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    Retour sur le dernier scandale politique de l'Espagne contemporaine. Le chef de la toute puissante Garde Civile, Luis Roldán, serait suspecté d'avoir détourné quelques millions d'euros. (et le plus étonnant, c'est qu'il risque d'être inquiété par la justice, c'est pas dans notre pays que ça arriverait, mais bref, passons, ce n'est pas le sujet du film). Ce film retrace comment ce dernier s'enfuit d'Espagne, avant d'être rattrapé mystérieusement dans un aéroport de Bangkok... Mais par le biais du personnage énigmatique Francisco Paesa dit « Paco ».

    Étrange individu, ce Paco. Dans le genre ex-espion, magouilleur, fraudeur, vendeur d'armes. Il traficote avec l'ETA, avec le GAL, avec tout ce qui peut lui rapporter quelques pesetas non déclarées. Second film d'Alberto Rodriguez, après l'excellent thriller andalou « La Isla Minima » que je regarde, cet « homme aux mille visages » mélange les genres, le biopic sur fond de thriller et de malversations financières. Les scènes s’enchaînent, rythmes effrénés qui défilent sur l'écran. Trop rapide même, si bien que le début me parut compliqué. Une masse d'informations dans laquelle il fut difficile de savoir laquelle serait vraiment pertinente, laquelle devrait retenir mon attention... La musique pêchue accentue cette course en avant, la tête me tourne, le GAL, l'ETA, des armes, et ce type PACO. Qui est-il vraiment ?

    Après le premier quart d'heure assez déroutant, je l'avoue probablement aussi que mes méconnaissances envers la politique de l'Espagne ont joué dans cette déroute (c'est nettement plus compliqué que de suivre le match Barça - Paris), l'affaire se recentre sur cette fuite et sur l'Arnaque. Avec un grand A écrit en lettre majeure car el hommbre llamado Paco manie aussi bien la langue de Don Quijote de la Mancha que moi le majeur.. Il débite ses conseils, la cravate bien nouée, la chevalière apparente, peut-être même les poils sur le torse, d'une crédibilité absolue. Sans l'ombre d'un doute. Et là, je suis pris dans l'engrenage de l'histoire, je ne boude plus mon plaisir, je suis en plein dans un thriller économique. Je sens que Paco n'est pas clair et qu'il arrivera à ses fins, c'est à dire à des pesetas, des euros ou des dollars sur son compte en banque off-shore. Et à arnaquer tout un pays !

    Site web:  http://memoiresdebison.blogspot.fr/2017/04/el-hombre-llamado-paco.html
    Affiche du film Lion
    Lion
    Par le_Bison Le 25/04/2017
    Il est là, seul assis sur un banc. Un quai de gare en Inde, des trains bondés, une foultitude qui rentre qui sort. La fumée envahit le quai, le ciel commence à tomber, la nuit avec. Il est toujours seul, il s’endort sur ce banc. Seul dans la nuit, sous les étoiles, clair de lune. 5 ans, seul à Calcutta. Il est perdu. La peur, la fuite, retrouver les siens. Impossible, improbable. Il ne sait même pas où il est, d’où il vient. Des souvenirs de promenades avec son frère gravés dans sa mémoire. Sa mère qu’il n’oubliera jamais. La police, l’orphelinat. Un couple d’Australien, Nicole Kidman frisée, l’emmène en Tasmanie, un koala en peluche, où il vivra les 25 prochaines années. Jusqu’au moment où il sentira le besoin de retrouver ses racines.

    Google Earth, une merveille de technologie. Sans repère, juste un château d’eau visible du quai de gare. Comme de trouver un grain de riz dans un curry. Cette quête devient son obsession. C’est juste de ce côté-là que le film pêche un peu, cet excès de facilité à trouver avec la magie d’Internet les renseignements nécessaires pour arriver sur les lieux du passé. En dehors de cet aspect technique, le film est magnifique. Deux parties distinctes. L’enfance en Inde, elle fait peur, je sens les épices, le dépaysement est garanti. Je suis complètement immergé par le soleil jaune, la poussière ocre et aussi la misère qui y règne, ces milliers d’enfants que j’imagine perdus dans les rues de Calcutta, livrés à eux même ou à des gangs. L’adolescence (Dev Patel que j’ai adoré à ses débuts dans la série anglaise « Skins ») se joue en Tasmanie, j’y découvre une nouvelle Nicole Kidman qui a pris de l’âge par rapport à « Eyes Wide Shut » (mon film référence), émouvante et aimante qui joue dans la simplicité. Une mère adoptive qui aime ses enfants adoptés. Mais si l’Australie peut faire rêver, notre Saroo ado ne supporte plus sa vie. Boire une bière australienne devant la baie vitrée de sa maison, face à la mer et au déferlement des vagues, ne lui suffit plus. Il a ce besoin de retrouver les siens. Ce manque dans sa vie.

    [...]

    Site web:  http://memoiresdebison.blogspot.fr/2017/03/le-lion-de-tasmanie.html
    Affiche du film Power Rangers
    Power Rangers
    Par sebd59 Le 14/04/2017
    Cela paraissait être une blague au départ, et finalement Power Rangers a bien été adapté à l'écran. En allant le voir, sans en attendre grand-chose au départ, on ressort de la salle en se disant que cette adaptation est tout de même de bonne qualité. Principalement, dans la première partie qui revient sur les origines des personnages et cette partie est relativement sérieuse. C'est dans la seconde partie, avec le combat contre le monstre de Rita Repulsa, que le film part totalement dans le grand n'importe quoi. Le combat est finalement décevant et n'a rien d'impressionnant. L'impression d'être tombé dans le Transformers du pauvre. Sauf que contrairement à Michael Bay, Dean Israelite n'est pas en capacité de filmer une scène d'action efficacement. Dans le casting, on regrette que le chef d'équipe des Power Rangers soit aussi fade, sans présence et sans charisme. Laissant plus de place à Naomi Scott qui crève l'écran.

    Site web:  http://1oeildanslasalle.canalblog.com/archives/2017/04/14/35172924.html
    Affiche du film Fast & Furious 8
    Fast & Furious 8
    Par sebd59 Le 15/04/2017
    Je ne pensais pas que cela arriverait et pourtant, c'est le cas. Ce huitième volet de la saga Fast and Furious est clairement le plus mauvais de la saga. On se retrouve devant un film qui a atteint la zone du nanar et qui est une vraie déception. Le scénario est bâclé de bout en bout. Les scènes d'action présentes sont parfois efficaces et parfois totalement à l'ouest, et les rajouts numériques grossiers n'aident pas vraiment. Pour remplir les vides, on a ajouté de l'humour un peu partout, qui reste parfois efficace, et qui permet de dire que ce volet est le plus drôle de la saga. Le réalisateur ne se contente que de remplir le cahier des charges et offre une réalisation au minimum syndicale. Ce n'est clairement pas à la hauteur de Justin Lin, qui offrait de l'action qui décoiffait ou de James Wan et son perfectionnisme pour l'image. Charlize Theron est superbe dans le rôle de la méchante, Dwayne Johnson et Jason Statham se partagent l'écran. Mais ce que l'on ressent, c'est que Vin Diesel n'est pas réellement présent dans ce film. On sent que l'acteur est lassé de ce personnage ou que tout simplement, cette saga n'est plus aussi amusante pour l'acteur sans Paul Walker. Ce volet de Fast And Furious se classe dans la catégorie du film "vu et vite oublié en sortant de la salle".

    Site web:  http://1oeildanslasalle.canalblog.com/archives/2017/04/15/35173055.html
    The Secret Life of Words avait remporté quatre Goyas (l’équivalent des César espagnols) en 2006 dont meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleur scénario original. Produit par les frères Almodovar (la présence de Javier Camara est certainement liée à la présence des Almodovar dans la production), ce long-métrage tourné en langue anglaise marque aussi les retrouvailles de la réalisatrice Isabel Coixet avec l’actrice canadienne Sarah Polley après Ma vie sans moi (également produit par Pedro Almodovar). Il s’agit d’une jolie surprise qui mérite le coup d’œil. Pourtant, au départ j’étais assez sceptique : je m’attendais à un film assez pénible et ennuyeux : il faut avouer qu’un film se déroulant sur une plateforme pétrolière n’est pas ce qui lui a de plus attirant avec en plus un personnage principal qui ne cause pas des masses. Heureusement, ce ne fut pas le cas. Il dure presque deux heures mais je ne me suis pas ennuyée, je suis rentrée petit à petit dans l’histoire et j’avais envie de connaître les secrets des personnages, surtout celui d’Hanna (vu qu’on connait celui de Josef assez rapidement). Hanna est un personnage absolument bouleversant notamment par ses différents sens. Elle nous touche quand elle décide de ne plus rien écouter et de s’isoler en éteignant son appareil auditif. Elle nous intrigue quand elle mange comme quatre les délicieux plats de Simon, un cuisinier qui tente de donner du bonheur aux braves marins qui, eux-mêmes cachent leurs petits secrets (la nourriture semble aussi représenter littéralement une sorte d’appétit sexuel). Elle est émouvante quand elle décide de parler et même de se confier à Josef même quand elle ne dit pas totalement la vérité : des indices assez subtils permettent de comprendre la vérité face à des propos modifiés. Ce n’est pas donc pas toujours évident de capturer le non-dit sans tomber dans certains pièges mais Isabel Coixet relève ce défi haut la main. De plus, l’opposition entre Hanna et Josef aurait pu être très lourde : lui est un grand baraqué temporairement aveugle qui parle beaucoup, elle est toute frêle, sourde et silencieuse. Pourtant, cette opposition apparaît également avec habilité et même mieux : elle se transforme en complémentarité. Les sens sont alors un moyen pour les personnages de se réfugier suite à des histoires douloureuses et difficiles à exprimer.
    The Secret Life of Words est un film d’une grande pudeur sachant pourtant exprimer l’indicible. Il a su allier histoire intime et Histoire avec un grand H (ici, on évoque la guerre des Balkans). Il trouve également un très bon équilibre entre les différentes émotions qu’il veut relever chez le spectateur. Il aurait pu être larmoyant et plombant, ce n’est pas du tout le cas. Ce film touche parce qu’il sonne vrai et juste que ce soit dans les dialogues ou encore les réactions des personnages. Il bouleverse également parce qu’il a su prendre en compte la place de la souffrance tout en offrant un minimum de l’espoir à ses personnages. Ainsi, la vie continue : les blessures ne pourront jamais totalement disparaître mais elles pourront tout de même être atténuées, la possibilité d’un bonheur et d’un avenir restant possible. On n’a pas besoin d’entendre ni de voir l’horreur qu’un individu peut vivre mais justement le fait qu’on n’en sache pas trop permet aux spectateurs de « visualiser » ce que personne ne voudrait voir. Le scénario m’a donc convaincue : on nous raconte finalement une belle histoire avec une apparente simplicité et efficacité mais qui est plus complexe qu’elle en a l’air jouant sans cesse avec une véritable intelligence avec les oppositions et les paradoxes. La place des dialogues et non-dialogues a aussi son importance, que ce soit pour appréhender les personnages ou encore pour évoquer le passé : Josef parle beaucoup pour ne pas dire la vérité, Hanna, elle, est dans l’incapacité de dire la vérité et doit utiliser des stratagèmes pour dire sa vérité (par exemple, quand elle évoque, dans une scène déchirante, un épisode qu’elle a vécu en utilisant la troisième personne). La mise en scène d’Isabel Coixet est en même temps sobre et délicate. A noter aussi l’importance du lieu assez particulier : une plateforme pétrolière. Cet endroit en question, assez dangereux, crée une sorte de huis-clos qui renforce l’isolement des personnages, isolement qui permet paradoxalement aussi à Hanna et Josef de se rapprocher et d’apprendre à communiquer, que ce soit verbalement ou par d’autres moyens. De plus, différentes nationalités se côtoient sur ce bateau : là encore, difficile de ne pas voir le parallèle entre les langues pratiquées par les quelques individus sur ce bateau et le sujet de la communication. L’actrice (et réalisatrice) canadienne Sarah Polley prouve qu’elle est l’une des meilleures actrices de sa génération. Je regrette qu’on ne la voit pas plus souvent au cinéma. Elle aurait pu rendre son personnage glauque, pourtant, sans jamais en faire des tonnes ni tomber dans une certaine caricature, elle reste gracieuse et lumineuse. Tim Robbins est également comme souvent excellent dans le rôle a priori d’un grincheux mais qui a un grand coeur. Le couple Polley-Robbins fonctionne également : on a envie de voir leur couple triompher sur les blessures de la vie. Enfin, les seconds rôles, que ce soit Javier Camara, Eddie Marsan ou encore Julie Christie, sont également très bons.

    Site web:  https://tinalakiller.com/2017/04/10/the-secret-life-of-words/
    Affiche du film Un monde meilleur
    Un monde meilleur
    Par MeggyMeg Le 17/04/2017
    Vraiment je recommande ce film, qui fait partie de mon top 5 !


    Une excellente leçon de vie, des acteurs à couper le souffle ... Et beaucoup d'émotions !

    un film tout en émotion, une histoire coplexe et interessante de par la possible réalité de ces évenement.
    un film que je recommende vivement.

    Affiche du film Split
    Split
    Par le_Bison Le 21/04/2017
    Philadelphie. Un parking, sortie d’un dinner, anniversaire…
    Trois adolescentes jacassent dans la voiture. Elles rient, s’occupent de leurs smartphones, plus que de ce qui se passent de l’autre côté de la vitre arrière.
    Un homme rentre par la porte du conducteur, démarre, gaze les filles.
    Flash-info : trois filles kidnappées.

    Un film qui démarre fort. Les trois filles se retrouvent séquestrées dans un bâtiment si austère qu’il en parait abandonné, à part Kevin. A moins que ce soit Barry ou Dennis ou Hedwig ou Patricia… Kevin semble avoir donc un léger trouble de la personnalité, avec pas moins de 23 identités différentes qui prennent le dessus à tout moment. Un acteur, 23 rôles, James McAvoy que je découvre, n’étant pas un adepte des X-Men.
    Grandiose, il fait peur avec son crâne rasé, ses changements multiples de voix, de sourire, de regard… Un nouveau regard sur la schizophrénie, effrayant…


    Un film angoissant. Dès les premières scènes, je sens monter l’adrénaline. Pauvres filles me dis-je comme dans un teen-movie d’horreur d’antan. D’ailleurs d’antan, M. Night Shyamalan faisait de grands films. Ses premiers m’avaient impressionnés – comme tout le monde – avant de finir dans les oubliettes des réalisateurs qui ne me tenataient plus de suivre. Souviens-toi, non pas de l’été dernier, mais du « sixième sens » que Bruce Willis découvrait chez ce gamin. Ou de cet homme qu’on ne pouvait pas casser – « incassable » parait qu’il était. « Signes » de films angoissants. Ou de cette promenade bucolique que tu as faite en forêt avant de franchir les palissades infranchissables de ce « village ». C’était le bon temps de ce réalisateur qui revient au goût du jour avec le retour aux petits budgets mais à l’intensité monstrueuse.

    Oui, j’ai aimé flippé devant les multiples personnalités de Kevin, et le sens de la claustrophobie qu’il ne faut pas avoir quand on est une jeune adolescente en petite culotte dans un bâtiment sans fenêtre avec des portes verrouillées. Le huis clos peut leurs être fatales. La boule au ventre, la boule à zéro, j’imagine si une vingt-quatrième personne prendrait place dans la vie de Kevin… Les gens l’appelleraient peut-être… LA BÊTE !

    Site web:  http://memoiresdebison.blogspot.fr/2017/04/trouble-de-la-personnalite.html
    Affiche du film Fahrenheit 451
    Fahrenheit 451
    Par tinalakiller Le 22/04/2017
    Fahrenheit 451 est l’adaptation du roman éponyme (et emblématique) de Ray Bradbury. Au premier abord, on n’imagine pas nécessairement François Truffaut, figure phare de la Nouvelle Vague, signer une oeuvre de science-fiction (enfin sur le papier car personnellement j’ai du mal à y voir totalement de la science-fiction en regardant cette oeuvre et je pense que c’était aussi une volonté de Truffaut). Après, on me dira que ce n’est pas la première fois qu’un réalisateur de ce mouvement s’attaque à la science-fiction : par exemple, Godard l’a fait avec Alphaville. J’étais donc curieuse de connaître la vision du réalisateur sur cette oeuvre de Bradbury que j’adore (un de mes romans préférés). Il s’agit de la première excursion de Truffaut à l’étranger (le film ayant été tourné à Londres). Ce long-métrage marque aussi les retrouvailles entre Truffaut et Oskar Werner, les deux ayant travaillé ensemble pour Jules et Jim. Dans l’ensemble, sans dire que le résultat est mauvais (même s’il a tout de même certains défauts), ce Fahrenheit 451 m’a pas mal déçue. Je précise que je ne suis pas forcément une puriste des adaptations de romans mais j’ai senti Truffaut pas à l’aise avec un genre qu’il n’aimait pas de base (c’était même lui qui le disait dans des interviews) et certainement pas à l’aise non plus plus généralement avec la grandeur même du projet, qui a coûté cher pour l’époque, avec son lot d’effets spéciaux (alors qu’on n’est justement pas face à un film à spectacle). J’espère ce que je vais dire ne va pas trop « choquer » mais honnêtement, en regardant ce film, je me suis dit qu’une nouvelle adaptation serait une bonne chose ! Je me suis même dit que Equilibrium de Kurt Wimmer était finalement une meilleure « adaptation » que ce film de Truffaut. J’ai mis du temps à entrer dans le film qui m’a paru assez long (pas non plus interminable mais j’ai tout de même regardé de temps en temps ma montre) : heureusement, sa seconde partie m’a plus intéressée et permet de rattraper les mauvaises impressions du début. Visuellement, s’il était certainement intéressant pour l’époque, actuellement il a pas mal vieilli, certains effets sont même assez kitsch. C’est même assez étonnant de voir ce type d’effets alors que l’ensemble du film est esthétiquement assez « simple » dans le sens où il y a plutôt une envie de retranscrire un certain réalisme. Mais heureusement, d’autres scènes sont assez puissantes et rattrapent les quelques couacs. La scène de l’autodafé dans la bibliothèque vaut par exemple le coup d’oeil et même la fin avec le groupe qui apprend les textes par coeur oralement pour les conserver est également très belle.
    De plus, les décors restent tout de même très réussis : ils permettent de rendre l’univers encore plus froid et monotone. La musique inquiétante de Bernard Hermann (le compositeur fétiche d’Alfred Hitchcock – Truffaut était un grand admirateur du maître du suspense) trouve également parfaitement sa place dans le film. Surtout, le propos relevé dans le roman de Bradbury (la destruction de la culture et du savoir pour contrôler l’individu) reste tout de même pertinent, nécessaire et intemporel (moins que dans le bouquin mais tout de même bien présent) : la dénonciation du fascisme fonctionne bien (il est impossible de ne pas voir un rapprochement entre les nazis qui eux-mêmes ont brûlé des livres). En parlant d’intemporalité, un autre point m’a semblé intéressant : certes, on voit bien qu’il y a une envie de placer l’histoire dans un futur. Mais en même temps, il n’est pas nécessairement très dessiné (comme on pourrait l’imaginer dans un gros blockbuster). Ce futur en question est finalement d’actualité, que ce soit « l’actualité » au moment de la sortie du film (le côté sixties en ressort par moments) ou même notre actualité de 2017 : bref, ce monde retranscrit par Truffaut n’est peut-être pas si éloigné de ce que le spectateur connait dans sa réalité. A noter aussi les choix troublants des livres brûlés : et même Chroniques Martiennes et Fahrenheit 451 de Bradbury ! On trouve également un exemplaire des Cahiers du Cinéma (on y trouve dessus une photo d’A bout de souffle de Jean-Luc Godard). Concernant le casting, sans dire qu’il est mauvais (il ne faut pas non plus exagéré), Werner n’est pas très à l’aise dans le rôle de Montag (même Truffaut n’était pas convaincu par sa prestation). Il faut dire que le personnage n’est pas ici particulièrement intéressant et manque de consistance. En revanche, Julie Christie, qui interprète deux personnages (Truffaut voulait éviter l’éternelle opposition entre une brune et une blonde et créer une sorte de trouble : l’effet est plutôt réussi), est bien plus convaincante. Pour conclure, Fahrenheit 451 est un film intéressant, qui fait son petit effet mais qui ne remplit pas totalement ses promesses même s’il reste fidèle au texte d’origine. Est-il imparfait parce qu’on s’attend justement à autre chose vu qu’on sait à quel point le roman de Bradbury est majeur dans le domaine de la science-fiction ? Cela reste tout de même une jolie ode à la littérature traversant le temps et les générations qui prouve bien qu’elle a un pouvoir énorme sur notre liberté.

    Site web:  https://tinalakiller.com/2017/04/19/fahrenheit-451/
    Je ne comptais pas aller regarder A bras ouverts, encore moins au cinéma, surtout après avoir lu et vu de nombreuses critiques plus que négatives à son égard, notamment celle de InThePanda. Ma mère (pas facho et que j’aime beaucoup au passage) s’en est mêlée : elle est gentille mais elle aime beaucoup (trop) toutes ces comédies franchouillardes que je rejette tant. Et elle a un don particulier pour me laisser convaincre de l’accompagner. Malheureusement, comme prévu, les mauvaises critiques avaient vu juste. Le point de départ était pourtant « intéressant » dans le cadre d’une comédie, même s’il n’est pas non plus bien révolutionnaire : pousser des gens soi-disant ouverts d’esprit face à leur réel état d’esprit. Les dix premières minutes passent à peu près : nous sommes face à une caricature (certes pas très fine mais ça passe) d’une sorte de BHL qui parle beaucoup (surtout pour bien se faire voir et booster les ventes de son livre), on peut même dire qu’il est une sorte de donneur de leçons mais qui n’applique pas ses propres théories jusqu’au jour où il est pris au piège par un opposant politique (là ici une sorte de caricature du FN). Dans le même genre, autant privilégier l’excellent Devine qui vient dîner… de Stanley Kramer ou même plus récemment le plutôt sympathique Le Grand Partage d’Alexandra Leclerc qui ont le mérite de montrer une vraie confrontation des personnages face à la banalisation de leur pensée raciste et surtout une remise en question. C’est le principal problème de A bras ouverts (qui devait s’intituler à l’origine Sivouplééé… oui on sentait déjà le coup foireux venir) : en dehors du fils (même si cela reste minime), on ne remet pratiquement jamais en question le couple Fougerole. Ils sont racistes et finalement tout leur donne raison ! Après tout, Babik est un personnage qui n’est jamais attachant. Sa caricature est très ratée dans le sens où son humanité reste assez minime et n’efface pas les défauts qui l’entourent : il est méchant, violent, misogyne, sale et parle comme un demeuré (et non comme un étranger) et encore je n’ai pas tout dit. Sa famille est également complètement barge (dans le mauvais sens du terme), notamment avec le type atteint mentalement et qui fout sa merde littéralement avec son cochon. La seule fois où Babik se montre à peu près humain est lorsqu’il empêche Erwan (qui intègre le groupe des Roms après avoir été expulsé de chez lui) de séduire et de coucher avec la femme de Jean-Etienne. Mais tu sens que c’est un peu ici un vague prétexte pour se justifier : « non on se moque pas des Roms, la preuve, le vrai méchant de l’histoire, c’est un Français ». Le mal reste fait. Je ne suis pas du genre à voir du racisme partout mais là j’ai vraiment ressenti une sorte de malaise tout le long du film.
    Il y avait déjà eu un débat sur la réelle démarche du réalisateur dans son précédent long-métrage (que j’avais plutôt apprécié, je ne m’en cache pas), Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (avec déjà Clavier et Abittan). Mais j’avais plus l’impression qu’on riait du racisme et des clichés et surtout le film avait le « mérite » de faire évoluer les personnages. Là il n’y a pas d’évolution possible : les personnages sont juste tous cons jusqu’au bout ! Peut-être que le film n’arrive pas à fonctionner parce qu’il ne « tape » pas suffisamment sur différentes images de la société (contrairement toujours à Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?). En clair, il se fout de la gueule de l’hypocrisie des bobos et des Roms qui protègent leur famille (et maintenant les Fougerole en font partie) de manière douteuse. Il y a une petite pique envers le personnage FN qui est homosexuel. Je ne crois pas qu’il faut voir ici une remarque du style « l’homophobie c’est la lose » (contrairement à ce que dit InThePanda, c’est mon seul petit point de désaccord) : j’imagine plus une envie de souligner une certaine hypocrisie d’un politique qui rejette certainement dans la sphère médiatique une communauté. Mais je comprends là aussi le reproche de certains détracteurs : ce point en question est de nouveau mené très maladroitement. La fin est également assez douteuse, comme si être proche d’un Rom était une malédiction. Au-delà d’une morale assez douteuse, A bras ouverts n’est tout simplement pas drôle (ce qui est problématique dans le cadre d’une comédie). La plupart des vannes tombe à plat et montre à quel point la comédie française ne se porte vraiment pas (même si ce n’est pas un scoop – et je n’ai pas encore vu Gangsterdam !). Quant aux interprétations, elles sont assez navrantes. Christian Clavier fait du Christian Clavier j’ai envie de dire mais en pire. Quand on le voit réagir avec le fameux cochon, on ne peut pas s’empêcher de penser à son personnage dans Les Bronzés font du ski ! T’as l’impression d’avoir pris un coup de vieux d’un coup sans avoir rien demandé ! Elsa Zylberstein (j’ai déjà du mal avec elle en temps normal) en fait – vraiment – des caisses dans le rôle de cette artiste contemporaine naze mal baisée (cette partie du scénario sur les moeurs des Fougerole m’a également bien gonflée au passage). Quant à Ary Abittan, il m’a juste… gênée. Il y a des fois où c’est le Abittan show (je pense notamment aux scènes où il chante du Fugain et compagnie) ! En même temps, sans vouloir les excuser (faut pas déconner non plus), leurs personnages sont si mal écrits que je ne vois pas comment un acteur aurait pu être bon dans ce fiasco.

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