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    Lorsque le trailer de ce film est paru, je me souviens de m'être fait la réflexion que si j'avais pleuré devant rien que le visionnage du trailer, je pleurerais et serais ému par le film entier, et maintenant que j'ai vu le film entier, je peux dire que mes sens ne m'ont pas trompé. Pourtant ce n'était qu'un échantillon du film de 2min35 environ, et monté de manière assez anarchique, mais l'évocation de ce personnage si emblématique qu'est Mary Poppins, aura suffit à me renvoyer à l'esprit, autant mon enfance, que mon amour immodéré d'enfant pour ce personnage aux milles facettes.

    Rob Marshall, le réalisateur de Chicago notamment, et Mémoire d'une Geisha, produit par Steven Spielberg, parmi ses plus célèbres, s'attaque à cette icône Disneyenne en donnant une suite à ses aventures avec les enfants Banks.
    L'histoire débute lorsque Michael, Jane, et les propres enfants de Michael se voient quasiment expulsés de leurs maisons car Michael a engagé un prêt avec la banque qui l'emploie en oubliant de rembourser ses mensualités pendant 3 mois. De ce fait, débarque à sa maison, deux huissiers de ladite banque pour lui donner une mise en demeure avec un ultimatum, si il ne rembourse pas la totalité du prêt avant vendredi minuit, l'hypothèque de sa maison prendra effet et son bien sera saisi par le directeur de la banque. 
    Michael et sa soeur Jeanne sont désespérés, et ils essaient de cacher leurs soucis aux enfants de Michael autant que faire se peut. Michael se souvient que son père a signé un papier de possession d'actions de la banque et cette somme pourrait l'aider à ne pas perdre sa maison dans lequel il a vécu toute sa vie. Il monte au grenier et tombe sur le collier de sa femme, décédée, il n'y a pas très longtemps et dont il n'arrive pas à faire le deuil. Il retrouve également son vieux cerf-volant, et le descend aux ordures avec tous ses vieux dessins. 
    Pendant que ses trois enfants, John, Annabel et Georgie se promène au parc, un vent violent se lève et emporte le cerf-volant qui rejoint bientôt les enfants au parc. Georgie le poursuit et s'accroche à lui. Il le fait voler, quand soudain le vent redouble de violence, et Georgie commence à s'élever dans le ciel. Jack, un ancien employé de Bert le ramoneur, qui est lui-même devenu allumeur de réverbère rattrape Georgie alors que ses pieds quittent le sol. Il tire sur la corde, et bientôt apparaît de derrière un nuage, une silhouette familière, qui descend lentement du ciel vers la terre, Mary Poppins.

    Voilà pour le gros de l'intrigue, inutile de dire que cette première apparition de Mary va provoquer par son afflux de nostalgie, des petits pincements au coeur et des petites gouttes dans les yeux de ceux et celles qui comme moi, adorait le premier film de Disney. Inutile de dire aussi que la composition de Mary Poppins que fait la sublime et fantastique Emily Blunt est parfaite en tout point. C'est bien Mary Poppins qui est devant nous, et Julie Andrews pourrait être fière de sa remplaçante tant elle incarne à la perfection le personnage, mélange de douceur, de vanité, de fermeté et de folie. Jack lui, joué par Lin-Manuel Miranda, acteur-chanteur-danseur de Broadway et compositeur des chansons de Vaiania de Disney, est un très bon palliatif à Dick Van Dyke pas complètement absent du métrage d'ailleurs (on en dira pas plus pour préserver la surprise du spectateur). Le casting est complété par Ben Whishaw qui compose un Michael parfait, digne successeur de son père, à la banque, et miroir des mêmes problématiques d'adultes qu'il ne sait dépasser, et Emily Mortimer qui joue une Jane adulte, révoltée et passionnée, membre du parti des travaillistes et syndicalistes acharnées pour le soutien des ouvriers, beaucoup plus fidèle à la petite fille qu'elle était. On trouve ensuite Colin Firth dans le rôle du directeur de la banque, et Meryl Streep dans le rôle de Topsy, la cousine de Mary Poppins.

    Avec ce film, d’après les personnages de P.L Travers, Rob Marshall et son scénariste, David Magee, scénariste entre autre de l'Odyssée de Pi et de Neverland, donc pas un débutant des univers oniriques, s'emploient à donner une suite plus que satisfaisante au premier film dans lequel, Mary Poppins vient en aide à nouveau à Michael et Jane, et un peu aux enfants de Michael comme le caractérise très bien cette réplique : 

    "La même chose que la première fois, je viens m'occuper des enfants Banks.
    Anabel : Nous ?
    Oui, vous aussi".

    On reconnaît bien là le goût du scénariste de l'Odyssée de Pi et de Neverland pour les symboliques, car que ce soit les chansons, pas toutes mémorables, mais dont deux au moins sortent du lot, "Où vont les choses" et "a t-on jamais vu ça" respectivement sur l'acceptation du deuil et la quête de l'imaginaire dans le quotidien, ou encore certains événements (dont un vase de porcelaine cassé qui va avoir un double sens symbolique), tout n'avance que par des images fortes, et des thématiques liées à la quête de la lumière qu'on a perdu.
    Au final on se retrouve avec un trés bon film pour enfants, qui fera très certainement verser sa petite larme à tous et toutes les nostalgiques de Mary Poppins. Un film qui ne prend pas les enfants pour des idiots, ne les infantilise pas, et n'hésite pas (comme Neverland ou Pi) à les confronter même à la terreur, ou à leur subconscient : de la peur du noir, à la peur des monstres.

    Rob Marshall réussit un très bon film, avec de magnifiques chorégraphies, quelques séquences d'actions honorable, une très belle lumière faisant de Londres quasiment un personnage à part entière. Et c'est avec plaisir qu'on retrouve le 17 avenue des cerisiers, comme si on ne l'avait jamais totalement quitté. Sans égaler le premier film, cette suite de Mary Poppins n'a pas du tout à rougir d'elle-même, tant tout est rassemblé pour en faire un divertissement de qualité, réalisé avec passion et sincérité. Comme le dit Rob Marshall lui-même, Mary Poppins est tout pour lui, le premier film de Disney vu, et surtout celui qui a influencé énormément sa vie sur la comédie musicale et le cinéma.

    Bonus : Les bonus sont assez conséquents, un magnifique making of assez complet qui revient sur tous les points de fabrication du film, des décors, au chorégraphie en passant par la musique. Un bel hommage à Dick Van Dyke, les habituels bêtisier et scène coupée. Une chanson alternative (envisagée au début puis remplacer par une autre) dont on comprend pourquoi elle a été re-écrite car elle faisait trop de similitudes avec une chanson sur l'inversion des valeurs qu'interprète Topsy, la cousine de Mary Poppins. Quelques bandes annonces, et une featurette sur une séquence un peu hommage au premier, mêlant comme l'original, acteurs filmés sur un fond vert (noir pour l'original) et animation en dessin animé à la main. A noter que le film vous est proposé en deux versions, la version cinéma, et la version karaoké dans lequel les chansons sont sous-titrées et dont les paroles sont surlignées en rythme pour pouvoir être chanté par le spectateur en même temps que les artistes.

    En DVD, Blu-Ray, coffret Mary Poppins/Le Retour de Mary Poppins et en VOD le 26 avril 2019. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

    Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories tout le cinéma de cette année et dans un autre genre : les productions françaises.

    Nous voilà donc embarqué dans des tableaux plus ou moins féeriques ou magiques mêlant prises de vues réelles et animation avec ici, succédant à Julia Andrews, Emily blunt qui reprend le rôle phare de Mary Poppins (Looper, Sicario, Sans un bruit…). La jeune actrice s’en sort plutôt très bien contrairement à Meryl Streep dont on ne comprend pas trop ce qu’elle fait ici….

    Site web:  https://www.cine-toile.com/2019/05/rattrapage-video-retour-de-mary-poppins-de-rob-marshall-emily-blunt-colin-firth/
    Affiche du film Inception
    Inception
    Par breakmovies Le 08/05/2019
    J'ai beaucoup aimé ce film

    Site web:  https://www.breakmovies.com
    Pour les fêtes, les créateurs de « la Grande Aventure Lego » dépoussièrent le mythe Spider-Man avec un film d’animation hors du commun. Si le scénario est parfois un peu convenu avec des enjeux pas toujours très clairs, le spectacle est au rendez-vous. Graphiquement, le rendu est proche de la BD (on voit même le piqué de la BD sur les visages des personnages) et action et humour font bon ménage! Peter Parker passe ici le relais à Mile Morales fils d’un policier noir et d’une infirmière latino qui va devoir découvrir ses nouveaux pouvoirs et en même temps, faire équipe avec toute une équipe de spider-héros (un Spider-man noir, Spider-Gwen, une Spider woman sorti d’un manga et un spider-cochon tout droit sorti d’un Looney Tunes!). C’est drôle, énergique et visuellement étourdissant et une bonne raison d’aller faire un tour au ciné en famille!



    Site web:  http://www.cinedingue.com
    Je me souviens encore, il y a bien longtemps, quand ma grande sœur me lisait Les Aventures de Mary Poppins. Le nom de sa créatrice, la romancière et journaliste Pamela L. Travers ne figurait pas sur la couverture qui portait simplement la mention « Walt Disney présente ». Le nom de Disney était sans doute déjà bien plus vendeur…

    C’était un vieux livre, issu de la bibliothèque rose, qui avait dû lui appartenir. J’adorais qu’on me lise des histoires, ce qui a sans doute développé mon goût pour la lecture. J’écoutais donc religieusement ses paroles. Mais par-dessus tout, je me souviens que je passais ensuite des heures à parcourir les illustrations qui sont encore bien ancrées dans ma mémoire. Cette nanny anglaise, virevoltant de toits en conduits de cheminée avec un incroyable sac à un bras et un étonnant parapluie à tête de perroquet de l’autre, faisait vagabonder mon imagination...

    Ce n’est que plusieurs décennies plus tard que je découvris enfin intégralement son adaptation avec Julie Andrews. En ces temps-là, seuls quelques extraits étaient parfois diffusés à la télévision, les VHS n’avaient pas encore fait leur apparition, sans parler des DVD. Pour ceux qui se poseraient la question, non, non, je ne suis pas centenaire ! ;)

    https://www.imgrum.pw/

    Quand j’ai découvert que la talentueuse Emily Blunt (Le Diable s’habille en Prada, La Fille du train, etc…) avait pris de relais, je me suis précipité pour découvrir ce Retour de Mary Poppins.

    Dans cette suite, les enfants sont devenus adultes. Michaël, qui vient de perdre sa femme, se retrouve seul, si ce n’est la présence de sa sœur Jeanne, pour élever ses trois enfants et cumule les problèmes. Heureusement, tel un ange tombé du ciel, débarque à nouveau Mary Poppins pour d’abord remettre un peu d’ordre et enfin redonner espoir et joie de vivre dans leur maison de famille qui est sur le point d’être saisie.


    Comme le premier, ce film musical signé Rob Marshall (Chicago, Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence, Into the woods…) déborde d’inventivité et de loufoquerie : personnages improbables, chansons à gogo et jeux de mots en tous genres.

    Mais ce qui fait sa force, c’est surtout qu’il bénéficie d’un casting de premier choix. Outre Emily Blunt, toujours parfaite même si peut-être un peu plus pince sans rire que Julie Andrews, on retrouve Ben Whishaw (inoubliable Jean-Baptiste de Grenouille dans Le Parfum), Emily Mortimer (parfaite dans The Bookshop) et également Julie Walters (Harry Potter, Mamma Mia ! 1 & 2…) dans le rôle de la gouvernante, Colin Firth dans le rôle du méchant banquier, Angela Lansbury dans le rôle de la vendeuse de ballon et la grande Meryl Streep, pas avare en cabotinage dans celui de la farfelue cousine Topsy.

    A noter enfin, un clin d’œil de Dyke Van Dyke qui partageait la vedette du premier avec Julie Andrews.

    Une pléiade d’acteurs de talents au service d’un joli film à voir en famille même s’il ravira sans doute davantage les petits et qu’il aurait gagné à être un peu plus court.

    Quant à savoir s’il figurera parmi les films comiques 2018 préférés des critiques, je vous laisse aller jeter un œil sur Cinetrafic pour vous faire votre opinion.

    Pour ma part, j’ai beaucoup aimé son esthétique et ses effets visuels assez proches de l’original. Certains plans et scènes nous replongent carrément dans l’ambiance du premier dès le générique, peintures, mate painting et personnages animés y sont pour beaucoup je crois.

    Site web:  http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.com/2019/05/dvd-le-retour-de-mary-poppins-rob.html
    Rob Marshall a dû renoncer aux bas résilles et au galbe incandescent de jambes interminables, tout autant qu’au boulevard sur musique suédoise. Plus rien de vulgaire n’est permis pour Le retour de Mary Poppins. Frimousse à nettoyer, gilet à réajuster, col à reboutonner : tout doit être impeccable. Emily Blunt avec son air malicieux est elle-même assez parfaite pour succéder dans le rôle à Julie Andrews (qui, en même temps que Poppins sortait sur les écrans, prêtait de son côté sa voix à la bestiole marine chevauchée par Aquaman). Dans cette suite aux allures de remake, les chorégraphies ne sont pas toutes inspirées (parfois plus de gesticulations que de danse comme dans le ballet des allumeurs de réverbères) et une seule écoute ne suffit pas toujours pour que les chansons de Scott Wittman et Marc Shaiman restent à l’oreille. Pourtant, le grand soin porté à l’ensemble (les décors, les personnages) et surtout toute la fantaisie qui s’en dégage font de cette comédie musicale une petite réussite. On peut bien sûr évoquer la folie que consacre Meryl Streep à son personnage de cousine Topsy ou le plus discret David Warner en amiral Boom, le détonnant gardien de la ponctualité londonienne. C’est cependant l’aventure... Suite à lire sur LA Kinopithèque.

    Site web:  http://www.kinopitheque.net/le-retour-de-mary-poppins/
    Affiche du film Hellboy
    Hellboy
    Par sebd59 Le 12/05/2019
    Alors que les retours venant des USA n'étaient vraiment pas très bon, c'est avec horreur que l'on découvre le résultat final de ce remake absolument pas désiré vu que c'est un troisième volet dirigé par Del Toro que l'on voulait voir. En dehors de deux scènes, le film n'arrive absolument pas à s'en sortir. Le scénario est totalement bâclé du début à la fin. L'introduction des personnages est inexistante, les punchlines sont foirées, les FX datent du début des années 2000, les scènes sur fond vert ressortent énormément (le problème étant la colorimétrie des scènes et surtout les acteurs qui ressortent énormément)… Et pour tenter de faire croire que c'est un bon film, on y va en mode décomplexer avec de la musique rock. C'est tellement décomplexé que les acteurs jouent comme des cailloux, car ils donnent l'impression d'en avoir rien à cirer de ce film. Sérieusement, après cette purge qui n'aura jamais de suite, on pourrait repartir sur quelque chose de sérieux et redonner les manettes à Del Toro pour qu'il termine sa trilogie.

    Site web:  https://wp.me/p99iN1-1H9
    On ne s’y attendait pas, mais le meilleur film autour de l’homme araignée depuis la trilogie de Sam Raimi est celui-ci : Spider-Man : Into the Spider-Verse en version originale. Un film d’animation produit par Sony qui a tout d’un grand et qui a eu un beau succès surprise à la fin de l’année 2018.

    Pour réaliser cette pépite fun, colorée et pop, il aura fallu trois réalisateurs, Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman ; et Phil Lord (à qui l’on doit 21 Jump Street et La Grande Aventure Lego) au scénario. Adapté de comics, ce nouveau Spider-Man ose l’originalité. Il ne sera pas question d’un énième reboot mais bien d’une nouvelle aventure, fraîche et passionnante, porté par non pas Peter Parker mais Miles Morales, un ado afro-américain se faisant mordre par une araignée radioactive. Les thématiques restent les mêmes (sortie de l’adolescence, questionnements, responsabilités et choix) mais l’apparition du Spider-Verse bouleverse tout. Voilà que l’on se retrouve avec non pas un Spider-Man mais 6 !

    Si le contenu est émouvant et juste, délirant et passionnant, qu’en est-il de la forme ? Une réussite ! Les animations sont superbes et se permettent une liberté et une créativité dans la mise en scène que l’on ne retrouve pas dans les films « live ». Chaque plan regorge de détails, de couleurs et essaie de nous surprendre, de nous sortir des sentiers battus. C’est une petite bombe esthétique et on en prend plein les mirettes. On comprend vite pourquoi il a remporté l’Oscar du Meilleur film d’animation (ainsi que celui au BAFTA et aux Golden Globes). Et cerise sur le gâteau, la bande son est démente !

    Ce Spider-Man en version animée est une réussite en tout point. Pop et décomplexé, il redonne foi dans les films de super-héros et n’aura aucun mal à devenir un des dessins animés les plus aimés des spectateurs.

    Site web:  http://mygardenstate.fr/index.php/2019/05/spider-man-new-generation/
    Jusque-là, le film de super-héros ultime existait pourtant, mais il ne s’agissait pas d’une adaptation de franchise papier : les Indestructibles est tout simplement formidable, s’appuyant avec un soupçon de nostalgie sur l’aura ancestrale des premiers héros costumés tout en proposant une histoire moderne, percutante, drôle et pleine de rebondissements. Faut-il donc aller voir ailleurs que dans les séries dessinées et trouver sa propre voie pour créer quelque chose d’unique, qui plaise tant aux fans de la première heure qu’au nouveau public ? Sony et son département Animation ont la réponse : non, il suffit d’être malin, de croire en un projet porteur, de rassembler des talents et de trouver le ton juste. En fait, c’est loin d’être facile, et il est certain que la recette miracle n’existe pas.
    Toujours est-il qu’ils ont réussi un coup stupéfiant avec Spider-Man : into the Spider-verse, une œuvre dynamique, joyeuse, éblouissante, profondément respectueuse des codes et des histoires créées voici un demi-siècle, jouant intelligemment sur les clins d’œil aux lecteurs et amalgamant le tout dans un emballage de premier choix.
    Honnêtement, en dehors de ceux qui sont réfractaires au monde de l’animation (il y en a, malheureusement), je ne vois pas comment on pourrait dédaigner cet hommage spectaculaire au héros co-créé par les regrettés Stan Lee et Steve Ditko. Se démarquant de la direction prise par le personnage dans le MCU (depuis que Sony a autorisé Marvel à l’exploiter à l’écran dans Spider-Man Homecoming et le prochain Far from home), Spider-Man : New Generation (on ne le dirait pas mais c’est la version française du titre original…) joue la carte de l’amalgame des versions en s’appuyant sur un multivers bien pratique, fusionnant d’abord la trame classique (Peter Parker, étudiant vivant chez sa tante May le jour, justicier arachnoïde la nuit) avec l’univers Ultimate (Miles Morales, jeune métis afro-latino, fils de flic) puis introduisant avec un évident plaisir d’autres avatars de notre Homme-Araignée préféré, dont une Spider-Girl et un… Sipder-Cochon.
    Ce gloubi-boulga était un pari risqué mais il prend corps avec une étonnante fluidité dans un script plutôt classique mettant en avant les rites d’initiation et les responsabilités qui incombent à ceux dotés d’un pouvoir hors normes. Le mantra d’oncle Ben est bien présent, mais intelligemment esquivé tout au long de ces deux heures denses et intenses.
    Tout commence chez nous. C'est-à-dire, notre univers à nous (celui qui les Marvelophiles connaissent sous le code de Terre-616), sauf que Miles y est aussi présent que Parker. Voyons un peu comment.
    D’abord, on a droit à une géniale intro à la première personne réussissant en quelques secondes à nous résumer la vie et la carrière du super-héros aux lance-toiles : Peter Parker alias Spider-Man nous parle et se présente à nous, divulguant son secret, ses réussites et son exceptionnelle vigueur – car, sachez-le, l’Homme-Araignée tombe parfois, mais se relève toujours, quelle que soit l’adversité. Et ce soir-là, Spidey a fort à faire, faisant face à des ennemis mandatés par le tout-puissant Caïd : il veut absolument mettre fin au projet du chef de la pègre visant à ouvrir une faille dimensionnelle sous Manhattan dans le but de trouver dans un autre univers une version de sa femme et de son enfant, morts dans un accident alors qu’ils le fuyaient. Parker sait le risque encouru par un projet de cette envergure et il tente de le raisonner. Dans le même temps, Miles essaie de s’intégrer dans nouveau lycée mais son quartier populaire lui manque et ce n’est pas la nouvelle élève à la mèche séduisante qui lui mettra suffisamment de baume au cœur. Il va donc faire le mur afin de trouver du réconfort chez son oncle, un gars cool qui le laisse notamment développer ses talents de grapheur en lui trouvant des spots à la hauteur. Cette nuit, c’est dans une galerie désaffectée du métro qu’il s’en donne à cœur joie, mais c’est sans compter sur une araignée radioactive qui vient le piquer sans lui demander son reste.
    Holà, me direz-vous, mais il va y avoir deux Spider-Men ? Mais non, vous répondrai-je, il y en aura bien davantage ! Car le Caïd réussira à lancer son accélérateur de particules, ce qui entraînera des dommages irréversibles à notre réalité, et une terrible tragédie dont Miles sera le témoin. C’est en partie sur lui que reposera le destin de notre monde : bien que débutant dans le monde des super-héros, il bénéficiera d’appuis de poids mais seront-ils suffisants devant l’acharnement du Caïd à nier la mort de ses proches ?
    Avec un aplomb assez bluffant, Phil Lord (la Grande Aventure Lego) et Rodney Rothman (22 Jump Street) sont parvenus à marier leur humour et leur savoir-faire pour introduire avec sérieux des personnages totalement farfelus, tout en rendant les adversaires de Spidey inhabituellement impressionnants (mention spéciale au Rôdeur, d’une classe folle, très batmanien, immanquablement précédé d’une sorte de hurlement modulé). A ce sujet, préférez tout de même la VO incluant des comédiens comme Nicolas Cage, Liev Shreiber, Hailee Steinfeld, Chris Pine, Zoe Kravitz ou encore Mahershala Ali à une VO assez pauvre malgré l’abattage de Camélia Jordana. Si la musique de Pemberton n’a pas le côté percutant de son score sur le Roi Arthur, la Légende d’Excalibur, elle propose une piste joyeuse qui colle parfaitement à l’univers coloré et tourbillonnant mis en avant par la production. D’autant que l’animation offre des prises de vues saisissantes avec des angles assez incroyables puisant dans les iconographies des super-héros de comics comme dans les mangas, misant énormément sur la coolitude du personnage qui virevolte entre les buildings tout en titillant la fibre nostalgique des vieux lecteurs de Strange.


    « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » : la phrase emblématique de la mythologie attachée au personnage de Spider-Man vaut également pour les techniques du reboot et du remake, dont Hollywood abuse de plus en plus allègrement. Faire un reboot ou un remake, c’est s’approprier un patrimoine conséquent : une histoire déjà racontée, avec son univers et ses personnages, ainsi que le public qui l’a aimée et lui a apporté le succès. Un usage stérile et préjudiciable du reboot consiste à n’en faire qu’un moyen, de s’arroger cyniquement le succès d’une histoire en la racontant à nouveau, plus ou moins à l’identique, sans rien apporter en retour – créativité, risque, nouveauté. À cette forme de surexploitation des ressources, qui mène à leur assèchement, on peut opposer une autre pratique du reboot. Celle-ci consiste à ne plus faire du reboot un outil sans valeur en soi, mais à le mettre au cœur du dispositif et de l’imaginaire de l’œuvre. Et ainsi prendre et partager la conscience que si l’on peut recréer, c’est parce que l’on peut en réalité créer à l’infini.
    Ce grand pouvoir, les comic books de Marvel (et des autres) le mettent en pratique depuis longtemps. Leurs héros et méchants meurent, renaissent, endossent de nouvelles identités, surgissent dans des univers parallèles, qui parfois se télescopent, etc. La seule règle est qu’il n’y a pas de règle contraignante, limitante : l’univers Marvel papier est en constante expansion et reconfiguration, à l’image de l’univers réel finalement. La genèse de Spider-Man : new generation (titre « franglais » qui conserve néanmoins, sous une autre forme, l’idée de l’original Spider-Man : Into the Spider-Verse) provient de l’un de ces univers connexes. Dans la série des Ultimate Comics apparaît, en 2011, un nouveau porteur du costume et des pouvoirs de Spider-Man : l’adolescent Miles Morales, qui vit à Brooklyn avec sa mère portoricaine et son père afro-américain. Peter Parker, le Spider-Man originel, est également présent dans ce monde, mais pour peu de temps – sa mort intervient juste après sa rencontre avec Miles, sans qu’il ait pu lui prodiguer un quelconque enseignement ou entraînement.
    Spider-Man : new generation suit cette trame dans son premier acte, en y ajoutant une pratique à visage découvert du jeu du reboot – les exploits accomplis par Peter Parker reproduisent fidèlement une partie de ceux de la trilogie originelle réalisée par Sam Raimi dans les années 2000. C’est après la mort de Parker que les choses dérapent, pour le meilleur. Ce drame a lieu dans un synchrotron, que Wilson Fisk aka le Caïd (un des méchants récurrents de l’univers Marvel) a fait construire pour ouvrir un portail vers d’autres univers. Le principe créatif fondamental du reboot, l’ouverture à une infinité de variations sur un même thème, se confond ainsi littéralement avec l’enjeu central du film pour les protagonistes (les méchants veulent faire fonctionner le synchrotron, les héros veulent le détruire). Cette fusion produit une réaction en chaîne, générant une débauche d’énergie phénoménale qui rend Spider-Man : new generation extraordinaire.
    Cinq Spider-Man du Spider-Verse déboulent dans le monde du rookie Miles Morales : un autre Peter Parker (loser au bord de la dépression), Spider-Gwen (venant d’un univers où Gwen Stacy et non Peter a été piqué par l’araignée), Spider-Man Noir (un récit de Spider-Man à la manière des romans et films noirs, situé en 1933), Spider-Cochon (un jeu de mots entre Spider-Man et Spider-Ham, devenu un véritable personnage de comic), et Peni Parker (une jeune fille américano-japonaise contrôlant un robot disposant des pouvoirs de Spider-Man). À ce stade, l’opportunisme mercantile est encore un écueil potentiel – multiplier les héro.ïne.s pour multiplier les publics ciblés commercialement – que Spider-Man : new generation dépasse par la pertinence de son propos. Le premier Peter Parker est un parfait stéréotype du héros américain blanc, dont la mort laisse la place à une équipe d’outsiders de tous horizons (sexe, ethnie, espèce), qui s’avèrent tout à fait capables d’accomplir la même chose. Le parcours du film, explicité dans un de ses dialogues, est de faire la bascule d’un Spider-« Man » (mâle) unique à des Spider-« Beings » (êtres) divers.es et pluriel.le.s. Et puis, six Spider-Beings, c’est également plus fun qu’un.e seul.e : cela permet d’augmenter d’autant la quantité de méchants (le Caïd s’attache les services du Bouffon vert, du Scorpion, du Rôdeur, de Tombstone et de Doc Octopus) et ainsi de rendre les affrontements encore plus dynamiques et déchaînés.
    Le secret du film est de ne jamais chercher à contrôler le chaos qui déferle dans son cadre ; il danse avec comme un surfeur avec une vague géante, ou un cavalier avec un cheval de rodéo, en gardant juste ce qu’il faut de maîtrise pour ne pas chuter prématurément. L’énergie folle qui traverse Spider-Man : new generation en fait un film proprement mutant, en reconfiguration et en mouvement permanent.e.s. L’histoire, les personnages, la forme surtout évoluent sans cesse, par des à-coups grisants qui nourrissent un processus de création et destruction sans frein ni complexe (il n’y a qu’à voir les deux génériques). Sans effets négatifs non plus, ce qui est assez miraculeux. Chaque nouvelle strate enrichit les précédentes, principalement en ce qui concerne le dessin et l’animation. Le film combine techniques et rendus de toutes les époques, depuis les années 1960 (le pop art, les premiers dessins animés Spider-Man) à aujourd’hui – et même demain, certains procédés d’animation ayant été mis au point en cours de production. Il les entremêle et les entrechoque, de manière de plus en plus intense jusqu’au combat final, pour lequel on retourne au cœur du synchrotron transformé en un maelström vertigineux où les métros volent et les immeubles poussent de nulle part.
    On pense fortement à Speed Racer, de Lana et Lilly Wachowski, face au déferlement psychédélique à l’œuvre dans ce dernier acte de Spider-Man : new generation. Depuis les courses automobiles de ce film, il y a dix ans, on n’avait en effet rien vu d’aussi expérimental, survolté et euphorisant sortir d’un studio hollywoodien. Une autre création des deux sœurs vient à l’esprit, lorsque chacun.e des Spider-Beings arrive avec le style graphique propre à son univers. Cela renforce le caractère « tou.te.s uniques, tou.te.s uni.e.s » de leur bande, et la rapproche de celle des héro.ïne.s de Sense8. Alors que les Wachowski viennent de fermer leur structure de production, faute de projets en développement, voir que l’esprit audacieux et lumineux de leur œuvre pénètre d’autres films hollywoodiens fait chaud au cœur – en plus de nous étourdir l’esprit par le résultat produit.

    Site web:  http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/spider-man-new-generation-etats-unis-2018-de-peter-ramsey-bob-persichetti-rodney-rothman-8359
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