Deep End

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    Deep End

    UTILISATEURS
    (3.5 pour 9 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    1970
    PAYS:
    Allemagne,...
    ACTEURS:
    + Fiche complète

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    Synopsis du film Deep End

    Cette oeuvre au ton instable est une plongée frénétique dans l’East End, négatif sinistre du Swinging London qui invoque les ambiances de Répulsion (Roman Polanski) ou de Blow-Up (Michelangelo Antonioni). Traversé par la musique des seventies, de la folk-pop de Cat Stevens au rock expérimental du Groupe Can, Deep End est l’un des films emblématiques du cinéma indépendant.

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    Shangols
    Le 05/12/2011
    28 critiques
    Voilà une œuvre terriblement rafraîchissante et attachante qui se passe dans un établissement de bains municipaux et qui nous conte les premiers émois sexuels d'un ado : on pourrait presque percevoir au détour de certaines scènes (notamment la visite surprise à une prostituée avec laquelle il taille la bavette : le côté initiatique, l'aspect naïf et un peu foireux, l'humour) quelque chose de l'état d'esprit de L'Attrape-coeur et cela représente en soi, à mes yeux, déjà un immense compliment. Notre jeune ado au teint frais comme les blés va s'amouracher d'une rousse de feu d'une vingtaine d'années - forcément plus délurée (la pétillante et diablement sensuelle Jane Asher) et n'aura de cesse de chercher à ruiner ses plans amoureux (en plus de son fiancé, celle-ci couche avec un prof de sport qui vient régulièrement à la piscine) : on sent, comme on dit, que la sève monte chez notre petit jeune et qu'il se verrait bien passer une première nuit d'amour inoubliable avec sa collègue dont les gambettes souvent dénudées sont déjà toute une promesse... Notre gamin aura pourtant l'occase de se faire la main sur certaines des clientes des salles individuelles qui ont la quarantaine bien sonnée : nombreuses sont celles qui l'enfermeraient avec plaisir dans leur cabine... mais trop effarouché ou simplement terriblement gauche, notre ado reste puceau. Il n'est pas dit cependant que la belle Jane ne finira pas par livrer ses charmes à notre collant teen passionné. Mais qui dit passion dit bien souvent...

    Rythmé par la musique seventies de Cat Stevens et de The Can (quelques morceaux qui swinguent grave), le film se suit avec un réel bonheur : nombreuses sont les séquences automatiquement "cultes" dont on savoure à la fois l'ironie, la causticité mais aussi, bien souvent, l'érotisme terrible qui en émane ; citons notamment cette scène dans une salle de cinoche où notre ado, spectateur assis un rang derrière sa belle, se plaît à lui caresser un sein : elle est alors accompagnée par son fiancé mais elle se laisse faire quelques secondes avant que le jeune homme se mange une bien jolie baffe - ces petits jeux érotiques ne cesseront de monter en intensité et la rousse de finir par enfumer l'esprit de l'ado vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; il la suit, la harcèle, la dévore des yeux jusqu'à ce qu'elle finisse par lâcher, fatalement, du lest... Outre cette tension sexuelle quasiment constante - notre jeune homme devrait tout de même bien finir par "le grand saut", stricto sensu (voir la séquence prophétique et un chouilla symbolique où il se jette du plongeoir pour aller rejoindre flottant dans la piscine le poster grandeur nature de son fantasme) - qui transpire dans de nombreuses séquences de cette œuvre tendue comme un maillot de bain trop petit (parmi les clientes qui ont le feu au derrière, la palme revient à cette blonde qui sert sauvagement notre jeune homme tout en racontant un but de George Best - un but réellement jouissif...), il y a une réelle complicité qui finit par se nouer entre nos deux jeunes gens qui jouent avec les frontières de l'excitation - la longue séquence où ils se mettent à chercher un diamant dans la neige (plus dur qu'une aiguille dans une botte de foin - y'a un symbole là aussi, moi je dis) est franchement inénarrable et finit en apothéose sur les carreaux de la piscine - superbe scène d'amour filmée avec une véritable beauté (tout comme la plupart des scènes sous-marines) et une grande pudeur par le sieur Jerzy.

    Dès le départ, on est plein d'empathie pour ce jeune homme qui a les deux pieds dans le même sabot. On sent qu'il va être à rude école - sentimentale - avec cette rousse qui se moque gentiment de lui. Skolimowski a le don d’enchaîner les saynètes dans un décor ultra minimaliste, la fougue de nos jeunes gens, la drôlerie de la plupart des situations ou des divers personnages secondaires (les clientes délurées, la caissière frustrée, la prostituée plâtrée, le prof de sport libidineux...) faisant rapidement passer outre la toile de fond aux couleurs pétaradantes (Shang)

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    Je partage complètement l'enthousiasme de mon camarade vis-à-vis de cette chronique sexuelle vibrante de couleurs et de spontanéité. Complètement ancrée dans son époque sans tomber dans un psychédélisme de foire qui pourait en déranger le propos, cette oeuvre est tout bonnement lumineuse, et s'avère être un portrait aussi simple que juste sur le passage à l'âge adulte et la découverte des joies (et frustrations) se situant sous la ceinture. Pas de longs discours pénibles, juste un ton impeccable, entre amertume et humour, pour nous raconter els déboires de ce pauvre jeune homme pris dans l'époque post-soixante-huitarde de l'émancipation tous azimuths des femmes : celles-ci ne s'en tirent pas forcément avec les honneurs, tant Skolimovski se délecte de es montrer soit comme des arpies vieillissantes en manque de sexe, soit comme des semies-prostituées vénales, soit comme de franches putains démolies (le pute à la jambe dans le plâtre). On sent que le cinéaste observe cette nouvelle forme de féminité avec une sorte d'humour ricanant ; mais il y mèle une telle tendresse, et il lui oppose un personnage masculin si candide et naïf, qu'on comprend aussi que Skolimovski, derrière la satire, applaudit cette liberté naissante à l'époque. La musique de Cat Stevens apporte une touche de modernité supplémentaire à ce film déjà complètement de son époque, et les couleurs (la peinture rouge du générique est un grand moment du film, mélant les teintes bariolées du psychédélisme au sang, le sexe à la mort, la violence à la joie) ne ceseront de venir nous câliner les yeux pour adoucir la causticité des portraits.

    Quant au "héros", qu'on aurait pu tout aussi bien imaginer sous la caméra de Milos Forman, il est parfait, aussi beau que niais, aussi maladroit qu'insolent. On assiste pendant 90 minutes à une plongée dans les fantasmes d'un garçon des années 70, depuis le trouble quand il voit sa mère venir aux bains publics où il travaille, jusqu'à l'accomplissement sexuel, en passant par le culte presque fétichiste de l'image de la bien-aimée, le désir d'une sexualité libre et en apesanteur (la belle idée des scènes de cul sous l'eau de la piscine) ou la frustration de ne pas "faire partie du cercle" (la carte de membre qu'il faut obtenir pour courtiser la belle dans les endroits chics). Skolimovski fait le tour de la question sans jamais être lourd, en gardant toujours ce petit ton léger, en utilisant l'anecdote minuscule plutôt que les gros effets : c'est doux et drôle, beau et simple. Réussite, donc, pour cette petite bulle modeste. (Gols)

    Site web:  http://shangols.canalblog.com/archives/2011/12/05/21715357.html
    cinemapolis
    Le 29/12/2011
    1 critique
    Après une resortie en fanfare cet été, porté par la rétrospective Jerzy Skolimowski du Festival Paris Cinéma, Deep End est disponible en DVD et Blue Ray pour celles et ceux qui l’auraient raté en salles. L’occasion de découvrir le film fétiche d’Etienne Daho, et de toute une génération. Une édition qui réserve de belles surprises dans les suppléments avec notamment un documentaire de 75 mn très bien ficelé qui revient sur les conditions de tournages du film, une reflexion sur les scènes coupées et la lecture de l’article rédigé par Etienne Daho pour Libération.

    Deep End aurait dû s’appeler Starting Out, titre original prévu par le réalisateur polonais. Mais, au dernier moment, changement de cap : ce sera Deep End qui convient mieux à l’histoire sombre portée à l’écran. Inspiré d’un fait divers macabre, Deep End est bien un conte noir sur l’éveil à la sexualité d’un adolescent, employé d’une piscine de l’East End londonien, qui se retrouve piégé dans la toile d’araignée tissée par sa belle collègue, la flamboyante rousse Susan (Jane Asher), une femme libérée.

    Au contact d’une provocatrice, Mike, un jeune homme au teint d’albâtre et aux manières timorées (John Moulder-Brown), découvre une sexualité glauque où le désir se marchande et perd ainsi son innocence. On pourrait croire que Jerzy Skolimowski a choisi, en mettant en scène un jeu pervers de domination et de fascination, de dépeindre le passage à l’âge à l’adulte d’un jeune des faubourgs "mal dégrossi". Mais, si son emploi aux bains ouvre à Mike tout un univers de fantasmes, le film ne montre pas l’émancipation affective et sexuelle du personnage principal (son nouveau départ) mais l’impasse existentielle à laquelle il se heurte, soulignant ainsi les affres de la passion, la dangerosité de la jalousie et la tristesse du sexe facile.

    Bien plus qu’un portrait du Swinging London, Deep End marque la réappropriation d’un univers fantasmé par le réalisateur qui a su mettre en scène la part sombre des années 1970. Presque entièrement tourné en Allemagne, dans les Bavaria Studios, la genèse du film est en soi une farce qui fait écho au jeu de dupes de Susan et Mike. Le documentaire révèle que Christopher Sandford qui interprète le petit ami de Susan a non seulement contribué aux dialogues en improvisant régulièrement mais qu’il a également servi de répétiteur pour montrer aux acteurs allemands comment prendre un accent cockney. Pourtant, au final, la magie opère et le spectateur a vraiment l’impression d’être transporté à Londres.

    Jerzy Skolimowski est un petit farceur qui aime jouer avec les codes cinématographiques et parsemer son œuvre de clin d’œils plus ou au moins autobiographiques. Le réalisateur apparaît dans Deep End, de manière furtive, dans la scène du métro où il lit un journal communiste. Subtil hommage à Hitchcock ou clin d’oeil au public polonais qui connaît les raisons de l’exil du réalisateur, Jerzy s’amuse tout en instruisant.

    Pour filmer la scène du cinéma porno, Jerzy décide d’être également le réalisateur du film porno, La Science du Sexe, diffusé à l’écran. Les acteurs bavarois auraient, paraît-il, beaucoup apprécié de participer à cette mise en abime qui, à l’époque, tournait en dérision un cinéma porno très en vogue.

    Si Jerzy aime parsemer Deep End de moments cocasses, sa réalisation ne doit rien au hasard. C’est une véritable réflexion sur le cinéma qui a accouché de ce chef d’œuvre. Très influencé par Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, le réalisateur a tenu à doter son films de superbes couleurs. Il a fait repeindre l’extérieur du club de Soho. Lorsque des raccords existaient entre les scènes tournées à Londres et à Munich, il a su faire preuve d’ingéniosité, utilisant un seul élément du décor comme la grille du parc de Munich et celle du parking de Londres pour lier les deux séquences et faire croire que Deep End a été filmé en un seul endroit.

    Mais la réussite de Deep End doit surtout à l’intelligence d’un réalisateur qui, alors qu’il sortait du film qu’il considère comme la pire réalisation de toute sa carrière - Les aventures du brigadier Gérard-, a su s’entourer d’acteurs talentueux - Jane Asher, John Moulder-Brown, Diane Dors, Christopher Sandford, Burt Kwouk de la Panthère Rose -, s’appuyer sur la musique de Cat Stevens et du groupe de rock expérimental Can pour décrire, caméra au poing, avec des mouvements fluides, la plongée en eaux troubles d’un adolescent en passe de devenir meurtrier par amour.

    Pour toutes ces raisons, Deep End est un film à (re)-découvrir.

    Retrouvez Deep end sur le lien du Distributeur Carlotta Films qui réédite ce magnifique film:
    http://www.carlottavod.com/film-615-deep-end.html?vmcchk=1%3E

    Site web:  http://www.cinemapolis.info/463-deep-end-reedition-par-carlotta.html
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