégie les plans séquences, ce qui donne au film ce rythme tranquille. On prend aussi le temps, parfois, de s'attarder en plan fixe sur un visage, une respiration, pour donner plus de force à la reprise de l'intrigue. Werner Herzog joue également parfois sur un changement radical d'image, lorsque des iguanes - des reptiles en tous genres semblent perpétuellement errer dans la Nouvelle-Orléans - envahissent l'écran et le cerveau atteint de Terence McDonagh. Les plans serrés qu'il tente alors donnent une image très "vidéo", du fait de leur zoom intense et tremblant. Werner Herzog surprend le spectateur, prenant ainsi son temps, et atteint presque le burlesque lorsque l'action éclate. Les situations, tant elles sont installées avec force, font rire, alors que le scénario s'apparente à la tragédie.


    Nicolas Cage, le personnage central de ce thriller, offre une performance formidable. L'homme qu'il incarne, sans cesse entre corruption et fidèle combattant du crime, possède les caractéristiques d'un psychopathe doublé d'un homme blessé et amoureux. L'acteur entre complètement dans le costume de Terence McDonagh, et de plus en plus tout du long du film, les mimiques qu'il lui donne, sa démarche coincée, ses gestes crispés s'intensifient. Terence McDonagh est un homme malade et fou, prêt à tout pour coffrer les truands, tout en continuant à se droguer lui-même et offrir aux autres une apparence saine.


    Une réalisation sans faute, osée et classique à la fois, qui donne toujours plus de force à un scénario de très bon goût, et des acteurs géniaux, avec un Nicolas Cage épatant... que demander de plus? Certainement un film dont je me rappellerai dans mon bilan de l'année 2010!

    Site web:  http://fannynours.blogspot.com/2010/03/bad-lieutenant-de-werner-herzog.html
    jeremie747
    Le 09/07/2010
    264 critiques
    Le film s'ouvre sur un serpent et s'achève sur des requins, comme si Werner Herzog cherchait à nous faire réfléchir sur la nature du mal. Ce qu'on pourrait considérer comme tentation maléfique (le serpent) n'est peut-être en fait que de l'opportunisme (les requins)... En plaçant son intrigue dans le chaos post-Katrina de la Nouvelle-Orléans, le réalisateur nous montre des hommes évoluant dans un monde déserté par Dieu et où le mal rôde partout. Symboles de l'animalité de ces hommes d'après l'apocalypse, Herzog filme des reptiles (serpents, iguanes, alligators...) et fait appel au plus reptilien des acteurs hollywoodiens, Nicolas Cage, qu'il affuble d'une claudication rappelant immanquablement celle de son ex-acteur fétiche Klaus Kinski. Il campe un flic combattant certes pour la justice mais sans cesse rattrappé par ses addictions. Dans "Bad Lieutenant", il n'y a aucun manichéisme et le réalisateur interroge le célèbre mot de Machiavel "la fin justifie les moyens". Son propos semble être que même un homme dont les intentions sont vertueuses se laissera aller à l'incomparable plaisir du vice, s'il ne se sent pas menacé par une punition (divine ou terrestre). En définitive, la géniale folie de W. Herzog s'adapte parfaitement à ce film très immoral, souvent ironique et fondamentalement jubilatoire.

    vddan
    Le 21/06/2010
    90 critiques
    Le film : TRES BIEN !



    Enfin on retrouve un grand Nicolas Cage, dans un bon film noir. Ce remake du film de Ferrara fait dans la démesure et Cage n'est jamais aussi bon dans ce style de rôle. On aime ou pas !! Le scénario est connu, mais Herzog en a fait un film sous acide , provocation et belle Pépé....Eva Mendès est resplendissante ,fait la jolie plante pour humaniser notre anti-héros, qui au fil du film dérape de plus en plus. Oublier le film de Ferrara et voyez celui-ci comme une première lecture et les amateurs de polars excessifs et fascinant s'offriront des moments de francs délires
    Test complet.........

    Site web:  http://critiquesdefilms.over-blog.net/article-bad-lieutenant-escale-a-la-nouvelle-orleans-test-blu-ray-canadien-non-zone-52683808.html
    drfrankNfurter
    Le 11/04/2010
    82 critiques
    On était en droit d'être septique, Hollywood qui décide de réaliser un remake du chaotique Bad Lieutenant d'Abel Ferrara, et pourquoi pas celui de The Addiction, les vampires étant de nouveau à la mode. Et puis l'annonce qu'il s'agissait du cinéaste allemand Werner Herzog, le père d'Aguirre, la colère de Dieu ou du remake de Nosferatu, clamant avant tout son souhait d'en faire une libre adaptation ayant peu de rapports avec l'original pouvait-elle réduire les craintes... quand bien même Harvey Keitel céderait sa place à Nicolas Cage? Adieu donc New-York et ses bas-fonds, welcome to New Orleans post Katrina, sa moiteur et sa déliquescence. La gageure ou la catastrophe plus ou moins annoncée chez les cinéphiles est finalement aux abonnées absentes, mais la réussite l'est tout autant, la faute à un film finalement bancal. Si Herzog réussit à tisser une toile suffisamment poisseuse, on constate aussi que l'ancien ennemi intime de Kinski semble avant tout plus intéressé par l'ambiance et l'atmosphère putride et en marge de la Nouvelle Orléans que par le récit qui glisse lentement vers la farce hallucinogène. Dès lors, certains ont acclamé le jeu de Cage (1), capable de reprendre à son compte la folie inhérente chère aux personnages d'Herzog, quitte à en faire son nouvel alter ego kinskien, et pourtant... au jeu du plus cabotin, entre un Cage capillairement perdu pour la cause et un Herzog amateur de reptiles, le gagnant n'est pas celui qu'on pourrait croire... l'épilogue faussement fantasmagorique soldant parfaitement les comptes.
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    (1) Pourtant après sa performance dans Ghost Rider et autres navets, le neveu de Coppola pouvait-il mettre la barre encore plus haut?

    Site web:  http://therockyhorrorcriticshow.blogspot.fr/2010/04/cronico-ristretto-jarmusch-herzog.html
    le_Bison
    Le 14/07/2015
    162 critiques
    Katrina est passée par là, les inondations sont les témoins de ce désastre orchestré par les cieux orageux. Une prison désaffectée ou presque où l’eau froide monte, monte. Un détenu dans sa cage et l’eau noire qui monte, monte. Nicolas Cage et Val Kilmer. Pas forcément deux grandes références de mon cinéma hollywoodien. Pour le premier, ses films références datent du siècle dernier, Sailor & Lula, Snake Eyes, A Tombeau Ouvert. Pour le second, en dehors de son interprétation de Jim Morrison dans le film d’Oliver Stone, il n’a guère retenu mon attention. Malgré un calebut neuf en coton à 50$, Cage dans la peau de Terrence McDonagh, flic de la Nouvelle-Orléans, saute pour sauver ce prisonnier sans même attendre les pompiers. Il sera promu lieutenant pour cet acte héroïque mais surtout il sera gravement blessé au dos, lui donnant une démarche boiteuse, et une souffrance douloureuse, intenable et irrémédiable.

    Le lieutenant se tournera par conséquent vers le coté obscur de l’âme humaine. Il devient addict aux médocs et à la cocaïne. Bad, I’m Bad, yes I’m Bad… Who’s Bad ? Nicolas Cage ! En d’autres termes le bon flic dévie et devient un mauvais garçon. Et quand derrière la caméra se trouve Werner Herzog, j’imagine déjà que cela vite devenir déjanté, sorte de furie furieuse qui va se bousculer dans la tête de mon lieutenant.

    Bad Lieutenant n’hésitera pas à bousculer une vieille dame de son gros calibre, à faire les sorties de boites de nuit pour intimider les petits jeunes avec leurs poufs et leur racketter un sachet de dope, à s’aligner quelques rails dans la voiture, dans les chiottes du commissariat. Bref, il devient aussi voyou que ceux qu’il est sensé pourchasser. D’autant plus qu’une affaire de quadruple meurtre d’une famille noire vient mettre le commissariat en ébullition.

    [...]

    Site web:  http://leranchsansnom.free.fr/?p=3980
    cristal
    Le 25/03/2010
    211 critiques
    Werner Herzog aime se faire insaisissable ; l'homme du cultissime "Aguirre" qui, récemment, passait par la case documentaire sur les grizzlys et l'écologie ("Grizzly Man"), revient avec le non-remake du chef-d'oeuvre à moitié éponyme d'Abel Ferrara et signe le début d'un film noir qui se perd dans les méandres d'un trip psychédélique. On aura beau supplier que le film soit déjanté, jouissif et sadique, Herzog est très mauvais à ce jeu-là et on sent bien qu'il force le naturel. Ni la violence cradingue ni l'érotisme glauque ne nous parviennent un instant. Ni les délires de Nicolas Cage (excellent en héroïnomane allumé) ni sa petite enquête ne nous intéresse. Le petit monde d'Herzog est si personnel et expérimental (était-ce la peine de filmer en très gros plan vidéo des iguanes qui chantent?), pour ne pas dire prétentieux, qu'il empêche au spectateur toute participation. On a l'impression de voir un one-man show qui tourne à vide, où se croisent les performances d'acteurs et les dialogues qui tombent à l'eau. Le problème initial du film est qu'il fait de la substance illicite une permission pour faire de la réalisation un grand fourre-tout anti-psychologique ; et plutôt que de montrer les visions du flic drogué, on profite - le verbe est généreux - d'une hallucination de la part du cinéaste lui-même qui montre des iguanes dans le même champ que le lieutenant camé. Finalement la démarche du film est justement d'être ailleurs que dans le trip du style "Las Vegas Parano", mais plutôt dans un film policier classiquement narré mais d'où émergent des touches surréalistes qui sont directement l'effet de la drogue. Néanmoins, la construction bancale de l'enquête policière décrédibilise ce qui fait office d'apparence ; et le second film, le vrai, celui sur la métamorphose du réel et la chute verticale de la justice, de se planter au milieu d'un récit déjà perdu. Quant à la caméra à l'épaule, elle reste un grand mystère ; Herzog a-t-il voulu ne pas dénaturer la pesanteur imprégnée dans l'atmosphère de la Nouvelle-Orléans? A-t-il cherché à travers l'action directe de retraduire la mythologie noire du policier américain perdu dans les ghettos? Quoiqu'il en soit, la réalisation est un total échec dans le genre. L'ambiance se voulant profondément noire et sale, chaude et violente, jamais Herzog ne sait en capter la vérité et le désordre. Son "Bad Lieutenant" est en tous points un film presque trop propre, pas si audacieux qu'il ne le prétendait, et souvent ridicule et ennuyeux dans sa démarche formelle ; comme si cette hystérie ne s'assumait que sous le signe d'un essai abstrait, jamais d'un divertissement qui se doit de plaire au public malgré son convaincant désir de chambouler les codes. Toute la différence entre le danger du premier degré et la facilité du second.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
    cine-fils
    Le 30/03/2010
    13 critiques

    Bad lieutenant est un très bon polar sec et nerveux très différent des films policiers souvent boursouflés produits par Hollywood.Werner Herzog,grand maître du cinéma allemand des années 70 réussit son infiltration dans le cinéma américain en réalisant un film de genre dans lequel il impose sa marque personnelle.Le film est d'une grande virtuosité:La caméra est portée à l'épaule sans saccades avec une grande fluidité permettant un très bon repérage des acteurs dans l'espace.On retrouve la fascination de Herzog pour les acteurs hors norme.Nicolas Cage donne dans ce film sa plus belle prestation.Son jeu,nerveux et chargé a gagné en maturité et en vérité,sans la volonté agressive de démonstration qui pouvait gêner lorsqu'il était plus jeune.Il incarne un personnage excessif-comme ceux qu'incarnaient Klaus Kinski ou Bruno S-jadis.Il y a toujours eu chez Herzog un côté documentaire sur ses acteurs.

    Le personnage de Cage est un flic drogué et corrompu qui confond l'intérêt de l'enquête qui lui est confiée et ses propres intérêts.Son amie,interprètée par Eva Mendes est une prostituée,droguée dans un rôle proche de la nuit nous appartient.L'intrigue sentimentale est montrée avec ironie.

    Une ironie que l'on retrouve dans le dénouement final et dans le dernier plan qui montre des poissons dans un aquarium dans un film où l'action semble se dérouler devant les yeux énigmatiques des reptiles (alligators et iguanes) de la Nouvelle Orléans.Rien à voir avec la thématique catholique de la rédemption du Bad lieutenant d'Abel Ferrara.

    Site web:  http://blogs.allocine.fr/blogs/posts-preview.blog?pid=262823
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