Critiques du film: Mineurs 27
Mineurs 27
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Mineurs 27
filou49
Le 16/02/2012
148 critiques
Figurant dans la liste de films proposés par le site Ciné trafic dans le cadre de leur rubrique" un DVD contre une chronique", Mineurs 27 (maintenant disponible en DVD, Blu-Ray et VOD sur www.bacboutique.com”) avait attiré mon attention, car c'est un film dont la sortie cinéma en septembre 2011 m'avait intrigué à plus d'un titre.

Il faut savoir que son réalisateur n'est autre que Tristan Aurouet, qui s'était faitmineurs-27-de-tristan-aurouet-10512749zszfh_1731 remarquer il y a presque 10 ans en coréalisant avec son ami acteur, Gilles Lelouche, le fameux Narco, comédie plutôt réussie et assez déjantée avec un Guillaume Canet au mieu de sa forme. On avait un peu perdu sa trace (moins, celle de Gilles Lelouche), et ce n'est donc qu'en 2011 qu'il revient sur le devant de la scène avec un second long métrage au sujet beaucoup plus noir puisqu'il est question de pédophilie et d'adolescents à la dérive.

Mais l'originalité du film est de ne surtout pas l'amener vers des contrées glauques et sinistres où le sujet pouvait naturellement emmener. Pour cela, Tristan Aurouet a opté pour des choix de mise en scène audacieux privilégiant l'esthétisme à tout prix. Que ce soit par la beauté des décors naturels (l'action se déroule sur la cote Atlantique, près de Royan région où j'ai passé une bonne partie de mes vacances), le travail exceptionnel sur la lumière et la photo (bravo au chef opérateur), la cinégénie manifeste et affichée des jeunes comédiens, et un lyrisme assumé, le film est d'une beauté assez renversante.

Mais la contrepartie à ce talent de filmeur est que le reste ne suit pas du tout : Mineurs 27 souffre avant tout d'un scénario plus que moyen. Tristan Aurouet n'a tellement pas voulu aller dans les recoins sordides de son histoire de pédophilie que ce qui pourrait être au départ un atout déssert le film : l'intrigue nous parait vite terriblement confuse et surtout dénué d'enjeux. Et les personnages n'apparaissent en fait rapidement que comme des pantins sans épaisseur dramatique. Et du reste, le film n'est pas aidé par la prestation d'ensemble de ses acteurs : si Jean Hugues Anglade est plutôt convaincant en ordure d'un abord totalement ordinaire, les jeunes acteurs, certes très beaux (Marie Ange Casta est encore plus sublime que sa soeur), mais assez médiocres, reconnaissons le. Et que dire des frères Lelouche (Gilles a voulu donner un coup de main à son pote) dont les scènes sensées apporter un peu d'air frais sont en réalité assez proches du ridicule?

Bref, Mineurs 27 reste un film à voir pour la beauté de ses images et de la mise en scène dans sa globalité, mais pas forcément pour vibrer devant l'histoire qui nous est contée.

Site web:  http://www.baz-art.org/archives/2012/02/16/23505914.html
pedro49
Le 07/02/2012
31 critiques
Film : 
Il y a des visages qu'on oublie jamais. Voilà le message qu'a voulu nous faire passer Tristan Aurouet et Dominique Turin, le réalisateur et le scénariste du film Mineurs 27. Avec ce troisième long métrage, Aurouet a voulu traiter du thème du mal être des adolescents qui ont une histoire, un passé lourd qui remonte à la surface. Sur fond d'intrigue policière, Stan et Wilson vont donc essayer d'affronter leurs vieux démons. Le réalisateur met ainsi en scène dans ce film la manière dont les choses peuvent parfois tourner pour des enfants victimes de maltraitance. Ce passé tragique qu'ils ont en commun va donc les rapprochés, eux qui pourtant ont des caractères complètements opposés. Néanmoins, ce thème tragique et lourd est traité et tourné d'une manière originale et poétique. On est loin ici de tout les films noirs dans lesquels la douleur se ressent tellement que même le spectateur a du mal à surmonter l'épreuve que doit traverser le personnage.
Dans Mineurs 27, la poésie et l'esprit zen cohabitent à merveille avec le côté obscur et lourd du thème abordé. Il faut savoir aussi que l'objectif d'Aurouet était plus de traiter les conséquences que les faits passés qui restent tabous. Il voulait évoquer un sujet grave mais sans que ce soit glauque visuellement et il faut bien avouer que ce challenge est très réussi. On se sent véritablement proche des deux personnages principaux, on se sent constamment avec eux et cela grâce au choix du format 4:3 de Tristan Aurouet. Il affirme que quand vous cadrez un personnage en gros plan, il n'y a rien d'autre autour. J'ai toujours fais mes choix de cadres dans le souci des enfants, j'avais envie de montrer cette histoire de leur point de vue. Effectivement, les cadrages et les plans sont d'une beauté époustouflante, et ce, même avec le format 4:3, qui n'est pourtant pas connu pour être le plus performant en terme de composition d'image et de plan. Le directeur de la photographie Arnaud Potier a fait ici un travail formidable jouant avec la nature et ses grands espaces et les mettant en opposition à l'oppression des petits espaces. 
Dans la lignée des réalisateurs comme Fabrice Gobert et son Simon Werner a disparu..., Aurouet affiche un réalisme saisissant dans son traitement de l'image et des couleurs. Un réalisme renforcé par le jeu d'acteur formidable de Jean-Hugue Anglade en flic ripoux et grâce aussi au petit rôle (mais qui ne passe pas inaperçu) de Zlatko Buric connu pour son rôle de Milo dans l'incroyable trilogie ultra réaliste des Pusher de Nicolas Winding Refn.
Mineurs 27 est donc un film dans lequel la délicatesse, la retenue et la pudeur sont de mise alors qu'on évoque un sujet extrêmement violent. 
Bonus DVD :

La bio commentée de Jean-Hugue Anglade dans laquelle l'acteur se livre et nous offre des secrets de tournage, des anecdotes et ce qu'il retient de ses précédents films.
Les musiques originales du film Mineurs 27.
Une rencontre avec l'actrice Marie-Ange Casta (la soeur de Laetitia) qui joue le rôle de Deborah.
La découverte de trois jeunes talents : Nassim Si Ahmed,  Finnegan Oldfield et Marie-Ange Casta. Dans ce petit reportage tourné durant le Festival Paris Cinéma, on découvre les trois jeunes acteurs, on y apprend comment ils ont fait pour être casté pour ce film et leurs différents ressentis quant à ce film. 

Langue : Français
Piste Son : Dolby Digital 5.1
Format Image : 4/3 - 1.33

Titre original : Mineurs 27
Date de sortie : 21 septembre 2011
Date de sortie DVD : 2 février 2012
Réalisé par : Tristan Aurouet
Avec : Jean-Hugue Anglade, Nassim Si Ahmed, Marie-Ange Casta...
Genre : Policier, Thriller
Nationalité : Français
Durée : 1h36

Synopsis : 
Vincent Descharme est un flic de province à l'allure ordinaire. Il y a dix ans, il a enterré une sale affaire pour sauver sa peau. Wilson et Stan ont en commun leur passion pour Déborah mais aussi un lourd secret. Il y a dix ans, il ont subi un traumatisme dont aucun enfant ne peut se remettre.
Wilson veut oublier. Stan veut parler, sans savoir qu'il met alors en marche une terrible machination...


Site web:  http://comebackfrommovietoreality.blogspot.com/2012/02/critique-dvd-mineurs-27-tristan-aurouet.html
bobmorane75
Le 14/02/2012
123 critiques
Film sur le délicat sujet de la pédophilie et pour conséquences, les traumatismes causés sur ces enfants devenus de jeunes adultes. Le film est de belle facture, passant de l’éthéré clair et presque joyeux du début, pour s’enfoncer lentement mais sûrement vers l’obscurité au fil des événements et des révélations. Le petit hic, c’est qu’à force d’en dire et d’en montrer le minimum, on ne sait pas de quoi il en retourne jusqu’à quasiment la fin. Si la réalisation n’est pas révolutionnaire, elle se laisse regarder sans déplaisir. C’est le scénario qui n’est pas vraiment à la hauteur d’une telle histoire, et qui est décevante. Dans cette histoire, il y a beaucoup trop de non dit, des longueurs qui donnent une atmosphère certes angoissante mais jamais effrayante, et de nombreuses incohérences font perdre en crédibilité. C’est très bien joué par de jeunes acteurs qui croient vraiment en leur personnage, les rendant émouvants. Jean-Hugues Anglade, s’il est très bien, n’offre pas beaucoup d’informations pour nous le rendre antipathique. Nassim Si Ahmed est une belle révélation, tout comme Marie-Ange Casta (Des vents contraires) qui apporte la fraicheur et l’enthousiasme maladroit qui convient au rôle. Finnegan Oldfield (Poupoupidou) est pas mal non plus. Le casting est pourvu également des frères Philippe et Gilles Lellouche qui apportent leurs complicités.

Site web:  http://glandeurnature.over-blog.com
p4cJapan
Le 14/02/2012
30 critiques
Pour être franc, j’aime bien voir ce qu’il se dit sur un film pour voir confronter ma perception de celui-ci face aux autres, surtout sur la presse écrite, la presse du web. Et à vrai dire, cette fois, je suis assez surpris de voir, que je suis loin d’avoir le même avis que l’ensemble de la critique du web. Mettons cela en situation. Grâce à l’opération Cinetrafic, un DVD pour une critique, dans sa toute nouvelle édition à laquelle je participe à chaque fois, c’est sur le film de Tristan Aurouet que j’ai choisi de jeter mon dévolu. Son titre, Mineurs 27, de quoi se poser des questions sur la nature de ce dernier. En effet, dès les premières minutes, on sent que le réalisateur n’a pas cherché à faire quelque chose d’évident. On est directement transporté du coté du cinéma d’auteur, du cinéma plus indépendant, qui certainement, ne trouvera pas facilement son public. En effet, sous ses attraits de polar, on se retrouve face à un objet cinématographique à part. D’une part, par le sujet choisi, un sujet d’ailleurs que l’on ne comprendra qu’en fin de métrage, d’autres part, par un choix d’acteurs surprenant et en plus de cela, en prenant soin d’user de multiples idées de mise en scène et de fond. Mais au vu de la critique généraliste, je parle des gros sites de critique cinéma, il en est à croire que le film a foncé droit dans le mur.

Alors de choses l’une, soit je suis étrange et j’apprécie de plus en plus les mauvais films, soit disant trop auteurisant, soit la critique en veut à Tristan Aurouet. Bref, quoi qu’il en soit, je considère que la première réponse est la plus probable. Soyons clair, ce n’est pas le film de l’année, ni voyez pas une quelconque façon de mettre en lumière un film qui en y regardant de plus près, ne possède pas toutes les conditions requises pour en faire un métrage d’exception, mais il est chose sure, c’est que je ne me suis pas ennuyé en voyant Mineurs 27. Tout d’abord, c’est l’effet formel qui viendra nous plaire, pour se rendre compte que le fond pêche un peu. D’une part, son scénario cherche à choquer le spectateur, mais à vrai dire, pendant une longue partie du métrage, on cherche à comprendre la signification du titre Mineurs 27 et de cette enquête enterrée depuis des années, refaire subitement surface. Pourtant, ce n’est pas le manque d’audace sur les choix scénaristiques que l’on pourra regretter, mais sur l’enjeu général du film, qui manque réellement. Pourtant, du coté des acteurs, on y retrouve un très inquiétant Jean-Hugues Anglade, qu’on ne penserait pas voir dans un rôle tel que celui-ci, mais le reste de l’équipe n’est pas du même acabit. Ce qui m’a vraiment plu, c’est vraiment le coté formelle du film, en quasi permanence dans un style onirique, usant de cadre de caméra très particulier, une mise en scène brouillonne, c’est un peu ce que je retrouve dans certains métrages inconnus sur Arte.

Alors oui, l’ensemble est bancal, alors oui, le film peut se voir comme un produit fragile, mais je dirais que Mineurs 27 se place dans la catégorie des films d’essais, ce genre d’œuvre qui n’oublie pas les multiples signification du cinéma. Celui-ci n’est pas seulement un moyen de divertir, c’est également, l’incitation au voyage, à la réflexion, à la mise en scène, au dépassement de la raison, à la possibilité d’aller au delà d’une réalité fixe, bref, de transporter le spectateur au delà de son propre fauteuil. Et pour moi, c’est réussi de ce coté, donc je ne pourrai pas critiqué un tel film, qui ose aller là où certains ont peur d’y mettre les pieds. C’est donc un film particulier qui certes, ne trouvera pas forcément un gros public, mais le public qu’il trouvera sera forcément ravi d’avoir vu ce dernier.

Site web:  http://www.kurosawa-cinema.com/films/hors-asie/mineurs-27/
Foxart
Le 16/02/2012
82 critiques
Le film commence par petite touches impressionnistes et lumineuse à montrer le quotidien de trois adolescents et s'annonce comme une douce, sensuelle et jolie chronique adolescente.
Wilson beau métisse athlétique et taiseux ne semble trouver le sourire que dans les bras de Déborah, jeune fille à la pulpeuse beauté qui l'aime sans modération et se heurte parfois à son opacité. Et puis il y a Stan, le fils du maire, jeune homme malingre et renfermé qui les épie en étrange voyeur et qui s'échappe de sa morne vie familiale en taguant les murs de la ville.

Seule la position de voyeur de Stan semble relier les scènes entre elles et le début du film ne laisse pas entrevoir le sinistre secret qui lie les deux garçons. L'un cherchant des moyens de s'exprimer en taguant un mystérieux "Mineurs 27" sur les murs de la ville, seul moyen qui semble lui rester dans un cadre familial ou semble régner l'incommunicabilité et au final, un lourd secret.

L'autre au contraire veut tracer sa route quitte à emprunter les chemins de traverse de l'illégalité pour mieux mettre le couvercle sur le passé. Au risque de compromettre sa belle relation naissante avec Déborah...

Le secret finira par être en partie révélé par le film qui quitte soudain la chronique adolescente pour plonger dans le polar glauque et montrer ces deux garçons aux prises avec le traumatisme de leur enfance et pris en chasse par un ripou (Jean-Hugues Anglade) et ses complices de la pègre locale sous la complicité passive du maire de la ville qui entendent tous garder le scandale profondément enterré pour des raisons diverses.

La pédophilie est un sujet forcément tabou et très rarement traité au cinéma. Difficile en effet d'éviter les divers écueils du voyeurisme, de "l’ellipse trop elliptique", du film "à thèse" ou du clip de prévention (Cf le médiocre Trust de David Schwimmer ) et en dehors du magnifique et bouleversant Mysterious skin, rares sont les films qui ont traité ce sujet avec autant de talent et de délicatesse sur "l'après". Comment un enfant violé survit, quels sont les conséquences sur sa vie sociale, sexuelle, affective, y a-t'il une possibilité de résilience ou ces enfants sont ils fatalement maudits et promis à un funeste destin ?
De ce point de vue, Mineurs 27 s'inscrit - avec une belle ambition - parmi les belles réussites sur ce sujet.

Jamais je n'aurais pensé que Tristan Aurouet - réalisateur du roublard Narco - aurait pu effectuer un tel virage stylistique à 180° et offrir un film si délicat, mystérieux et austère.
De passer d'un cinéma cherchant autant à séduire à un cinéma d'auteur aussi exigeant et délicat, quitte à rebuter, déployant de vrais et forts partis pris de mise en scène qui - en dehors - de quelques maladresses (le gang des Lellouche manque un poil de crédibilité notamment dans l'écriture des dialogues) offre un film vraiment personnel, singulier et puissant.
Un film qui avance de la lumière vers les ténèbres avec une lenteur inquiétante et au fur et à mesure que le récit dévoile ses secrets, l'horizon s'obscurcit et la violence augmente.

Noir c'est noir... un monde sans espoir se déroule devant nos trois jeunes protagonistes et la famille qui pourrait être le seul lieu de refuge et de résolution s'avère une impasse.
La mère de Wilson (magnifique Aïssa Maïga) tente des retrouvailles avec son fils qu'elle a abandonné - trop jeune pour l'élever - à la faveur de sa nouvelle grossesse et se heurte violemment à sa rancœur de l'avoir livré au mal. Et à la sinistre réalité autant qu'à sa propre culpabilité.
Quand au père de Stan... Il est au cœur même du secret et préfère sauver la face et éviter le scandale laissant son pauvre fils totalement livré à lui même et à ses démons.

Quand à la police, incarnée par un Jean-Hugues Anglade sinistre et répugnant (sacrée prouesse !) elle ne semble guère apporter une touche d'espoir dans tout ce marasme.

Mais c'est la mise en scène elle même (plus que le scénario, très sombre...) qui apporte la lumière sur ces beaux et touchant adolescents en leur faisant la part belle à l'image, quel que soit leur salut ou leur funeste destin. Tristan Aurouet les filme avec beaucoup de délicatesse et son regard sur eux est troublant de désir et d'empathie mêlés, même si le récit ne leur fait pas de cadeau, ils sont beaux et le spectateur ne peut qu'être séduit par ces adolescents qu'ils soient lumineux (Marie-Ange Casta), violent et opaque (Nassim Si Ahmed) ou ambigu et émouvant (Finnegan Oldfield, absolument fantastique !).

Et le film a le grand mérite de traiter son sujet de manière frontale mais pudique en s'attachant peu aux faits - évitant le voyeurisme glauque en jouant finement de l'ellipse et de la suggestion - et en collant constamment au plus près des visages et des corps de ces adolescents usant habilement du format 4:3 assez surprenant de nos jours et des gros plans qui exhalent le mal être de ces garçons autant que leur éveil sensuel perturbé.

Une belle réussite. Un projet fauché mais ambitieux autant qu'il faut difficile à monter.
Incontestablement, un auteur est né...

Edité par Bac Films et maintenant disponible en DVD, Blu-Ray et VOD sur www.bacboutique.com

Bonus riches et nombreux: un DVD généreux !

Découverte de trois jeunes talents
Musiques du film (L'excellente bande originale du film entièrement incluse dans les bonus)

Bot'Ox - Theme from Mineurs 27 (official video) from I'm A Cliché on Vimeo.
Biographie commentée de Jean-Hugues Anglade
Rencontre avec Marie-Ange Casta
Bandes annonces


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Site web:  http://foxart4.blogspot.com/
balief
Le 18/02/2012
1 critique
Mineurs 27 du réalisateur Tristan Arouet commence comme une jolie amourette d’adolescents au bord de la mer, royaume des surfeurs le temps d’un été, avant de se transformer en thriller, sur fond de pédophilie.

L’histoire? Wilson, Stan et Déborah sont trois adolescents qui passent leur temps à la plage. Stan et Wilson sont tous les deux amoureux de la jolie Déborah. Mais ils sont aussi porteurs d’un lourd secret, un traumatisme d’enfance. Si Wilson parvient à oublier, ce n’est pas le cas de Stan qui fait ressurgir une affaire de pédophilie enterrée par la police locale 10 ans auparavant. En parallèle, on suit le parcours de Vincent Descharnes,flic de province qui a travaillé sur ce dossier baptisé “Mineurs 27″.

Le gros problème de ce film est son scénario bancal et mal construit. Il faut attendre près d’une heure avant que l’intrigue ne se mette en place. Et le spectateur a du mal à comprendre qui joue quel rôle dans cette affaire de moeurs. A trop vouloir jouer la carte du thriller et suggérer les choses pour mieux les révéler ensuite, Tristan Arouet réussit à perdre son spectateur en route.

Cependant il faut reconnaître que ce premier long-métrage du réalisateur Tristan Arouet est d’un esthétisme incroyable. La lumière filtre à travers les forêts de pins de Charentes-Maritimes et procure une poésie étonnante à l’oeuvre. La façon dont il filme les dunes de sable et l’océan évoque à la perfection la douceur des étés en bord de mer. Le cinéaste avoue s’être inspiré de photographes comme Mona Kuhn mais aussi de cinéastes asiatiques. “Je voulais créer une forme de lumière autour de mes personnages, je voulais donner un sentiment d’espoir et de vie chez ces jeunes qui ont subi un traumatisme aussi fort”, explique-t-il. Tristan Arouet filme en 4:3, un format très particulier pour être au plus près de ses personnages.

Les acteurs sont formidables. Notamment Jean-Hugues Anglade, glaçant dans son rôle de prédateur sexuel. Son physique rappelle avec évidence celui de Marc Dutroux. Les trois jeunes comédiens : Nassim Si Ahmed (Wilson), Finnegan Oldfield (Stan) et Marie-Ange Casta (Déborah), petite soeur du mannequin Laëtitia Casta sont incroyables de justesse. Cette dernière est pleine de sensualité et magnifiée par la caméra. Des talents en herbe à suivre. Leurs interviews font partie des bonus du DVD.

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Site web:  http://www.cinematon.fr/mineurs-27-critique/
Boustoune
Le 19/02/2012
21 critiques
Qui a dit que les films noirs devaient obligatoirement se dérouler dans des ambiances nocturnes et pluvieuses? Ou qu’un thriller devait impérativement être mené tambour battant? Ou encore qu’il était nécessaire de montrer explicitement les scènes de violence ou de sévices sexuels pour rendre compte de leur côté horrible?
Mineurs 27 se déroule essentiellement de jour, dans une lumière assez crue… Son metteur en scène, Tristan Aurouet (Narco) prend le temps de s’attacher à ses personnages, développe son intrigue sur un tempo assez lent, lancinant même. Comme si chaque seconde suspendue était une seconde de vie gagnée. Comme si le cinéaste accordait à ses protagonistes un ultime moment de répit avant la tempête…
Et quand la violence finit par éclater, elle reste cantonné hors-champ ou dans la pénombre, comme n’est qu’effleuré le passé douloureux des deux jeunes héros du film et les événements qu’ils essaient tant bien que mal de refouler…
On est bien loin des conventions du genre, mais qu’on ne s’y trompe pas, Mineurs 27 est bien un vrai film noir, qui entraîne ses personnages dans un voyage sans retour possible, pendant lequel des vies vont se retrouver brisées, si elles ne l’étaient pas déjà depuis de longues années…

Le premier plan donne le ton : Un flic ripou du nom de Vincent Descharnes (Jean-Hugues Anglade) contemple la façade d’un centre aéré où gambadent innocemment quelques enfants. Un adolescent taggueur y a inscrit, en lettres tachées de rouge, “L’enfer est ici”.
Le jeune voyou, qui laisse des inscriptions similaires sur d’autres bâtisses de cette petite ville proche de Royan, est Stan (Finnegan Oldfield), le fils du maire. Il exprime ainsi son profond mépris, sa haine même, à l’encontre des notables de cette ville de province dont le calme apparent dissimule de honteux secrets. Des faits dont il a été la victime, tout comme d’autres enfants du voisinage.
Alors qu’il n’avait que neuf ou dix ans, il est en effet tombé entre les mains d’un ou plusieurs pédophiles opérant dans le secteur. Ses parents ne l’ont jamais su. De toute façon, ils ont toujours été trop occupés par leurs professions respectives pour se soucier de lui. Ils ne se rendent même pas compte du malaise de l’adolescent, profondément introverti et restant à l’écart des autres jeunes de son âge.

Pourtant, il va oser aborder Deborah. On le comprend… La jeune femme, jouée par Marie-Ange Casta, la jeune soeur de Laetitia Casta, est particulièrement charmante… Mais si Stan a surmonté sa timidité, c’est autant pour profiter de la douceur de Deborah que pour se rapprocher du petit ami de celle-ci, Wilson (Nassim Si Ahmed).
Les deux jeunes hommes partagent le même et douloureux passé. Ils ont été violés par le(s) même(s) personnes.

Les retrouvailles sont violentes. Wilson est surtout furax de le voir rôder ainsi autour de sa copine. A vrai dire, il ne se souvient plus de Stan, sans doute parce qu’il a réussi à occulter une partie de ce qui s’est passé il y a dix ans.
Stan est admiratif de voir comment Wilson a surmonté son traumatisme pour mener une vie normale - en apparence, du moins. Lui n’a rien oublié et ce drame est un fardeau dont il souhaite se débarrasser une bonne fois pour toutes.
Il rafraîchit la mémoire de son ancien compagnon d’infortune avec des clichés pris par les pédophiles qu’il a réussi à subtiliser et il lui annonce son intention de révéler l’affaire au grand jour…
Mais plusieurs personnes ont intérêt à ce que ce scandale ne refasse pas surface, à commencer par le père de Stan, dont la réélection pourrait être menacée, et Descharnes, qui avait à l’époque étouffé l’affaire…
Une terrible machination se met en place, destinée à enfouir la vérité… ad aeternam…

”Encore un thriller utilisant la pédophilie en toile de fond!”, vont penser certains. A tort, car finalement, les films traitant du sujet ne sont pas légion. Le sujet est encore tabou, et rares sont ceux qui savent l’aborder frontalement. Ici, Tristan Aurouet use de délicatesse en mettant le problème au coeur du film, en le centrant autour des victimes plutôt que des bourreaux, et en refusant de mettre des images sur les faits, que le spectateur devra imaginer lui-même. Ce qui intéresse le cinéaste, ce n’est pas de réaliser un film voyeuriste sur des actes pervers mais de montrer les conséquences psychologiques de ces actes sur les victimes.
Stan et Wilson essaient de se reconstruire, mais leur vie s’est brisée ce jour-là, de façon irréversible.

Ce qui séduit, dans ce film, comme dans tous les bons films noirs, c’est avant tout le cheminement dramatique qui pousse inéluctablement les personnages vers leur perte. Il y a un côté cruel dans cette intrigue dont tous les protagonistes – bourreaux et victimes – se retrouvent confrontés à une situation qui leur échappe, un engrenage de violence et de mort.
La mise en scène traduit cette sensation d’étau qui se resserre par le passage de cadrages larges à des plans de plus en plus rapprochés.

Autre point fort, l’aspect atypique de ce polar, dont l’ambiance reste globalement très lumineuse, très solaire – c’est du moins l’impression que laisse le visionnage. Ainsi, le cinéaste caractérise la lutte qui se joue entre l’obscurité/le secret et la lumière/la vérité étalée au grand jour. Le rythme, très lent joue aussi un rôle non-négligeable dans le résultat final. Il indique l’imminence du drame, crée une certaine tension autour des personnages.

Cela dit, tout le monde ne supportera pas le tempo du film, quand même très lent, d’autant que les explications sont rares et que la partie thriller à proprement parler met du temps à démarrer.
C’est ainsi : Mineurs 27 ne cherche absolument pas à évoluer dans le registre de l’action pure et préfère se concentrer sur ses personnages. Et de ce point de vue, personne ne trouvera à redire sur les performances des acteurs.

Côté salauds : Jean-Hugues Anglade compose avec talent un personnage de flic pourri jusqu’à l’os sous l’apparence d’un type ordinaire, un brin paumé. Patrick Descamps incarne le père de Stan, notable ayant accepté de dissimuler des choses atroces pour conserver sa fonction. Et les frères Lellouche (Philippe et Gilles) s’amusent à jouer des hommes de main brillant plus par leur force physique que par leur finesse d’esprit.

Côté “héros”, un trio de jeunes comédiens épatants qui se sont totalement investis dans leurs personnages.
Nassim Si Ahmed joue sa partition de façon très physique, à fleur de peau. Il est semblable à une cocotte-minute sous pression, la violence verbale ou physique agissant comme une soupape de sécurité.
Finnegan Oldfield, lui, joue plus sur l’intériorité. Son personnage est à jamais brisé par le drame vécu, il n’a plus vraiment la force de continuer. Les seuls moments où l’on sent la vie reprendre le dessus sont ceux qu’il passe avec Deborah, qui lui apporte sa douceur et son attention.
Marie-Ange Casta incarne parfaitement ce personnage qui possède à la fois la candeur d’une enfant, les charmes d’une jeune fille et la maturité d’une femme. Un alliage qui apaise les deux jeunes personnages masculins unis par ce douloureux passé.

Pour eux, pour le côté singulier de la mise en scène, le film vaut le coup d’oeil.
Il est désormais disponible en DVD chez BAC Vidéo, agrémenté de quelques bonus appréciables, dont une vidéo où Jean-Hugues Anglade se penche sur sa propre filmographie.


Site web:  http://www.anglesdevue.com/2012/02/17/dvd-mineurs-27-de-tristan-aurouet/