Toutes les critiques de films
    Passée la séquence d’intro, en plan fixe avec un cadrage singulier (qui prendra sa raison d’être plus tard dans le film) – un homme entre dans une chambre d’hôtel et s’y livre à des travaux méticuleux en vue de dissimuler un encombrant paquet avant un rendez-vous imminent – on pénètre de plain-pied dans l’hôtel qui va devenir ostensiblement le personnage central du film, à la fois axe de symétrie et nœud gordien d’une intrigue délicieusement tordue. Par une belle journée ensoleillée, quatre individus se retrouvent à la réception immense et vide de cet hôtel atypique, situé pile sur la ligne de démarcation entre la Californie et le Nevada, visiblement construit en des temps où la clientèle abondait qui se pressait sur les berges du lac Tahoe. Le clinquant des chromes, les tenues ostensibles, les décors rétro-futuristes nous placent l’époque : la fin des années soixante, où l’insouciance de l’après-guerre cédait douloureusement sa place à la paranoïa et aux questions d’éthique.
    Quatre individus qui semblent ne pas se connaître, tous très différents (un représentant de commerce volubile et trop poli pour être honnête, un prêtre un peu rêveur à la limite de l’obséquiosité, une jeune femme noire nerveuse et sur ses gardes et enfin une hippie chic dont la décontraction dissimule une froide détermination. On se regarde en chien de faïence, on multiplie les attentions polies à moins de cultiver savamment une froide indifférence et on attend le personnel qui tarde à se montrer. Arrive enfin Miles, à la fois groom, serveur, barman, réceptionniste et gérant qui pond son speech sur l’histoire de cet établissement, lequel a connu des jours meilleurs et dont une partie restera fermée, la basse saison venant de débuter (nous sommes donc en automne et le prêtre annonce la pluie pour bientôt).
    Les pions sont donc avancés pour la partie d’échecs mêlée de poker menteur qui va se jouer devant des spectateurs souvent rompus à l’exercice (ce n’est pas la première fois qu’on nous propose à l’écran la réunion dans un hôtel/motel apparemment impromptue de personnages louches qui ne tarderont pas à en découdre, comme dans Identity) : on sait donc que quelque chose est caché sous le plancher d’une des chambres et qu’au moins l’un des protagonistes est là pour le récupérer. La vérité s’avèrera plus pernicieuse, et délicieusement plus perverse. Nous n’en dévoilerons donc rien de plus.
    Le film tout entier est construit sur cette promesse, ce jeu du chat et de la souris qui le rend ludique à souhait, nous promenant d’une chambre à l’autre tels des voyeurs observant ceux qui observent les autres. On épouse, on duplique ou on amplifie les doutes, les suspicions, les angoisses et le questionnement de ces êtres fantomatiques dont on sait pertinemment qu’ils ne sont certainement pas tous ce qu’ils prétendent être. Et toujours, partout, le décor de cet hôtel tentaculaire qui se déploie autour d’une caméra complice, souvent subjective, et demeure fermement ancré en tant que lieu principal du script, tel une scène de théâtre où se jouerait la plus brutale des révélations.
    Car le film s’avère brutal, en ce sens qu’il aime surprendre le spectateur en l’endormant délicatement par le biais de situations convenues et de dialogues sirupeux avant de nous asséner le coup qui assomme et laisse groggy : une formule héritée du film d’horreur que Goddard maîtrise à merveille (n’est-il pas le co-créateur de la Cabane dans les bois ?). Sa violence se cantonne à des actes brefs dont la mise en scène désarçonne, d’autant que, après la mise en situation, on découvre l’envers du décor : le passé de chaque protagoniste, et une partie des raisons qui l’ont amené en ce lieu. Ces petits flashbacks n’entravent pas l’intelligibilité de l’intrigue qui avance à grand pas et parvient, malgré d’évidents passages obligés, à joyeusement surprendre. Il faut cependant reconnaître que certains segments s’avèrent un peu lourds qui altèrent le rythme, notamment tout ce qui tourne autour de l’introduction du personnage énigmatique joué par Chris Hemsworth. La volonté manifeste de le mettre en avant alors même qu’il n’apparaît pas avant la moitié du métrage désorganise l’agréable dynamique de l’ensemble qui saura tout de même trouver un finale à la hauteur, féroce, jubilatoire et rédempteur. Elaboré avec les archétypes du film noir, El Royale use des codes du film d’horreur et des cadrages du western spaghetti pour échafauder une véritable proposition de cinéma, sans réelle originalité mais avec fougue et savoir-faire.
    Sous sa tenue de clergyman à la mémoire défaillante, Jeff Bridges (qui se présente sous le nom de Père Flynn ! Les fans de Tron apprécieront) rayonne avec une ravissante malice, passant de la mélancolie à la fureur, de l’appréhension à la forfanterie avec une aisance déconcertante. En face, Jon Hamm fait le job dans la peau de ce VRP délicieusement agaçant. Cynthia Erivo tient la dragée haute à tout ce beau monde là où Dakota Johnson peine à se démarquer de sa plastique impeccable.
    Un film manquant peut-être de mordant, un peu tiède dans ses développements, mais qui saura satisfaire les spectateurs les plus exigeants en proposant un spectacle de qualité qui ne ment pas sur la marchandise, construit sur des personnages amoureusement conçus et sachant remuer la petite fibre nostalgique en chacun de nous, par le biais notamment d’une bande originale articulée autour de standards enregistrés en direct (sur le plateau !) ou diffusés sur le magnifique juke-box du hall.


    Affiche du film Captain Marvel
    Captain Marvel
    Par sebd59 Le 10/03/2019
    On ne sait plus trop quoi dire des films Marvel quand ce n’est pas un Avengers. On retrouve encore et toujours la même recette avec toujours les mêmes dosages pour l’humour et l’action, avec une construction toujours identique, ce qui est encore plus flagrant avec un origin story. On se retrouve devant un film qui manque d’enjeu et surtout d’audace dans l’histoire. Ce n’est finalement que sur la fin que le film commence vraiment et que l’héroïne montre réellement son visage. On ne peut que souligner l’interprétation de Brie Larson qui offre une héroïne touchante et badass à la fin.

    Site web:  https://1oeildanslasalleblog.wordpress.com/2019/03/10/captain-marvel-un-origin-story-qui-se-contente-de-respecter-la-recette-classique-marvel/
    Affiche du film Aquaman
    Aquaman
    Par olivier.demangeon.5 Le 11/03/2019
    « Aquaman » est un très bon film de super-héros disposant d’une histoire originale, d’une intrigue captivante et d’un développement aux visuels saisissants. Le rythme est bien équilibré et les 143 minutes restent agréables. Le récit est fluide et la narration est linéaire, en dehors de quelques flashbacks venant expliquer l’enfance du personnage principal. La photographie est impressionnante et les scènes d’actions sont superbement orchestrées. La bande originale signée Rupert Gregson-Williams est très sympathique. La distribution offre de très bonnes performances. L’ensemble est à la fois divertissant, spectaculaire et amusant et mérite largement d’être recommandé.

    Site web:  https://wp.me/p5woqV-79T
    Voici un réalisateur qui aime mettre en avant des héroïnes, donner le premier rôle aux femmes. En 2013 Paul Feig réunit Sandra Bullock et Melissa McCarthy dans Les Flingueuses, une comédie d'action amusante. Puis il s'attaque au remake du culte S.O.S. Fantômes trois ans plus tard, en redistribuant les rôles à quatre actrices, mais obtiendra un accueil encore une fois très mitigé. Avec L'Ombre d'Emily, il confronte deux actrices complémentaires, Anna Kendrick et Blake Lively, cette fois-ci en utilisant un humour noir plus fin servi par de bons dialogues incisifs, et se concentrant sur la psychologie des personnages dont les secrets intriguent. Le film sorti en salle en septembre dernier est maintenant disponible en DVD, Blu-Ray et VOD depuis février dernier.

    Les deux comédiennes sont tellement magnétiques qu'elles éclipsent le reste du casting. D'un côté Emily, la blonde mystérieuse et sexy, brillamment interprétée par Blake Lively, de l'autre Stephanie, la brune hyperactive au look plus commun campée par la toujours très enjouée Anna Kendrick. Leur rencontre est aussi improbable que leur amitié naissante puisque la première vient du monde de la mode mais ne laisse rien fuiter sur sa vie privée quand la seconde est la parfaite mère au foyer exposant ses astuces sur un vlog populaire. Entre elles se retrouve le mari d'Emily qui aurait du pouvoir se trouver une place plus marquée dans le trio ainsi formé, joué par Henry Golding dont c'est le premier rôle au cinéma, mais complètement écrasé par la personnalité des deux femmes et le charisme des deux actrices.

    L'histoire met du temps à s'installer. L'introduction semble s'étendre sur presque un quart du film avant d'entrer dans le vif du sujet qu'est l'enquête rapidement prenante grâce au mystère qui entoure le personnage d'Emily. L'amitié qu'elle noue avec Stephanie semble louche mais pourtant un brin sincère. Lors de sa disparition, on se prend instantanément au jeu de l'enquête, menée avec brio par Stephanie, et on se délecte des rebondissements parfois inattendus même si la plupart sont prévisibles.

    L'ambiance rappelle celle de Desperate Housewife, la vie de quartier de banlieue américaine, les commérages, les secrets, ou comment une comédie noire se transforme en thriller. Sans sombrer dans le drame profond, les scénaristes Jessica Sharzer et Darcey Bell parsèment un humour caustique dans leurs dialogues quand Paul Feig sait entretenir le mystère assez longtemps pour continuer à surprendre même lorsqu'on pense avoir tout compris.

    Le noyau du film est très bon alors que son introduction s'avère trop longue et son final déjà vu. Il n'y a rien d'innovant ici et pourtant L'Ombre d'Emily est plaisant à regarder pour son duo d'actrices et pour inviter son spectateur au jeu de l'investigation. On peut découvrir en bonus du DVD quelques scènes coupées complémentaires mais en effet non indispensables au montage final. Celle qui est la plus surprenante aurait pu se retrouver à la toute fin du film pour habiller le générique, logiquement mise à l'écart pour son "bollywood" inapproprié.

    L'Ombre d'Emily navigue ainsi entre le thriller sérieux et la comédie noire, le juste équilibre n'étant jamais trouvé. En effet les deux comédiennes se complètent, leurs confrontations sont toujours teintées de piquantes répliques et pourtant là où Blake Lively semble trouver une profondeur dans la psychologie complexe de son personnage, Anna Kendrick fait de Stephanie un personnage tellement déluré qu'on a du mal à situer le ton voulu du film. Jusqu'au final à la limite du grotesque qui balaye instantanément le sérieux trouvé dans la tension apparue au fil des révélations apparues durant l'enquête.

    Site web:  http://nathvaaucinema.canalblog.com/archives/2019/03/09/37163700.html
    La très nombreuse collection de romans horrifiques pour la jeunesse, écrite par R.L. Stine a eu droit à plusieurs adaptations. D'abord en série télé, puis en film, nous retrouvons dans ce nouvel opus Slappy, le pantin échappé de cet univers littéraire bien particulier...
    Qui aime les marionnettes aux yeux globuleux et à la voix stridente ? Si l'épisode spécial de Buffy ne vous avait pas guéri de cet amour assez glauque, le personnage central des Fantômes d'Halloween saura probablement enfoncer le clou.

    En cette nuit où les frontières entre monde humain et au-delà sont bannies, les créatures surnaturelles prennent vie. Les masques de loup-garou, troll et yétis se font pousser des corps, tandis que les oursons gélatineux menacent de vous étouffer façon blob.
    Si l'on se reconnaît facilement en ce voisin accroc à cette fête et ses décorations monstrueusement titanesques, et en ces enfants chercheurs de trésor, il nous est difficile de passer au-delà du côté superficiel de cette suite.

    Les personnages, clichés pour la plupart (le meilleur ami un peu bête, mais fonceur et marrant, la mère infirmière débordée, la racaille du collège), dont on ne fait qu'effleurer la personnalité, sont pourtant attachants par les quelques subtilités apportées.
    C'est finalement Slappy qui leur vole la vedette. Au début sympathique, il devient au fur et à mesure de l'histoire, inquiétant, puis flippant. Fort heureusement, il parvient à faire retomber la pression dans les bonus du DVD, on il vous invite à faire un karaoké avec lui, ou même vous donne un cours de science assez dérangeant...

    A ne pas rater : le caméo de l'auteur R.L. Stine (dont le visage est resté anonyme pendant des années), qui remet à Sonny un prix pour sa maquette de la tour Tesla.

    Au final, Chair de Poule 2 est bien plus pâle que son prédécesseur, la faute peut-être à la quasi-absence de Jack Black (et de sa leçon de parfumage hilarante), qui avait largement volé la vedette aux autres comédiens.

    Site web:  http://lapauselecture.canalblog.com/archives/2019/03/11/37168393.html
    « Red Tails » est un bon film de guerre disposant d’une histoire intéressante, d’une intrigue familière et d’une trame qui prend des libertés avec la réalité. Le rythme est agréable, le récit est fluide et la narration est linéaire. Les scènes d’action sont bien orchestrées et les effets spéciaux sont corrects. La photographie et la bande originale sont sympathiques. L’ensemble est divertissant, bien que caricatural sur différents points, et fortement romancés pour convenir à un large public.

    Site web:  https://wp.me/p5woqV-6NS
    Sierra Burgess is a loser n’est qu’une énième comédie romantique de la part du cinéma américain (même si c’est Netflix). On a le droit à un cumul de clichés absolument pas exploités, juste cumulé pour combler le manque total de développement de l’histoire ou même des personnages. On ne pourra s’attacher à aucun personnage vu qu’ils sont totalement non développés et en plus, tous sont mal interprétés. Sierra Burgess is a loser, une énième comédie romantique dont on pouvait se passer sans problème.

    Site web:  https://1oeildanslasalleblog.wordpress.com/2019/03/14/sierra-burgess-is-a-loser-vous-avez-demande-de-loriginalite-alors-passez-votre-chemain/
    Chair de Poule 2 n'est pas un mauvais film, ni même un mauvais film d'horreur, c'est un film qui surfe un peu sur la vague des Conjuring et autres poupées possédées mais pour donner de petits frissons aux enfants ou aux adolescents impressionnables. Ari Sandel qui est surtout connu pour avoir gagné l'oscar du meilleur court-métrage en 2006 avec West Bank Story, variation musicale autour de Roméo et Juliette, mettant en scène un jeune soldat israélien qui tombe amoureux d'une caissière Palestinienne en dépit de la haine qui existe entre leurs deux familles ; est ici aux manettes de la réalisation.


    Dans ce Chair de Poule 2, le réalisateur est un peu en pilotage automatique, un yesman à qui on demande de faire quelque chose de formaté, qui ne dépasse pas, et qui reste divertissant, et qui remplit son contrat. Le film est loin d'être mauvais ou infamant mais on espérait quand même mieux d'une adaptation de l'Univers de R.L Stine, sorte de Stephen King pour enfants des années 90.

    Et la "nostagie" 90's est là pourtant, énormément de choses y font penser dans le film, voire même de la nostalgie 80's, de Ferris Bueller à E.T en passant par Poltergeist ou Gremlins. Même le 2000's Monster House de Gil Kenan, produit par Steven Spielberg et Robert Zemeckis semble être convoqué, mais le problème est qu'on reste toujours à la surface de ces références, et que le scénario tout comme le traitement de l'image n'en fait pas grand chose de plus.

    C'est un honnête ride, à mi chemin de plusieurs genres et films, dont Jumanji étrangement, par certains côtés, mais rien ne fait dépasser l'intrigue ou le film. Et ce qui aurait pu être une sympathique variation autour d'une poupée maléfique, sorte de Chucky pour les enfants/adolescents devient juste une foire au monstre intéressante mais un peu vide.

    Quitte à revoir un film comme Jumanji, Poltergeist, Gremlins, Monster House, E.T ou Ferris Bueller, autant revoir les originaux qui n'ont pas pris une ride et qui ont en sous-texte, bien plus à dire que cette anecdotique adaptation de l'univers de R.L Stine.

    L'intervention de R.L Stine interprété encore par Jack Black est sympa, quoique très anecdotique, et le petit rôle de Ken Jeong qui cabotine pas mal est lui aussi plutôt agréable sans être transcendant ou réellement utile à l'intrigue. On appréciera quand même la tentative de relier Nicolaï Tesla (assez grande idole de l'undeground américain et de la pop culture) et fantastique, même si le principe de l'utilisation de son invention pour servir les desseins de Slappy n'est pas très clair en soi. On retrouve d'ailleurs le personnage de Slappy avec plaisir, mais l'intrigue est moins centré sur lui que sur une hypothétique foire aux monstres qui pourrait tout autant être dans un opus de la Nuit aux Musées. Alors que la simple figure de la marionnette aurait pu être l'occasion de détourner les codes du films d'horreur, et d'en faire un anti-E.T réjouissant et iconoclaste façon Joe Dante.

    Dans les années 90, les séries Fais moi peur (dans le style de Chair de Poule), et Chair de poule la série par la suite, étaient plus fidèle aux livres de Stine, et plus intéressantes dans leur sous-texte sur l'adolescence que le film.
    Les bonus du dvd sont assez accès gamin, des featurettes, un karaoké avec Slappy, etc... mais toujours agréable à visionner.

    La fin semble annoncer un 3, en espérant que ce futur opus sera plus fouillé dans son histoire, surtout au vu de la promesse que la fin semble faire, sur le principe de création, tout ça.

    En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffret Chair de poule 1 & 2 et VOD depuis le 6 mars 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

    Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories le top cinéma du début d'année et côté dessin animé américain en 2019.

    Le 4eme et toujours aussi brillant, bien vite le prochain !

    « Triple Frontier » est un très bon thriller d’action disposant d’une histoire intéressante, d’une intrigue captivante, et d’un développement actif mais incomplet. Le rythme est cohérent, le récit est fluide et la narration est linéaire. Les scènes d’action sont très bien orchestrées, reposant sur une photographie de qualité. La bande originale vient appuyer les moments de tension de manière agréable. La distribution offre de très bonnes prestations avec une mise en avant étonnante de certains acteurs par rapport aux autres. Un film qui s’avère être un divertissement très satisfaisant.

    Site web:  https://wp.me/p5woqV-7bH
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