Mes films 2009
Il est coutume de faire à chaque fin d'année , la liste des films qui nous ont le plus touché, marqué. Voici la mienne, également...
Immense Scorsese. Le maître revient avec une œuvre passionnante et foisonnante, qui se révèle être un de ses meilleurs films. Dennis Lehane, écrivain de polars dont certains adaptés au ciné avec brio (Mystic River, Gone Baby Gone), avait signé un thriller absolument génial, Scorsese en signe une adaptation tout aussi géniale. Son film est tout simplement une leçon pure de cinéma, où il conjugue tension, suspense, drame, manipulation dans un trip halluciné qui ne cesse de balader le spectateur jusqu'à la chute - renversante. Si vous n'avez pas lu le livre, allez-y en en sachant le moins, et laissez-vous surprendre. Si comme moi, vous avez déjà lu le roman de Lehane, vous ne serez pas moins surpris, et même si la chute vous ait déjà connu, cela ne gâchera pas le plaisir. En effet, comme le livre, Shutter Island est un film qui nécessite au minimum deux visions.
Pour adapter cette enquête policière, Scorsese nous livre une réalisation renversante et maîtrisée, digne du maître qu'il est, et qui ne laisse au spectateur aucun répit. La musique inquiétante nous prévient dès le début lorsque le bateau approche de l'île en montant en crescendo : une fois arrivé sur l'île, rien ne sera plus comme avant, préparez-vous au grand frisson. Le cinéaste s'amuse alors à nous perdre dans les dédales d'un polar retors et labyrinthique. Scènes flippantes, musique, tempête, tout y est pour nous plonger dans un état de tension pure. Côté décors, Scorsese recrée les années 50, là-aussi, avec une perfection absolue. Mais si Shutter Island est un très grand film, c'est avant tout grâce à la réussite du cinéaste d'avoir conjugué polar noir vertigineux avec son enquête haletante et profondeur du personnage principal, Teddy Daniels, pivot du film. Car avant d'être un "simple" polar, Shutter Island est une œuvre sur la folie, le deuil, l'esprit et son fonctionnement ainsi que le rapport réalité/fiction. Il confère ainsi à Teddy une profondeur que l'on voit peu dans ce genre de film, nous faisant nous confondre avec ce personnage. Un personnage sublimé par des séquences de rêve superbes autant qu'elles sont dérangeantes. A travers le personnage de Teddy, le réalisateur tisse également une histoire d'amour (littéralement) dévorante et destructrice ("Laisse-la partir", dit un fou à Teddy). On ne cesse alors de s'interroger, comme Teddy et comme Scorsese. Qu'est-ce qui pousse un homme à la folie? Pour parvenir à saisir toutes les complexités de ce labyrinthe démoniaque, il faut sans doute plusieurs visions, qui sans nul doute apporteront chacune son lot de questionnement et d'admiration.
Shutter Island est l'association de 3 "maîtres" dans leur domaine: Martin Scorsese, Dennis Lehane, et Leonardo DiCaprio, que je ne cesserais jamais de défendre et je le répète encore une fois, qui est un des meilleurs acteurs de sa génération (à bon entendeur salut). Après les excellents Aviator, Gangs of New York et Les Infiltrés, il retrouve une 4e fois le cinéaste pour ce qui est à ce jour leur meilleure collaboration. DiCaprio y redouble d'intensité, de charisme et d'une rugosité bienvenue qui lui offre un rôle en or. Face à lui, une pléiade d'acteurs eux-aussi excellents, Mark Ruffalo (un poil discret mais excellent), Ben Kingsley (inquiétant), Michelle Williams (fantôme sublime mais douloureux et bien flippant, je vous l'accorde) , Emily Mortimer, Jackie Earle Haley, Max Von Sydow et d'autres encore.
Shutter Island est bien l'œuvre la plus aboutie du cinéaste, qui arrive à faire ce que peu font: maîtriser à la perfection un film. Terrifiant, sans temps mort, fiévreux, nerveux, vertigineux, le film de Scorsese met d'abord en lumière les failles d'un homme, d'une humanité confondante, qui plonge peu à peu dans la paranoïa (nous avec). Shutter Island c'est donc 2h20 de très grand cinéma et à ce jour, le plus grand film de l'année.
Site web: http://mycinekeira3.blogs.allocine.fr/
Pour adapter cette enquête policière, Scorsese nous livre une réalisation renversante et maîtrisée, digne du maître qu'il est, et qui ne laisse au spectateur aucun répit. La musique inquiétante nous prévient dès le début lorsque le bateau approche de l'île en montant en crescendo : une fois arrivé sur l'île, rien ne sera plus comme avant, préparez-vous au grand frisson. Le cinéaste s'amuse alors à nous perdre dans les dédales d'un polar retors et labyrinthique. Scènes flippantes, musique, tempête, tout y est pour nous plonger dans un état de tension pure. Côté décors, Scorsese recrée les années 50, là-aussi, avec une perfection absolue. Mais si Shutter Island est un très grand film, c'est avant tout grâce à la réussite du cinéaste d'avoir conjugué polar noir vertigineux avec son enquête haletante et profondeur du personnage principal, Teddy Daniels, pivot du film. Car avant d'être un "simple" polar, Shutter Island est une œuvre sur la folie, le deuil, l'esprit et son fonctionnement ainsi que le rapport réalité/fiction. Il confère ainsi à Teddy une profondeur que l'on voit peu dans ce genre de film, nous faisant nous confondre avec ce personnage. Un personnage sublimé par des séquences de rêve superbes autant qu'elles sont dérangeantes. A travers le personnage de Teddy, le réalisateur tisse également une histoire d'amour (littéralement) dévorante et destructrice ("Laisse-la partir", dit un fou à Teddy). On ne cesse alors de s'interroger, comme Teddy et comme Scorsese. Qu'est-ce qui pousse un homme à la folie? Pour parvenir à saisir toutes les complexités de ce labyrinthe démoniaque, il faut sans doute plusieurs visions, qui sans nul doute apporteront chacune son lot de questionnement et d'admiration.
Shutter Island est l'association de 3 "maîtres" dans leur domaine: Martin Scorsese, Dennis Lehane, et Leonardo DiCaprio, que je ne cesserais jamais de défendre et je le répète encore une fois, qui est un des meilleurs acteurs de sa génération (à bon entendeur salut). Après les excellents Aviator, Gangs of New York et Les Infiltrés, il retrouve une 4e fois le cinéaste pour ce qui est à ce jour leur meilleure collaboration. DiCaprio y redouble d'intensité, de charisme et d'une rugosité bienvenue qui lui offre un rôle en or. Face à lui, une pléiade d'acteurs eux-aussi excellents, Mark Ruffalo (un poil discret mais excellent), Ben Kingsley (inquiétant), Michelle Williams (fantôme sublime mais douloureux et bien flippant, je vous l'accorde) , Emily Mortimer, Jackie Earle Haley, Max Von Sydow et d'autres encore.
Shutter Island est bien l'œuvre la plus aboutie du cinéaste, qui arrive à faire ce que peu font: maîtriser à la perfection un film. Terrifiant, sans temps mort, fiévreux, nerveux, vertigineux, le film de Scorsese met d'abord en lumière les failles d'un homme, d'une humanité confondante, qui plonge peu à peu dans la paranoïa (nous avec). Shutter Island c'est donc 2h20 de très grand cinéma et à ce jour, le plus grand film de l'année.
Site web: http://mycinekeira3.blogs.allocine.fr/
La barrière entre la fiction et la réalité n'existe plus ici. Les pleurs de ces femmes, les corps ensanglantés, la misère et la violence, ici, tout est vrai. Ce cinéma-vérité est d'autant plus fort que l'on sait dès les premières minutes qu'ici il n'y a pas de "cinéma", que le sang et les cadavres que l'on verra à l'écran sont "réels". Ce documentaire de Christian Poveda - tué par balles avant la sortie du film en France, par ceux-là même qu'il avait filmé et tenté de montrer l'humanité- nous plonge dans le quotidien de la Mara 18, un gang salvadorien connu pour sa violence, ennemi juré de la MS (Mara Salvatrucha). C.Poveda s'est immergé pendant un an dans cet univers médiocre et triste où violence, vengeance et haine rythment les journées des membres du 18, condamnés au mieux à la prison, au pire à la mort. Reste de cette expérience intense, 1h30 d'images, sans voix-off, au plus près de la réalité, sans concession, mais avec une grande humanité. Christian Poveda filme tout, mais ne juge pas. Il essaie au contraire de montrer toute la complexité et le paradoxe de cette jeunesse, de ce pays enfermé dans un cercle infernal. La violence et la haine les aveuglent, les morts sont légion (le film est rythmé des enterrements de membres de la 18) et le constat bien triste: une jeunesse que l'on sait d'avance condamnée (ils sont tatoués, signe distinct de leur appartenance à la 18 qui leur est fatal), qui ne peut s'en sortir, notamment car condamnée par la justice et la police (le portrait de l'adolescent de 16 ans mis en prison résume à lui seul le propos). Christian Poveda cherche à comprendre pourquoi, pourquoi ces jeunes ne vivent que pour tuer. Il y laissera sa vie. Mais aussi un témoignage important et dur sur une jeunesse oubliée et violente. "Il y cherchait obstinément la trace de l'humain dans l'inhumanité même" nous disent C.Solive et J.Durand dans un texte hommage (sur le livret dans le dvd). "Humain" et "inhumanité", le paradoxe qui anime ce documentaire qui laisse l'esprit plein de questions.
Site web: http://mycinekeira3.blogs.allocine.fr/
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Julien
Par Cinetrafic il y a environ 1 mois