Toutes les critiques de films
Aux hommes qui ne seront jamais des fils
Aux fils qui cherchent des pères
Aux pères qui ne connaissent plus leurs fils
A mes enfants à venir dont je peux enfin rêver
Bernard Bellefroid achève ainsi son premier film de fiction, sur ces mots entre douleur et poésie, comme si "La régate" avait été pour lui une forme de thérapie... Il l'explique d'ailleurs très bien lui-même : "Je connais bien Alexandre, mon personnage principal. J'ai longtemps regardé le monde avec ses yeux. Comme lui, j'ai longtemps vécu dans une violence que l'on dit domestique, cachée. Comme lui, je scrutais les portes pour m'enfuir. Je sursautais à chaque fois qu'on s'approchait de mon visage. A quinze ans, regarder, observer, épier, c'était les moyens de ma survie. Quinze ans plus tard, regarder est devenu mon métier. Heureusement, les raisons évoluent avec l'âge. A quinze ans, c'était pour se venger. A vingt ans, pour juger. A vingt-cinq ans, pour comprendre. A trente ans, il était indispensable de raconter combien cette histoire était aussi une histoire d'amour. De l'amour qui s'exprime mal mais de l'amour quand même."
Dans son film, le documentariste-cinéaste présente la relation tumultueuse d'un fils avec son père violent et alcoolique. La relation malsaine qui se tisse entre les deux personnages est montrée avec une finesse et une acuité assez rare et impressionnante. Le fils reçoit les coups et le père s'acharne parfois presque bestialement, mais les rapports sont plus complexes : un plan séquence extraordinaire le montre admirablement, alors que le père est complètement saoul couché dans le caniveau et que son fils essaie de l'étouffer pour finalement l'embrasser l'instant d'après... Les relations affectives sont complexes et Bellefroid le montre avec une force et une rage exceptionnelle ! Dans cette relation difficile, traitée avec un immense respect, les deux acteurs crèvent l'écran grâce à leur charisme magistral et à leur jeu tout en nuance ! Thierry Hancisse incarne un père pathétique, qui s'accroche à une morale exemplaire à inculquer à son enfant, comme par exemple ne pas voler, pour mieux oublier sans doute que ce qu'il lui fait subir quotidiennement à Alexandre est une abomination. Quant au jeune Joffrey Verbruggen, entre l'adolescent sombre et le petit animal blessé, il est ici une pure révélation cinématographique !
Mais le film ne tourne pas qu’autour de cet appartement de promiscuité où se joue le rapport d’amour-haine entre le fils et le père. Il suit surtout l’itinéraire du garçon, qui par sa pratique de l’aviron parvient à dépasser le climat d’oppression de sa vie en train d’être brisée, sans qu’il n’ose rien faire, rien dire, de peur de perdre sans doute sa dernière famille, ce père violent qu’il défie sans cesse mais sur qui il n’arrive pas encore à avoir le dessus… C’est pourtant dans son club sportif qu’il semble reconstituer sa propre famille. Il trouve bien sûr une sorte de père de substitution dans la personne de son entraîneur, toujours derrière lui et prêt à lui apprendre la vie autant que la technique de l’aviron, incarné à l’écran par Sergi Lopez, comme souvent très bien… En passant de la pratique en solitaire à la collaboration avec son concurrent direct, qu’il déteste, Alexandre apprendra aussi la confrontation à l’autre, la nécessité de la solidarité, principalement lorsque l’on est littéralement embarqué dans la même galère (c’est là que la métaphore du sport nautique se révèle tout à fait pertinente !), ainsi que l’amitié, puis l’amour à travers le regard que porte sur lui une jeune fille du club. Il faut voir la fragilité de l’adolescent à l’écran, capable de fondre en larmes, tellement débordé d’émotion à la moindre attention à son égard, comme au cours de la soirée pendant le stage où ses camarades lui souhaitent modestement son anniversaire, pour comprendre toute la beauté, la grâce et la finesse de ce long métrage ! Il faut le voir souffrir en silence devant les autres, pour ne pas condamner le père, alternant les regards sombres, quasiment désespérés, et les sourires plus gracieux et enfantins lorsqu’il est avec ses nouveaux amis, prêt alors à s’oublier… Loin du père, son visage peut passer de la gravité à la plus innocente tendresse en un regard, en un geste ou en un mot.
On pourrait très vite sombrer dans le misérabilisme, mais le film est au contraire une sacrée claque éclairante et visionnaire, dépassant son sujet en le traitant obliquement, loin des clichés et de la morale appuyée que l'on retrouve la plupart du temps dans ce genre d'histoire. Le réalisateur s’applique par ailleurs à une mise en scène hyper maîtrisée et d’une cohérence galvanisante pour le spectateur. Le travail sur la photographie, notamment, est incomparable ! Cette délimitation de l’ombre et de la lumière entre les différents espaces du film, principalement entre l’appartement constamment mal éclairé et le fleuve ensoleillé sur lequel le garçon avironne, est saisissante tout au long de « La régate ». La beauté des visages, lorsque l’eau se reflète sur eux, sublime la jeunesse ainsi filmée. Et la façon d’exalter les corps à l’écran, toute cette puissance et finalement cette violence contenue en eux, est absolument magnifique. Le corps du garçon, suant sang et eau pour indéfiniment améliorer ses performances sportives, est suivi par la caméra dans tous ses efforts, avec un véritable élan. L’emploi de la musique, spécialement les morceaux rock, accentue encore davantage cette dimension de l’effort et de rage contenu qui explose dans le sport.
On pourrait enfin parler de l’ultime plan du film, s’achevant sur un regard caméra indécis mais vraiment poignant du garçon, après qu’il ait regardé sa demi-sœur sur le point de l’éloigner du père et levé également un œil à la fenêtre de l’appartement-enfer qu’il quitte enfin et d’où le regarde tristement le père, rongé par la culpabilité… Mais ce serait réduire le film à son très haut pouvoir symbolique. Un pouvoir fondamental et rédempteur dans sa construction et ses articulations, certes, mais loin d’être le seul intérêt de ce film particulièrement riche de cinématographie, d’intelligence, de réflexions, d’humanité, et probablement de mille autre choses… Un film à voir, nécessairement !
Site web: http://cinematheque.over-blog.net/article-la-regate-de-bernard-bellefroid-france-belgique-luxembourg-2010-45573350.html
Aux fils qui cherchent des pères
Aux pères qui ne connaissent plus leurs fils
A mes enfants à venir dont je peux enfin rêver
Bernard Bellefroid achève ainsi son premier film de fiction, sur ces mots entre douleur et poésie, comme si "La régate" avait été pour lui une forme de thérapie... Il l'explique d'ailleurs très bien lui-même : "Je connais bien Alexandre, mon personnage principal. J'ai longtemps regardé le monde avec ses yeux. Comme lui, j'ai longtemps vécu dans une violence que l'on dit domestique, cachée. Comme lui, je scrutais les portes pour m'enfuir. Je sursautais à chaque fois qu'on s'approchait de mon visage. A quinze ans, regarder, observer, épier, c'était les moyens de ma survie. Quinze ans plus tard, regarder est devenu mon métier. Heureusement, les raisons évoluent avec l'âge. A quinze ans, c'était pour se venger. A vingt ans, pour juger. A vingt-cinq ans, pour comprendre. A trente ans, il était indispensable de raconter combien cette histoire était aussi une histoire d'amour. De l'amour qui s'exprime mal mais de l'amour quand même."
Dans son film, le documentariste-cinéaste présente la relation tumultueuse d'un fils avec son père violent et alcoolique. La relation malsaine qui se tisse entre les deux personnages est montrée avec une finesse et une acuité assez rare et impressionnante. Le fils reçoit les coups et le père s'acharne parfois presque bestialement, mais les rapports sont plus complexes : un plan séquence extraordinaire le montre admirablement, alors que le père est complètement saoul couché dans le caniveau et que son fils essaie de l'étouffer pour finalement l'embrasser l'instant d'après... Les relations affectives sont complexes et Bellefroid le montre avec une force et une rage exceptionnelle ! Dans cette relation difficile, traitée avec un immense respect, les deux acteurs crèvent l'écran grâce à leur charisme magistral et à leur jeu tout en nuance ! Thierry Hancisse incarne un père pathétique, qui s'accroche à une morale exemplaire à inculquer à son enfant, comme par exemple ne pas voler, pour mieux oublier sans doute que ce qu'il lui fait subir quotidiennement à Alexandre est une abomination. Quant au jeune Joffrey Verbruggen, entre l'adolescent sombre et le petit animal blessé, il est ici une pure révélation cinématographique !
Mais le film ne tourne pas qu’autour de cet appartement de promiscuité où se joue le rapport d’amour-haine entre le fils et le père. Il suit surtout l’itinéraire du garçon, qui par sa pratique de l’aviron parvient à dépasser le climat d’oppression de sa vie en train d’être brisée, sans qu’il n’ose rien faire, rien dire, de peur de perdre sans doute sa dernière famille, ce père violent qu’il défie sans cesse mais sur qui il n’arrive pas encore à avoir le dessus… C’est pourtant dans son club sportif qu’il semble reconstituer sa propre famille. Il trouve bien sûr une sorte de père de substitution dans la personne de son entraîneur, toujours derrière lui et prêt à lui apprendre la vie autant que la technique de l’aviron, incarné à l’écran par Sergi Lopez, comme souvent très bien… En passant de la pratique en solitaire à la collaboration avec son concurrent direct, qu’il déteste, Alexandre apprendra aussi la confrontation à l’autre, la nécessité de la solidarité, principalement lorsque l’on est littéralement embarqué dans la même galère (c’est là que la métaphore du sport nautique se révèle tout à fait pertinente !), ainsi que l’amitié, puis l’amour à travers le regard que porte sur lui une jeune fille du club. Il faut voir la fragilité de l’adolescent à l’écran, capable de fondre en larmes, tellement débordé d’émotion à la moindre attention à son égard, comme au cours de la soirée pendant le stage où ses camarades lui souhaitent modestement son anniversaire, pour comprendre toute la beauté, la grâce et la finesse de ce long métrage ! Il faut le voir souffrir en silence devant les autres, pour ne pas condamner le père, alternant les regards sombres, quasiment désespérés, et les sourires plus gracieux et enfantins lorsqu’il est avec ses nouveaux amis, prêt alors à s’oublier… Loin du père, son visage peut passer de la gravité à la plus innocente tendresse en un regard, en un geste ou en un mot.
On pourrait très vite sombrer dans le misérabilisme, mais le film est au contraire une sacrée claque éclairante et visionnaire, dépassant son sujet en le traitant obliquement, loin des clichés et de la morale appuyée que l'on retrouve la plupart du temps dans ce genre d'histoire. Le réalisateur s’applique par ailleurs à une mise en scène hyper maîtrisée et d’une cohérence galvanisante pour le spectateur. Le travail sur la photographie, notamment, est incomparable ! Cette délimitation de l’ombre et de la lumière entre les différents espaces du film, principalement entre l’appartement constamment mal éclairé et le fleuve ensoleillé sur lequel le garçon avironne, est saisissante tout au long de « La régate ». La beauté des visages, lorsque l’eau se reflète sur eux, sublime la jeunesse ainsi filmée. Et la façon d’exalter les corps à l’écran, toute cette puissance et finalement cette violence contenue en eux, est absolument magnifique. Le corps du garçon, suant sang et eau pour indéfiniment améliorer ses performances sportives, est suivi par la caméra dans tous ses efforts, avec un véritable élan. L’emploi de la musique, spécialement les morceaux rock, accentue encore davantage cette dimension de l’effort et de rage contenu qui explose dans le sport.
On pourrait enfin parler de l’ultime plan du film, s’achevant sur un regard caméra indécis mais vraiment poignant du garçon, après qu’il ait regardé sa demi-sœur sur le point de l’éloigner du père et levé également un œil à la fenêtre de l’appartement-enfer qu’il quitte enfin et d’où le regarde tristement le père, rongé par la culpabilité… Mais ce serait réduire le film à son très haut pouvoir symbolique. Un pouvoir fondamental et rédempteur dans sa construction et ses articulations, certes, mais loin d’être le seul intérêt de ce film particulièrement riche de cinématographie, d’intelligence, de réflexions, d’humanité, et probablement de mille autre choses… Un film à voir, nécessairement !
Site web: http://cinematheque.over-blog.net/article-la-regate-de-bernard-bellefroid-france-belgique-luxembourg-2010-45573350.html
Génialissime et hilarant. Partant d'une histoire abracadabrante et pour le moins atypique les gags se cumulent à une allure folle, et on rit, on rit, on a à peine le temps de se dire que tout cela est plus que loufoque qu'on nous lance encore un gag à se tordre en deux. Les acteurs sont parfaits, le binôme Clooney/McGregor exceptionnel et de nombreuses scènes déjà cultes pour moi. Le rythme est infernal et ne retombe jamais et les jeux de mots tels "Le silence des chevreaux" et autres métaphore filée sur l'univers Star Wars mémorables. On passe sans arrêt de la mission incongrue de notre journaliste et son médium aux épisodes de formation de ce dernier et on en redemande! Georges Clooney est vraiment au top dans ce genre de comédie, Ewan McGregor lui volerait presque parfois la vedette, Jeff Bridges nous fait un numéro hippie superbe et Kevin Spacey est plutôt bien, même si son rôle est mineur. Je n'avais pas autant rit depuis un moment et c'est bien agréable! Bon film et surtout très drôle.
Du blanc à perte de vue. Une station de ski déserte. Au bas des remonte-pentes qu’il a pour tâche surveiller, Jomar, fraichement largué, incapable de faire le deuil de ses années de gloire comme skieur professionnel, végète et s’empâte. Ses journées se suivent et se ressemblent – bière, cigarette et émissions catastrophes sur le câble - jusqu'à ce que...
Site web: http://goodnightmary.blogspot.com/2010/03/lart-de-la-pensee-faussement-negative.html
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Pour adapter « Fantastique maître Renard », un roman pour la jeunesse signé Roald Dahl, Wes Anderson s’est lancé dans le film d’animation. Il convient de revenir ici sur les procédés et la technique utilisée dans son œuvre, avant d’analyser plus avant le contenu du film, afin de bien comprendre les enjeux d’un tel choix… Ici, point d’esbroufe de synthèse comme dans un dessin animé Pixar ou point d’images en relief 3Disées dernière génération à la James Cameron pour son « Avatar », mais le choix presque suranné d’une animation image par image avec des décors de studio soignés et détaillés et des marionnettes aux corps et aux mouvements presque figés. La technique, bien que peu moderne, est par contre parfaitement maîtrisée et se met au service d’un film éminemment novateur et pertinent dans sa partie narrative ou psychologique... Ce que le cinéaste semble vouloir nous dire, c’est qu’il ne suffit pas d’utiliser la technologie dernier cri pour être « moderne », encore faut-il savoir s’en servir et connaître son langage… Et avoir quelque chose à dire, aussi, cela va de soi : un film plein d’effet spéciaux mais construit sur du vide, ça demeure bien sûr un film pour rien !
Ceci étant dit, « Fantastic Mr. Fox » est véritablement un film « fantastique » ! Enlevé et alerte, il est d’abord un film éminemment vivant et dynamique, malgré les postures apparemment figées de ses personnages… Cela s’appelle : force et talent de la mise en scène ! Et Wes Anderson sait parfaitement rendre son histoire palpitante, multipliant les pirouettes rocambolesques et les effets visuels trépidants ! Le scénario est parfaitement écrit, tout s’enchaîne et se goupil(le) sans la moindre baisse de tempo et le cinéaste présente finalement un spectacle rusé (comme un renard) qui ravira tout le monde et tous les âges, avec ce qu’il faut d’aventures et de rebondissements pour les petits, et ce qu’il faut de dialogues futés, d’humour subtil et de situations symboliques pour les plus grands…
A voir tous ces animaux dont l’allure rappelle les illustrations d’antan des livres de contes pour enfants, le film nous fait souvent pencher du côté de la fable animalière ou du conte moral et philosophique… C’est très fin et plein de poésie, à l’image de cette étrange apparition d’un loup encore à l’état sauvage à la fin du film. Mais Wes Anderson va encore bien au-delà du fabliau pour imprégner son film de son propre univers et de ses obsessions, qui travaillaient tous ses films précédents. La famille, donc, se retrouve bien entendu au cœur du récit, en particulier le noyau dur formé par toute la petite famille Renard, neveu inclus ! La folie des grandeurs du père contrastant avec la nature plus raisonnable de la mère, qui avait suffit pour canaliser son mari plusieurs années durant. La difficulté du fils à se faire un nom, surtout après le passage de son père athlétique et fort en tout, admiré de tous. Cette bienveillance des parents à son égard, qui le qualifient de « différent » tout en lui rappelant du regard tout leur amour, quoi qu’il arrive… C’est mignon. Mais le fils un peu amer devra aussi supporter un temps une certaine rivalité avec ce neveu admirable qui vient s’incruster dans l’arbre familial (au propre comme au figuré, leur maison étant creusée dans un arbre)… Mais la solidarité familiale, et même entre espèces, finit toujours par venir à bout des plus grandes difficultés et par glorifier l’amitié comme valeur fondatrice de nos cœurs ! « Fantastic Mr. Fox », décidément, a bien des atouts et un tempérament réjouissant, énormément de charme, beaucoup de « chien » et puis surtout des renards très attachants…
Site web: http://cinematheque.over-blog.net/article-fantastic-mr-fox-de-wes-anderson-etats-unis-2010-45326043.html
Ceci étant dit, « Fantastic Mr. Fox » est véritablement un film « fantastique » ! Enlevé et alerte, il est d’abord un film éminemment vivant et dynamique, malgré les postures apparemment figées de ses personnages… Cela s’appelle : force et talent de la mise en scène ! Et Wes Anderson sait parfaitement rendre son histoire palpitante, multipliant les pirouettes rocambolesques et les effets visuels trépidants ! Le scénario est parfaitement écrit, tout s’enchaîne et se goupil(le) sans la moindre baisse de tempo et le cinéaste présente finalement un spectacle rusé (comme un renard) qui ravira tout le monde et tous les âges, avec ce qu’il faut d’aventures et de rebondissements pour les petits, et ce qu’il faut de dialogues futés, d’humour subtil et de situations symboliques pour les plus grands…
A voir tous ces animaux dont l’allure rappelle les illustrations d’antan des livres de contes pour enfants, le film nous fait souvent pencher du côté de la fable animalière ou du conte moral et philosophique… C’est très fin et plein de poésie, à l’image de cette étrange apparition d’un loup encore à l’état sauvage à la fin du film. Mais Wes Anderson va encore bien au-delà du fabliau pour imprégner son film de son propre univers et de ses obsessions, qui travaillaient tous ses films précédents. La famille, donc, se retrouve bien entendu au cœur du récit, en particulier le noyau dur formé par toute la petite famille Renard, neveu inclus ! La folie des grandeurs du père contrastant avec la nature plus raisonnable de la mère, qui avait suffit pour canaliser son mari plusieurs années durant. La difficulté du fils à se faire un nom, surtout après le passage de son père athlétique et fort en tout, admiré de tous. Cette bienveillance des parents à son égard, qui le qualifient de « différent » tout en lui rappelant du regard tout leur amour, quoi qu’il arrive… C’est mignon. Mais le fils un peu amer devra aussi supporter un temps une certaine rivalité avec ce neveu admirable qui vient s’incruster dans l’arbre familial (au propre comme au figuré, leur maison étant creusée dans un arbre)… Mais la solidarité familiale, et même entre espèces, finit toujours par venir à bout des plus grandes difficultés et par glorifier l’amitié comme valeur fondatrice de nos cœurs ! « Fantastic Mr. Fox », décidément, a bien des atouts et un tempérament réjouissant, énormément de charme, beaucoup de « chien » et puis surtout des renards très attachants…
Site web: http://cinematheque.over-blog.net/article-fantastic-mr-fox-de-wes-anderson-etats-unis-2010-45326043.html
Mr. Fox a laissé derrière lui sa vie de bohème, après un tout dernier coup qui a manqué d'être fatal à lui et à sa femme, alors enceinte. Depuis que leur fils est né, le couple vit dans un terrier et Fox est journaliste pour gagner sa vie et nourrir sa famille convenablement. Il est devenu un homme respectable qui rêve de promotion sociale. Cependant, alors qu'il visite une jolie maison dans un arbre, avec vue sur trois fermes, ses vieilles ambitions de jeunesse le reprennent. L'emprunt fait, la petite famille installée, Fox prépare un dernier coup, un coup sublime sur trois nuits, dans les trois fermes, pour mettre un véritable terme à son passé de voleur de poules.
Le roman de Roald Dahl a bien entendu été adapté par Wes Anderson, qui a ôté ou ajouté des éléments au texte original pour lui donner sa couleur toute personnelle. Sans jamais dégrader le texte cependant, Wes Anderson réussit à en conserver et à développer les points de l'histoire qui en sont les fondements. L'anecdote, celle du délinquant contre les producteurs véreux, est sublime de drôlerie. Les animaux du film portent costumes et cravates, et s'opposent aux humains, bourrés de vices et verdâtres. Simplissime? Pas tant que cela, car il est probable que le spectateur n'ait droit qu'au point de vue animal. Les humains ne sont sûrement pas aussi caricaturaux dans leur monde, et ils ne voient certainement pas les jolis apprêts vestimentaires des animaux. D'ailleurs, si les animaux, tels qu'on les voit dans le film, paraissent civilisés, leurs instincts demeurent toujours les plus forts, et ils ne peuvent s'empêcher de déchiqueter la nourriture lors de leurs repas sophistiqués.
Derrière les gags, il y a aussi une histoire de famille, de celle qui peut toucher n'importe qui, renard ou être humain. Le fils de Fox se sent délaissé par son père, dépassé par son passé glorieux; le cousin du jeune Ash, Kristofferson, qui attire le respect de Fox, polarise aussi la jalousie de Ash; la femme de Fox, Felicity, aime son mari mais sent son couple basculer lorsqu'il met en danger sa famille pour poursuivre ses ambitions égoïstes. Les personnages, ainsi développés, forment une vraie communauté rappelant les nôtres, avec les défauts de chacun, les règles sociales et les mêmes codes moraux. Plus évidente encore est la caricature sociale lorsqu'elle s'en prend directement aux humains, gourmands, belliqueux, têtus. Pour récupérer leurs biens volés par Fox, ils sont prêts à détruire la nature et éradiquer une colline, voire toute la vie animale qui profitait de cet éco-système, à grand renfort de machines et avec l'aide et le soutien des médias.
Quant à la technique d'animation qui soutient le propos, comment ne pas crier au génie? Wes Anderson, à l'ère de la 3D relief, fabrique des personnages réalistes en marionnettes, puis déstructure ce réalisme avec une animation de 12 images par seconde. Les mouvements sont syncopés, et ces imperfections rendent l'animation poétique. Wes Anderson, avec dans la tête des images de King Kong (Ernest B. Schoedsack et Merian C. Copper, 1933), de La Belle et la bête (Jean Cocteau, 1946), ou du Roman de Renart (Ladislas Starewith, 1941), tient à faire bouger les poils de ses marionnettes en permanence, et peu importe si l'oeil a aujourd'hui plus l'habitude de la fluidité des fourrures animées en 3D avec des techniques de pointes. Ici, un coup de gel, un passage de brosse, une photo, suffisent à faire son bonheur. La technique est visible, la fumée de coton et les buissons de feuilles de thé. L'image est mille fois plus affriolante avec ses défauts et ses bouts de ficelle visibles qu'un mauvais film en 3D.
Le choix des voix, puisqu'il faut en parler tant elles sont justes, s'est fait dès le début de la production. Les comédiens ont enregistré en conditions "réelles", c'est-à-dire dans les décors rappelant ceux du film: une ferme notamment, dans le Connecticut, sert de studio. Les animateurs ont fait bouger les marionnettes en fonction de ces voix, et leur spontanéité, leur fraîcheur, ainsi que les imprévus (corne de brume passant au loin durant la meilleure prise) ont tous été intégrés aux mouvements.
Le scénario est drôle et pertinent, l'image, magique et vivante. Georges Clooney, charmeur par excellence, incarne à merveille un Fox bourré de défauts et enchanteur, autant que le film dont il est le héros.
Site web: http://fannynours.blogspot.com/2010/02/fantastic-mr-fox-de-wes-anderson.html
Le roman de Roald Dahl a bien entendu été adapté par Wes Anderson, qui a ôté ou ajouté des éléments au texte original pour lui donner sa couleur toute personnelle. Sans jamais dégrader le texte cependant, Wes Anderson réussit à en conserver et à développer les points de l'histoire qui en sont les fondements. L'anecdote, celle du délinquant contre les producteurs véreux, est sublime de drôlerie. Les animaux du film portent costumes et cravates, et s'opposent aux humains, bourrés de vices et verdâtres. Simplissime? Pas tant que cela, car il est probable que le spectateur n'ait droit qu'au point de vue animal. Les humains ne sont sûrement pas aussi caricaturaux dans leur monde, et ils ne voient certainement pas les jolis apprêts vestimentaires des animaux. D'ailleurs, si les animaux, tels qu'on les voit dans le film, paraissent civilisés, leurs instincts demeurent toujours les plus forts, et ils ne peuvent s'empêcher de déchiqueter la nourriture lors de leurs repas sophistiqués.
Derrière les gags, il y a aussi une histoire de famille, de celle qui peut toucher n'importe qui, renard ou être humain. Le fils de Fox se sent délaissé par son père, dépassé par son passé glorieux; le cousin du jeune Ash, Kristofferson, qui attire le respect de Fox, polarise aussi la jalousie de Ash; la femme de Fox, Felicity, aime son mari mais sent son couple basculer lorsqu'il met en danger sa famille pour poursuivre ses ambitions égoïstes. Les personnages, ainsi développés, forment une vraie communauté rappelant les nôtres, avec les défauts de chacun, les règles sociales et les mêmes codes moraux. Plus évidente encore est la caricature sociale lorsqu'elle s'en prend directement aux humains, gourmands, belliqueux, têtus. Pour récupérer leurs biens volés par Fox, ils sont prêts à détruire la nature et éradiquer une colline, voire toute la vie animale qui profitait de cet éco-système, à grand renfort de machines et avec l'aide et le soutien des médias.
Quant à la technique d'animation qui soutient le propos, comment ne pas crier au génie? Wes Anderson, à l'ère de la 3D relief, fabrique des personnages réalistes en marionnettes, puis déstructure ce réalisme avec une animation de 12 images par seconde. Les mouvements sont syncopés, et ces imperfections rendent l'animation poétique. Wes Anderson, avec dans la tête des images de King Kong (Ernest B. Schoedsack et Merian C. Copper, 1933), de La Belle et la bête (Jean Cocteau, 1946), ou du Roman de Renart (Ladislas Starewith, 1941), tient à faire bouger les poils de ses marionnettes en permanence, et peu importe si l'oeil a aujourd'hui plus l'habitude de la fluidité des fourrures animées en 3D avec des techniques de pointes. Ici, un coup de gel, un passage de brosse, une photo, suffisent à faire son bonheur. La technique est visible, la fumée de coton et les buissons de feuilles de thé. L'image est mille fois plus affriolante avec ses défauts et ses bouts de ficelle visibles qu'un mauvais film en 3D.
Le choix des voix, puisqu'il faut en parler tant elles sont justes, s'est fait dès le début de la production. Les comédiens ont enregistré en conditions "réelles", c'est-à-dire dans les décors rappelant ceux du film: une ferme notamment, dans le Connecticut, sert de studio. Les animateurs ont fait bouger les marionnettes en fonction de ces voix, et leur spontanéité, leur fraîcheur, ainsi que les imprévus (corne de brume passant au loin durant la meilleure prise) ont tous été intégrés aux mouvements.
Le scénario est drôle et pertinent, l'image, magique et vivante. Georges Clooney, charmeur par excellence, incarne à merveille un Fox bourré de défauts et enchanteur, autant que le film dont il est le héros.
Site web: http://fannynours.blogspot.com/2010/02/fantastic-mr-fox-de-wes-anderson.html
Sale période pour Sherlock Holmes. Watson, l’ami fidèle, s’apprête à rompre leur colocation du 221B, Baker Street pour convoler avec la ravissante Mary...
Site web: http://goodnightmary.blogspot.com/2010/02/rock-holmes-quand-guy-richie.html
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Renard, chenapan, sacripouille, coquet coquin que ce Wes anderson ! Pour son premier long métrage d’animation, le plus bobo et francophile des cinéastes "indé" nous a concocté...
Site web: http://goodnightmary.blogspot.com/2010/02/dipe-au-poil-fantastic-mr-fox.html
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Elle aurait pu s’appeler Michelle, la nouvelle héroïne Disney, tant le nouveau bébé de l’empire du divertissement, La Princesse et la grenouille, s’inscrit dans cette nouvelle ère cinéphilique que les Obamaniaques guettent dans chaque film susceptible de véhiculer des valeurs démocrates...
Site web: http://goodnightmary.blogspot.com/2010/01/la-princesse-et-la-grenouille-un-disney.html
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« L’arrière-petit-neveu du bisaïeul de ma trisaïeule avait tué un jour à coups de pioche le maire du village, sa femme et le garde-champêtre, coupables d’avoir déplacé sa chèvre de dix mètres. » Ainsi débute La Terre de la folie, thriller documentaire...
Site web: http://goodnightmary.blogspot.com/2010/01/cretins-des-alpes-la-terre-de-la-folie.html
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A l'origine d'un chef d'œuvre, on trouve souvent une idée fixe : ici, un papillon de nuit, fatalement attiré par une lumière qui lui coûtera la vie. C'est à cette image que pense Francis Ford Coppola quand il écrit Tetro...
Site web: http://goodnightmary.blogspot.com/2009/12/famille-decomposee-tetro.html
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