Film : Gainsbourg, vie héroïque  (bande annonce, extraits de films, photos...)
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Gainsbourg, vie héroïque

3  fans
Note :   (9)
Année : 2010    Pays : France
Genre : Biographie
Titre original : Gainsbourg, vie héroïque
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Vidéos: extraits de films, bande-annonce

Bande annonce
Vues : 58 Points : 0
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Vues : 24 Points : 0
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Vues : 22 Points : 0
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Vues : 15 Points : 0

Critiques du film

Toutes les critiques (3)
fannynours
Le 04/02/2010
1
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
Le générique le précise, c'est d'un conte qu'il s'agit. La vie et l'œuvre de Serge Gainsbourg, certes, mais par les yeux et les ressentis de Joann Sfar. Abandonnez donc l'idée de voir un documentaire exhaustif sur les frasques du chanteur. Le réalisateur s'attarde sur l'enfance de Gainsbourg, et sur son génie créatif, personnalisé par un double, marionnette caricaturale, aux dimensions démesurées, le Mister Hyde de Gainsbourg, Gainsbarre, sa Gueule, qui le dominera sur la fin de sa vie. Il s'arrête sur ses muses, ses relations avec les femmes, ses sources d'inspiration, et son intériorité, ses hésitations intimes.


Un conte en effet, avec ses personnages fantasques, ses décors rêvés, les dessins de Sfar, partout, tout le temps. Gainsbourg commença par dessiner; enfant, il faisait rire ses camarades, et leur offrait ses peintures à l'eau, esquissées sur sur des pages de cours; des femmes nues, qui ne cachaient rien de leur sexe. L'univers qui se crée via ces dessins est signée de Joann Sfar. Le réalisateur est partout. Que ce soit dans les décors, au générique de début, on ne peut que le soutenir; mais lorsqu'il s'exprime par la main de Gainsbourg, on y décèle un melon gros comme la marionnette de Serge enfant, celle qui finira par crever et devenir sa Gueule, grand, maigre et dégingandé.


Si on oublie l'égocentrisme voyant de Joann Sfar, tout le reste est un grand poème. On s'attache au gamin, celui qui justifie l'homme qu'il deviendra. Culottes courtes, oreilles décollées, Serge tient tête à son père qui lui fait répéter ses leçons de piano. Le piano, la musique, à quoi bon? Son père est pianiste la nuit dans les bars, et ne ramène pas beaucoup d'argent à la maison. Le gosse, avec une verve toute gavroche, drague le modèle qui pose à son école montmartroise pour les cours des adultes. Un officier allemand lui fait de l'œil, la guerre est là, présente sur le bras de Serge, avec son étoile jaune. Avec la jeune fille, il chante, assis sur le comptoir, le répertoire grivois de Fréhel. Le spectateur virevolte, emporté par la musique alors que Gainsbourg brûle ses dessins, poussé par son double maléfique dans les bras des femmes qui vont inspirer sa musique.


La longue scène avec Brigitte Bardot retranscrit mal la courte période de leur passion, mais à merveille l'inspiration qu'il puise dans ses formes. Jane Birkin, touchante, l'équilibre, et efface pour un temps la Gueule. Les provocations de Gainsbourg sont toujours là, mais sa femme, ses enfants, les apaisent et le contrôlent. Pour un temps seulement, car la Gueule revient, couvrant d'une nappe rouge sang les toits de Paris... Les évocations poétiques puisées dans les dessins de Joann Sfar sont à l'image des trop-pleins de Gainsbourg, à la fois subtiles et fortes. La lumière qui éclaire toutes ses femmes exagère leur beauté, leur innocence feinte, leurs formes surréalistes. Ce ne sont plus des personnages que l'on voit, mais des créatures, des héros de légende. Les décors eux aussi montrent la démesure d'un esprit d'artiste tourmenté; Gainsbourg, le père, joue avec Lulu et Charlotte au train de fer, lui saoul, elles nageant dans le bonheur; tous auscultent le cadavre de plastique qui expose ses viscères au milieu du salon... Surréaliste.


Gainsbourg finit Gainsbarre, décrépi, fatigué, qui trouve encore un sursaut de bonheur dans les bras de Bambou, mais le film s'achève là assez brusquement, sans grande passion. Le film ne s'épuise néanmoins que comme son personnage principal, dans les toutes dernières minutes seulement. Tout le reste est un tourbillon d'inventivité, soutenu par des comédiens hors normes, à commencer par Eric Elmosnino, troublant de véracité.


Malgré le narcissisme du réalisateur, il est clair que Joann Sfar a su faire de son tout premier film une histoire passionnante, et qu'il réussit son pari d'éviter le biopic scolaire au profit d'une fable merveilleuse.

Site web:  http://fannynours.blogspot.com/
cristal
Le 27/01/2010
0
pts
Vous aimez cette critique ? Oui
L'histoire d'un type qui, issu de la guerre et de l'oppression nazie, se consacra à son art pour en vivre de la manière la plus libre qui soit, accumulant femmes, Gauloises et goulots dans le bonheur du néant. Son affreuse gueule révéla une beauté intérieure, sa musique exprima l'amour qu'il portait au sexe féminin, avant de sombrer dans un délire schizophrénique et surtout alcoolique. Derrière la façade du vivant parmi les morts, de l'ivresse au petit matin, de l'éborgné aux joies sans limites, se cache un véritable salaud irresponsable qui, peu à peu, dérive vers la folie. Quels moyens expressifs Joann Sfar, l'un des papes de la BD française, avait-il pour rendre à l'écran le personnage mythique de Gainsbourg? Il l'a fantasmé marionnette gambadant sur le cul des femmes, avec flashs expressionistes sur une barbe de trois jours et ellipses à gogo entre Paris et la Jamaïque. Mais la courte audace du film ne tient sur deux points ; l'incrustation sur la toile d'inconscients animés, de doubles incarnés sous une forme d'artiste caricatural, et sur la nomination du film en tant que 'Conte'. La nuance, aussi légère puisse-t-elle paraître, apporte néanmoins une grande différence avec ce qu'aurait pu être le film ; du conte Sfar ne saisit que l'apparence, avec des diables qui sont nos propres clones à la place des fées, de lumières bleutées, arches enfumées et tonalités oniriques. Au fond pourtant, le film n'aborde aucun code dudit genre. Sfar se contente d'enfiler les clichés comme Gainsbourg enfilait les femmes, la jouissance en moins, l'idée même du film étant de justifier une vague créatrice à chaque paire de fesses rencontrée. La concordance tourne vite à la catastrophe ; alors que l'hystérie sexuelle devient une dominante progressive, Gainsbourg sort de l'ombre vers la lumière, trop vite acquis et saisi dans ses engrenages, sous son apparence la plus superficielle, celle du séducteur involontaire, du sale type incompris qui vire à la déglingue avant de finir noyé dans son whisky. L'acte créateur, lui, n'articule que les rares grandes lignes du film, véritable catalogue de perruques ambulantes (une actrice = une chanteuse). Seul Eric Elmosnino, d'une prestance exceptionnelle, parvient à saisir l'âme et la chair enfumée de Gainsbarre. Les quelques idées du film, elles, sont plombées par le jeu approximatif des comédiens seconds, la tyrannie scénaristique, la mise en scène surréaliste et l'intention principale de la dualité, inaboutie et qui se révèle finalement être une fausse bonne idée. Quant à la reconstitution, le film n'en évacue pas les tics vulgaires de cinéma français bobo, avec léchage de décors et ambiance bohème de studio repeint la veille. Pour un film qui se veut à l'encontre des traditions du biopic, cela semble gênant. Car c'est bien là que le film retombe sans le vouloir, dans un moule d'essai qui s'efforce d'être original mais n'y parvient jamais avec le naturel des grands. Pire que banal, "Gainsbourg - Vie héroïque" en devient oubliable et oublié.

Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
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