Critiques du film: Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel
    Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel
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    Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel
    Aaricia
    Le 17/03/2010
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    Martine a été quittée par François et ne s’en remet pas. Elle devient inconsciente, caractériellement incontrôlable et pour finir, devient amnésique à la suite d’un accident. Par sécurité, l’hôpital aimerait la garder au service de psychiatrie durant quelques temps. La jeune fille trouve là une situation sécurisante qui lui plaît et de façon inattendue, s’épanouit dans le milieu.



    Le titre m’avait d’emblée plu, de par son côté énigmatique. Cependant, je pensais ne connaître aucun des acteurs. C’est faux, Frédéric Diefenthal et Serge Hazanavicius ne m’étaient finalement pas inconnus. Le premier, il joue celui qui délivre les permis dans Taxi et je n’ai jamais pu l’apprécier. Le second joue des rôles plutôt seconds dans Didier (un film qui a du chien, avec Alain Chabat et Jean-Pierre Bacri) et J’ai faim !!! (une comédie sur l’obsession du régime avec Catherine Jacob), et jamais je ne l’ai remarqué. Eh bien, dans ce film-ci, Frédéric Diefenthal a un rôle second et il m’est toujours aussi insupportable et l’autre a toujours un tout petit rôle. Et ce n’est pas parce que Valeria Bruni Tedeschi est la sœur de Mme Carla Bruni-Sarkozy que je la connaissais forcément. Et pour cette dame, il s’agit vraiment d’une découverte !



    Oui, l’actrice qui interprète Martine, personnage principal de ce film, a un jeu époustouflant, touchant, tellement juste. Alors qu’elle joue quand même une femme larguée, sur la corde raide, qui a perdu, au début du film, toute sa dignité, elle reste élégante, ou plutôt, le devient peu à peu et nous devient vraiment attachante. D’un naturel désarmant, avec un jeu sans ambages, elle nous transporte dans son aventure à la fois unique et banale.



    Oui, le thème basique est plutôt classique, elle se fait quitter, son cœur est détruit, elle perd toute décence, toute dignité, jusqu’à diminuer son propre corps et à enfouir la morale au plus profond d’elle-même. Qui n’a pas connu cet abaissement de soi-même à s’enterrer sous terre ? Qui n’a pas ressenti son cœur se briser en des milliers de morceaux lors d’un amour raté ? Ce que j’apprécie énormément dans ce film, c’est que, finalement, la réalisatrice n’a pas tenu à montrer que l’homme était un salaud et la fille une ratée. Non, personne n’est fautif, c’est la vie, voilà tout. L’amour est capricieux, les gens égoïstes et nous en subissons tous les conséquences, bon gré mal gré.


    Pour en arriver au thème principal, je comprends à quel point ce personnage, en ayant perdu toute stabilité, a pu se sentir mieux au contact de gens très instables dans un milieu très encadré. Car, tout compte fait, elle découvre des situations bien pires que la sienne, et surtout, chacune de ces personnes est seule, désespérément seule. La famille ne vient quasiment pas du fait qu’elle s’est déchargée des responsabilités trop lourdes à porter. Ce qui est surtout important pour Martine, c’est qu’elle se sent enfin utile, elle va même créer des situations qui n’ont pas lieu d’être, tellement qu’elle veut en faire. Mais, comme toute personne qui d’un coup se met à vouloir aider des gens pour combler un vide, des fois elle leur en veut parce que, selon elle, elle n’est pas du tout récompensée pour tous les efforts qu’elle a accompli. Je trouve que ce film est un merveilleux tableau de la complexité des sentiments humains, qu’ils soient dirigés vers lui-même ou vers autrui.


    Les internés de l’hôpital psychiatrique sont tous vraiment naturels, impressionnants, touchants, alarmants … Trois d’entre eux m’ont réellement marquée :


    - - la vieille dame qui s’habille de façon voulue provocante comme si elle était une adolescente qui souhaitait séduire mais qui agit comme un enfant en disant ce qu’elle pense avec une franchise désarmante et surtout, un amour débordant


    - -Pierre, le jeune qui écoute de la musique sans intermittence afin que personne ne puisse saisir ses pensées. Il est touchant à vouloir démontrer que les filles l’aiment toutes et à avoir des crises comportementales.


    - -Anne, la jeune internée maladivement timide (une très troublante interprétation de Claire Laroche, une actrice vraiment très sensible, je vous invite à visiter son site et son blog http://www.claire-laroche.com/les-gens-normaux.html).


    Selon moi, il y a un personnage parasite même si utile à l’histoire ; il s’agit du jeune Germain (voulu aussi intelligent que la protagoniste principale) que Martine souhaite mettre en contact avec Anne. Ce Germain (Melvil Poupaud) est évidemment intéressant en tant que tel, mais je trouvais que ses apparitions à l’hôpital étaient superflues, et même largement trouble-fêtes. Peut-être que je n'apprécie pas l'acteur et que sa présence m'agace un peu, donc je ne me sens pas très objective sur ce point-là.


    J’ai été fort désarmée par le naturel émouvant de cette réalisation. Une tranche de vie chez une femme qui était désemparée, et qui le sera peut-être encore plus à la fin du film, forte d’une expérience qui lui a ouvert les sens de façon anarchique mais aussi des interactions prenantes, réalistes, rancunières et amicales, égoïstes et généreuses. Rien de prétentieux, juste des sentiments qui sont des peintures multiples sur la toile fragile qu’est la vie.

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