Katyn
Note :









(2)









(2)
Année : 2007
Pays : Pologne
Avec : Andrzej Chyra, Maja Ostaszewska, ...
Genre : Drame, Guerre, Historique
Titre original : Titre original non renseigné
Vidéos: extraits de films, bande-annonce
Katyn
Un film de Andrzej Wajda avec Andrzej Chyra et Maja Ostaszewska
Editeur : Editions Montparnasse
http://www.editionsmontparnasse.fr/dvd
Date de sortie : 02/03/2010
Nous sommes au printemps 1940, la Pologne est envahie par les soviétiques. Des milliers d’officiers, d’étudiants et autres élites sont fait prisonniers et assassinés sauvagement dans la forêt de Katyn. Alors que les proches des victimes sont en attente de nouvelles et qu’ils tentent de comprendre ce qui est arrivé aux victimes énumérées publiquement, le régime soviétique opère une à une large campagne de désinformation.
Ce film change quand même beaucoup de tous les films américains qui traitent de la seconde guerre mondiale. Il n’y a pas de romance, il n’y a pas de pitié, il n’y a pas de martyr. Comme le dit le réalisateur lui-même « Je ne souhaite pas que mon film soit la recherche d’une simple vérité personnelle ou un cierge allumé sur la tombe du capitaine Jakub Wajda. Je veux qu’il soit le récit du drame et des souffrances subis par de multiples familles, victimes de Staline et du silence qu’il parvint à imposer à ses alliés d’alors : La Grande-Bretagne et les Etats-Unis. » Malheureusement, par son optique très personnelle, les actes et mobiles ne sont que survolés, sauf dans la scène finale, qui vise à marquer les esprits. Visiblement, le réalisateur a fait dans les grandes lignes, il a ciblé sur la campagne de désinformation et de propagande et en a montré les effets dévastateurs.
C’est vraiment très intéressant d’aborder cette guerre du côté polonais, ce qui est plutôt rare. La Pologne était un pays déchiré entre soviétiques et allemands, une terre stratégique pour des pays qui d’alliés sont devenus deux ennemis puissants. Les protagonistes de cette histoire sont des proches des victimes, de tout profil, de toute volonté. Il y a par exemple l’épouse du Capitaine Jakub Wajda, qui l’attend avec espoir, sans jamais renoncer. Cette volonté de centrer tout sur ce personnage passif et insipide est très agaçante même si utile au souhait du réalisateur qui met le Capitaine en exergue et qui, de ce fait, maintient son souvenir en sa compagne.
Les personnages pourraient être vraiment profonds si on avait le temps de s’y attacher, ce qui n’est pas le cas. Leurs apparitions sont tellement fugaces qu’ils participent simplement à une ambiance générale, ils sont à la fois les victimes et à la fois les preuves des mensonges qui ont anéanti les Polonais au nez et à la barbe du monde entier. On sent que l’auteur, dans son esprit, a mit davantage de valeur sur le personnage absent Jakub Wajda car une filiation les unit, et qu’il en fait une évidence qu’il ne juge pas bonne à expliquer. Il est vrai que le déroulement de l’histoire est perturbé vu que des années entières sont éclipsées. On ne peut pas parler d’incohérence, car la trame basique est respectée : des Polonais résistant à la propagande soviétiques et un régime totalitaire qui fait régner la terreur. Mais il manque vraiment quelque chose, de l’historique, des références, des noms peut-être, de l’attachement à certains personnages.
Je ne me sens pas en droit de juger sa vision et son expression des choses : le réalisateur était un homme marqué par des évènements et par un passé collectif. Il n’a pas souhaité, en tout honneur, en faire une commercialisation, il a juste voulu exprimer son opposition et ses sensations sur le sujet. De ce fait, c’est un peu comme un documentaire dans lequel plusieurs personnes sont questionnées.
Comment critiquer une œuvre personnelle que nous n’avons pas le droit de juger ? Le réalisateur a expié un besoin, et le fait partager à ceux qui le souhaitent. Pouvons-nous émettre une opinion sur le fond de ce film ? Sur son mobile ? Je ne pense pas. Je remarque tout de même une incohérence : il ne prétend pas du tout à une « romantisation » des faits, il les pose là où il les juge bon d’être et voilà tout. Cependant, dans certaines scènes à tension, il met une musique, ressort très utilisé dans les films classiques. Cet aspect casse la personnalisation de son œuvre et surtout le naturel cours des évènements.
Là où Andrzej Wajda a créé quelque chose de magnifique, c’est dans ses ambiances, très justes, très en rapport avec l’obscurité dans laquelle était plongée la Pologne, un brouillard permanent, un temps triste, froid, insécurisant. Il a rendu cela par de fantastiques prises de vues et cadrages ainsi que par un filtre terne qui rend compte de l’insupportable tristesse polonaise. Les personnages sont tous habillés dans des couleurs fades brunes et vertes sauf certains, toutefois altérés par le filtre :
- Anna, la femme du Capitaine disparu, symbole de l’espoir, porte des robes légères et claires, en ayant une démarche spontanée, jeune, tellement l’espoir lui donne de l’assurance. Anna entre en résonnance avec la fille du Général, jeune fille chez qui la guerre n’a pas encore ôté l’amour et l’espoir, donc encore pleine de vitalité.
- La femme du Général, toute de noir vêtue, très élégante, avec un noble maintien, car son statut est important. C’est une femme très intelligente qui refusera la propagande.
Mais surtout, ce qui m’a impressionnée, c’est la qualité photographique. Des cadrages exceptionnels plein de sensibilité. Celui qui m’a le plus marquée, c’est lorsque la femme du générale converse avec l’officier fraîchement soviétique sur un banc, dans la nuit. L’atmosphère est terriblement lourde avec le brouillard qui les couvre et ces arbres tristes, tout cela dans un silence palpable. Le réalisateur s’est également attaché à certains détails afin de rendre encore plus oppressants les moments cruels du film : exemple de la roue du char soviétique, qui retourne inlassablement la terre boueuse de la forêt de Katyn, où auront lieu les massacres des officiers polonais.
Site web: http://beletteverte.centerblog.net
Un film de Andrzej Wajda avec Andrzej Chyra et Maja Ostaszewska
Editeur : Editions Montparnasse
http://www.editionsmontparnasse.fr/dvd
Date de sortie : 02/03/2010
Nous sommes au printemps 1940, la Pologne est envahie par les soviétiques. Des milliers d’officiers, d’étudiants et autres élites sont fait prisonniers et assassinés sauvagement dans la forêt de Katyn. Alors que les proches des victimes sont en attente de nouvelles et qu’ils tentent de comprendre ce qui est arrivé aux victimes énumérées publiquement, le régime soviétique opère une à une large campagne de désinformation.
Ce film change quand même beaucoup de tous les films américains qui traitent de la seconde guerre mondiale. Il n’y a pas de romance, il n’y a pas de pitié, il n’y a pas de martyr. Comme le dit le réalisateur lui-même « Je ne souhaite pas que mon film soit la recherche d’une simple vérité personnelle ou un cierge allumé sur la tombe du capitaine Jakub Wajda. Je veux qu’il soit le récit du drame et des souffrances subis par de multiples familles, victimes de Staline et du silence qu’il parvint à imposer à ses alliés d’alors : La Grande-Bretagne et les Etats-Unis. » Malheureusement, par son optique très personnelle, les actes et mobiles ne sont que survolés, sauf dans la scène finale, qui vise à marquer les esprits. Visiblement, le réalisateur a fait dans les grandes lignes, il a ciblé sur la campagne de désinformation et de propagande et en a montré les effets dévastateurs.
C’est vraiment très intéressant d’aborder cette guerre du côté polonais, ce qui est plutôt rare. La Pologne était un pays déchiré entre soviétiques et allemands, une terre stratégique pour des pays qui d’alliés sont devenus deux ennemis puissants. Les protagonistes de cette histoire sont des proches des victimes, de tout profil, de toute volonté. Il y a par exemple l’épouse du Capitaine Jakub Wajda, qui l’attend avec espoir, sans jamais renoncer. Cette volonté de centrer tout sur ce personnage passif et insipide est très agaçante même si utile au souhait du réalisateur qui met le Capitaine en exergue et qui, de ce fait, maintient son souvenir en sa compagne.
Les personnages pourraient être vraiment profonds si on avait le temps de s’y attacher, ce qui n’est pas le cas. Leurs apparitions sont tellement fugaces qu’ils participent simplement à une ambiance générale, ils sont à la fois les victimes et à la fois les preuves des mensonges qui ont anéanti les Polonais au nez et à la barbe du monde entier. On sent que l’auteur, dans son esprit, a mit davantage de valeur sur le personnage absent Jakub Wajda car une filiation les unit, et qu’il en fait une évidence qu’il ne juge pas bonne à expliquer. Il est vrai que le déroulement de l’histoire est perturbé vu que des années entières sont éclipsées. On ne peut pas parler d’incohérence, car la trame basique est respectée : des Polonais résistant à la propagande soviétiques et un régime totalitaire qui fait régner la terreur. Mais il manque vraiment quelque chose, de l’historique, des références, des noms peut-être, de l’attachement à certains personnages.
Je ne me sens pas en droit de juger sa vision et son expression des choses : le réalisateur était un homme marqué par des évènements et par un passé collectif. Il n’a pas souhaité, en tout honneur, en faire une commercialisation, il a juste voulu exprimer son opposition et ses sensations sur le sujet. De ce fait, c’est un peu comme un documentaire dans lequel plusieurs personnes sont questionnées.
Comment critiquer une œuvre personnelle que nous n’avons pas le droit de juger ? Le réalisateur a expié un besoin, et le fait partager à ceux qui le souhaitent. Pouvons-nous émettre une opinion sur le fond de ce film ? Sur son mobile ? Je ne pense pas. Je remarque tout de même une incohérence : il ne prétend pas du tout à une « romantisation » des faits, il les pose là où il les juge bon d’être et voilà tout. Cependant, dans certaines scènes à tension, il met une musique, ressort très utilisé dans les films classiques. Cet aspect casse la personnalisation de son œuvre et surtout le naturel cours des évènements.
Là où Andrzej Wajda a créé quelque chose de magnifique, c’est dans ses ambiances, très justes, très en rapport avec l’obscurité dans laquelle était plongée la Pologne, un brouillard permanent, un temps triste, froid, insécurisant. Il a rendu cela par de fantastiques prises de vues et cadrages ainsi que par un filtre terne qui rend compte de l’insupportable tristesse polonaise. Les personnages sont tous habillés dans des couleurs fades brunes et vertes sauf certains, toutefois altérés par le filtre :
- Anna, la femme du Capitaine disparu, symbole de l’espoir, porte des robes légères et claires, en ayant une démarche spontanée, jeune, tellement l’espoir lui donne de l’assurance. Anna entre en résonnance avec la fille du Général, jeune fille chez qui la guerre n’a pas encore ôté l’amour et l’espoir, donc encore pleine de vitalité.
- La femme du Général, toute de noir vêtue, très élégante, avec un noble maintien, car son statut est important. C’est une femme très intelligente qui refusera la propagande.
Mais surtout, ce qui m’a impressionnée, c’est la qualité photographique. Des cadrages exceptionnels plein de sensibilité. Celui qui m’a le plus marquée, c’est lorsque la femme du générale converse avec l’officier fraîchement soviétique sur un banc, dans la nuit. L’atmosphère est terriblement lourde avec le brouillard qui les couvre et ces arbres tristes, tout cela dans un silence palpable. Le réalisateur s’est également attaché à certains détails afin de rendre encore plus oppressants les moments cruels du film : exemple de la roue du char soviétique, qui retourne inlassablement la terre boueuse de la forêt de Katyn, où auront lieu les massacres des officiers polonais.
Site web: http://beletteverte.centerblog.net
Andrej Wajda a réalisé avec L'homme de marbre l'un des plus grands films politiques du XXème siècle.Ce film d'une liberté critique étonnante,tourné en Pologne en pleine période de stagnation soviétique annonçait Solidarnosc,la Perestroïka et la chute du mur de Berlin.Avec Katyn,Wajda montre qu'il n'a rien perdu de sa virtuosité cinématographique et de son acuité politique.C'est d'autant plus salutaire qu'il a connu les évènements qu'il nous montre,son propre père,officier de l'armée polonaise,ayant été une des victimes du massacre de Katyn.Les oeuvres des auteurs de la génération de Wajda qui ont connu la seconde guerre mondiale deviennent cruciales au moment où des artistes plus jeunes:Tarentino avec Inglourious Bastards pour le cinéma,Jonathan Littel ou Yannick Haenel pour la littérature créent des oeuvres de valeur mais comme déconnectées des vrais enjeux historiques et des valeurs morales du passé.
Katyn montre le massacre des officiers polonais par l'Armée rouge en 1940,dénoncé par les nazis en 1941 puis mis par les soviétiques sur le compte des allemands.Ils prétendaient que le massacre avait eu lieu après l'invasion germanique de 1941.La vérité a été reconnue par le pouvoir soviétique plus de quarante plus après les faits.
Wajda parvient à raconter le massacre à travers la vie de quelques personnages sans pathos avec sobriété et compassion.Il montre les documentaires mensongers tournés par les nazis puis par les soviétiques donnant une distance juste à sa fiction.Ces documents vrais permettent d'introduire le soupçon sur toutes les formes d'images et leur risque de manipulation.Il réussit après la découverte du massacre à mettre en scène la réaction héroïque de polonais qui n'acceptent pas le mensonge soviétique-ce qui constitue une seconde histoire-tout en gardant à son film son unité.
La fiction est d'une grande justesse.L'image est très belle,la caméra bouge pour cerner au plus près la vérité des situations sans ostentation.Les visages ont cette couleur si particulière qui leur donne cette présence charnelle que l'on trouve uniquement dans les films de l'Europe de l'Est.La musique de Penderecki est à la fois très présente et très sobre.Cette image respectueuse de l'histoire fait de ce film un vrai hommage à ceux qui se sont battus pour la vérité et la liberté.
Les bonus de ce DVD sont très riches avec une interview de Wajda qui montre bien les enjeux politiques du film.Wajda tient à le rattacher à l'école de cinéma polonaise d'après guerre dont il est à juste titre très fier.On y trouve également les deux documentaires de propagande l'un nazi,l'autre soviétiques très proches dans la forme et tous les deux éhontément mensongers.Enfin deux interviews qui expliquent le contexte historique.Un très beau travail.
Katyn
Un film de Andrzej Wajda avec Andrzej Chyra et Maja Ostaszewska
Distribution : Editions Montparnasse
http://www.editionsmontparnasse.fr/dvd
Date de sortie : 02/03/2010
Site web: http://blogs.allocine.fr/blogs/posts-preview.blog?pid=260491
Katyn montre le massacre des officiers polonais par l'Armée rouge en 1940,dénoncé par les nazis en 1941 puis mis par les soviétiques sur le compte des allemands.Ils prétendaient que le massacre avait eu lieu après l'invasion germanique de 1941.La vérité a été reconnue par le pouvoir soviétique plus de quarante plus après les faits.
Wajda parvient à raconter le massacre à travers la vie de quelques personnages sans pathos avec sobriété et compassion.Il montre les documentaires mensongers tournés par les nazis puis par les soviétiques donnant une distance juste à sa fiction.Ces documents vrais permettent d'introduire le soupçon sur toutes les formes d'images et leur risque de manipulation.Il réussit après la découverte du massacre à mettre en scène la réaction héroïque de polonais qui n'acceptent pas le mensonge soviétique-ce qui constitue une seconde histoire-tout en gardant à son film son unité.
La fiction est d'une grande justesse.L'image est très belle,la caméra bouge pour cerner au plus près la vérité des situations sans ostentation.Les visages ont cette couleur si particulière qui leur donne cette présence charnelle que l'on trouve uniquement dans les films de l'Europe de l'Est.La musique de Penderecki est à la fois très présente et très sobre.Cette image respectueuse de l'histoire fait de ce film un vrai hommage à ceux qui se sont battus pour la vérité et la liberté.
Les bonus de ce DVD sont très riches avec une interview de Wajda qui montre bien les enjeux politiques du film.Wajda tient à le rattacher à l'école de cinéma polonaise d'après guerre dont il est à juste titre très fier.On y trouve également les deux documentaires de propagande l'un nazi,l'autre soviétiques très proches dans la forme et tous les deux éhontément mensongers.Enfin deux interviews qui expliquent le contexte historique.Un très beau travail.
Katyn
Un film de Andrzej Wajda avec Andrzej Chyra et Maja Ostaszewska
Distribution : Editions Montparnasse
http://www.editionsmontparnasse.fr/dvd
Date de sortie : 02/03/2010
Site web: http://blogs.allocine.fr/blogs/posts-preview.blog?pid=260491
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