Toutes les critiques de films
    Affiche du film Tu ne tueras point
    Tu ne tueras point
    Par le_Bison Le 12/06/2017
    L’histoire vraie et presque aberrante si elle n’était pas humaine d’un objecteur de conscience qui veut partir faire la guerre sans fusil, ni bouquet de fleur c’était avant l’ère hippie. La défaite de Pearl Harbour s’affiche sur grand écran dans ce petit cinéma de Virginie, du temps où les actualités passaient avant le film, du temps où le garçon avait les mains moites lorsqu’il les posait sur la cuisse de la fille à ses côtés, du temps où il pouvait se prendre une claque parce qu’il l’avait embrassé sans la prévenir… Virginie, la campagne profonde de l’Amérique, la foi chrétienne affirmée, un père violent et alcoolique qui a perdu ses amis lors de la grande guerre, et Desmond T Doss qui signe son engagement en bon citoyen américain. Il est patriote mais refuse de toucher une arme. Tu ne tueras point, le commandement le plus important de la loi du Seigneur.

    La bataille d’Okinawa. Une boucherie, des cadavres, explosion de tripes et de corps, des corps cramés au lance-flammes, des jambes arrachées, des bras arrachés, des têtes arrachées. Amoncellement de cadavres, de souffrance et de puanteur. Au milieu, un homme, Andrew Garfield, la sainte bible dans sa poche, parcourra le champ de bataille, entre les bombes et les tirs, recouvert d’une pluie de sang et de poussière, pour ramener – ramasser - ses camarades blessés, à l’agonie, laissés pour mort. Il deviendra héros.

    En démarrant ce film, je savais à quoi m’attendre : les obsessions de Mel Gibson, réalisateur. Il y est souvent question de héros et de foi dans une violence extrême, insupportable, démente. L’opposition entre la foi humaine qui peut être très belle et l’âme humaine qui peut être très bestiale, d’une cruauté intransigeante. Une foi inébranlable fait face à la violence incontournable de la guerre, une guerre de religion, une guerre d’expansion, une guerre du Pacifique. Je n’ai pas vu « Apocalypto », mais « La passion du Christ » ou « Braveheart » porte cette violence extrême, ce sang qui coule qui gicle qui inonde âmes et spectateurs tout au long du film. Mel film l’hémoglobine à outrance, ce film n’en fait pas exception, mais c’est la loi de la guerre. Et toute cette foi, profonde et sincère – il n’y a qu’à voir le sourire presque naïf de ce bougre de Virginie - peut paraître étonnante au milieu de cette haine. Comment expliquer qu’un gringalet de ce gabarit qui soulève des corps au milieu d’une nuée de bombes puisse se retrouve avec le sourire au milieu d’un champ d’horreur, de haine et de tripes ? Il n’y a que l’Amérique pour produire des héros dans ce genre, le premier – le seul ? – objecteur de conscience à être décoré pour faits de guerre mais surtout pour bravoure.

    Encore un de plus !

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    Affiche du film Get Out
    Get Out
    Par le_Bison Le 12/06/2017
    Un homme, seul dans la rue. Banlieue chic, au téléphone portable avec son amie, blanche. Il est noir et cherche une rue. Jusqu’à ce qu’il se retrouve dans le coffre de la voiture.

    Quelques années après, j’oublie presque cette histoire. Chris et sa petite amie Rose file un parfait amour, comme on dit. C’est le grand week-end où ils décident de rendre visite aux parents de Rose. Présentation de rigueur avant d’aller plus loin, Rose a-t-elle prévenu que Chris était noir ? Pff, une formalité. D’ailleurs, le père de Rose aurait bien voté une troisième fois pour Obama, c’est dire la sympathie qu’il porte au fond de lui pour les noirs. Oui, Chris est black, Rose est blanche, de famille bourgeoise. Un joli petit week-end en perspective pour apprendre à se connaitre, en famille. En plus, c’est jour de fête, jour de grande réunion familiale où sont invités dans le « cottage » bourgeois tous les gens biens du village. La haute société, en somme, WASP only.

    Par moments, ce n’est pas la peine de sortir les grands moyens pour faire un grand film, et frémir de plaisir et d’horreur. Même pas besoin d’effets spéciaux outranciers, un petit budget qui se veut efficace. Non, juste une ambiance. Une putain d’ambiance à frémir. Un film d’atmosphère, malsaine l’atmosphère. Le noir est à la mode, dans cette communauté blanche. Alors on les aime, on leur tend la main, belle poigne d’ailleurs, c’est que le noir est costaud, des capacités physiques qui dépassent la norme, c’est-à-dire celle des blancs. Et je pense même que les noirs sont mieux montés que les blancs – enfin ce sont des ouïes-dires, peut-être juste une rumeur portée par quelques nègres cherchant appâter cette vieille cougar blanche… Bon ok, pas de racisme ici, le noir doit forcément être un meilleur coup sexuellement parlant, et niveau domesticité, il doit être plus facile à éduquer. Malaise… Perversion…



    Un week-end à la campagne, cela parait si paisible. Une séance d’hypnose pour arrêter la cigarette. Finalement, cela n’a pas l’air méchant comme film, mais pourtant… Une première partie angoissante où l’on se demande justement d’où vient cette angoisse naissante et pesante. Elle est là, insidieuse, en nous même, on la sent, la touche, mais ne la comprend pas encore tout à fait. Et puis, vient la seconde partie, violente, déchaînée, enchaînée même pour certains – les noirs. Le déclic, c’est fabuleux, un flot de violence se déverse sur l’écran, le sang gicle, éclabousse le costume des blancs trop propres. Grand-guignolesque. [...]

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    Affiche du film Après la tempête
    Après la tempête
    Par le_Bison Le 12/06/2017
    Une tempête se prépare. Au typhon N°23 se succèdera le typhon N°24, une année à typhons. Ryota – Hiroshibe Abe -, divorcé et écrivain raté, a l’âme du loser. Il ne voit son fils qu’une fois par mois, s’il arrive à payer la pension alimentaire à son ex… Son ex qui semble voir quelqu’un d’autre, un autre pauvre type apparemment. Il a la passion du jeu, probablement un héritage de son défunt père, et toute sa paye – et même plus – de pseudo détective privé de séance zone spécialiste dans les chantages et les affaires conjugales passe dans le pachinko ou les courses de chevaux, de vélo…


    Pourtant, son premier livre fut couronné d’un prix littéraire très gratifiant. Mais quinze ans, il ne reste plus rien de son aura d’écrivain et sa mine transpire la déception, l’échec, la fin des ambitions littéraires. Il continue sa vie comme d’autres des putains de vie, sans ambition, ni espoir, juste voir son fils une fois par mois… Un portrait familial presque classique, avec le syndrome de l’échec dans une société nippone toujours très portée sur la réussite. L’histoire est simple, les vents s’enchainent, la vie s’écoule, le « héros-loser » descend plus profond que la mer. J’adore… ces êtres fragiles, loin d’être insipides. Ils m’émeuvent, me questionnent, me bouleversent. C’est pour cela que j’aime tant le cinéma de Kore-eda qui transcrit et transmet ces émotions dans un environnement où j’adore me promener. Des petites ruelles de quartier dans Tokyo, loin des grands buildings et du bouillonnement incessant. Là, au détour d’une ruelle, on prend le temps de regarder un cerisier en fleur, de manger des sobas debout à la sortie d’une station de métro. La grand-mère - Kirin Kiki - cuisine à merveille, ses plats sentent aussi bon que dans les « Délices de Tokyo », normal, c’est la même grand-mère. Et lorsque la tempête s’annonce, quoi de plus réconfortant que de se rassembler en « famille » autour d’une marmite fumante. Et attendre la fin des vents, pour pourquoi pas une nouvelle vie s'envisage « Après la Tempête ». [...]

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    e suis un novice dans le cinéma de Desplechin. N'ayant pas vu ses précédents faits, j'ai du mal à juger ce dernier. Par contre, je suis fan de Mathieu Amalric. Partout où il va, je vais ; ou j'essaie, c'est qu'il tourne beaucoup. Et je suis également un grand appréciateur de Charlotte Gainsbourg, au cinéma ; elle est un produit rare, d'une rare émotion. Marion Cotillard complète ce duo. Parité oblige, je mentionnerai aussi la belle prestation de Louis Garrel, un type que j'aime également beaucoup. Donc, tu l'auras compris, je suis rentré dans cette salle noire et obscure, pour les acteurs, sans popcorn, sans fioriture ou extra-ball. Je veux de l'émotion, brute de préférence, je veux des vagues qui se déchirent sur la côte, des cris de douleur. Je veux de la folie intérieure qui bouscule.

    Alors ai-je trouvé mon compte dans l'univers d'Arnaud Desplechin ? La lumière s'est faite, la salle s'illumine, jour de semaine, milieu de journée, donc pas grand monde, et pas facile de lire sur les visages ; comme il me paraît difficile de lire sur le scénario du film. Je ne suis pas ébahi, mais au final j'ai aimé. Je garde donc une certaine réserve, comme s'il m'avait manqué un petit quelque chose. De l'émotion, j'en ai eu, Charlotte est toujours au top, Mathieu j'adore toujours autant. Il amène de la folie, elle apporte de sa mélancolie et de sa tristesse, le spleen à l'état pur. Marion arrive sur cette plage déserte, elle a disparu depuis plus de vingt ans dans la vie de Mathieu. Pourquoi est-elle partie ? Je ne sais pas... Première interrogation. Pourquoi est-elle revenue ? Je ne sais pas, non plus. Second mystère... Dont je n'aurai pas les réponses. Mathieu a énormément souffert de cette disparition subite, sans un au-revoir, sans explication. J'envisage aisément que ce n'a pas dû être simple de reconstruire sa vie... Pourtant il y a deux ans, un regard, une Charlotte. La timidité, la peur, le renouveau... Le monde est de nouveau heureux, la tête dans les étoiles, le cœur sous la lune... Marion, sur cette plage de sable fin, coquillages et crustacés, s'tape la causette avec Charlotte. Elle veut récupérer son homme...

    Mathieu, alias Ismaël, survit sur cette terre dont il n'aime pas le sable. Puis-je imaginer la difficulté à déclarer administrativement sa femme morte après dix années d'absence. Puis-je imaginer la douleur qui l'a tenu pendant toutes ces années de vide et d'incompréhension. Puis-je me mettre quelques secondes dans sa tête au moment où il se retrouve face à elle après ce si long silence. Puis-je ressentir le bouillonnement intérieur qu'il a subi et découvrir tous les « Les Fantômes d'Ismaël » [...]

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    Affiche du film L'Amant double
    L'Amant double
    Par le_Bison Le 12/06/2017
    Comment se fait-il que je ne connaisse pas encore Marine Vacth. Et pourtant qu'elle est sublime. Un regard qui m'hypnotise et qui m’intrigue aussi. Recherche effectuée, elle m'était déjà apparue sous les traits d' une « Jeune et Jolie », le précédent film de François Ozon. Elle est toujours jeune, encore plus jolie, et je suis prêt à la suivre, dans n'importe quelle salle obscure, lumière tamisée, mains entre ses cuisses, un doigt pénétrant, une musique angoissante, thriller érotique. Même perturbée.


    Chloé, voit un psychiatre. Des maux de ventre qui la tiraille depuis sa tendre enfance. Elle s’assoit. Lui, aussi s'assoit en face. Paul se gratte la barbe, sourit, l'écoute. En silence. Un homme qui garde le silence face à une belle femme. Il a un beau rôle, Jérémie Renier, même si il a une doublure – les scènes de sexe probablement, parce que côté cascade il n'y a rien de dangereux qui ne se passe en dehors d'un lit ou d'un canapé.


    Je suis fan du réalisateur depuis des années, depuis « sous le sable » en fait. Ensuite, après, je les ai presque tous suivis. Des histoires de potiche dans la maison ou d'une jeune et jolie dans la piscine ou des tables de multiplication dans un refuge... Bref, ces films font parties de moi, en mode comédie chantante ou en mode thriller psychologique drame humain. Vincent, François, Paul et les autres... une histoire de longue date.

    Mais, comme tu t'en fous de ma vie, je te propose un face-à-face avec Chloé, avec Paul, avec son double, mon double, sa folie, ou le psychiatre devenu fou. Amant double, âme en double. Où se situe la démence, celle de voir deux jumeaux dans son lit, celle de s'imaginer baiser par deux jumeaux, un seul, aucun... Moi, c'est quand elle veut, Marine, un beau prénom finalement...


    Le film a des accents Hitchcockiens, et comme en son temps j'ai aimé redécouvrir Charlotte Rampling, absente trop longtemps, là j'ai pris plaisir à voir sortir du placard des studios de cinéma une Jacqueline Bisset aussi mystérieuse que son accent enchanteur (j'aimerais donc les femmes mûres aux accents, tiens faudrait que je consulte pour savoir ce que cela signifie). Une psy femme, il me faudrait, je crois que j'en serais plus à l'aise, pour se confier, confier mes fantasmes et mes réflexions refoulées. Ne pas oublier de prendre un roman de Joyce Carol Oates pour la salle d'attente, histoire d'occuper mon esprit pendant l'attente. Peut-être que dans le cabinet à proprement parlé, le psy est en train de baiser sa patiente, et de la retourner sur son lit... Peut-être même que c'est la patiente même qui a retourné son psy... Avec les accessoires... Non, ô ôte-moi cette vision détraquée...

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    Affiche du film Watchmen
    Watchmen
    Par tinalakiller Le 26/06/2017
    Watchmen est l’adaptation du comic éponyme d’Alan Moore (qui rejette le film comme toutes les adaptations de ses oeuvres) et Dave Gibbons (en revanche, il s’est associé au projet). J’ai une drôle d’histoire avec Zack Snyder (et encore, je dis ça sans avoir vu son Batman vs Superman) : 300 fait partie de mes plaisirs coupables, j’aime également énormément L’Armée des Morts (et j’adore au passage la version originale de Romero), en revanche je rejette en bloc Sucker Punch. Et comme vous le savez certainement (ou pas), j’ai généralement du mal avec les films de super-héros. J’ai longtemps redouté ce fameux Watchmen, visiblement autant adoré que détesté. Sans dire que j’ai adoré, j’ai été agréablement surprise par ce long-métrage, certes assez long mais selon moi réellement divertissant et pertinent. Le long-métrage nous présente alors une Amérique alternative des années 1980 (à peine le miroir de ce qu’on connaît déjà) sous l’égérie des super-héros. Mon seul véritablement hic vient du traitement des femmes (problème que j’avais déjà relevé dans d’autres films de Snyder) : j’ai clairement trouvé le film misogyne (on pourra toujours me répondre qu’il y a les mêmes problèmes dans le comic : et bah j’ai envie de dire que je ne trouve pas ça cool non plus). Les personnages féminins ont toutes un mauvais rôle : soit elles sont hyper sexualisées et inutiles dans l’intrigue soit elles ont un mauvais rôle par rapport aux autres personnages. Pour ne rien arranger, Malin Akerman et Carla Cugino jouent très mal (comme souvent). C’est dommage car le reste du casting est pour moi très bon, surtout Jackie Earle Haley, épatant et charismatique dans le rôle de Rorschach. Les personnages sont justement pour moi un des points forts de ce film, ils sont étonnamment complexes par rapport à ce qu’on pourrait attendre habituellement de ce genre de production (le cas le plus flagrant concerne Le Comédien incarné par l’étonnant Jeffrey Dean Morgan). La narration a pu déstabiliser certains spectateurs, certains diront même que le film est trop lent et qu’il ne se passe rien. Pour ma part, si au début j’étais sceptique par cette narration a priori décousue, j’ai rapidement adhéré à ce choix qui permet d’appréhender la psychologie et les histoires personnelles de tous les personnages. Je suis également tombée sous le charme de la proposition graphique et esthétique même si j’admets que certains effets (ex : les ralentis) sont parfois superficiels. Les dialogues sont également soignés, l’histoire en elle-même trouve un ton juste entre violence, tragédie et humour. Enfin, la BO, très agréable, s’adapte bien aux différentes scènes.

    Site web:  https://tinalakiller.com/2017/06/26/marley-et-moi-watchmen/
    Affiche du film Marie-Francine
    Marie-Francine
    Par tinalakiller Le 13/06/2017
    J’ai toujours eu de la sympathie à l’égard de l’ovni Valérie Lemercier, qui multiplie les casquettes depuis des années : actrice, réalisatrice, humoriste et chanteuse pour ne citer que ces exemples. Mais vu l’état actuel de la comédie française et certains des ratés de Lemercier (son 100% Cachemire s’était fait démolir et Le Derrière est un film qui m’a toujours agacée : je ne retiens que Palais Royal ! qui reste à mes yeux imparfait), je redoutais fortement ce Marie-Francine (le titre n’étant pas très folichon), au point d’avoir refusé d’aller à l’avant-première présente dans ma ville (avec la présence de Lemercier et Timsit tout de même). C’est ma mère, ma reine pour découvrir toutes les daubes françaises, qui m’a incitée à aller le voir avec elle. Finalement, elle a bien fait : Marie-Francine est une très bonne surprise. Certes, le sujet n’a rien de nouveau : comment ne pas penser à un Tanguy (inversé) d’Etienne Chatiliez ou plus récemment à Retour chez ma mère d’Eric Lavaine ? Bref, Marie-Francine, c’est l’histoire simple (enfin plutôt compliquée pour notre héroïne) d’une cinquantenaire qui perd tout… pour mieux rebondir. Il faut d’ailleurs savoir que Valérie Lemercier voulait intituler Le Bol de Marie-Francine (d’où aussi l’affiche et plus globalement le jeu avec les bols tout le long du film) : si son personnage principal enchaîne les merdes au début du long-métrage, elle va finalement être chanceuse dans différents domaines. Marie-Francine fait donc un bien fou. Non, il ne révolutionne rien et pourtant, ce film dégage un véritable charme et même dans un sens de la magie. On pourrait peut-être même dire qu’il s’agit d’un feel-good movie (même si j’ai conscience qu’on utilise parfois ce mot à tort et à travers et à toutes les sauces possibles). Oui, ce film fait du bien par sa positivité : la vie est loin d’être finie pour une femme banale quinqua, au contraire on assiste même à une sorte de « renaissance ». Marie-Francine m’a vraiment fait rire (ça nous change des comédies lourdingues habituelles !) et surtout il m’a étonnamment touchée. Je m’attendais à des lourdeurs mais finalement, ce long-métrage est plus fin qu’il en a l’air. Certes, il joue avec des images, même certains clichés (le mari qui part pour une plus jeune, les parents bourgeois qui infantilisent leur fille, la soeur qui est une de sorte de comeback de Lemercier des Visiteurs) et surtout avec les quiproquos. Mais étrangement (et tant mieux), la réalisatrice trouve un juste milieu entre ces images toutes faites en question et une finesse bienvenue. Marie-Francine surprend en quelque sorte parce que le spectateur pense être sur un terrain connu (et nous n’allons pas nous mentir : nous savons tous comment le film va se terminer) et finit par être déstabilisé dans le bon sens du terme.
    Mais justement, Valérie Lemercier joue avec merveilleusement bien avec les codes de la comédie romantique tels qu’on les connait pour les appliquer sur des personnages qui n’ont justement pas l’air de sortir de ce genre cinématographique en question. Les personnages ont la cinquantaine et doivent malgré eux se comporter comme des ados, pas uniquement à cause du comportement pénible des parents mais aussi parce qu’ils n’assument pas totalement leur mode de vie. Ils ont beau être ordinaires, leur mode de vie (malgré eux) a transformé ces personnages en sorte de « bannis » de la société. Par ailleurs, les décors des appartements de Marie-Francine et de son nouveau compagnon sortent littéralement du décor à l’image des personnages décalés (le choix des prénoms n’est certainement pas anodin) qui doivent y vivre le temps de se retourner. L’histoire d’amour entre Marie-Francine et Miguel touche car les deux personnages se ressemblent énormément malgré leur différence sociale. Elle touche aussi parce que justement ils ne parviennent pas à se voir autant qu’ils le voudraient (et à concrétiser un amour sincère), soit à cause d’eux-mêmes soit à cause d’un certain nombre de quiproquos. J’ai aussi aimé de voir l’évolution du personnage principal qui s’épanouit au fur et à mesure du film (notamment à travers une bande-son joyeusement rétro). Elle s’embellit doucement, sans non plus devenir une bombasse comme on le voit parfois dans d’autres films. Le casting est également excellent. Valérie Lemercier est excellente dans un double-rôle, surtout dans celui du personnage éponyme. Elle est drôle, touchante, ne tombe jamais dans des excès alors que cela aurait pu être le cas. J’ai également été surprise par l’interprétation de Patrick Timsit qui fait preuve d’une douceur et d’un sex-appeal que je n’avais pas soupçonnés jusqu’à présent en ce qui me concerne (et je ne dois pas être la seule à être dans ce cas). Hélène Vincent, qui avait refusé au début le rôle de la mère de Marie-Francine jugeant ce personnage trop proche de celui qu’elle incarnait dans le génial film d’Etienne Chatiliez, La Vie est un long fleuve tranquille, excelle tout comme son partenaire Philippe Laudenbach. Denis Podalydès est également génial dans le rôle de l’ex-mari lâche et volage. Marie-Francine est donc la bonne surprise à découvrir en salles (même si elle a certainement ses imperfections) en ce moment, à la fois attachant et hybride (pour ma part ce mélange de comédie grinçante sociale et de comédie romantique m’a plu), à l’image de sa réalisatrice-actrice.

    Site web:  https://tinalakiller.com/2017/06/13/marie-francine/
    Affiche du film Seuls
    Seuls
    Par olivier.demangeon.5 Le 15/06/2017
    « Seuls » est un film qui navigue entre la science-fiction et le fantastique. L’histoire laisse un goût de déjà vu. L’intrigue est bien orchestrée, mais les révélations font basculer le métrage dans une allégorie foireuse avec une fin trop caricaturale qui lorgne ouvertement vers des films comme « Le Labyrinthe » ou « Divergente« . La distribution offre d’honorables prestations et le rythme est cohérent avec l’histoire. Le suspense est bien orchestré. Reste un film correct qui se maintient au dessus de la moyenne malgré certains clichés et quelques incohérences.

    Site web:  http://wp.me/p5woqV-44U
    Affiche du film Get Out
    Get Out
    Par olivier.demangeon.5 Le 15/06/2017
    Malgré quelques critiques que l’on pourrait émettre sur ce métrage, « Get Out » est un film qui se distingue positivement des nombreux films d’horreur qu’on a pu voir ces derniers temps. La valeur ajoutée, c’est indéniablement la présence d’un bon personnage central dont le développement est bien orchestré. L’histoire est intéressante et intrigante avec un message évident en deuxième lecture. La pointe comique est harmonieusement distillée dans la trame principale. Cependant, si vous chercher un film qui vous fera sursauter et qui hantera vos nuits, c’est raté. La distribution est plaisante et le rythme est bon. L’ensemble offre un très bon divertissement.

    Site web:  http://wp.me/p5woqV-43S
    « Alibi.com » est une bonne comédie, offrant une histoire drôle mettant en scène des personnages sympathiques. Le rythme est soutenu et les gags sont, dans l’ensemble, plutôt inventifs. La distribution offre de très bonnes prestations, même si le jeu d’acteur de Philippe Lacheau offre un côté trop naïf à son personnage, qu’on aurait souhaité plus machiavélique, plus vicieux. Elodie Fortan tient bien son rôle, un personnage sympathique et dynamique. Les guest-stars sont tout aussi amusantes et les clins d’œils sont agréablement orchestrés. L’ensemble offrant un agréable divertissement où l’on rit de bon cœur.

    Site web:  http://wp.me/p5woqV-45F
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