Critiques de : BIBI62
Après "Les derniers jours du monde" ou "2012" voici à nouveau un film traitant de la fin du monde, d'après un best-seller récent.Alors film de science-fiction avec effets spéciaux, non pas vraiment, d'ailleurs çà pourrait être l'après 2012 sur le papier mais sur l'écran c'est surtout l'anti-2012, ici on a plutôt affaire à un road-movie post-apocalyptique, de la catastrophe on ne sait rien, mais peu importe, c'est plutôt la chronique d'une agonie, d'une mort annoncée, comme un dernier combat perdu d'avance, mais peut-être y aura-t-il au bout la mer ou plus de chaleur, la quête désespérée d'un monde meilleur auquel s'accrochent un père et son fils, portant malgré tout sur leurs épaules et sur leur visage le poids de la tristesse et du désespoir, après dix années de survie .
Un rythme très lent, peu de suspense, peu d'action et pourtant on est sans cesse captivé, étouffé par l'atmosphère de ce chemin de croix, l'espoir de ces êtres en perdition dans un monde qui tire sa révérence (terrifiants et pourtant sublimes plans de paysages grisâtres, glacés et dévastés, faits de cendres et d'arbres calcinés) rempli pourtant d'étincelles d'humanité.
Mais ce récit est surtout un dernier grand cri d'amour d'un père à son fils, ils se raccrochent l'un à l'autre comme dans une ultime résistance au désespoir, et c'est là tout le thème fort du film, magnifié par le charisme et la puissance émotionnelle de deux acteurs magistraux:
Viggo Mortensen, qui s'est investi aussi physiquement, est exceptionnel à la fois de force et de retenue, d'humilité dans le rôle du père, sorte de Christ dont cette route est le dernier calvaire, portant sa croix, mais se raccrochant d'abord au souvenir de sa bien-aimée (sublimes apparitions de la douce et lumineuse Charlize Theron, en femme désespérée qui n'a pas le courage d'affronter sa déchéance programmée) et surtout aux liens du sang qu'il tisse avec son fils, sa dernière raison de résister, un fils qu'il couve et protège, à qui il veut enseigner le courage de résister comme une dernière initiation à la survie, lui qui est l'ange ultime dans ce monde envahi par le diable et où à présent ne survivent que barbares et cannibales.Le jeune Kodi Smit-McPhee est également époustouflant dans le rôle de l'enfant, tout en pudeur et émotion rentrée, en ange apeuré mais tellement fort aussi, et la ressemblance physique du jeune acteur avec Charlize Theron est, bien sûr voulue, très troublante, aussi il est en même temps le fantôme de la mère, celle qui les a abandonnés mais qu'ils ne peuvent oublier, à chaque instant son souvenir leur revient comme un boomerang, le fils voudrait ainsi mourir pour la rejoindre et le père tente de l'effacer de sa mémoire en jetant photo et alliance du haut d'un pont, mais un simple piano le rappelle douloureusement à sa mémoire.
Saluons aussi l'apparition touchante et prodigieuse du grand Robert Duvall, méconnaissable en vieil homme presque aveugle, dans une scène formidable où il se croit un instant mort, croyant retrouver en la personne du fils, son fils disparu, revenu en ange.
Alors pourquoi ces deux êtres luttent-ils encore?L'un pour l'autre ils s'efforcent de survivre sans y croire vraiment, mais ils refusent de choisir la barbarie comme mode de survie (parfois le fils doute et demande à son père s'il finira aussi par le manger) et pour eux parfois l'humanité semble refaire surface, ils retrouvent soit le confort physique (bain dans la cascade) soit le confort matériel (avec la cave remplie de victuailles où ils vont l'espace d'un instant se reconstruire, en recréant les bonheurs d'antan).
Mais ils sont sans cesse en fuite, poursuivis par les quelques rares survivants qui n'auront d'autre issue que de les manger pour survivre à leur tour et le père n'imagine pas son fils finir dans ces conditions, aussi un révolver est là au cas où.Alors sans raconter la fin on peut dire qu'une note optimiste vient éclaircir la noirceur du propos.
Un film d'une noirceur absolue par son sujet évidemment et en même temps d'un humanisme magnifique de par cette fusion entre le père et son fils, un "couple" en union désespérée mais indestructible dans cet enfer, une leçon de vie dans un monde condamné d'avance.
Au final un film terrifiant, angoissant, noir (dépressifs s'abstenir), une fable aussi sur la nature humaine face au déclin, plus optimiste qu'il ne peut y paraître, sur le pouvoir de la foi en soi face à l'horreur, mais surtout une déchirante et bouleversante histoire d'amour, de transmission, on est à la fois glacé d'effroi et rempli de cette humanité débordante qui nous envahit, jamais on est dans la surenchère ni dans le sensationnel ou le larmoyant, tout ce qui est horrifique est simplement évoqué et se suffit à lui-même, l'émotion surgit naturellement et son pouvoir est d' une force insoupçonnée, on est littéralement transcendé et c'est plus un grand film intimiste magnifié par deux acteurs authentiques, exceptionnels de justesse, qui nous hypnotise, nous envoûte et nous hante longtemps après la projection.Un récit aussi à plusieurs lectures, à la fois terrible, d'une beauté contemplative crépusculaire et mélancolique absolues, mais surtout beaucoup de tendresse et d'amour, par dessus tout et contre tout.
Un gros coup au coeur et aux tripes et donc un des plus grands films de cette année 2009.
MA NOTE: 17/20
Site web: http://lecinedejo.blogs.allocine.fr
Un rythme très lent, peu de suspense, peu d'action et pourtant on est sans cesse captivé, étouffé par l'atmosphère de ce chemin de croix, l'espoir de ces êtres en perdition dans un monde qui tire sa révérence (terrifiants et pourtant sublimes plans de paysages grisâtres, glacés et dévastés, faits de cendres et d'arbres calcinés) rempli pourtant d'étincelles d'humanité.
Mais ce récit est surtout un dernier grand cri d'amour d'un père à son fils, ils se raccrochent l'un à l'autre comme dans une ultime résistance au désespoir, et c'est là tout le thème fort du film, magnifié par le charisme et la puissance émotionnelle de deux acteurs magistraux:
Viggo Mortensen, qui s'est investi aussi physiquement, est exceptionnel à la fois de force et de retenue, d'humilité dans le rôle du père, sorte de Christ dont cette route est le dernier calvaire, portant sa croix, mais se raccrochant d'abord au souvenir de sa bien-aimée (sublimes apparitions de la douce et lumineuse Charlize Theron, en femme désespérée qui n'a pas le courage d'affronter sa déchéance programmée) et surtout aux liens du sang qu'il tisse avec son fils, sa dernière raison de résister, un fils qu'il couve et protège, à qui il veut enseigner le courage de résister comme une dernière initiation à la survie, lui qui est l'ange ultime dans ce monde envahi par le diable et où à présent ne survivent que barbares et cannibales.Le jeune Kodi Smit-McPhee est également époustouflant dans le rôle de l'enfant, tout en pudeur et émotion rentrée, en ange apeuré mais tellement fort aussi, et la ressemblance physique du jeune acteur avec Charlize Theron est, bien sûr voulue, très troublante, aussi il est en même temps le fantôme de la mère, celle qui les a abandonnés mais qu'ils ne peuvent oublier, à chaque instant son souvenir leur revient comme un boomerang, le fils voudrait ainsi mourir pour la rejoindre et le père tente de l'effacer de sa mémoire en jetant photo et alliance du haut d'un pont, mais un simple piano le rappelle douloureusement à sa mémoire.
Saluons aussi l'apparition touchante et prodigieuse du grand Robert Duvall, méconnaissable en vieil homme presque aveugle, dans une scène formidable où il se croit un instant mort, croyant retrouver en la personne du fils, son fils disparu, revenu en ange.
Alors pourquoi ces deux êtres luttent-ils encore?L'un pour l'autre ils s'efforcent de survivre sans y croire vraiment, mais ils refusent de choisir la barbarie comme mode de survie (parfois le fils doute et demande à son père s'il finira aussi par le manger) et pour eux parfois l'humanité semble refaire surface, ils retrouvent soit le confort physique (bain dans la cascade) soit le confort matériel (avec la cave remplie de victuailles où ils vont l'espace d'un instant se reconstruire, en recréant les bonheurs d'antan).
Mais ils sont sans cesse en fuite, poursuivis par les quelques rares survivants qui n'auront d'autre issue que de les manger pour survivre à leur tour et le père n'imagine pas son fils finir dans ces conditions, aussi un révolver est là au cas où.Alors sans raconter la fin on peut dire qu'une note optimiste vient éclaircir la noirceur du propos.
Un film d'une noirceur absolue par son sujet évidemment et en même temps d'un humanisme magnifique de par cette fusion entre le père et son fils, un "couple" en union désespérée mais indestructible dans cet enfer, une leçon de vie dans un monde condamné d'avance.
Au final un film terrifiant, angoissant, noir (dépressifs s'abstenir), une fable aussi sur la nature humaine face au déclin, plus optimiste qu'il ne peut y paraître, sur le pouvoir de la foi en soi face à l'horreur, mais surtout une déchirante et bouleversante histoire d'amour, de transmission, on est à la fois glacé d'effroi et rempli de cette humanité débordante qui nous envahit, jamais on est dans la surenchère ni dans le sensationnel ou le larmoyant, tout ce qui est horrifique est simplement évoqué et se suffit à lui-même, l'émotion surgit naturellement et son pouvoir est d' une force insoupçonnée, on est littéralement transcendé et c'est plus un grand film intimiste magnifié par deux acteurs authentiques, exceptionnels de justesse, qui nous hypnotise, nous envoûte et nous hante longtemps après la projection.Un récit aussi à plusieurs lectures, à la fois terrible, d'une beauté contemplative crépusculaire et mélancolique absolues, mais surtout beaucoup de tendresse et d'amour, par dessus tout et contre tout.
Un gros coup au coeur et aux tripes et donc un des plus grands films de cette année 2009.
MA NOTE: 17/20
Site web: http://lecinedejo.blogs.allocine.fr
Robert Guédiguian, lui-même d'origine arménienne, était bien évidemment le réalisateur rêvé pour relater ce fait historique de la deuxième guerre mondiale, l'action de ce groupe de 23 hommes et femme, d'origines diverses, souvent très jeunes, et dirigés par un arménien, Manouchian, poète idéaliste, portés ensemble par la défense des libertés et des droits de l'humain, symbole de la Résistance à l'ennemi, et qui pourtant ont été un peu oubliés des manuels historiques.
Heureusement des intellectuels comme Aragon les ont réhabilités, comme avec son poème "L'affiche rouge", repris aussi en chanson par Léo Ferré.
Bien sûr pour traiter un tel sujet, il fallait à la fois être assez fidèle à la réalité historique (quoique le réalisateur se permet quelques modifications chronologiques pour booster son récit, il s'en excuse à la fin du film) et en même temps passionner par le déroulement du scénario et l'évolution des personnages.
Et c'est cette fusion à la fois de la réalité historique et du traitement cinématographique qui permet au film d'être passionnant et linéaire, de ne jamais sombrer dans le didactique, tout en nous sensibilisant à ce fait, en nous bouleversant sans en rajouter, tout en sobriété.
L'itinéraire de ce groupe de résistants est surtout basé sur 3-4 personnages, de plus on ne se concentre pas uniquement sur leurs faits d'armes ou sur leur engagement, on les voit aussi dans leur vie intime, ce qui les humanise encore plus, et l'occasion est aussi de révéler une excellente direction d'acteurs:en tête du réseau, le convaincant Simon Abkarian en poète non-violent, "du côté de la vie" comme il le dit, marié à la douce et lumineuse Virginie Ledoyen, la rage d'écorché-vif du trop rare Robinson Stévenin, pas dupe du sort fait à sa famille, qui prend parti pour la violence, la vengeance, la colère violente de Grégoire Leprince-Ringuet, et beaucoup d'autres rôles comme le toujours parfait Jean-Pierre Darroussin en collabo à la fois odieux manipulateur, ordure sans âme et policier blasé.
Quelques scènes très fortes restent dans les mémoires, comme celle de la grenade, style western, avec le suspense comme il faut.
Un film, pas trop scolaire mais pédagogique quand même, assurément populaire, lumineux et sombre, au sujet grave et profond, sur l'engagement idéaliste, le sacrifice, qui contribue au devoir de mémoire mais qui reste aussi visible et fort dans sa forme que dans son fond, une histoire pleine d'authenticité, romanesque et lyrique juste comme il faut, magnifiée par de vrais comédiens, une belle réussite!A voir!
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
(extrait de "L'affiche rouge" d'Aragon)
MA NOTE: 15/20
Heureusement des intellectuels comme Aragon les ont réhabilités, comme avec son poème "L'affiche rouge", repris aussi en chanson par Léo Ferré.
Bien sûr pour traiter un tel sujet, il fallait à la fois être assez fidèle à la réalité historique (quoique le réalisateur se permet quelques modifications chronologiques pour booster son récit, il s'en excuse à la fin du film) et en même temps passionner par le déroulement du scénario et l'évolution des personnages.
Et c'est cette fusion à la fois de la réalité historique et du traitement cinématographique qui permet au film d'être passionnant et linéaire, de ne jamais sombrer dans le didactique, tout en nous sensibilisant à ce fait, en nous bouleversant sans en rajouter, tout en sobriété.
L'itinéraire de ce groupe de résistants est surtout basé sur 3-4 personnages, de plus on ne se concentre pas uniquement sur leurs faits d'armes ou sur leur engagement, on les voit aussi dans leur vie intime, ce qui les humanise encore plus, et l'occasion est aussi de révéler une excellente direction d'acteurs:en tête du réseau, le convaincant Simon Abkarian en poète non-violent, "du côté de la vie" comme il le dit, marié à la douce et lumineuse Virginie Ledoyen, la rage d'écorché-vif du trop rare Robinson Stévenin, pas dupe du sort fait à sa famille, qui prend parti pour la violence, la vengeance, la colère violente de Grégoire Leprince-Ringuet, et beaucoup d'autres rôles comme le toujours parfait Jean-Pierre Darroussin en collabo à la fois odieux manipulateur, ordure sans âme et policier blasé.
Quelques scènes très fortes restent dans les mémoires, comme celle de la grenade, style western, avec le suspense comme il faut.
Un film, pas trop scolaire mais pédagogique quand même, assurément populaire, lumineux et sombre, au sujet grave et profond, sur l'engagement idéaliste, le sacrifice, qui contribue au devoir de mémoire mais qui reste aussi visible et fort dans sa forme que dans son fond, une histoire pleine d'authenticité, romanesque et lyrique juste comme il faut, magnifiée par de vrais comédiens, une belle réussite!A voir!
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
(extrait de "L'affiche rouge" d'Aragon)
MA NOTE: 15/20
Le grand intérêt de cette comédie (quelque peu romantique ) est d'y retrouver le légendaire et inénarrable Jim Carrey dans un personnage burlesque, comme il sait si bien les interpréter, avec son sens de la gestuelle, son visage et son corps élastiques, son grand sens du comique, comme tout droit sorti d'un cartoon (voir la scène où il se scotche le visage, hilarant!).
Cet acteur est un vrai show à lui tout seul!
Il est ici (à nouveau) tout simplement ébouriffant de drôlerie, en apportant à toutes ses scènes son génie de la comédie, gesticulant et s'agitant comme un fou furieux, mais aussi en apportant un côté romantique qu'on lui connaissait moins et qui lui va bien, son physique a muri et son jeu d'acteur s'est ainsi bonifié aussi.Car même si l'essentiel du scénario repose sur les situations (attendues) rocambolesques et détonantes, tous les passages moins comiques sont bien rendus grâce au jeu de comédien complet de l'acteur, mais aussi grâce aux bons seconds rôles.
Bon, c'est sûr, le scénario est très prévisible, pas de quoi pavoiser de ce côté-là, pas toujours très subtil, et pourtant on peut entrevoir dans cette sorte de fable à la fois une satire du monde sectaire(le personnage interprété par le toujours charismatique et mythique Terence Stamp, sorte de gourou de la "positive attitude", vaut le détour, inoubliable scène d'initiation au oui!) et une certaine philosophie de la vie, qui devrait nous inciter plus souvent à aller de l'avant, pour ne pas passer à côté de vraies opportunités.
Alors on dit "oui" à une bonne partie de rigolade,( certaines scènes comme le Red Bull, la tentative de suicide sont hilarantes) menée de main de maître par un Jim Carrey plus loufoque, déjanté et déchaîné que jamais, et sur qui repose absolument tout le film!
Bonne thérapie avec ce véritable électrochoc!
MA NOTE:13/20
Site web: http://lecinedejo.blogs.allocine.fr
Cet acteur est un vrai show à lui tout seul!
Il est ici (à nouveau) tout simplement ébouriffant de drôlerie, en apportant à toutes ses scènes son génie de la comédie, gesticulant et s'agitant comme un fou furieux, mais aussi en apportant un côté romantique qu'on lui connaissait moins et qui lui va bien, son physique a muri et son jeu d'acteur s'est ainsi bonifié aussi.Car même si l'essentiel du scénario repose sur les situations (attendues) rocambolesques et détonantes, tous les passages moins comiques sont bien rendus grâce au jeu de comédien complet de l'acteur, mais aussi grâce aux bons seconds rôles.
Bon, c'est sûr, le scénario est très prévisible, pas de quoi pavoiser de ce côté-là, pas toujours très subtil, et pourtant on peut entrevoir dans cette sorte de fable à la fois une satire du monde sectaire(le personnage interprété par le toujours charismatique et mythique Terence Stamp, sorte de gourou de la "positive attitude", vaut le détour, inoubliable scène d'initiation au oui!) et une certaine philosophie de la vie, qui devrait nous inciter plus souvent à aller de l'avant, pour ne pas passer à côté de vraies opportunités.
Alors on dit "oui" à une bonne partie de rigolade,( certaines scènes comme le Red Bull, la tentative de suicide sont hilarantes) menée de main de maître par un Jim Carrey plus loufoque, déjanté et déchaîné que jamais, et sur qui repose absolument tout le film!
Bonne thérapie avec ce véritable électrochoc!
MA NOTE:13/20
Site web: http://lecinedejo.blogs.allocine.fr
Voilà un film qui ne fait pas de bruit, dont la sortie a été faite en douceur, sans tapage médiatique, et pourtant réalisé par un jeune réalisateur déjà remarqué, deux acteurs qu'on ne présente plus, ex-époux à la ville, dans une histoire simple, une brève rencontre amoureuse entre cet ouvrier bien rangé et cette institutrice qui ne peut se poser, qui semble fuir les amours déjà condamnés, une rencontre due à un concours de circonstances qui va bouleverser leurs certitudes, ébranler leur entourage, la passion d'un instant, mais non pas comme dans "Partir" une passion qui détruit, qui va jusqu'au drame, ici tout en pudeur et en douceur, en retenue, à l'image de ce maçon qui essaie tant bien que mal de réfréner les ardeurs de son coeur, emballé par cette "intruse" de passage dans ses sentiments.
L'intrigue est on ne peut plus simpliste, l'histoire tient en peu de choses et pourtant le talent de metteur en scène est absolument immense pour arriver à nous emporter avec lui, à nous faire souffrir aussi avec Jean, et tout çà avec très peu de dialogues, uniquement par des regards, des silences étouffants ou déchirants, une caméra qui prend son temps à cerner les visages, mais qui réussit à nous captiver, à l'image du plan de Jean filmé dans sa voiture, simplement de 3/4, de dos, ou les longs plans sur l'institutrice et son visage amoureux, mais résigné et déchiré.
On pense à la fois à "Mademoiselle" de Philippe Lioret pour la rencontre fortuite mais aussi à Truffaut et "La femme d'à côté", mais ici le drame est plus effleuré, on est plus dans la souffrance d'assumer des sentiments qui bousculent la raison et l'ordre établi.
La musique des sentiments est ici révélée par ces regards, ces silences, aussi de vraie musique il n'y a que ce violon, trait d'union mélancolique entre les deux, et cette musique déchirante atteint son paroxysme dans la magnifique scène finale de la gare, où le côté mélo jusque là évité, prend ici tout son sens, et ne tombe jamais dans l'inutile, le mièvre ou le lacrymal.
On en est que plus ébranlé, touché au coeur.
Alors certes cette sobriété maximum, ce sens de l'épure poussé, cette lenteur assumée, pourront en dérouter certains, en tout cas personnellement je suis rentré dans cette histoire dès le début et jamais je n'en suis sorti.C'est çà le talent de metteur en scène, et le talent des deux interpètes principaux est bien évidemment à saluer: si Vincent Lindon confirme qu'après "Welcome" il est bien l'acteur français de l'année, deux rôles magnifiques, et pas si différents finalement, ce sont deux rencontres fortes dans la vie d'un homme ordinaire, l'acteur est à nouveau prodigieux, tout en en faisant très peu, d'une rigueur et d'une sobriété exemplaire avec son mélange de force et de fragilité mêlées, son métier est d'ailleurs symbolique, lui qui construit des maisons faites pour durer toute une vie, avec des fondations solides, à l'image de son couple qui va pourtant vaciller un temps.
Et puis l'acteur est en osmose parfaite avec Sandrine Kiberlain, filmée amoureusement par le réalisateur, elle aussi magnifique de pudeur et de sentiments forts, d'une douceur et d'une douleur lumineuse et tragique.Sublimés et sublimes.
Saluons aussi les seconds rôles comme Aure Atika, en épouse qui voit son mari vaciller, elle aussi avec peu de mots, peu de gestes, exprime beaucoup à l'image de la scène de l'anniversaire du père de Jean, elle comprend tout en observant son mari, la caméra qui balaie les regards, tout est dit, à l'image du film tout entier qui nous bouleverse.
On ne révèlera pas la fin mais on peut juste saluer la magnifique image finale, la caméra qui filme l'extérieur du foyer, reculant dans une lumière automnale, sur la magnifique chanson de Barbara "Septembre", la mélancolie assumée et ici magnifiée, à la limite du romantisme.
Une histoire toute en intériorité et en souffrances, tout en retenue, presque simpliste, et pourtant d'une puissance émotionnelle forte et d'une subtilité immense sur les tourments de l'âme, beau et éprouvant mais une déchirure qui fait du bien finalement, à l'image de ce vent fort qui balaie et vivifie, un gros coup de coeur de cet automne bien fébrile.On aime aussi ce bon cinéma français!
"Jamais la fin d'été n'avait paru si belle.
Les vignes de l'année auront de beaux raisins.
On voit se rassembler, au loin les hirondelles
Mais il faut se quitter. Pourtant, l'on s'aimait bien.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L'amour s'en va, mon cœur s'arrête.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Les fleurs portent déjà les couleurs de Septembre
Et l'on entend, de loin, s'annoncer les bateaux.
Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d'ombre.
Je reste sur le quai, mon amour. A bientôt.
Quel joli temps, mon amour, au revoir.
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L'amour nous reviendra peut-être.
Peut-être un soir, au détour d'un printemps.
Ah quel joli temps, le temps de se revoir.
Jamais les fleurs de Mai n'auront paru si belles.
Les vignes de l'année auront de beaux raisins.
Quand tu me reviendras, avec les hirondelles,
Car tu me reviendras, mon amour, à demain..."
("Septembre"-BARBARA-)
http://www.youtube.com/watch?v=el5Mm0oRmi0
MA NOTE: 16/20
Site web: http://lecinedejo.blogs.allocine.fr
L'intrigue est on ne peut plus simpliste, l'histoire tient en peu de choses et pourtant le talent de metteur en scène est absolument immense pour arriver à nous emporter avec lui, à nous faire souffrir aussi avec Jean, et tout çà avec très peu de dialogues, uniquement par des regards, des silences étouffants ou déchirants, une caméra qui prend son temps à cerner les visages, mais qui réussit à nous captiver, à l'image du plan de Jean filmé dans sa voiture, simplement de 3/4, de dos, ou les longs plans sur l'institutrice et son visage amoureux, mais résigné et déchiré.
On pense à la fois à "Mademoiselle" de Philippe Lioret pour la rencontre fortuite mais aussi à Truffaut et "La femme d'à côté", mais ici le drame est plus effleuré, on est plus dans la souffrance d'assumer des sentiments qui bousculent la raison et l'ordre établi.
La musique des sentiments est ici révélée par ces regards, ces silences, aussi de vraie musique il n'y a que ce violon, trait d'union mélancolique entre les deux, et cette musique déchirante atteint son paroxysme dans la magnifique scène finale de la gare, où le côté mélo jusque là évité, prend ici tout son sens, et ne tombe jamais dans l'inutile, le mièvre ou le lacrymal.
On en est que plus ébranlé, touché au coeur.
Alors certes cette sobriété maximum, ce sens de l'épure poussé, cette lenteur assumée, pourront en dérouter certains, en tout cas personnellement je suis rentré dans cette histoire dès le début et jamais je n'en suis sorti.C'est çà le talent de metteur en scène, et le talent des deux interpètes principaux est bien évidemment à saluer: si Vincent Lindon confirme qu'après "Welcome" il est bien l'acteur français de l'année, deux rôles magnifiques, et pas si différents finalement, ce sont deux rencontres fortes dans la vie d'un homme ordinaire, l'acteur est à nouveau prodigieux, tout en en faisant très peu, d'une rigueur et d'une sobriété exemplaire avec son mélange de force et de fragilité mêlées, son métier est d'ailleurs symbolique, lui qui construit des maisons faites pour durer toute une vie, avec des fondations solides, à l'image de son couple qui va pourtant vaciller un temps.
Et puis l'acteur est en osmose parfaite avec Sandrine Kiberlain, filmée amoureusement par le réalisateur, elle aussi magnifique de pudeur et de sentiments forts, d'une douceur et d'une douleur lumineuse et tragique.Sublimés et sublimes.
Saluons aussi les seconds rôles comme Aure Atika, en épouse qui voit son mari vaciller, elle aussi avec peu de mots, peu de gestes, exprime beaucoup à l'image de la scène de l'anniversaire du père de Jean, elle comprend tout en observant son mari, la caméra qui balaie les regards, tout est dit, à l'image du film tout entier qui nous bouleverse.
On ne révèlera pas la fin mais on peut juste saluer la magnifique image finale, la caméra qui filme l'extérieur du foyer, reculant dans une lumière automnale, sur la magnifique chanson de Barbara "Septembre", la mélancolie assumée et ici magnifiée, à la limite du romantisme.
Une histoire toute en intériorité et en souffrances, tout en retenue, presque simpliste, et pourtant d'une puissance émotionnelle forte et d'une subtilité immense sur les tourments de l'âme, beau et éprouvant mais une déchirure qui fait du bien finalement, à l'image de ce vent fort qui balaie et vivifie, un gros coup de coeur de cet automne bien fébrile.On aime aussi ce bon cinéma français!
"Jamais la fin d'été n'avait paru si belle.
Les vignes de l'année auront de beaux raisins.
On voit se rassembler, au loin les hirondelles
Mais il faut se quitter. Pourtant, l'on s'aimait bien.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L'amour s'en va, mon cœur s'arrête.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Les fleurs portent déjà les couleurs de Septembre
Et l'on entend, de loin, s'annoncer les bateaux.
Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d'ombre.
Je reste sur le quai, mon amour. A bientôt.
Quel joli temps, mon amour, au revoir.
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L'amour nous reviendra peut-être.
Peut-être un soir, au détour d'un printemps.
Ah quel joli temps, le temps de se revoir.
Jamais les fleurs de Mai n'auront paru si belles.
Les vignes de l'année auront de beaux raisins.
Quand tu me reviendras, avec les hirondelles,
Car tu me reviendras, mon amour, à demain..."
("Septembre"-BARBARA-)
http://www.youtube.com/watch?v=el5Mm0oRmi0
MA NOTE: 16/20
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Voici enfin sur nos écrans (circuit très réduit d'ailleurs) la dernière Palme d'Or du Festival de Cannes, certes pas un film tous publics, en tout cas un film à voir asurément.
A travers une histoire assez classique formellement parlant le metteur en scène, fidèle à ses thèmes favoris, traite ici la violence sourde et insidieuse, la montée de cette violence dans des âmes prisonnières d'intégrismes religieux ou politiques et sociaux, ces corps étouffants de rigidité moraliste, et démontre l'influence néfaste d'une éducation trop stricte sur des enfants, retournant celle-ci vers des actes terrifiants.
Tout ce qui était absolu est peu à peu vidé de son humanité, et on peut y voir une dénonciation du fascisme et de tous les terrorismes ou oppressions diverses, en effet d'après Haneke une éducation trop stricte, trop puritaine peut être la source du mal en se retournant contre ceux qui les y ont précipité, ce ruban blanc noué au bras des enfants comme pour symboliser leur pureté et leur innocence devient vite symbole d'intégrisme et de rejet de l'autre, différent, physiquement ou socialement, impossible de ne pas y voir ainsi les futurs nazis, soucieux d'établir la "race pure".
Saluons d'abord au plan visuel la magnifique photographie noir et blanc, une image qui colle parfaitement au sujet, le blanc de la pureté enfantine apparente opposé à la noirceur du sujet, les plans sont superbes, les tons chair biens rendus, et cette image noir et blanc donne aussi un côté presque fantastique à une histoire pourtant sans grand suspense apparent, mais d'où se dégage comme un parfum envoûtant et assez inquiétant.
Alors certes le film est très lent, austère, cliniquement glacé parfois, certaines scènes sont un peu difficiles à tenir sur la longueur, il n'y a pas ou peu de sentiments, le coeur ici est sec voir éteint, n'empêche que reste un film d'une beauté certes froide mais très artistique aussi, servi par une interprétation juste, avec ces visages terribles d'implacable austérité, sans sentiments, et que ce soit les enfants ou les adultes, ils sont ici tous parfaits.
Un beau film au sujet assez terrifiant, une histoire de violence sans passion, qui dérange et interroge, interpelle, mais qui est peut-être à l'arrivée finalement trop académique dans sa forme pour nous envoûter totalement.Légère déception donc par rapport au chef d'oeuvre annoncé mais à voir malgré tout.
MA NOTE: 13/20
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A travers une histoire assez classique formellement parlant le metteur en scène, fidèle à ses thèmes favoris, traite ici la violence sourde et insidieuse, la montée de cette violence dans des âmes prisonnières d'intégrismes religieux ou politiques et sociaux, ces corps étouffants de rigidité moraliste, et démontre l'influence néfaste d'une éducation trop stricte sur des enfants, retournant celle-ci vers des actes terrifiants.
Tout ce qui était absolu est peu à peu vidé de son humanité, et on peut y voir une dénonciation du fascisme et de tous les terrorismes ou oppressions diverses, en effet d'après Haneke une éducation trop stricte, trop puritaine peut être la source du mal en se retournant contre ceux qui les y ont précipité, ce ruban blanc noué au bras des enfants comme pour symboliser leur pureté et leur innocence devient vite symbole d'intégrisme et de rejet de l'autre, différent, physiquement ou socialement, impossible de ne pas y voir ainsi les futurs nazis, soucieux d'établir la "race pure".
Saluons d'abord au plan visuel la magnifique photographie noir et blanc, une image qui colle parfaitement au sujet, le blanc de la pureté enfantine apparente opposé à la noirceur du sujet, les plans sont superbes, les tons chair biens rendus, et cette image noir et blanc donne aussi un côté presque fantastique à une histoire pourtant sans grand suspense apparent, mais d'où se dégage comme un parfum envoûtant et assez inquiétant.
Alors certes le film est très lent, austère, cliniquement glacé parfois, certaines scènes sont un peu difficiles à tenir sur la longueur, il n'y a pas ou peu de sentiments, le coeur ici est sec voir éteint, n'empêche que reste un film d'une beauté certes froide mais très artistique aussi, servi par une interprétation juste, avec ces visages terribles d'implacable austérité, sans sentiments, et que ce soit les enfants ou les adultes, ils sont ici tous parfaits.
Un beau film au sujet assez terrifiant, une histoire de violence sans passion, qui dérange et interroge, interpelle, mais qui est peut-être à l'arrivée finalement trop académique dans sa forme pour nous envoûter totalement.Légère déception donc par rapport au chef d'oeuvre annoncé mais à voir malgré tout.
MA NOTE: 13/20
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Le sujet de ce scénario est intéressant, un peu dans la veine des "Virtuoses" ou de "Full Monty" mais avec aussi derrière en filigrane une histoire intime qui remonte à la surface, un passé douloureux pour deux des protagonistes.
Au vu de la bande-annonce, on pouvait s'attendre à un curieux mélange de comédie loufoque, picaresque, et de drame un peu mélo, et effectivement à la vision de ce film, le mélange est bien là, malheureusement j'allais presque dire: en effet rarement ce curieux mélange ne semble fonctionner ou plutôt on ne sait sur quel pied danser, malgré de belles scènes , de bonnes idées parfois.
La première partie nous présente cette équipe de "branquignols" qui vont tenter de reformer un orchestre, soi-dit en passant ils n'ont pas répété un concert qui s'annonce comme un évènement quand même!, la chronique de ces joyeux drilles, artistes dans l'âme, tziganes, juifs, russes, est souvent drôle et pittoresque, mais sombre souvent dans une caricature assez grossière qui, si elle est voulue, n'en demeure pas moins parfois redondante.Pourtant des gueules attachantes et épatantes se dégagent de cette bande et le côté populaire et fantaisiste est agréable.
Puis la deuxième partie est plus axée sur le concert proprement dit avec en apothéose 1/2 heure de final sur la symphonie pour violon de Tchaïkovsky, magnifiée par une mise en scène virtuose et un montage superbe, plus mélo et rempli alors d'une grâce enfin aboutie, grâce au lyrisme de la musique et des deux interprètes principaux, le méconnu Aleksei Guskov, qui possède l'aura et le regard émerveillé de l'artiste, et Mélanie Laurent dont le charme est ici malheureusement trop peu exploité et qui n'a que 2-3 bonnes scènes à défendre.
Un film un peu bancal donc qui aurait pu être un grand film mais souffre de son mélange des genres, et la fameuse "ultime harmonie" à laquelle espère accéder Andrei Filipov n'est finalement à l'arrivée qu'une symphonie inachevée, un inabouti et peut-être difficile à réaliser patchwork, un brassage farce-mélo qui ne manque pourtant pas de sincérité, souvent touchant, criant de vérité, mais aussi plein d'invraisemblances et de clichés qu'on a du mal à avaler, porté par des acteurs épatants, promis malgré tout à un succès populaire, au final un gâteau bien garni, pétri d'humanité et de bons sentiments mais qui déçoit en retombant finalement comme un soufflé qu'on a voulu trop cuire, alors intéressant sûrement mais un peu trop dé-concert-ant!
MA NOTE: 13/20
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Au vu de la bande-annonce, on pouvait s'attendre à un curieux mélange de comédie loufoque, picaresque, et de drame un peu mélo, et effectivement à la vision de ce film, le mélange est bien là, malheureusement j'allais presque dire: en effet rarement ce curieux mélange ne semble fonctionner ou plutôt on ne sait sur quel pied danser, malgré de belles scènes , de bonnes idées parfois.
La première partie nous présente cette équipe de "branquignols" qui vont tenter de reformer un orchestre, soi-dit en passant ils n'ont pas répété un concert qui s'annonce comme un évènement quand même!, la chronique de ces joyeux drilles, artistes dans l'âme, tziganes, juifs, russes, est souvent drôle et pittoresque, mais sombre souvent dans une caricature assez grossière qui, si elle est voulue, n'en demeure pas moins parfois redondante.Pourtant des gueules attachantes et épatantes se dégagent de cette bande et le côté populaire et fantaisiste est agréable.
Puis la deuxième partie est plus axée sur le concert proprement dit avec en apothéose 1/2 heure de final sur la symphonie pour violon de Tchaïkovsky, magnifiée par une mise en scène virtuose et un montage superbe, plus mélo et rempli alors d'une grâce enfin aboutie, grâce au lyrisme de la musique et des deux interprètes principaux, le méconnu Aleksei Guskov, qui possède l'aura et le regard émerveillé de l'artiste, et Mélanie Laurent dont le charme est ici malheureusement trop peu exploité et qui n'a que 2-3 bonnes scènes à défendre.
Un film un peu bancal donc qui aurait pu être un grand film mais souffre de son mélange des genres, et la fameuse "ultime harmonie" à laquelle espère accéder Andrei Filipov n'est finalement à l'arrivée qu'une symphonie inachevée, un inabouti et peut-être difficile à réaliser patchwork, un brassage farce-mélo qui ne manque pourtant pas de sincérité, souvent touchant, criant de vérité, mais aussi plein d'invraisemblances et de clichés qu'on a du mal à avaler, porté par des acteurs épatants, promis malgré tout à un succès populaire, au final un gâteau bien garni, pétri d'humanité et de bons sentiments mais qui déçoit en retombant finalement comme un soufflé qu'on a voulu trop cuire, alors intéressant sûrement mais un peu trop dé-concert-ant!
MA NOTE: 13/20
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Ce dernier Alain Resnais était rentré de Cannes avec un curieux prix, un Prix exceptionnel du Jury, certains y avaient vu plutôt un hommage, les critiques apparaissaient divisées sur le film et en fait on peut comprendre pourquoi après l'avoir découvert.
Car en effet c'est un film très original, partant pourtant d'un scénario assez mince, adapté d'une nouvelle "L'incident".
Original par son ton, à la fois comédie fantaisiste et presque surréaliste parfois, original par sa mise en scène qui nous perd un peu, souvent même, à l'image d'un récit qui ne sait jamais où il va, nous donnant presque une sensation de vertige, mais un vertige bienheureux, comme dans un rêve.
Ces deux personnages qui vont forcément devoir se rencontrer, suite à cet "incident", et qui font tout pour s'éviter, malgré la poussée du désir qui rentre en eux comme pousse une herbe folle, insidieusement, nous sont présentés comme des êtres un peu étranges, on sait peu de choses sur eux, surtout sur Georges qui refoule souvent des pulsions meurtrières dont on a pas la clef, à l'humeur variable, pouvant passer en un instant de la douceur à la colère, énigmatique et sans cesse borderline.Borderline le film ose aussi l'être, et comme des herbes folles des morceaux de scènes inattendus, cocasses, jubilatoires ou curieux poussent et envahissent l'histoire pour mieux encore noyer une quelconque compréhension rationnelle au récit.
Car en effet ce qui fait la force de ce vaudeville c'est sa liberté de ton, la fantaisie jouissive d'un cinéaste encore vert qui nous perd pour mieux nous enflammer.
Saluons également la belle lumière du film, toutes ces scènes admirablement colorées par cette lumière chaude presque automnale, à l'image de la splendide scène de la première apparition de Marguerite, filmée de dos, cette lumière enveloppant magnifiquement la chevelure sauvage, autre herbe folle, de Melle Muir.
Alors évidemment pour interpréter cette fantaisie pleine d'insolence et de folie il fallait deux interprètes au diapason et là Resnais a fait appel évidemment à ses deux complices: André Dussollier est une nouvelle fois superbe, à la fois amusant, intrigant, irrationel, il apporte à la fois sa classe, son charisme et toute sa fantaisie naturelle, pareil pour Sabine Azema dont la chevelure est ici le reflet idéal à sa déraison et son incapacité à planifier correctement son désir.Deux grands acteurs dont la fantaisie se marie à merveille à cet univers.
Parmi les nombreux seconds rôles notons les apparitions réjouissantes de Mathieu Amalric et de Michel Vuillermoz, roulant de gros yeux , épatants en policiers un peu hallucinés.
Malgré une dernière demi-heure un peu plus en demi-teinte, l'ensemble dégage assez de folie et de charme pour nous envoûter (même si on peut comprendre qu'elle puisse en dérouter certains), grâce à une histoire souvent loufoque et absurde mais absolument pas "prise de tête", il sufit de se laisser emporter comme dans un rêve aérien, et cette herbe folle qui pousse au milieu d'un cinéma français d'une pauvreté assez affligeante parfois, alors là on peut le dire, le bonheur est dans le pré!
MA NOTE: 15/20
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Car en effet c'est un film très original, partant pourtant d'un scénario assez mince, adapté d'une nouvelle "L'incident".
Original par son ton, à la fois comédie fantaisiste et presque surréaliste parfois, original par sa mise en scène qui nous perd un peu, souvent même, à l'image d'un récit qui ne sait jamais où il va, nous donnant presque une sensation de vertige, mais un vertige bienheureux, comme dans un rêve.
Ces deux personnages qui vont forcément devoir se rencontrer, suite à cet "incident", et qui font tout pour s'éviter, malgré la poussée du désir qui rentre en eux comme pousse une herbe folle, insidieusement, nous sont présentés comme des êtres un peu étranges, on sait peu de choses sur eux, surtout sur Georges qui refoule souvent des pulsions meurtrières dont on a pas la clef, à l'humeur variable, pouvant passer en un instant de la douceur à la colère, énigmatique et sans cesse borderline.Borderline le film ose aussi l'être, et comme des herbes folles des morceaux de scènes inattendus, cocasses, jubilatoires ou curieux poussent et envahissent l'histoire pour mieux encore noyer une quelconque compréhension rationnelle au récit.
Car en effet ce qui fait la force de ce vaudeville c'est sa liberté de ton, la fantaisie jouissive d'un cinéaste encore vert qui nous perd pour mieux nous enflammer.
Saluons également la belle lumière du film, toutes ces scènes admirablement colorées par cette lumière chaude presque automnale, à l'image de la splendide scène de la première apparition de Marguerite, filmée de dos, cette lumière enveloppant magnifiquement la chevelure sauvage, autre herbe folle, de Melle Muir.
Alors évidemment pour interpréter cette fantaisie pleine d'insolence et de folie il fallait deux interprètes au diapason et là Resnais a fait appel évidemment à ses deux complices: André Dussollier est une nouvelle fois superbe, à la fois amusant, intrigant, irrationel, il apporte à la fois sa classe, son charisme et toute sa fantaisie naturelle, pareil pour Sabine Azema dont la chevelure est ici le reflet idéal à sa déraison et son incapacité à planifier correctement son désir.Deux grands acteurs dont la fantaisie se marie à merveille à cet univers.
Parmi les nombreux seconds rôles notons les apparitions réjouissantes de Mathieu Amalric et de Michel Vuillermoz, roulant de gros yeux , épatants en policiers un peu hallucinés.
Malgré une dernière demi-heure un peu plus en demi-teinte, l'ensemble dégage assez de folie et de charme pour nous envoûter (même si on peut comprendre qu'elle puisse en dérouter certains), grâce à une histoire souvent loufoque et absurde mais absolument pas "prise de tête", il sufit de se laisser emporter comme dans un rêve aérien, et cette herbe folle qui pousse au milieu d'un cinéma français d'une pauvreté assez affligeante parfois, alors là on peut le dire, le bonheur est dans le pré!
MA NOTE: 15/20
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Encore un film présenté au dernier Festival de Cannes en compétition qui sort sur nos écrans, je l'avais raté à Cannes, aussi c'est avec beaucoup d'espoir que j'allais voir cette troublante histoire.
Il faut préciser que c'est inspiré d'une histoire réelle qui s'est déroulée dans le Nord de la France il y a une dizaine d'années, oui il faut le préciser tellement çà parait incroyable.
L'histoire de cet homme, escroc, trafiquant pour l'argent, qui d'abord en simple opportuniste va se trouver impliquer dans un mécanisme incroyable, son mensonge et son escroquerie vont être l'axe d'un énorme rouleau compresseur dans lequel sa vie va trouver un autre destin, en construisant une simple autoroute, qui, si elle ne mène à rien, est surtout celle de la solidarité, symbole aussi d'un vrai sens à sa propre existence, même temporairement il se sent capable de changer la vie autour de lui.
Ce que la mise en scène de cette histoire extraordinaire arrive à nous faire ressentir est surtout le fait qu'on est sans cesse dérangé, troublé, comme emporté par ce vertige dans lequel se trouve le "héros" dépassé par les évènements, et on est toujours à la limite du thriller, comme dans un suspense étonnamment et brillamment distillé, alors qu'on en connait malgré tout les limites.
C'est alors plus une fable sur notre société, en pleine comparaison avec la crise actuelle, avec ces ouvriers qui reprennent espoir et voient apparaitre le messie en la personne de ce nouveau patron, et même lorsqu'ils viendront à douter de sa bonne foi, ils voudront absolument terminer leur ouvrage comme pour finir de croire à leur rêve."L'important est qu'on vive un truc ensemble" leur dit-il pour les rassurer mais surtout pour y croire lui-même encore.
L'histoire d'un escroc apparemment ordinaire qui va se retrouver imbriqué dans une quête sociale inespérée, interprétée par un des plus grands acteurs de sa génération (comme Vincent Lindon avec lequel il devrait se partager le prochain César du meilleur acteur!), le génial François Cluzet qui trouve ici un de ses meilleurs rôles si ce n'est le meilleur: en interprétant cet homme qui va basculer peu à peu vers une semi-folie, hésitant entre l'argent facile et sa découverte d'un univers social inconnu, cette solidarité forte, considéré comme l'homme providentiel, lui qui n'a jamais tissé de vrai lien social, qui a raté sa vie, et l'acteur est ici épatant de force et de faiblesse mêlées, montrant ses failles, ses doutes, ses angoisses, hésitant, nerveux, asphyxié souvent par son aventure, pris inexorablement dans le vertige de ce tourbillon, souvent à la dérive mais sans cesse revigoré comme guidé par sa mission et son besoin d'amour, et on on est nous-mêmes sous le choc, partagés entre l'ignominie de cette imposture et l'espoir de cette solidarité renaissante.
Aux côtés de Cluzet on retrouve des seconds rôles tous d'une justesse intimiste incroyable, tous parcourus par ce sens de l'humanité, à l'image de la ravissante Emmanuelle Devos, touchante en maire divorcée, ou des deux très convaincants jeunes, la douce et lumineuse Stéphanie Sokolinski et Vincent Rottiers, voyou au regard bleu acier.Plus en bonus la participation imposante du grand Gérard Depardieu en véritable ordure.
L'histoire d'une arnaque presque anodine qui se transforme en aventure humaine inédite, une histoire troublante et envoûtante, si fascinante, si dense et si intense qu'elle ne nous lâche pas et de laquelle on ressort secoué.
"A l'origine il y a un scarabée" raconte Miller, et à l'arrivée il y a un des meilleurs films français de l'année, tout simplement, un film aussi très accessible, Xavier Giannoli confirmant qu'il est bien un des meilleurs réalisateurs français actuels.
MA NOTE: 16/20
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Ayant vu ce film lors de sa présentation en avant-première au dernier Festival de Cannes en mai dernier, dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, il ne m'avait pas laissé une forte impression mais plutôt une déception.
L'histoire de cet homme qui voit le temps s'éloigner, sa vie lui échapper, cet homme qui tente de refaire le point avec les siens est traité d'une manière beaucoup trop décalée pour nous émouvoir ou en tout cas pour nous emporter dans sa direction.
Tout est trop volontairement déstructuré, tout tombe à plat et ce qui fait qu'on ne rentre jamais dans cette histoire d'une famille qui doute, qui montre ses failles, se remet en question, et le côté presque littéraire et donc pas assez cinématographique en devient presque ennuyeux et long, alors que le film ne dure paradoxalement qu'une heure et 20 mn!
Malgré tout il faut sauver de ce ratage l'interprétation de François Damiens, comique décalé et surréaliste qui montre ici ses talents dans un rôle dramatique, la touchante Valérie Benguigui et une des dernières apparitions du regretté Jocelyn Quivrin.
Ce faux mélodrame, trop décalé, presque théâtral, jusqu'à en ôté toute sensibilité, et qui est à l'opposé du osé mais touchant et très cinématographique "Deux jours à tuer", ne m'a donc pas convaincu.
MA NOTE: 10/20
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L'histoire de cet homme qui voit le temps s'éloigner, sa vie lui échapper, cet homme qui tente de refaire le point avec les siens est traité d'une manière beaucoup trop décalée pour nous émouvoir ou en tout cas pour nous emporter dans sa direction.
Tout est trop volontairement déstructuré, tout tombe à plat et ce qui fait qu'on ne rentre jamais dans cette histoire d'une famille qui doute, qui montre ses failles, se remet en question, et le côté presque littéraire et donc pas assez cinématographique en devient presque ennuyeux et long, alors que le film ne dure paradoxalement qu'une heure et 20 mn!
Malgré tout il faut sauver de ce ratage l'interprétation de François Damiens, comique décalé et surréaliste qui montre ici ses talents dans un rôle dramatique, la touchante Valérie Benguigui et une des dernières apparitions du regretté Jocelyn Quivrin.
Ce faux mélodrame, trop décalé, presque théâtral, jusqu'à en ôté toute sensibilité, et qui est à l'opposé du osé mais touchant et très cinématographique "Deux jours à tuer", ne m'a donc pas convaincu.
MA NOTE: 10/20
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J'ai vu ce film en avant-première lors du festival Paris-cinémas en Juillet dernier, la projection étant précédée par un entretien très sympa avec l'équipe du film.
Après "L'homme est une femme comme les autres" nous retrouvons Simon, musicien juif homosexuel et ses aventures amoureuses.
Quelques années après,le voici en pleine réflexion, il a muri, deux histoires d'amour l'encerclent et il apprend qu'il a eu un enfant 10 ans auparavant!
Une comédie douce, légère et avec beaucoup de pudeur sur le rapport à la tolérance, la confusion des sentiments, les rapports familiaux, père-fils, et aussi la relation inter-générationnelle entre Simon et sa mère:devenue handicapée, elle va s'installer chez son fils, devenant par la-même un peu envahissante, interprétée par la toujours pétulante et enthousiasmante Judith Magre.
Le bon point du scénario est le fait que çà ne tombe jamais dans la caricature ou la surenchère, le côté moins bon est le fait que çà manque souvent de rythme et que, malgré un certain charme, une certaine élégance, un sens de la comédie particulier, çà tourne un peu en rond.
Côté interprétation, si Antoine de Caunes est pas mal,très sobre (peut-être trop?)il se fait littéralement voler la vedette par Mehdi Dehbi: dans le rôle certes exubérant et très marquant du travesti arabe homosexuel, l'acteur est ici la grande révélation de ce film, il rayonne et est aussi crédible en homme qu'en femme, sa finesse et son charisme sont complétés par un jeu très subtil, entre fragilité et force, le tout jamais surdosé.Un acteur à suivre de près!
Un petit film tout en finesse mais au scénario un peu mou, abordant malgré tout des sujets sensibles et graves vite désarçonnés par le côté léger de la comédie de moeurs.
Le réalisateur présente son film comme "...l'histoire d'un musulman qui sauve l'âme d'un juif. Et si un musulman peut sauver l'âme d'un juif alors tout est possible sur cette terre ! C'est ce que j'aime croire. "
Naïf mais tellement beau!
MA NOTE: 12/20
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Après "L'homme est une femme comme les autres" nous retrouvons Simon, musicien juif homosexuel et ses aventures amoureuses.
Quelques années après,le voici en pleine réflexion, il a muri, deux histoires d'amour l'encerclent et il apprend qu'il a eu un enfant 10 ans auparavant!
Une comédie douce, légère et avec beaucoup de pudeur sur le rapport à la tolérance, la confusion des sentiments, les rapports familiaux, père-fils, et aussi la relation inter-générationnelle entre Simon et sa mère:devenue handicapée, elle va s'installer chez son fils, devenant par la-même un peu envahissante, interprétée par la toujours pétulante et enthousiasmante Judith Magre.
Le bon point du scénario est le fait que çà ne tombe jamais dans la caricature ou la surenchère, le côté moins bon est le fait que çà manque souvent de rythme et que, malgré un certain charme, une certaine élégance, un sens de la comédie particulier, çà tourne un peu en rond.
Côté interprétation, si Antoine de Caunes est pas mal,très sobre (peut-être trop?)il se fait littéralement voler la vedette par Mehdi Dehbi: dans le rôle certes exubérant et très marquant du travesti arabe homosexuel, l'acteur est ici la grande révélation de ce film, il rayonne et est aussi crédible en homme qu'en femme, sa finesse et son charisme sont complétés par un jeu très subtil, entre fragilité et force, le tout jamais surdosé.Un acteur à suivre de près!
Un petit film tout en finesse mais au scénario un peu mou, abordant malgré tout des sujets sensibles et graves vite désarçonnés par le côté léger de la comédie de moeurs.
Le réalisateur présente son film comme "...l'histoire d'un musulman qui sauve l'âme d'un juif. Et si un musulman peut sauver l'âme d'un juif alors tout est possible sur cette terre ! C'est ce que j'aime croire. "
Naïf mais tellement beau!
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