Film : A Serious Man (bande annonce, extraits de films, photos...)
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A Serious Man

12  fans
Note : 
 (42)
Année : 2009    Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie dramatique
Titre original : A Serious Man
Sur ce film
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Vidéos: extraits de films, bande-annonce

Bande annonce et extraits du film A Serious Man. Vous pouvez ajouter un extrait de film de A Serious Man.
A Serious Man - Bande annonce VOST
Vues : 2435 Points : 0
Interview avec le casting
Vues : 225 Points : 0
A Serious Man - Extrait 2 VO
Vues : 135 Points : 0
A Serious Man - Extrait 1 VO
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Critiques du film A Serious Man

zglub215
Le 25/10/2010
0
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
Le film le moins médiatisé des Coen depuis une éternité (au moins Le grand saut, voire le duo Millers’ crossing / Barton Fink) est possiblement la clé de toute leur œuvre. Pour la première fois, les frangins tombent leur masque de carnaval au sourire narquois et au regard acéré porté sur l’humanité, et acceptent d’afficher une véritable empathie envers une de leurs créatures. Envers deux, même – le héros Larry et son frère Arthur. A serious man est la chronique des quelques jours où la vie de Larry prend l’eau de toutes parts. Sa femme demande le divorce, sa titularisation à l’université où il travaille est soudain menacée, ses enfants n’ont pour lui ni respect ni sympathie, et tous les inconnus dont il croise la route semblent partager le même objectif de le harceler jusqu’à ce que folie s’en suive.

En plus d’être le plus empathique, A serious man est le plus naturaliste des longs-métrages des Coen. Larry n’a en effet rien de spécial. Il n’est pas tueur à gages comme dans Miller’s crossing ou Fargo, cible d’un tueur à gages comme dans No country for old men, dramaturge comme Barton Fink. Il n’est même pas crétin comme les personnages de Burn after reading, ou grande gueule marginale comme The Big Lebowski. Il aspire juste à une existence simple, honnête, selon un schéma simple – un emploi, une famille, une maison dans un quartier pavillonnaire – et honnête ; car Larry est un être profondément droit, qui fait de son mieux pour vivre selon les préceptes et les traditions de sa religion juive. L’enchaînement délirant de calamités qui s’abat sur lui, et en parallèle l’absence d’explications ou même simplement de signes de la part de Dieu ou de ses plus proches disciples que sont les rabbins, fait de A serious man le porteur du message suivant de la part des Coen : s’il existe – et il en existe – des individus aussi persécutés par le sort que Larry, sans qu’il n’y ait de raison ni d’échappatoire à cette situation, alors nous préférons volontiers « gâcher » notre temps et notre talent à railler férocement et, oui, gratuitement, les travers et la bêtise des gens méchants et bêtes. Ça ne résout rien, mais ça défoule.

Depuis tout ce temps, les frères Coen ne seraient donc pas de sales petits morveux effrontés mais de grands sensibles, qui ne filment pas d’histoires tristes non pas parce qu’ils ne le peuvent pas mais parce qu’ils ne le veulent pas. Triste, A serious man l’est tellement à force de malheurs que dans sa seconde moitié, on n’a même plus le cœur à réagir à certaines blagues pourtant brillantes (qu’on se rassure, d’autres déclenchent toujours de violents fous rires). Par rapport à tous les autres personnages imaginés par les cinéastes, Larry est comme l’homme qui, dans le mythe de la caverne de Platon, se retourne et prend conscience de sa misère. Ce qui n’a pour effet que de le rendre plus malheureux – d’autant plus que les Coen lui ont attaché un être encore plus à plaindre que lui (Arthur) et que Larry, incurablement bon, ne peut en conséquence que plaindre. La relation entre les deux frères est remarquablement pensée : très différents physiquement, ils sont par contre en osmose dans les traits de caractère qui les définissent le mieux (même passion pour les mathématiques, même tempérament réservé, même crainte à l’égard de Dieu). Arthur est simplement une version plus marginale de Larry, et en cela moins armée pour résister aux aléas et aux animosités.

Sans nier cette angoisse, mieux vaut en rire qu’en pleurer nous disent tout de même les Coen. Qui nous guident en ce sens via leurs gags de première classe (les discussions des ados à bord du bus scolaire, très Beaux gosses ; le dialogue de sourds entre Larry et le vendeur de disques) et leur galerie de seconds rôles impayables (l’épouse de Larry, son voisin chasseur, la famille coréenne). Mais au cœur du film, l’intériorisation par Larry de sa souffrance – jamais il ne se retournera contre ses semblables, une fuite en avant toujours empruntée par les autres personnages des Coen – rend l’humour moins caustique que désemparé, et le ton du film moins cynique que métaphysique. Les cinéastes s’impliquent, et par ricochet nous impliquent dans ce face-à-face avec le néant (et vu les questions qu’ils ont dans la tête, on comprend volontiers qu’ils préfèrent d’ordinaire ne pas y regarder de trop près). Ce sérieux de circonstance ne les empêche pas de placer encore ici et là des spécimens isolés de virtuosité gratuite voire superflue (les cartons annonçant les entrevues avec les rabbins) ; mais dans la quasi-totalité des cas, il y a une raison de fond à ces fioritures. Par exemple, les scènes de rêves de Larry, au demeurant excellentes en soi, reproduisent en apparence seulement un motif scénaristique usé jusqu’à la moelle. La rupture marquée par chacune de ces scènes avec l’existence de Larry, routinière et étouffée par les circonstances extérieures, renforce le caractère tragique de celle-ci : toutes les choses différentes, aventureuses, périlleuses qui nourrissent ces songes ne se produiront pas dans la réalité. Jamais.

Ou peut-être que si ; le fait nouveau sur lequel se conclut abruptement A serious man est de nature à tout bouleverser, ou bien à entériner les dérives des uns et des autres. C’est là la dernière pirouette d’un récit qui, en plus d’être aussi cryptique que les merveilles des Coen dans ce domaine, est résolument ambigu. Nous nous retrouvons cette fois à nous poser les mêmes questions insolubles que les protagonistes. Chacune des nombreuses pièces non expliquées du puzzle est une énigme, ouverte à plusieurs interprétations disparates. Il en va ainsi du prologue (comment le relier au reste du film ?), du comportement du nouvel amant de la femme de Larry (homme véritablement parfait ou fraude ?), de la justesse et des conséquences des décisions de Larry durant l’épilogue, de ce que peut (ou ne peut pas) apporter la religion à l’homme. Et de mille autres choses relevant plus du détail, mais participant à la confusion générale initiée d’entrée par le montage alterné entre Larry et son fils qui, en ne révélant que tardivement la nature de la relation entre eux, laisse envisager qu’ils pourraient être la même personne, vue d’un côté en flashback et de l’autre au présent. Comme chez les Monty Python (cf. ci-dessous), le sens de la vie semble bien compliqué à dénicher au milieu de tout ça.

Site web:  http://tinyurl.com/35xsc72
8 critique(s)  par  zglub215 Signaler un abus
jeremie747
Le 09/07/2010
1
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
"A Serious Man" est celui des films des frères Coen, dont le sens est pourtant régulièrement obscur, qui laisse le plus perplexe. Le film est construit comme une chronique relatant principalement la série d'emmerdements qui s'abattent sur un père de famille juif du Midwest dans les années 60. Le contexte rappelle immanquablement celui de l'enfance des réalisateurs mais on se demande si le récit est lui aussi autobiographique. Si c'est le cas, il éclaire probablement sur cette philosophie désabusée si caractéristique de leur cinéma. En effet Larry Gopnik (leur père ?), "homme sérieux" qui a toujours fait ce qu'il pensait être juste, échoue complètement, malgré ses nombreuses tentatives, à comprendre pourquoi tous les aspects de sa vie s'écroulent d'un seul coup. Cette agitation de l'homme cherchant, sans y parvenir, à maîtriser ou au moins comprendre son destin est une constante de leur cinéma mais ce qui est nouveau, c'est la résignation qui conclut le film et laisse au spectateur le sentiment d'un pessimisme déprimant. Si le sens de l'anecdote et le talent de réalisation des frères Coen s'exprime dans quelques scènes hilarantes (l'introduction, le dentiste, les rabbins cryptiques), la narration est moins ludique que d'habitude. Ernest Hemingway, dont les romans ont souvent une grande portée symbolique, avait avant tout l'obsession de la bonne histoire. Les Coen, par leur maîtrise du cinéma de genre, avaient toujours su donner de la force à leur philosophie par un sens génial de la narration. Dans "A Serious Man", on admire le brio mais on regrette l'absence d'une bonne histoire pour lui donner un peu plus de substance.

264 critique(s)  par  jeremie747 Signaler un abus

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