Toutes les critiques de films
    Affiche du film Bohemian Rhapsody
    Bohemian Rhapsody
    Par sebd59 Le 01/11/2018
    Au final, Bohemian Rhapsody reste un film classique dans son style très académique, même si le réalisateur finit par se réveiller à la fin offrant une incroyable scène du concert Live Aid. Ascenseur émotionnel qui finit par arriver à son point le plus haut au moment de ce concert. Le tout appuyé par la bande originale de qualité avec des chansons qui font toujours leur effet et montre à quel point Freddie Mercury mérite son titre de légende. On regrettera tout de même que l’on reste sur un film tout public (voulut par les membres du groupe) et que l’on ne fait qu’effleurer la surface et que l’on occulte certains détails (connu du public). Le casting se fait éclipser par la performance de Rami Malek qui incarne un Freddie Mercury plus vrai que le vrai.

    Site web:  https://1oeildanslasalleblog.wordpress.com/2018/11/01/bohemian-rhapsody-un-biopic-a-la-hauteur-sur-le-legendaire-freddie-mercury-et-queen/
    Affiche du film Hérédité
    Hérédité
    Par Nio_Lynes Le 02/11/2018
    Dans le pavé des excellentes surprises de cette année 2018, Hérédité fut l'un de mes gros coups de coeur en salles. Avec le recul, depuis sa sortie cinéma, le film a acquis une belle réputation (justifiée à mon sens) de figurer d'ores et déjà parmi les films les plus cultes. La sortie récente en DVD, Blu-ray et VOD depuis le 15 octobre chez Metropolitan Filmexport permet avec un peu plus de recul de disséquer une oeuvre des plus riches qui a su intelligemment tirer son épingle du jeu des nombreuses sorties horrifiques que l'on a depuis un moment.

    Surtout un nouveau visionnage permet de déceler que dès le départ, le réalisateur Ari Aster annonce le programme sans ambages via un des cours que suit l'aîné de la famille sur la tragédie d'Hercule chez Sophocle. On y apprend que le héros grec n'est en fait qu'un pion dans un engrenage fatal dont il pense vainement maîtriser un tant soit peu sa destinée. Fatal écho à cette famille qui ne maîtrisera jamais un instant les rouages diaboliques dont elle fait partie, et ce quand bien même Annie (Toni Collette) essayera à plusieurs reprises de changer la situation... en vain.

    La suite sur le blog ! Cf lien en dessous. ;)

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2018/11/01/36833556.html
    « Halloween II » est une suite supérieure à son prédécesseur tout en ayant des incohérences grotesques dans les attitudes et les choix des personnages. L’intrigue est également très basique, mais la photographie, les effets spéciaux et l’atmosphère positionnent ce second volet dans la tendance dominante en matière de slasher. Il y a une bonne variété dans les crimes et le rythme est plaisant. La distribution offre des prestations correctes malgré un scénario quelque peu ridicule. L’ensemble reste un divertissement convenable et inscrit un peu plus Michael Myers dans la légende.

    Site web:  https://wp.me/p5woqV-6sj
    « BlacKkKlansman » est un film bienséant disposant d’une histoire originale, d’une intrigue cohérente, mais d’un développement apathique. La photographie offre une bonne immersion dans les années 1970, tout comme la bande originale. Le rythme est un peu poussif et les quelques scènes d’action sont bien orchestrées, mais manque cruellement de mordant. La distribution offre de bonnes prestations, dominée par les excellentes performances de John David Washington et d’Adam Driver. L’ensemble offre un divertissement correct, mais un peu trop long à notre goût …

    Site web:  https://wp.me/p5woqV-6ry
    Affiche du film Midnight Sun
    Midnight Sun
    Par ffred Le 08/11/2018
    Voilà une romance dramatique pour ados si lourde et pleine de clichés que cela finirait presque par être fascinant. Entre Love Story et Nos étoiles contraires, ce Midnight Sun se laisse malgré tout regarder (avec beaucoup d'indulgence). Il n'y a pas grand chose à sauver, mais en se laissant aller et en retrouvant son âme de teen-ager on peut finir par être touché par cette histoire d'amour impossible aussi triste que dégoulinante de pathos et de bons sentiments. A noter le "premier grand rôle" de Patrick Schwarzenegger, fils de son père. Bref, aussitôt vu, aussitôt oublié. Un des films sur l'amour vu dans les cinémas en 2018 à plutôt réserver au moins de dix-huit ans donc.

    Site web:  http://lecinedefred2.over-blog.fr/2018/11/midnight-sun.html
    Un grand merci à Universal Pictures ainsi qu’à Cinetrafic pour m’avoir permis de découvrir le DVD du film « Jurassic World : Fallen Kingdom » de Juan Antonio Bayona, dans le cadre de l’opération DVDtrafic.

    « Devons-nous accorder aux dinosaures les mêmes droits qu’aux autres espèces menacées ou devons-nous les laisser mourir ? »

    Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l'île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l'île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

    « La vie nous enseigne parfois de bien vilaines leçons »

    « Jurassic park », c'est un peu comme une madeleine de Proust. En adaptant le roman de Michael Crichton, Steven Spielberg réalisait « Le » grand film de science fiction novateur et grand public qui allait marquer de façon indélébile notre enfance. Avec des effets spéciaux totalement dingues et révolutionnaires pour l’époque. Alors forcément, l'idée d'en faire un reboot suscitait interrogations et méfiance. Mais au-delà de son immense succès au box-office, force était de constater que sans révolutionner véritablement le genre (son scénario était d’ailleurs peu ou prou le même que celui du premier film de Spielberg), « Jurassic world » offrait un divertissement spectaculaire et de très bonne facture. Contre toute attente, il s'agissait donc d'une vraie bonne surprise. De quoi envisager sereinement et logiquement la mise en chantier d'une nouvelle saga. Seulement voilà, l'homme du renouveau, le réalisateur Colin Trevorrow, fut entre temps associé à d'autres projets et dut finalement renoncer à tourner cette suite. Avant d'être officiellement remplacé par l'espagnol Juan Antonio Bayona, prodige du film fantastique (« L'orphelinat », « Quelques minutes après minuit ») qui avait ému Hollywood avec le spectaculaire « The impossible ».

    « Vous avez mis une créature en cage pour de l’argent. J’ai fais la même chose que vous. »

    « Jurassic world : Fallen kingdom » commence à peu près là où se terminait le premier opus : sur l'ile de Isla Nublar, la nature a fini par reprendre ses droits sur les ruines du parc. Les dinosaures restant y ont fait leur vie et se sont mêmes reproduits. Avant de se retrouver à nouveau menacés d’extinction par une terrible irruption volcanique. C'est donc à une expédition de sauvetage hors normes que nous convie le cinéaste. Une opération inédite et dangereuse qui sera cependant mise à mal à cause de la cupidité des hommes, prêts à payer très cher pour s’offrir un monstre sanguinaire. Sur la forme, ce deuxième volet de « Jurassic world » assure très honnêtement le spectacle en remplissant pleinement son cahier des charges. Oscillant entre le film catastrophe, le film d’aventures et le film de science-fiction, « Jurassic world : Fallen kingdom » alterne ainsi les séquences d’émotion (la disparition du diplodocus dans le nuage de fumée du volcan) et les séquences plus volontiers second degré (la prise de sang sur le t-rex). Et s’il n’est jamais véritablement surprenant, le film se laisse cependant regarder agréablement. Mais pour une fois, l’intérêt du film se situe un peu ailleurs, dans le sous-texte écologique du film et les questions qu’il soulève. Comme le droit de ses animaux de pouvoir survivre en tant que créatures vivantes. Le risque d’introduire dans nos écosystèmes déjà très fragiles des espèces étrangères. Ou encore les dangers liés aux manipulations génétiques qui risquent tôt ou tard d’échapper à l’Homme. Des questions d’autant plus pertinentes qu’elles nous renvoie de fait à nos propres turpitudes et à la destruction que nous menons sciemment, de par nos activités, de la faune et de la flore. Un film très pertinent et profondément malin dont on a hâte de découvrir la suite.

    Le DVD : Le film est présenté en version originale américaine (5.1) ainsi qu’en versions française et hindi (toutes deux 5.1) et en audiodescription. Des sous-titres français, anglais, néerlandais, danois, suédois, norvégiens, finlandais, islandais et hindis sont également disponibles.

    Côté bonus, Universal Pictures nous propose une édition très riche, agrémentée des modules « Sur le plateau avec Chris & Bryce : making of avec Chris Pratt et Bryce Dallas Howard », « Le royaume évolue » : les cinéastes expliquent comment le second chapitre de la trilogie Jurassic World fait évoluer la franchise dans une nouvelle direction, « Action sur l’île » : coulisses de la scène du bunker et de la séquence de la gyrosphère, « Naissance de l’Indoraptor : découvrez comment est né l’Indoraptor », « Commencez les enchères » : un coup d’oeil la scène de la vente aux enchères, « Tué par un dino » : making of de l’Indoraptor qui affronte un personnage clé, « Monstre dans le manoir » : J.A. Bayona explique comment Jurassic Park et Dracula (1979) ont influencé sa façon de tourner la scène du manoir, « Confrontation sur le toit » : le terrifiant affrontement sur le toit du manoir Lockwood, « Le retour de Malcom » : dans les coulisses avec Jeff Goldblum, « Effets visuels évolués » : l’équipe d’ILM explique la façon dont ils ont créé les dinosaures, « Les journaux de Jurassic de Chris Pratt », « Retour à Hawaï : l’équipe du film évoque le tournage à Hawaï », « À bord de l’Arcadia : l’équipe du film partage son expérience de travail avec des créatures animées », « Jurassic World : Fallen Kingdom, La Discussion » : conversation avec l’équipe autour du film et« Chanson pour le royaume » : quand Justice Smith chante pour l’équipe du film.

    Edité par Universal Pictures, « Jurassic world : Fallen Kingdom » est disponible en DVD, blu-ray, blu-ray 3D et blu-ray 4k ultra HD depuis le 9 octobre 2018.

    Le site Internet de Universal Pictures est ici. Sa page Facebook est ici.


    Site web:  http://www.toile-et-moi.fr/2018/10/jurassic-world-fallen-kingdom.html
    « Halloween » bien que considéré comme un film culte est un métrage moyen disposant d’une histoire sommaire, d’une intrigue dépouillée et d’un développement qui apporte son lot d’originalité pour l’époque, mais qui apparaît clairement comme usuel aujourd’hui. La bande originale est lancinante, mais novatrice dans l’idée de créer un thème singulier pour le meurtrier. La distribution offre des prestations quelque peu poussives. Le rythme est cohérent. Un film qui aura fait son effet à l’époque, qui est constitutif d’un sous-genre, mais qui a très mal vieilli …

    Site web:  https://wp.me/p5woqV-6rD
    Ayant beaucoup apprécié Ptit Quinquin, j'étais plus que chaud pour cette suite toute aussi ovniesque et n'ayant pas la télé (oui, oui), le DVD d'Arte Editions en collaboration avec Blaq Out tombait à point nommé. Et en guise d'introduction un brin cliché, je ne surprendrais personne en écrivant comme ça que pour moi, Ptit Quinquin était pile poil dans les meilleures séries françaises. Une série Ovniesque, certes, mais une série quand même et c'était justement son parfum d'absurde complètement nawak qui lui permettait de débouler avec une bonne longueur d'avance devant une bonne partie de la production de chez nous, fusse t-elle d'ailleurs d'un assez bon niveau régulièrement (coucou les séries Canal).


    CoinCoin se déroule quelques années après la "première saison" (je ne sais pas si on peut dire ça comme ça car comme on va le voir après c'est deux choses très différentes en l'état) et colle bien plus à son actualité que ne pouvait le faire Quinquin. Ici pour le coup, Dumont ose parler des migrants, de l'homosexualité, de la transsexualité, de la montée du FN, des curés pédophiles (j'ai hurlé de rire à ce moment tellement c'est énorme). On rit beaucoup à nouveau, souvent jaune d'ailleurs comme dans la "première saison" même si ici pour le coup, un sentiment d'inachevé se fait plus persistant et frustrant.

    Il faut dire que plusieurs facteurs entravent un peu plus cette nouvelle livraison sérialesque de Dumont qu'auparavant. D'abord l'effet de surprise est parti et l'on ne contemple plus trop les superbes paysages du Nord. Surtout, Dumont s'attarde parfois trop dans la fixité des plans au profit d'un malaise parfois bienvenu mais qui, pour des questions de rythme, gênent un peu le visionnage et provoquent d'un épisode à un autre une sensation de longueurs. On se surprend à espérer des épisodes un peu plus courts de 10mn qui tiendraient tout aussi bien au final. Le réalisateur surjoue aussi cette fois un peu trop sur le procédé comique de répétition, à l'image de cette invasion de doubles qui stupéfie, fait exploser le rire dans le non-sens (quand les doubles se croisent dans une maison sans jamais se remarquer un instant), quitte à proposer une certaine beauté irréelle (le climat désenchanté qui ferme le second épisode), mais qui au final, n'ira pas très loin. Le chaos ? L'armaguedon ? L'apocalypse ? Oui, mais jamais exploité à fond. Quand on est un fan de science-fiction comme moi, c'est parfois assez rageant.

    On ne niera pas cependant un certain plaisir pris à observer les déambulations totalement à l'ouest de notre duo policier, aussi dignes qu'un Holmes et Watson de l'autre côté de l'Atlantique ou plus clairement d'un Bougret et Charolles (issus de l'univers de Gotlib) dans nos belles provinces françaises. Et si ici "les vécés ne sont pas fermés de l'intérieur" c'est pour mieux nous épater à chacune de leurs apparitions. Van Der Veyden semble encore toujours plus dans un état second (avec bruitages et borborygmes dignes d'un Rick de Rick & Morty) et Carpentier toujours aussi existentialiste dans son coin. Ce sont clairement eux les pivots principaux de cette suite complètement barrée même si elle en fait parfois trop.

    Au final une série honorable qui, si elle se situe un peu en dessous de son aînée, s'avère suffisamment dépaysante pour être vue et appréciée. Ce n'est certes pas dans ce que le cinéma nous a offert en 2018 (je crois que Quinquin avait bénéficié d'une sortie salles pour le coup), Coincoin ici étant plus passé par la case VOD, un passage rapide à l'Etrange Festival sur Paris et une diffusion sur Arte en septembre, on ne boudera pas pour autant son plaisir de nouveau à être embarqué dans ces hauts de France jamais loin de nous-mêmes, Dumont comme à son habitude ne jugeant pas les personnages, les livrant comme ça sans recul à la caméra. Cela pourra en froisser certains, d'autres rentreront d'emblée dedans mais on ne pourra pas nier la singularité de sa démarche.

    Site web:  http://dvdtator.canalblog.com/archives/2018/11/08/36850796.html
    Affiche du film Tamara Vol.2
    Tamara Vol.2
    Par tinalakiller Le 08/11/2018
    Un scénario peu crédible

    Tamara vol. 2 s’attaque à deux sujets : la vie étudiante et celle des « influenceuses ». Que Tamara n’aille jamais à la fac par glande est plutôt crédible. En revanche, que sa copine Sam refuse d’aller en cours alors qu’elle est en première année de médecine, j’y crois moyen mais admettons. En revanche, la colocation chez Wagner le riche a de quoi agacer dans le sens où le film n’a pas envie de se mouiller pour montrer la véritable vie des étudiants. C’est du TF1, c’est du beau, nos jeunes loulous sont logés dans un grand bel appartement parisien « style Rococco » uniquement, on ne veut pas montrer la misère et les difficultés des étudiants, nan, ça c’est pas vendeur. Puis, m’intéressant plus ou moins à l’univers des « influenceurs », l’histoire de Tamara l’Instagrammeuse en vogue ne m’a pas du tout convaincue. Je sais bien que des gens deviennent soudainement célèbres juste en faisant des photos ou en parlant de leurs chats, mais là on n’y croit pas. Les photos et vidéos postées sur le réseau ne donnent pas envie de s’intéresser davantage au personnage donc pourquoi deviendrait-elle célèbre ?

    Parfois un sentiment de gêne

    Je savais pertinemment que Tamara n’allait pas proposer la mise en scène de siècle, le premier volet en proposait déjà une proche des téléfilms diffusés sur TF1. Ce n’est pas un film qui prétend une quelconque ambition artistique, on sait très bien à quel type de long-métrage on a affaire, on va pas jouer les hypocrites non plus. Mais il y a vraiment deux séquences (en gros le générique d’ouverture et la danse à Deauville) qui sont vraiment gênantes avec des effets spéciaux pourris. Pas sûre que ce soit du volontairement kitsch. De plus, j’ai un petit souci avec Héloïse Martin, l’interprète du rôle-titre. Elle dégage beaucoup de sympathie (impression confirmée dans Danse avec les stars – ouais je me cultive parfois le samedi soir) mais son jeu m’a paru souvent faux, encore plus que dans le premier volet (en tout cas, à l’époque, cela m’avait moins frappée mais si ça se trouve j’ai vu le film en étant complètement déchirée). C’est dommage face à un personnage important en terme de « représentation ».

    Des comédiens au service d’un film léger et bienveillant

    Heureusement, en dehors de l’interprétation très discutable d’Héloïse Martin, la distribution est très convaincante et étonnamment cohérente en mêlant à la fois des acteurs confirmés et respectés, des moins connus pour le grand public, des « espoirs » ou encore des jeunes qui ne sont pas à l’origine des acteurs. Rayane Bensetti (décidément ils font tous Danse avec les stars) s’en sort pas si mal, le casting « jeunes » est par ailleurs très satisfaisant. Même le Youtubeur (pas drôle) Jimmy Labeeu s’en tire bien. Noémie Chicheportiche (qui reprend le rôle de Sam tenue par Oulaya Amamra dans le premier volet) est également la bonne surprise du casting, je suis persuadée qu’on reverra cette jeune actrice dans de bons projets. Parmi les « moins jeunes », Sylvie Testud en mère poule inquiète et Blanche Gardin en voisine bizarroïde apportent une véritable fraîcheur au film. De plus, le film a beau être bourré de défauts, ce n’est pas forcément celui sur lequel on a envie de taper. Tamara vol.2 prône avec certainement trop de gentillesse des valeurs louables pour le grand public. Je préfère encore ça à des comédies vulgaires, ennuyeuses, jamais drôles (même pas une seconde) avec des blagues douteuses.

    Site web:  https://tinalakiller.com/2018/11/08/dvdtrafic-tamara-vol-2/
    Après la baffe Sicario, réalisé par Denis Villeneuve en 2015, l’arrivée d’une séquelle trois ans plus tard pouvait logiquement surprendre. Pourtant, l’univers du film scénarisé par Taylor Sheridan (Comancheria de David MacKenzie, mais également Wind River, qu’il a lui-même réalisé) se révèle plus riche qu’on aurait pu le penser. De retour à l’écriture de cette suite, Sicario : La Guerre des Cartels, Sheridan recentre ici son attention sur des personnages marquants du premier opus : le tueur à gages (ou sicario) Alejandro Gillick, incarné puissamment par Benicio Del Toro et l’agent du gouvernement Matt Graver, porté par un Josh Brolin ultra-charismatique. Deux monstres qui avaient clairement l’étoffe de porter une nouvelle histoire sur leurs larges épaules. De fait, ils reprennent du service dans cette séquelle qui les confronte à nouveau aux narco-trafiquants, mais en élargissant le propos à des sujets aussi brûlants et contemporains que les vagues de migrants débarquant du Mexique aux Etats-Unis ou encore les actes de terrorisme sur le territoire américain.
    Sicario de Denis Villeneuve était un concentré de tension et de noirceur, une plongée suffocante de deux heures dans un univers sans concession. Une réussite quasi totale et une gageure d’autant plus grande pour le réalisateur italien Stefano Sollima (Gomorra) de signer une suite à la hauteur. Ne tournons pas autour du pot : le résultat est au-delà des espérances. La Guerre des Cartels est le prolongement à la fois cohérent et mal élevé du film de Villeneuve. Multipliant les arcs narratifs en un tout brillant de maîtrise et de logique, Taylor Sheridan livre un nouveau scénario tendu et brutal, sans gras superflu. Plus porté sur l’action, ce second Sicario est une course en avant d’une rudesse et d’une violence marquantes, dont la progression est dictée par les choix des personnages et les conséquences de leurs actes. Mais c’est également une oeuvre qui, sous son aspect radical, en dit beaucoup par son pouvoir d’évocation sur le monde actuel. Deux nouveaux protagonistes font leur apparition : Isabela Reyes, fille d’un des barons des cartels mexicains, dont l’importance sera centrale dans le récit, et Miguel Hernandez, adolescent cherchant l’émancipation dans le banditisme en assurant le passage illégal de migrants à la frontière mexico-américaine, et caressant secrètement le rêve d’un destin de sicario.

    La faim justifie les moyens

    La moralité des actes des personnages est à nouveau mise en avant, suivant le principe que « la faim justifie les moyens ». Les agents du gouvernement usant de méthodes pour le moins expéditives et n’hésitant pas à provoquer la fameuse « guerre des cartels » du titre pour arriver à leurs fins. En résulte des scènes baignant dans une tension extrême, marquées d’un suspense étouffant, au rythme de la musique lancinante d’Hildur Guðnadóttir, qui succède au regretté Jóhann Jóhannsson (et qui participait déjà à la bande originale de l’opus initial).
    La mise en scène de Sollima, à la fois virtuose dans son découpage, ses cadrages et ses mouvements d’appareils, épouse le propos de Sheridan, d’une manière encore plus sèche et directe que le premier opus. En l’absence du personnage d’Emilie Blunt, recrue de police idéaliste et porte d’entrée évidente du spectateur chez Villeneuve, le film se concentre sur les « monstres » Del Toro et Brolin, décrivant leurs (ex)actions avec brutalité et sans concession. En cela, cette séquelle est d’une approche plus directe et évidente, questionnant d’autant plus frontalement les choix moraux des personnages (ici, on ne réfléchit pas deux heures au sort d’un trafiquant, on le flingue).
    Oeuvre aux accents de western (tant sur le plan formel que thématique), interrogeant les concepts de filiation et de transmission (les deux adolescents suivent des trajectoires de violence dictées par le père naturel ou celui de substitution), Sicario : La Guerre des Cartels est par ailleurs délesté de certaines considérations pesantes de son prédécesseur, ce qui en fait un film d’action brutal et violent, noble et jusqu’au boutiste, assumé et d’une redoutable efficacité. Il constitue haut la main, l’un des tous meilleurs thriller de ces dernières années. Le troisième opus, épilogue évident d’une trilogie annoncée, est d’autant plus attendu.

    Site web:  https://obsessionb.com/2018/11/09/critique-sicario-la-guerre-des-cartels-de-stefano-sollima/
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