Dans une année politique mondiale particulièrement dense, où 3 peuples majeurs sont dans une optique de changement ou de consolidation stérile, le visonnage de “Adieu camarades” résonne comme une sorte de mode d’emploi définitif du petit abécédaire du mouvement politique en action. L’exemple de l’ex Union soviétique ici choisit n’est évidemment pas anodin. Nous montrer, nombreuses images à l’appui, l’explosion glorieuse et la mort d’un courant n’est finalement pas monnaie courante dans le jargon mondial et le fait que la russie garde en elle des reminescences de cette finalement courte histoire ne fait qu’augmenter l’intérêt incroyable que l’on peut porter à ce documentaire.
S’échinant donc à ne parler que des 20 années les plus importantes du mouvement, ADIEU CAMARADES arrive à s’extirper du tout venant du film historique et didactique grâce à un regard emprunt à la fois d’une certaine nostalgie (d’un univers, d’un mode de vie et d’une esthétique) et d’un pragmatisme confondant, oubliant les acquis sur ce que l’on peut penser de l’histoire du pays durant cette période, pour ne s’accrocher qu’aux faits. Aussi, son découpage en 6 épisodes, chacun lié à un laps d’années phare, relève encore le sentiment d’exhaustivité lié à une envie de transformer l’énumération en fiction passionnante. Pour faire honneur à l’appellation “d’empire” de l’union, NEKRASOV (associé à Jean Francois COLOSIMO et GYÖRGY DALOS) construit son récit sur le fil de la passion et d’une recherche documentaire qui fait autant la part belle aux dirigeants qu’au peuple. La variété des points de vue associée à une mise en image plurielle ne fait que renforcer ce sentiment de regarder à la fois un morceau important de l’histoire mondiale mais aussi, un grand moment de télévision.
Le contenant étant alors sublimé, il ne reste alors plus qu’aux faits de se mettre en branle 6 x 60 minutes durant pour enclencher ce torrent informatif mêlant une curiosité de tous les instants et une subjectivité bienvenue. Partant du milieu des années 70 avec l’apogée de la surpuissance soviétique à de nombreux niveaux ( l’épisode prend pour moteur la quête spatiale du pays) qui se trouve ébranlée par les influences extérieures, passant par l’arrivée de GORBATCHEV et du folle espoir que celui a pu engendrer chez son peuple alors qu’il perd peu à peu de sa force à mesure que le pays s’éffondre ( littérallement , cf Tchernobyl) et terminant sur la déchéance dut à la révolte et à l’exaltation de la démocratie sous jacente. ADIEU CAMARADES aurait pu être fustigé de ne parler que d’une période, d’un état que l’on pense connaitre plus ou moins tous grâce à une culture populaire liée aux évènements majeurs ayant fomentée son déclin (les images de cette période sont imprimés dans les subconcient de pas mal de monde ayant vécu cette époque) mais se dépaitre haut la main d’une quelconque monotonie grâce au regard foncièrement humain et révélateur de ses auteurs. Une véritable “oeuvre” au sens noble du terme, dont les courbes ont été faconnées avec la délicatesse et le professionnalisme de ceux qui cernent, mieux qu’un simple paragraphe de livre d’histoire, ce qui se meut et ce qui émeut.
Tarik ZERGLAIN
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http://theponyremark.com/2012/03/05/adieu-camarades/