Critiques du film: Les Runaways
    Les Runaways
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    Les Runaways
    Foxart
    Le 15/01/2011
    82 critiques
    Le premier plan annonce la couleur...
    Une goutte de sang tombe en gros plan dans la poussière, le deuxième plan nous montrant Dakota Fanning en mini jupe, le sang de ses premières règles coulant entre ses cuisses, courant vers les toilettes d'une station service pour y bourrer sa culotte de PQ avant de partir en virée... Le ton est donné !
    The Runaways ne sera pas un biopic à la naphtaline comme savent si bien les faire les américains mais bel et bien un film qui sent la sueur et les hormones femelles.

    Le film n'a hélas pas reçu l'accueil qu'il aurait mérité chez nous, sans doute parce que le groupe The Runaways est globalement inconnu au bataillon en France et que Joan Jett n'y fait quasiment figure que de "One-hit-wonder" avec son tube I Love Rock'n'roll.

    C'est pourtant une œuvre qui mérite une vraie attention tant elle frappe de premier abord par une relative rugosité, assez étonnante dans le genre
    On sent assez vite que, si la réalisatrice se plie évidemment aux règles hollywoodiennes du biopic, retracer la carrière du girls band ne l'intéresse pas tant que de traiter de l'adolescence, des ses révoltes et de ses errements, de la naissance et de l'affirmation de la féminité et de la sexualité, ainsi que de l'ambition artistique, de ses trahisons, ses écueils et ses échecs.

    Là où le film s'enlise parfois, c'est justement dans ses aspects "biopic" les plus traditionnels, lorsqu'il retrace le début de la carrière et les premiers succès, notamment au Japon.
    Mais il surprend chaque fois par une vivace capacité à restituer l'électricité de la scène, le trouble des expérimentations sexuelles (l'étonnante scène d'apprentissage de la masturbation) ou l'opposition entre le lent naufrage et les doutes de Cherry Currie (Dakota Fanning) et et l'ambition inébranlable de Joan Jett (Kirsten Stewart).
    La description de cette forte amitié qui lie ses deux jeunes femmes ainsi leur batteuse Sandy West (Stella Maeve, excellente !) est sans doute une des choses les plus sensibles et réussi qu'il soit donné de voir concernant les amitiés féminines.
    Jusqu'à la bisexualité sur laquelle le film ne l'alourdit pas, en la montrant frontalement mais avec un certain tact comme une simple expérience en ces temps de glam rock androgyne et de libération sexuelle et qui amplifie encore davantage la force de cette peinture d'une belle amitié adolescente.
    Le film excelle également dans la description de tout ce qui constitue l'envers du décor, la création des chansons, les répétitions, les relations avec le producteur Kim - Hysteria King - Fowley et l'industrie du disque, les fans, les médias.
    Mais aussi plus simplement dans la discrète description d'une jeunesse en quête de modèles forts: les figures "paternelles" de Bowie, les Sex Pistols & Iggy Pop et "maternelle" de Suzi Quatro ne sont pas que des posters sur les murs des chambres ou des Tee Shirt que l'on arbore, mais bel et bien des parents de substitution face aux difficultés rencontrées par ces jeunes femmes et surtout de puissants modèles artistiques. La figure grotesque du mentor Fowley s'opposant alors vulgairement aux figures mythiques des maitres artistiques. Fowley incarne la réalité impitoyable du marché de la musique et de ses plans marketing, de ses manipulations, ses compromissions et cette dure réalité se confronte alors cruellement aux mythes rock'n'roll fondateurs et aux rêves de jeunes filles qu'ils ont pu susciter.

    Mais là où il s'avère chaque fois le plus touchant et même me plus émouvant c'est lorsqu'il s'attache au plus près des personnages et de leurs doutes, de leurs désirs et de leurs émotions.

    L'incapacité de Cherrie Currie à tenir les liens qui l'unissent à sa famille autrement que par des "cadeaux", drogues, argent, sac... etc...
    Son affirmation excessive d'une sexualité débridée et son usage abusif des drogues qui la détachent peu à peu de sa véritable identité pour l'abaisser au rôle imposé par le marketing.

    L'ambition inaltérable de Joan Jett et les petites trahisons qu'elle implique. Montrant qu'on arrive pas au sommet sans laisser quelques cadavres dans le placard... Sans pour autant jamais en faire un personnage cynique ou déplaisant.

    Le cynisme et le ridicule dandysme rock du producteur, caricature du mentor glam-rock, rendu parfaitement crédible par un Michael Shannon tellement coutumier des rôles borderline qu'il parvient à jouer les cabots en évitant de cabotiner lui même ce qui est ici un véritable exploit vu la teneur du personnage.
    Sa performance vaudrait à elle seule de voir le film et on pourrait imaginer facilement comment la présence d'un vrai acteur cabot à l'écran aurait pu totalement saborder le film et en compromettre l'intégrité et cette belle honnêteté qui transpire à chaque plan.

    L'intelligence de cette première œuvre repose en effet énormément sur la force de son casting : outre l'exceptionnelle présence de M.Shannon, on admire vraiment la belle prestation de Kirsten Stewart qui parvient à utiliser son corps de manière très subtile apportant au personnage quelque chose de masculin sans tomber dans la caricature "butch" de la rouleuse de mécanique et en composant un personnage assez poseur, sans jamais minauder elle même.

    Mais la palme revient sans conteste à Dakota Fanning qui imprime véritablement la pellicule.
    L'insupportable gamine de La guerre des mondes, dont on espérait tout au long du film qu'un alien lui arracha la tête pour la faire taire, est ici devenu une jeune femme... certes, ce sont des choses qui arrivent et cela n'est pas louable en soit. Les seins poussent pour toutes les jeunes femmes et en fait... on s'en fout.
    Mais il suffit ici de la voir chanter en playback Lady Grinning soul de David Bowie dès le début du film, de la voir danser sur Rebel Rebel ou brailler ChChChChChChChChChCherry Bomb en live pour s'enthousiasmer de sa magnifique et étonnante métamorphose.
    Elle fait exister le personnage de Cherry Currie de manière inouïe, dans toutes ses failles, ses forces et son ambivalence avec un talent et une apparente facilité qui forcent l'admiration.

    Si l'on ajoute à cela une bande son plutôt bandante et un travail extraordinaire car très discret et crédible sur les costumes, les décors et les maquillages qui évitent l'effet "revival 70's" amidonné pour nous plonger sans aucun doute dans l'époque...
    Je pense qu'on tient là ce qui se fait de mieux dans le genre aux USA et les débuts plus que prometteurs d'une jeune cinéaste venue du clip vidéo - Floria Sigismondi - qui à l'instar de ses héroïnes semble en avoir "dans le pantalon" !

    Je vous conseille à ce propos une petite visite sur son site pour y découvrir le remarquable travail de photographe pour lequel sa renommée devient mondiale.

    Féminisme et cinéma via Cinétrafic

    DVD distribué par Metropolitan Film Export, sortie le 20 janvier 2011

    Bonus:

    * Un making of très convenu "à l'américaine" essentiellement constitué d'extraits du film et de micro interview de l'équipe avec de vrais morceaux de lèche dedans.
    * Bandes annonces
    * Clip vidéo de Cherry Bomb
    * The runaways - très court "doc" sur le groupe bizarrement uniquement constitué d'extraits du film
    * Interview de Floria Sigismondi - le seul bonus vraiment digne d'intérêt dans lequel la réalisatrice explique sa connaissance du milieu de la musique, du processus de création, son travail avec Cherrie Curry et Joan Jett et les comédiennes sur le tournage, son peu d'intérêt pour le biopic traditionnel, etc...

    Assez court mais vraiment très intéressant

    Site web:  http://foxart4.blogspot.com/
    Yuko
    Le 14/03/2011
    259 critiques
    Energique et divertissant, le film de Floria Sigismondi tient ses promesses en évitant au spectateur le piège d'un biopic convenu... Symbole chargé de féminisme, il révèle le talent juvénile de ses deux actrices principales Kristen Stewart et Dakota Fanning qui, plus convaincantes dans leur rôle de jeunesse rebelle, nous prouvent tout le potentiel de leur jeu...
    Un film intéressant porté par une BO dynamique avec lequel on passe un bon moment...

    Site web:  http://art-enciel.over-blog.com/article-les-runaways-de-floria-sigismondi-69287277.html
    marygoodnight
    Le 16/09/2010
    66 critiques
    L’idée était couillue : monter un groupe punk-rock 100 % féminin à une époque où l’industrie musicale se contentait très bien de voir le sexe faible jouer les groupies. Malheureusement The Runaways n’a pas eu le temps de chambouler l’histoire du rock : fondé en 1975, il se disloque trois ans plus tard...

    (Lire la suite sur Les Chroniques de Mary Goodnight...)


    Site web:  http://www.goodnightmary.fr/2010/09/runaways-sigismondi-stewart-fanning.html
    p4cJapan
    Le 19/01/2011
    30 critiques
    Les Runaways, un nom qui devrait vous dire quelque chose, si vous avez une petite culture musicale, puisqu'il s'agit d'un groupe de jeunes rockeuses crée par Joan Jett et Sandy West autour de 1975 avec un de leurs titres phares, Cherry Bomb en 1976. D'ailleurs, chose amusante, puisque nous sommes tout de même sur Kurosawa-Cinéma, le groupe The Runaways était reconnu au Japon, leur album Live in Japan sorti en 1977 avait bien fonctionné. D'ailleurs, cette même année, Cherry Bomb était arrivé à la dixième place au classement Oricon, une chose plutôt rare mine de rien. Le film lui, dirigé par Floria Sigismondi est sortie dans nos salles de cinéma le 15 Septembre dernier pour une sortie DVD prévu le 20 Janvier 2011. Ce dernier se concentre principalement sur la vie de Cherie Currie, interprétée ici par Dakota Fanning, déjà présente dans Twilight II et accompagnée de Kristen Stewart de Twilight, premier du nom. N'étant absolument pas fan de Twilight, je dirais même carrément contre, ce n'est donc pas une référence pour ma part. Par contre, le fait que Floria Sigsmondi soit aux commandes du film n'est pas pour me déplaire, lorsque l'on sait qu'elle est experte dans le domaine des clips musicaux puisqu'elle s’est occupée de clips de groupe comme The Cure ou d'artistes tels que David Bowie ou Björk.

    Quand est-il du film en lui-même ? En réalité, Les Runaways n'est pas spécifiquement un exemple des biopics de groupe de rock. Certes, il n'est pas mauvais, mais il n'est pas non plus fascinant. Pour quelqu'un ne connaissant que très peu le groupe Les Runaways, le film est évidemment sans extravagance. Par contre, si le groupe est connu du spectateur, il pourra sans aucun doute en apprécier sa saveur. Le film réussi tout de même à capter l'esprit de l'époque, la fin des années 70 et les performances des deux principales actrices est finalement convaincant dans leur rôle bien différent de Twilight. Le film ne tombe jamais dans ce qui semble le piège le plus ultime de ce genre de film, le flashback à toutes les sauces pour exprimer les raisons du succès et de la décadence du groupe dont il est l'objet. Non, ce dernier, réussi mine de rien, à garder une forme convenable, mais trop convenue.

    Le bon coté du titre, c'est qu'il ne possède finalement que peu de lenteurs, on y voit l'ascension fulgurante du groupe, de son accès à la notoriété puis de sa descente aux enfers, le tout très de manière très linéaire et classique avec une structure finalement trop simple. Le groupe décroche son premier contrat, puis réalise son premier succès, son premier concert et les débordements arrivent pour terminer dans un fiasco prévisible. On notera tout de même l'envie de rester authentique, parfois en présentant certaines choses de manière crue tout en cherchant à faire le portrait de ces deux jeunes femmes. On peut concevoir ce film comme une sorte de représentation de la condition féminine dans l'univers masculin du rock des années 70 ou finalement comme une simple biographie d'un groupe de rock éphémère. Pour moi, il s'agit d'un film à réserver aux amateurs du genre, aux amateurs de rock et à tous ceux dont la musique est leur quotidien.

    Site web:  http://www.kurosawa-cinema.com/films/hors-asie/les-runaways/
    Bridget
    Le 20/01/2011
    16 critiques
    De la formation du groupe aux heures de gloire, en passant par les moments durs, Les Runaways est le biopic par excellence : un film divertissant, qui sent bon le rock (et la sueur!) mais qui surtout permettra à tous ceux, qui (comme moi) n'ont pas connu les heures de gloire des Runaways, d'avoir toute leur histoire retracée. Et qui dit rock, dit évidemment les "clichés" qui vont avec : la musique et encore la musique, mais aussi le sexe, et la drogue. Un film péchu avec une très bonne interprétation. On en oublierait presque qu'une des héroïnes n'est autre que Kristen Stewart, une des "icones" de Twilight! Si vous aimez le rock, vous aimerez forcément ce film qui est un quelque part un hommage aux féministes du rock et aux grands groupes de rock féminin.

    Site web:  http://www.lesnouveauxcinephiles.com
    fabe
    Le 22/01/2011
    52 critiques
    Premier film de cinéma par la réalisatrice de clips Floria Sigismondi, Les Runaways s'attache à raconter via la chronique d'une adolescence agitée l'histoire du premier grand groupe de rock féminin emmenée par Joan Jett.
    La réalisatrice évite les écueils du biopic classique en se focalisant sur le parcours initiatique de deux jeunes femmes propulsées dans le monde sulfureux du rock des années 70, récit d'une aventure incroyable balisée d'épisodes intenses où Dakota Fanning et Kirsten Stewart, la blonde Cherie Currie et la brune Joan Jett, donnent toute la mesure de leur talent notamment en réinterprétant les chansons des Runaways. Entourant ce duo charismatique, Michael Shannon compose à nouveau un personnage halluciné, le producteur Kim Fowley. L'euphorie et la désillusion, le vertige de la gloire et les débuts de la dépression sont justement exprimés par les deux actrices dont Fanning qui a bien grandi depuis son rôle de petite chouineuse de La guerre des mondes hérite du rôle le plus complexe.
    L'esthétisme des plans capture l'énergie rock et son cortège de dérives tout en suggérant les émotions (envie de reconnaissance, jalousie, amour, spleen) qui assaillent ces jeunes filles montées trop haut et trop vite. Floria Sigismondi a volontairement délaissé la matérialisation de l'inspiration créative (comment Joan Jett composait les chansons du groupe) et une approche psychologique de ses personnages pour se concentrer sur les manifestations du romantisme sombre de ces adolescentes saisies dans un portrait impressionniste renvoyant au travail de Sofia Coppola (Virgin suicides) comme à celui d'Anton Corbijn (Control).

    Site web:  http://boulevardducinema.blogspot.com/
    matouti
    Le 29/01/2011
    7 critiques
    Je suis fan même si le film est trop court et que ça précipite les évènements. (wé genre elles sortent un album et en 5min sont superstars, font une tournée mondiale et se droguent à font les narines… mais heu bon c’est un film donc tout va vite ^^ c’est pas un film avec tommy lee jones heureusement) Si toutes les chansons que j’ai entendu sont d’elles et bien je viens de me réconcilier avec le vieux rock N roll ! Ce film a une telle pèche ! J’avais envie de sauter partout, d’arracher les fauteuils pourris de ma salle, de former un groupe de rock avec les autres filles du public et de partir en tournée. Sans la drogue je précise et les fans japonaises qui manque vous tuer en défonçant une vitre… Kristen Stewart est vraiment parfaite dans ce rôle excité et rebelle. (Twilight est vraiment un ovni dans sa filmo, je comprend pas pourquoi elle a accepté, super frustrant comme rôle, bref.) Belle jusqu’au bout des ongles assortis à ses cheveux noirs corbeaux, elle nous livre une très belle performance Dakota par contre n’est vraiment pas à son avantage dans ces habits de cette époque.. Pour son jeu rien à dire, il est parfait. Elle passe sans difficulté de la petite fille à la super star au gros melon et de la super star au gros melon à la pauvre chanteuse drogué et perdue. (dans son filmo twilight est aussi un ovni, décidément hihi) Elles forment un duo qui fonctionne bien à l’écran

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