Micmacs à tire-larigot
Note :









(9)









(9)
Année : 2009
Pays : France
Avec : Dany Boon, André Dussollier, ...
Genre : Comédie
Titre original : Micmacs à tire-larigot
Vidéos: extraits de films, bande-annonce
On sort de son rêve quand les lumières s'allument, et je crois bien que ça suffit. Jeunet nous embarque, à nouveau, dans une folie, à la fois sale et belle, qu'on n'a pas envie de quitter. Tout est dingue, tout est ficelé, on pense à ces circuits de billes que l'on échafaudait étant petit et qui, après force circonvolutions, permettaient à une jolie Agathe d'arriver à son but.
Alors j'aime.
Alors j'aime.
Si Jean-Pierre Jeunet sait encore nous séduire, c'est parce que son univers bien à lui, ses gueules et ses tics, il sait les renouveler subtilement. Jamais loin de la tambouille indigeste, toujours près de l'émerveillement total, ses films sont comme des portraits hors du temps, du beau cinéma artisanal qui nous propulse dans la lune ("Amélie Poulain" en reste la plus belle preuve). Quelque part, Jeunet reprend beaucoup de Méliès. Il fait du cinéma une somme de moyens contemporains qu'il conclue à des fabrications modestes, impensables, créatives dans leur besoin de rester sobres et discrètes, au service d'une histoire aux saveurs de légende d'on ne sait où. "Micmacs à tire-larigot" n'est certainement pas son film le plus lié, le plus fin ni le plus magique, la faute à une inégalité de rythme et une absence de véritable premier rôle. Mais son inspiration est toujours intacte. D'un amour pour le cinéma muet comme pour celui du fantaisiste Tim Burton, Jeunet décroche encore une fois lunes et étoiles : son cinéma a une gueule d'enfer qui n'appartient qu'à lui. Ces digressions narratives et son tempo endiablé encouragent les personnages et leurs acteurs à former une petite troupe en rythme, swinguant à l'allure de dialogues fourchus et plein d'esprit. Comme dans une cave à jazz, Jeunet manie ambiance et tempo, quitte à se perdre parfois dans une répétition un peu lassante. On repense à toute cette famille de comédiens réunis pour un cinéma à longue vie, jouissif dans son ascension morale et cinglant dans son flinguage des normes politiques. Dany Boon campe un lunatique à la masse, doux rêveur sorti des antres du cinéma. Julie Ferrier est la contortionniste divine de ce spectacle fabriqué et charmant, Omar Sy le beau parleur roi de la technique linguistique française, et Dominique Pinon le fêlé incontrôlable. Il y a aussi Yolande Moreau en Séraphine de la casserole, Dussollier en pourri pathétique et Nicolas Marié en pourri pathétique (bis). Rien que pour le final, délire inattendu qui illumine de son charme le cinéma à l'arrache, ses métiers de l'ombre ainsi que sa portée universelle, il faut voir ces Micmacs entre deux eaux, sérieux, délirant, noir, rose, ténèbreux et rêveur.
Site web: http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
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